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Affichage des articles du 2020

Deux fleurs en hiver

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Il y a des rencontres qui sont comme des évidences. D'un côté Capucine qui a décidé de faire son stage d'aide-soignante en Ehpad. Elle espère y confirmer sa vocation...ou pas. Signe particulier de  Capucine : elle change de couleur de perruque selon son humeur et elle assume. Y aurait-il un secret derrière ? Et de l'autre Violette, qui arrive à l'Ehpad, déboussolée dans ses habitudes, sans son chat, avec l'impression que son fils la case là pour être tranquille, même si elle comprend qu'il se fait du souci pour elle.
Leur rencontre, au fil des jours, va sceller un lien humain puissant entre elles, que les années séparent pourtant mais que la sensibilité rejoint. Elles vont s'épauler, se confier, se faire grandir. Et emmener les autres dans leur ronde.
Un roman splendide ! 
Delphine Pessin a su y insuffler un véritable vent d'humanité sans pour autant occulter les soucis des uns et des autres : le handicap, la maladie, la vieillesse, la peur de la solitude, le…

Il est encore temps !

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Dans ce roman, Jean-Philippe Blondel s'empare d'un sujet d'actualité : celui du changement climatique. Mais il le fait à travers un récit engagé et d'une prise de conscience de la jeunesse.
Son héroïne, Lou, lycéenne sans histoires, plutôt discrète.  C'est à la fin de son année de troisième que ça a commencé.  Un malaise diffus qui s'est transformé en une véritable angoisse.
"A quoi bon ?" Ces trois mots. Oui, à quoi bon poursuivre ses études si c'est pour vivre dans un monde étouffant, où l'être humain va griller sur ses deux jambes et disparaître. Carrément ! Lou a cette conscience-là, très vive et ça s'appelle la peur de l'avenir. Et puis dans sa petite ville de Province, c'est mort déjà.
C'est sa rencontre avec une vidéo de Greta Thunberg au lycée qui va tout déclencher. Elle s'aperçoit qu'elle n'est plus seule. Que d'autres jeunes dans le monde agissent. Elle va se mettre en tête avec deux camarades d'organis…

Allers-Retours

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Voici un album sans texte d'une force incroyable : la migration vue de celui qui fait le trajet, se faisant tout petit, portant le strict minimum avec lui, le peu qui lui reste de sa vie. Un chemin labyrinthique l'attend, une longue marche faite de portes fermées, dérobées, mais surtout d'indifférence absolue et de déni de son humanité.
Ce chemin-là est très bien rendu dans la succession d'images  : le lecteur y étouffe lui aussi, n'en voit pas la sortie mais en fait, il n'y en a pas. C'est un éternel recommencement. Le refoulement et la conduite au point de départ et toujours reprendre la route.

Il s'agit du premier album de Nina le Comte et franchement, quelle réussite dans cette narration ! La douceur et la profondeur des coloris tranchent avec la ténacité et le désespoir de cette marche sans fin et sans issue. Le titre au pluriel dit bien ce qui se joue.
Trouver une terre d'accueil est un parcours du combattant. Pourquoi rendons-nous cela encore po…

Le grand lit de Léon

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C'est toujours une étape importante dans la vie d'un petit que de troquer son petit lit pour un grand ! Quelle fête pour Léon !
Mais ça se complique un peu quand ça se passe dans une fratrie : le petit frère Marcel hérite lui du petit lit de Léon et la jalousie n'est pas loin de montrer le bout de son nez....Quand on trouve que grandir, ça ne va pas assez vite, c'est dur !
Sauf que l'arrivée de la nuit va quelque peu changer la donne : c'est grand un grand lit et c'est trop petit un petit lit ! Les deux frères vont alors trouver une solution qui va très  bien leur convenir....
J'aime le regard toujours juste d'Emile Jadoul sur le quotidien des petits.  
C'est tendre et doux, y compris dans les coloris et les illustrations : il arrive à mettre du relief sur des dessins à plat. Comme c'est ingénieux ce procédé de montrer les deux chambres des deux pingouins en vis-à-vis sur chaque page ! Le va-et-vient des yeux sur ce qui s'y joue donne parfait…

A coeur ouvert

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Avisez cette magnifique couverture signée Germain Barthélémy !
Quelques indices : un corbeau, une caravane, des flots tempétueux, un vieil homme et un enfant....
Quand on entre dans cette lecture, on découvre un roman d'aventures à plusieurs voix et quatre mains pour l'écrire : Marie-France Zérolo et Elisabeth Benoit-Morelli (il se trouve que je la connais, elle a fait partie du blog collectif A l'Ombre du Grand Arbre, elle a une plume épatante sur son blog Le Cabas de Za, alors, c'est avec émotion que j'ai abordé cette lecture !).
J'aime assez ce procédé de construction : l'histoire se monte peu à peu avec les personnages, le lecteur a alors une place privilégiée, presque le don d'ubiquité.
Dans cette histoire, c'est un corbeau un peu bavard qui fait le lien : car oui, il parle ! 
Il y a Boris, le vieux monsieur qui en pince pour sa voisine Jeanne, Chilpéric un jeune garçon bavard lui aussi et un peu aventureux et les habitants de la caravane, assez éni…

Le chant du phare

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Mais que pouvait bien attendre ce gardien de phare quelque peu farfelu ? Un phare sans mer, construit en pleine lande dans la Creuse, par son gardien imperturbable.
Les commérages des villageois le taxant de fou et de dérangé. A vrai dire, le lecteur s'interroge aussi mais il perçoit autre chose entre les lignes...
Mais il est des souffrances qu'il faut affronter de plein fouet, comme une tempête. 

Car un phare donne le cap, éclaire dans la nuit les naufragés. 

Mais il est des naufragés qui s'y réfugient pour se donner leur propre cap.
Voici un album d'Alizée Montois qui aborde le deuil d'une façon pour le moins inattendue. 
Mais belle et aussi triste.
Les coloris employés, du noir, du gris, du vert olive et une touche de bleu apportent une réelle unité. Du symbolisme aussi à décrypter.
La fin m'a cueillie, y compris lors de mes lectures suivantes. Je ne la dévoilerai pas ici. Car il est des souffrances qui vous engloutissent tout entier ou vous libèrent. Et la force de …

Sauve-toi Elie !

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On est parti sans fermer à clé. Maman pleurait. 
C'est un récit bouleversant que nous donne à lire Elisabeth Brami dans cet album édité avec soin par les Editions Courtes et longues.
Elie, petit garçon juif de tout juste 8 ans, relate à la 1ère personne le départ précipité de son appartement parisien pour la campagne, où il devient Emile. Ses parents le laissent chez des fermiers pour le sauver mais il ne le sait pas encore. Il y a le changement de vie, la tendresse envolée, le regard dur de ces gens payés pour le garder, et puis surtout il est le témoin bien involontaire de la rafle des enfants de la Maison d'Izieu le 6 avril 1944.
Il y a dans ces pages l'innocence de l'enfance, les chagrins, la solitude, le sentiment d'abandon,  les incompréhensions mais aussi ce sentiment de vivre des évènements graves qui dépassent tout entendement.
Le texte, très juste, nous met dans le regard de ce jeune garçon, forcé malgré lui de grandir bien trop vite. Force de témoignage, il a…

Prix Sorcières 2020

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C'est toujours avec plaisir que je découvre les lauréats du prix Sorcières . Cette année, ils ont été annoncés en mode déconfinement le 2 juin dernier. Petit rappel : ce prix est organisé conjointement par l'Association des librairies spécialisées pour la jeunesse (ASLJ) et par l'Association des bibliothécaires de France (ABF).
Et les lauréats sont : (Cliquez sur les liens pour accéder à mes chroniques) 
Carrément beau mini
Les choses qui s'en vont, de Beatrice Alemagna, Hélium


Carrément beau maxi
Cap !, de Loren Capelli, Éditions courtes et longues


Carrément passionnant mini

L'arrêt du cœur, ou comment Simon découvrit l'amour dans une cuisine, d'Agnès Debacker et Anaïs Brunet, Éditions MeMo

Carrément passionnant maxi

L'estrange malaventure de Mirella, de Flore Vesco, l'école des loisirs


Carrément sorcières fiction

Le dernier roi des loups, l'histoire vraie de Lobo le loup et d'Ernest Thompson le chasseur, de William Grill, traduit par Emmanuelle Beulque…

Jusqu'ici tout va bien

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J'avoue que ce titre m'a un peu "perturbée" pour avoir beaucoup aimé un autre roman du même titre à une virgule près.
J'aime l'écriture de Marie Colot : juste, concise, efficace.
Ce récit lui permet aisément de mettre à profit toutes ces qualités. Mais je trouve que ce récit la hisse à un autre niveau.
Elle fait entrer le lecteur dans la tête d'un jeune délinquant de 15 ans vivant dans une cité avec son lot de petits trafics (surtout de drogue et de vols à la tire).
24h : c'est le temps qu'il lui faut pour raconter cette journée remplie de péripéties en cascade. Il faut dire que Jozef n'en manque pas une !  Le lecteur suit ses déboires, ses questions-réponses, sa souffrance, ses élans, sa tendresse aussi, ses calculs, ses misères, les pièges qu'il s'est parfois tendu lui-même. Il en rit parfois, a envie de lui dire "stop !", devient grave souvent. Et puis surtout, on découvre grandeur nature la vie dans la cité : violence, sexism…

Et ta vie m'appartiendra

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Gaël Aymon revisite dans ce roman le mythe de La Peau de chagrin de Balzac à la sauce moderne et c'est une vraie réussite !
Si tu me possèdes, tu posséderas tout et ta vie m'appartiendra. Tous tes désirs seront accomplis mais, pour chaque vœu réalisé, je décroîtrai en même temps que ta vie. Irina hérite à la mort de sa grand-mère d'une étrange peau capable d'exaucer tous ces désirs. Ce qu'elle ne sait pas, c'est combien elle va bouleverser sa vie. Car à chaque vœu formulé et réalisé, la peau retrécit et aspire peu à peu la vie d'Irina, l'empêchant de vivre normalement. 
Ce qu'elle va découvrir aussi, c'est que ce talisman est recherché par un ennemi qui rôde et qui est prêt à tout pour s'en emparer. Embarquant avec elle son amie Halima.
Le talent de l'auteur a été de moderniser l’œuvre de base et d'en faire un thriller haletant !  Cependant, la question d’origine demeure : quel sens donner à sa vie quand on peut tout avoir ? 
J'ai beau…

Soleil glacé

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C'est un roman sorti tout juste au début du confinement et que j'avais repéré. Les évènements ont rendu impossible tout achat dans ma librairie située à plus de 15 km (la campagne n'a pas que des avantages). Alors dès le 11 mai, j'ai pu l'acheter et franchement, le plaisir de lecture en a été décuplé !
Quel roman, mais quel roman ! Les adjectifs qui me viennent à l'esprit semblent bien pauvres tant il m'a procuré des émotions intenses.
Séverine Vidal confirme son grand talent dans l'approche de la nature humaine, c'est si beau, si sensible, si poétique. Le passage qui donne ce si beau titre au roman m'a donné des frissons et en fait, tout m'a donné des frissons.
C'est l'histoire de Luce et de Pierrot. Sœur et frère à quelques mois d'intervalle. Sauf que le découvrir le jour de l'enterrement de leur père commun, ce n'est pas banal. Et apprendre sa double vie non plus. Et savoir que Pierrot souffre du syndrome de l'X fragi…

Le dernier roi des loups

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Voici un magnifique livre qui se situe entre album, roman graphique et bande dessinée tant sa construction utilise les trois registres.
J'ai été bouleversée par cette histoire vraie qui confronte un homme et un loup. Le premier, chasseur, appelé à la rescousse pour tuer le second, Lobo (loup en espagnol), car sa meute décime alors les troupeaux d'élevage. 
Deux logiques qui s'affrontent donc. Cette histoire se déroule dans un écrin de coups de crayons aux coloris rouge, noir, gris et marron. Ce qui rend parfaitement l'aridité de l'Ouest américain. 
La mise en page alternant entre pleine page, scènes reprises dans des médaillons sans texte, lui donnent une force incroyable et décuple aussi l'attention du lecteur.
Ce récit, c'est surtout celui de la loyauté, du courage, de la grandeur d'âme d'un loup face à la machinerie de chasse déployée devant lui. Il va réussir à tout déjouer jusqu'à ce que Seton le chasseur vise son talon d'achille, la belle …

Série La passe-miroir

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Le rallongement du confinement a été pour moi l'occasion de me plonger dans les 4 tomes de cette série que j'ai offert à ma fille.
Malgré un début qui m'a enchantée, j'ai été assez déçue au final.
J'ai perdu tout intérêt à cette histoire au fil des tomes et j'avoue que j'ai difficilement terminé le 4 tant il est complexe et j'ai eu le sentiment que l'auteure se perdait aussi dans son propos : corne d'abondance, échos, ombres, envers/endroit, miroir suspendu, ...Le lecteur a finalement du mal à saisir les enjeux réels et le dénouement m'a laissée dans un gouffre sans fond.
Si le premier tome m'a convaincue par ses personnages hauts en couleurs, par le monde créé des arches, par le mystère qui auréole les esprits de famille, par les pouvoirs familiaux, c'est loin d'être le cas des autres tomes (en particulier des deux derniers). Le manque d'intrigues, les lourdeurs et répétitions ont failli me faire abandonner ma lecture. Dommage…

Jouer dehors

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Quoi de mieux que de retrouver sa liberté de mouvements ?
Cet album foisonnant de couleurs est une invitation à l'imaginaire, à l'observation de la nature, à l'affranchissement des frontières. Et combien tout ceci prend son sens après ce que nous venons de vivre comme enfermement !
Tout commence sur la 2ème de couverture où un frère et une sœur se courent après dans ce qu'il semble avoir soit dégénérer en dispute ou sur le point de l'être. Leur maman leur demande alors d'aller jouer dehors ! S'ensuit une exploration colorée de la nature environnante, proche d'abord et s'élargissant à des contées lointaines ensuite.
Ces découvertes élargies se font sur une même linéarité dans la double page, symbolisée par un trait au départ, repris par la rivière et la limite du désert. Ce procédé donne vraiment l'impression d'avancer en même temps que les enfants, c'est comme si on était avec eux !


Le texte apporte juste ce qu'il faut d'indications …

9 ans du blog !

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9 ans ! Déjà oui pour ce blog crée un certain 9 mai 2011.
Quasiment 1500 chroniques rédigées...et je n'ose pas du tout retourner sur les premières 👀. J'ai beaucoup appris, j'ai rencontré des personnes formidables (les copinautes du blog A l'Ombre du Grand Arbre qui lui fête ses 8 ans ce jour), mais surtout j'ai lu de très belles choses en littérature jeunesse, qui me nourrit toujours autant.
Beaucoup d'albums mais surtout des romans.
Je suis loin de chroniquer tout ce que lis et j'ai dû réduire la cadence de chroniques par semaine il y a un an par manque de temps (nouveau poste professionnel).

Nous sommes l'étincelle

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C'est un roman que j'ai lu en fin d'année dernière et il n'a pas alors trouvé sa place sur ce blog. Il est donc temps d'y remédier.
Non pas qu'il ne m'ait pas plu, bien au contraire ! 

C'est en 2025 qu'une partie de la jeunesse décide de vivre en forêt pour construire un monde meilleur dans des villages autonomes. Voici pour le contexte général.

L'histoire débute en 2061. Le lecteur rencontre Dan, Montana et Judith. Ils pêchent à la rivière et sont enlevés par des braconniers sans scrupules.

Quand leurs parents s'en aperçoivent, ils partent à leurs recherches.

Le lecteur est alors emporté dans un tourbillon fait de mélanges d'époques, de rebondissements en tous genres et à la fin, tout le puzzle savamment élaboré par Vincent Villeminot se met en place et laisse le lecteur admiratif de cette construction, des valeurs d'amitié, de loyauté et de solidarité véhiculées. La nature est omni-présente dans ce roman : ce que l'humanité lui a fa…

Le livre des erreurs

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Tout part d'un dessin sur une double page blanche et d'une tache malvenue...


...Qui se transforme au gré des tentatives plus ou moins réussies et emmène loin le lecteur dans un foisonnement d'imaginaire et de créativité incroyables !
Pourtant cet album se situe dans la sobriété : économie du choix des couleurs (noir, jaune, vert, rose pâle), économie du texte qui laisse une part belle aux possibles.
Sa véritable performance se situe en fait dans la lecture de l'image :  le lecteur se laisse emporter par ce mouvement de vie, par le changement de regard induit sur les choses, sans dramatiser.
Car oui une erreur peut se transformer en positif !  Preuve en est : ce livre qui est parti d'une tache non voulue donne un magnifique album dont la perspective (en image) de la chute est sublime.

 Beaucoup de légèreté...
Beaucoup de poésie... 








Je remercie #HastagCéline de me l'avoir offert ! Je serais passée à côté...
Le livre des erreurs corinna luyken Kaléidoscope Ecole des loisirs…

Tenir debout dans la nuit

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D'Eric Pessan, je pense avoir lu une grande partie de ses romans et force est de constater qu'il sait toujours aborder les sujets de société avec un prisme toujours original et profond.
Lalie, 16 ans,  rêve depuis longtemps d'aller à New York, de ces rêves que l'on sait pour longtemps inaccessibles. Alors quand Piotr, un ami de sa classe et qui la connait depuis longtemps, lui propose de l'y emmener avec sa mère, elle n'hésite pas. Le plus difficile a été de convaincre sa propre mère, et de payer son billet d'avion. Mais ça, elle y  est arrivée !
Seulement le rêve se transforme vite en cauchemar : on ne connait jamais vraiment les êtres  et il y a des choses qu'on ne peut accepter. Lalie se retrouve seule dans la nuit de New York alors qu'elle vient de débarquer le matin même, sans portable, sans argent, sans passeport. Commence alors pour elle un chemin fait de doutes, de colères, de rencontres, de  réflexion sur le sort fait aux femmes ici ou ailleu…

Fraternidad

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Lorsque j'ai commencé ce roman de plus de 600 pages, j'étais loin d'imaginer où il m'emmènerait !  Et j'ai adoré ce voyage plein de surprises et c'est peu dire....
Il est quasiment impossible d'en faire un résumé tant il foisonne de rebondissements allant crescendo pour une fin en apothéose et frissonnante ! 
Juste dire que le lecteur rencontre dans ces pages des êtres fort singuliers et notamment un certain Ed Perry, harcélé par la bande de Cliff, vivant avec une mère démisionnaire depuis le départ de son mari et une soeur pour le moins indifférente à son sort. 
Sauf que Ed a une botte secrète pour s'évader de ce quotidien sordide : tous les vendredis soir, il chevauche dans la bruyère et va revêtir son costume de chevalier avec épée et tout l'attirail. C'est sa seule échappée qui lui permet de supporter le réel. Sauf que l'Aventure va le cueillir au bout du chemin, pas tout à fait comme il l'aurait souhaité au début, mais peu à peu il va r…

Et le désert disparaitra...

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Je reste dans la même thématique que l'album présenté en début de semaine et c'est dans un tout autre registre que je découvre Marie Pavlenko (dont j'ai lu les précédents romans).
Une incursion dans la dystopie : un monde de nomades en mode survie dans le désert que le lecteur découvre. Une tribu archaïque, dans laquelle les femmes sont reléguées au rang de vie domestique, alors que les hommes eux sont des chasseurs à la recherche de cette seule ressource qui leur permet de survivre : les arbres disparus et le bois qui sert de monnaie d'échange.  
Dans cette tribu vit Samaa qui a bien du mal à se faire à cette vie de fille assignée aux tâches ingrates. Elle aussi veut devenir une chasseuse. Et ce n'est pas la peur de l'Ancienne, reléguée à la frontière de la communauté pour mourir (les vieux sont un poids) et ses prophéties pleines de mystères qui vont la dissuader. Un jour, elle suit les chasseurs et le sort de la tribu va changer à jamais.
C'est un roman dan…

Le destin de Fausto : une fable en images

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Cet album d'Oliver Jeffers, sorti début mars, a une résonance toute particulière avec ce que nous vivons depuis mi-mars.
Le sous-titre, fable en images, le ferait juste "mentir" un peu.
Vous n'aurez aucun mal à imaginer : " Il était une fois un homme qui croyait que tout lui appartenait. Un jour, il décida d'aller faire l'inventaire de ce qui était à lui." Ainsi débute cette histoire.

C'est ainsi qu'avec autorité il s'approprie la fleur, le mouton, l'arbre, le lac, la montagne qui résiste un peu mais face au "patron" finit par céder elle aussi. Mais il lui en faut toujours plus, vous vous en doutiez ? C'est ainsi qu'il veut posséder l'océan qui lui a les arguments et sait jouer sur la bêtise humaine. Le titre va prendre alors toute sa signification.
Cet album, à la mise en scène minimaliste, est très fort ans son message. Les pages, plusieurs fois restées blanches, participent fortement à cette intensité. Tout dans l…