Articles

Affichage des articles du 2020

Droits de l'enfant#7 : #boucledor- S'unir c'est se mélanger-Le petit chaperon voit rouge

Image
 "J'ai le droit à la protection de ma vie privée." "J'ai le droit d'avoir mon avis et de l'exprimer."   Une petit pirouette pour illustrer le droit à la vie privée puisque c'est carrément un enfant qui ne l'exerce pas,  et qui va en être sensibilisé à travers cette adaptation du conte de Boucle d'or à la mode #numérique. De son portable, une petite fille s'amuse à poster tout et n'importe quoi sur les réseaux sociaux  et c'est la course effrénée aux likes et au buzz ! Pour ce faire, elle va se mettre en situation "en live" dans la maison des 3 ours qui ne sont pas contents du tout, mais alors pas du tout de tout le bazar qu'elle a pu faire ! Pour réparer, elle est punie.... La morale de l'histoire : " Avant de poster un message, réfléchis !" Je trouve que le fait que ce soit un enfant qui est pris à ce piège multiplie davantage l'effet du message !  Les illustrations de Tony Ross sont décoiffant

Droits de l'enfant #6 : Tous les enfants ont droit à la culture

Image
  "J'ai le droit à l'éducation." "J'ai le droit aux loisirs". Cet album magnifique, paru aux éditions Rue du Monde en 2019, est parfait pour aborder ces deux droits de l'enfant.   Il part de la naissance du tout-petit s'imprégnant des émotions liées à son lieu de naissance, à sa culture. mais en grandissant vient l'envie d'élargir son horizon en se nourrissant des autres cultures, de l'histoire du monde, des arts au sens large : peinture, musique, danse, théâtre, lecture,...  Car sans ces nourritures culturelles, pas de partage, pas de joie, pas de découvertes, pas de sentiment d'appartenir au monde. Le mot "culture" ici est splendide : une ronde joyeuse l'entoure de mille facettes, toutes aussi nourrissantes que celles dont nous avons besoin physiologiquement.  Le texte d' Alain Serres est d'une poésie rassurante et les illustrations d' Aurélia Fronty sont colorées et vives.  On s'y sent bien dans

Droits de l'enfant #5 : Déclaration universelle des droits de l'enfant illustrée

Image
Ce 20 novembre célèbre le 31ème anniversaire de la Convention Internationale des droits de l'enfant.   Et quoi de mieux que  ce magnifique album illustré par un collectif de 30 artistes pour la présenter ? Trois parties dans cet album : 1. Les 42 articles de la Convention sont énoncés page de gauche, dans un texte adapté pour les enfants à partir de 10 ans,  et illustrés page de droite. A chaque fois, l'illustration invite à se plonger dans un univers différent, ce qui donne une force extraordinaire au texte.   2. Le texte intégral de la Convention est donné à lire en "brut".   3. Une biographie de chaque artiste est présentée, ce qui donne corps d'humanité à leur travail artistique (et j'en ai découvert une bonne partie).    L'illustration de couverture est de Rebecca Dautremer et la quatrième d'Amandine Piu.   Un texte si méconnu ! Cet album va permettre aux adultes et aux enfants de mieux connaitre leurs droits et ainsi de mieux les respecter.

Droits de l'enfant #4 : La petite casserole d'Anatole

Image
"J'ai le droit d'être protégé de la discrimination." Pour illustrer ce droit capital des enfants, cet album m'est de suite venue à l'idée. Car je n'ai jamais rien lu d'aussi juste et d'aussi bien amené sur la question du handicap (au sens large) et de la discrimination qui en découle. Publié en 2009, il relate donc l'histoire d'Anatole, encombré de sa petite casserole qu'il traine partout comme un boulet et l'empêche de vivre pleinement. Il se démène pour surmonter les difficultés mais se décourage face au peu de résultats qu'il obtient mais surtout face à l'exclusion dans lequel ce handicap le jette. L'espoir arrive avec l'aide d'une dame qui va lui montrer comment faire avec sa petite casserole, mais surtout cette bienveillance va lui permettre de changer le regard des autres. La symbolique du petit sac en bandoulière qu'elle lui offre pour y mettre sa casserole est magnifique d'autonomie acquise. Anato

Droits de l'enfant #3 : Touche pas à mon corps, Tatie Jacotte !

Image
  "J'ai le droit d'être protégé de la violence." Publié pour la première fois en 1999, je me réjouis que cet album soit réédité en 2020 !  "Ce matin, une dame est venue à l'école pour nous apprendre une chose importante.  Elle nous a appris que mon corps est mon corps..." S'il y a bien une violence intolérable, c'est bien celle qui touche à l'intégrité physique des enfants. La petite fille de cette histoire ne cache pas son aversion pour Tatie Jacotte. Elle ne l'embrasse pas, elle lui mord le cou. Et ça la dégoûte. Encore plus ce chantage à l'héritage de la maison et à l'argent donné à chaque visite. Mais la petite fille applique à la lettre et avec une détermination désarmante cette phrase : Mon corps est mon corps. Quitte à provoquer la colère de sa maman mais qui va bien finir par se rendre compte, avec l'aide du papa, que le corps d'un enfant lui appartient. Effectivement. Les illustrations de Stéphane Poulin sont pa

Portrait de bibliothécaire

Image
  Il y a des rencontres dans sa vie professionnelle qui arrive à point nommé : celle avec Marie de l'agence COMJ (Agence spécialisée en édition jeunesse) est de celle-là. Elle m'a proposé il y a peu de participer à leur série de Portraits de métiers du livre (libraires et bibliothécaires). En ces temps difficiles, c'est un vrai soutien, une reconnaissance de nos métiers "de petites fourmis qui ne passent pas leur temps à lire" en plus des ressources mises à disposition par l’agence par le biais de partenariats avec les éditeurs.  Le voici ! Et ma chronique du roman N.E.O de Michel Bussi. Mille mercis Marie et à tes collègues de l'agence ! Ce fut un grand plaisir que de répondre aux questions, un vrai recul sur sa pratique après un an de mise en route d'une nouvelle structure en milieu rural. 

Droits de l'enfant #2 : Mes maisons du monde

Image
  " J'ai le droit de vivre en famille." "J'ai le droit d'avoir un toit." Autres droits fondamentaux des enfants que ceux de vivre en sécurité et avec sa famille. Voici un documentaire qui présente dans une mise en page originale, 5 maisons d'autres continents : une isba en Russie, une case au Sénégal, une yourte en Mongolie,  un igloo au Groënland, une maison sur pilotis au Pérou. L'ouverture du livre se fait comme si on ouvrait un portail et les pages se tournent par le haut. Chaque maison est d'abord représentée de l'extérieur pour s'ouvrir aussi au milieu et dévoiler son intérieur avec ses habitants et plein de détails à observer. Toutes sont construites avec des matériaux du pays (bois, terre, neige, toile,...) et un petit texte explique clairement  leurs principales caractéristiques. La dernière page s'ouvre sur un pop-up présentant une maison de chez nous. J'aime ce documentaire car il s'en dégage une belle séré

Droits de l'enfant #1 : Qui sont les migrants et les réfugiés ?

Image
 ....et toutes les questions que tu te poses  pour comprendre les migrations dans le monde "J'ai le droit à une identité","J'ai le droit d'être nourri", "J''ai le droit d'être soigné", "J'ai le droit d'être protégé de l'exploitation". Ce documentaire pose les bonnes questions et répond à ces 4 droits de l'enfant.  1 question par double page : comme des questions d'enfant, ou de celles qu'on se pose sans jamais oser les poser. Des réponses claires, concises, des petits encarts illustrés avec humour, des témoignages sur des situations réelles.  C'est drôlement bien fait !  Lutte contre les préjugés et les idées fausses, dans un style décontracté, une mise en page très agréable, j'aime beaucoup cette collection "Petites et grandes questions", chez Fleurus écrite par des spécialistes du sujet.  Preuve en image sur une question en lien direct avec un autre droit de l'enfant : celui

Le permis d'être un enfant

Image
Tout le mois de novembre sera consacré sur le blog aux Droits de l'enfant . Ce 20 novembre fêtera le 31ème anniversaire de la Convention des Droits de l'enfant. Il n'est pas inutile de rappeler des évidences. Quoi de mieux que cet album pour inaugurer cet hommage ?   Astor vit sa vie d'enfant heureux entre son carnet à dessin, son observation de son jardin de légumes. Un jour, il est convoqué par la Commission de l'enfance, autant dire un truc pas rigolo.  Pour prouver qu'il est un enfant, il va devoir passer des tests auprès d'un scientifique un peu barjot. Et une batterie d'examens qui doivent prouver sa capacité à entrer dans le moule de l'enfant lambda. -Il y a un permis pour être un enfant ? demande Astor. -Il y a un permis pour tout. Qu'il est bien vu cet album !  Avec humour, il dépoussière les étiquettes que les adultes collent aux enfants, quitte à saper leur confiance en eux. Les adultes de cette commission, bien raides, bien aigris, co

Au bois dormant

Image
  Puisque nous allons vivre encore au ralenti pour un certain temps, dans le noir qui s'installe désormais plus tôt, se plonger dans cet album permet de savourer ce moment où la nuit tombe : dans la forêt, les animaux veillent encore et se préparent à se coucher. Une petite fille arpente alors le bois, à la manière d'un marchand de sable, pour les exhorter à dormir maintenant. Page de gauche, une illustration pleine page foisonnante met en scène la petite fille accompagnée de son chien, et l'animal en question qui se retrouve page de droite en gros plan dans la position qu'il va prendre pour accueillir le sommeil. Son carnet de dessins à la main, elle les croque à sa manière toute enfantine (dessins retrouvés à la fin et c'est charmant). Ces illustrations de Marc Boutavant sont splendides dans leurs coloris, leur mise en perspective, leur lumière et leurs détails parfois comme des secrets. Le texte de Karen Jameson , comme une ritournelle, s'adresse à chacun de

Sans armure

Image
  "Tu comprends rien !". Ces mots qui claquent sans prévenir, c'est Yannick qui se les prend en pleine figure, sans rien comprendre justement de la réaction de Brune, son amoureuse. C'est d'abord sa voix à la radio qui l'a séduite Yannick. Peu à peu, elle se sont apprivoisées jusqu'à s'aimer. Sauf qu'il y a une fragilité insondable chez Brune, assez désarçonnante. Une sensibilité à fleur de peau qui lui fait perdre pied. Il lui faut des efforts incommensurables pour se hisser jusqu'aux autres. Sauf que les autres ne voient jamais rien, ne comprennent rien. Y compris une amoureuse. Et ça lui fait mal de ne pas pourvoir l'atteindre dans cette souffrance-là. Le lecteur va suivre leur histoire à-rebours, à travers l'écriture toute en finesse de Cathy Ytak . Qui ne dévoile rien d'emblée mais qui laisse les choses infuser, arriver à la surface dans toute leur vérité. Et justement Yannick va comprendre. C'est comme si elle découvrait

Sidonie Souris

Image
Voici une nouvelle collection de l'école des loisirs pour les apprentis lecteurs : la collection Moucheron. Plusieurs titres sortis, un niveau de lecture en-deçà de la collection Mouche, et je trouve qu'elle manquait. J'ai choisi ce titre car : 1. J'adore l'univers foisonnant, drôle et décalé de Clothilde Delacroix. 2. Le thème développé ici me tient particulièrement à cœur : l'imagination. Imaginez donc une jeune souris se prénommant Sidonie (c'est le titre !). Sidonie aime écrire, faire fonctionner son imagination, raconter des aventures, de façon presque vitale. Un beau jour, elle n'a plus rien à raconter. Sa maman, pleine de ressources (comme toutes les mamans 💓) lui propose alors d'aller lui cueillir des coquelicots à la rivière. Sidonie se prépare et se met en chemin. Un chemin plein de rencontres et d'aventures....qu'elle s'empresse de consigner à son retour, sous l’œil attendri de sa maman. Une bien belle histoire déployée dans

Un thé à l'eau de parapluie

Image
Quoi de mieux que de se plonger dans un album cocooning en cette installation de l'automne ! Petit format précieux, couleurs toutes douces et texte enveloppant comme une couverture moelleuse... Elmo le blaireau sait y faire pour contrer la morosité du temps pluvieux de cette saison.... Il suffit de faire ...un thé à l'eau de parapluie ! Mais qu'est-ce donc ? C'est ce secret qu'il nous dévoile dans ces pages ainsi qu'à ses amis Ecureuil et Belette qu'il a convié sous son toit (ses chats sont bien trop terribles !) .... Un bien joli lien avec les souvenirs de l'été, son soleil, ses jeux sur la plage, mais qu'à cela ne tienne, de l'eau il y en a à foison avec toute cette pluie. Les amis vont donc jouer dehors et s'en donner à cœur joie : il suffira de se resservir ensuite du thé à l'eau de parapluie pour se réchauffer devant la cheminée.  Un album "doux et chaud" , tout comme la boisson partagée de cet Elmo au cœur généreux. Jugez

L'oeil de Berk

Image
  Quel plaisir que de retrouver Berk le doudou canard dans une nouvelle aventure ! Après la salle de bain, la classe d'école, voici un autre territoire d'exploration : la cuisine ! Ils font tous les fous les copains de Berk dans ce lieu et évidemment, il lui arrive toujours un truc TERRIIIIIIBLE à Berk !  Chacun s'emploie à lui apporter son aide pour ce nouveau petit malheur qui lui tombe dessus. Je ne vous dirais pas quoi (la couverture donne un petit indice) mais toujours est-il que c'est éclats de rire garantis ! Car la chute est irrésistible. Ça fonctionne  toujours aussi bien : les onomatopées, le jeu sur les perspectives,  les anamorphoses, le jeu entre les protagonistes, leur solidarité,... J'aime, j'aime, j'aime ! Un must à avoir que cette collection des Berk (4 au total) pour des moments de lecture jubilatoires, surtout à voix haute, ils s'y prêtent très bien, alors, ne vous en privez pas si des enfants gravitent autour de vous ! L’œil de Berk

Le jour où je suis mort, et les suivants

Image
  Sandrine Beau signe là un roman sur un sujet difficile mais elle su amener ce sujet d'une façon remarquable à mon sens. Sans rien occulter. Les mots sont là. Car justement, les mots ne sortent pas dans cette situation-là. Ou alors il leur faut du temps. Un déclic. Le bon moment. La bonne personne.  Je l'ai lu d'une traite, presque en apnée, mais soulagée aussi de l'espoir qu'il laisse entrevoir. Qu'il y-a-t-il de commun entre Lenny, Saphir et Biscotte ? Une douleur inavouable, une enfance saccagée, la salissure coriace, la honte toujours, le dégoût de soi. Ils ont tous été violés entre 11 ans et 14 ans. Des années d'enfer. Le premier par le meilleur ami de la famille. Le second par son coach sportif. Le troisième lors d'une mauvaise rencontre. Tous disent à leur façon l'indicible. Tous crient leur douleur. Tous éprouvent une solitude immense face à elle. Pour chacun, Sandrine Beau a adopté un point de vue différent : pour Lenny, elle dit l'engr

Le syndrome du spaghetti

Image
Difficile pour Léa, 16 ans, d'imaginer que sa vie allait basculer du jour au lendemain. Un avenir tout tracé de championne de basket, au niveau international,  sous le coaching de son père, entraineur du club. Sauf que la vie vous joue parfois de sales tours. Léa, sa jeune sœur et sa maman vont devoir faire avec une épée de Damoclés au-dessus de leur tête : un syndrome sorti de nulle part.    Léa va devoir se ré-inventer : elle ne le sait pas encore mais le chemin sera long. Elle va devoir aussi apprendre à regarder les autres,  à mettre de côté ce sport qui était toute sa vie. Il y a le déni de la réalité, la lâcheté des autres, mais qui en fait est aussi une protection, la pudeur des sentiments, l'explosion familiale et ses phrases difficiles à entendre, mais surtout une belle énergie. C'est la rencontre avec Anthony, 17 ans, sur un terrain de basket de banlieue, par hasard, qui va lui faire découvrir d'autres facettes de la vie. Une belle rencontre qui va la faire

La cabane à dodo

Image
  Après Copains-câlins , nous voici de retour à la crèche au moment de la sieste. Et bien entendu, il y en a toujours un qui ne ferme pas l’œil ! Et qui réveille les autres....Mais pour faire une cabane avec les matelas et les couvertures, ça vaut le coup d'être réveillé non ? Cet album est délicieux : je ne trouve pas d'autre mot pour le définir. Les postures des petits endormis sont si trognonnes et si réalistes : sur chaque page, on peut s'amuser à observer leur changement de position dans le sommeil.   La cabane prend forme au fur et à mesure des réveils successifs, et ça finit invariablement par une partie de cache-cache....sauf pour Léon, à l'origine de toute cette construction, qui finit par tomber de sommeil à contre-temps. Beaucoup de joie, de bonne humeur, et du jeu ! Rien de mieux qu'une cabane à dodo pour s'amuser à créer des liens entre petits. Et c'est chouette de vivre ces moments sans adultes. J'aime, j'aime, j'aime ! Retrouvez l&

L'âge des possibles

Image
  Un titre magnifique pour un roman qui l'est tout autant : on a peur de le casser tant la sensibilité de Marie Chartes affleure à chaque page. C'est un roman sur les choix de trois adolescents : -Saul et Rachel, vivant en communauté Amish, ont la possibilité de choisir le moment de leur rumspringa , une sorte de parenthèse pour se confronter au monde moderne et choisir en connaissance de cause : le rejeter ou le rejoindre ? Ils décident de partir en bus à Chicago. -Temple, effrayée par la nouveauté, à la limite de la panique, doit quitter son cher tabouret de l'épicerie de ses parents pour retrouver sa sœur à Chicago et aller voir le spectacle de danse de Mademoiselle Non, que Temple admire tant. Voilà pour le cadre de l'histoire. Mais cette histoire, c'est tellement plus que ce cadre. C'est une rencontre de ces trois-là qui vont s'épauler. Qui vont aussi se poser des questions, trouver des réponses, pas forcément celles qu'ils auraient aimé trouver, s

Un peu beaucoup

Image
Après C'est MON arbre , Olivier Tallec récidive et je me demande si je ne préfère pas ce "Un peu beaucoup " ! Un titre drôlement bien trouvé !   Il a des airs du Scrat de l'Age de glace cet écureuil !   C'est fragile un arbre, il faut en prendre soin. Ce refrain contraste avec le comportement de cet écureuil, qui veut amasser à tout prix, en dépouillant l'arbre de  tous ses atours. Se donnant bonne conscience,  puisque l'abondance semble toujours là et qu'il peut toujours ponctionner à loisir sans se préoccuper de l'aspect de cet arbre qui n'en devient plus un. Les expressions et les postures de cet écureuil sont irrésistibles et ajoutent au comique de situation. Il y a des airs évidents avec la société de consommation actuelle : une surenchère perpétuelle, une insatisfaction chronique, un égoïsme phénoménal, un affairisme avide, une spirale sans fin... Et là appliqué à la nature, je trouve que l'impact est encore plus grand vu ce qui se p

Belladonna

Image
  Il sort aujourd'hui ce premier roman de la toute nouvelle maison d'édition de Jennifer Dalrymple : Sylva Gaia collection. Premier roman mais surtout le premier titre de la série Le Hibou des Abruzzes. Bien que destiné aux adultes, je me suis dit en le lisant qu'il pourrait très bien convenir aux ados. Le lecteur est emmené en Italie, que l'autrice connait bien pour y avoir vécu un certain temps : mélange d'enquête, de sorcellerie traditionnelle,  de comédie, on y croise un vieux sorcier Il Guffo, le Hibou, dont la médecine traditionnelle n'a pas de secret. C'est son neveu Lucignolo qui vient lui rendre visite et il ne s'attendait pas du tout à devoir démêler les fils d'un crime dont son oncle est accusé à tort, il en est convaincu. Entre querelles, superstitions, jalousies, secrets enfouis, et truies à adopter, il ne va pas chômer ! Ce que j'ai beaucoup aimé, c'est le rythme de l'histoire et surtout sa modernité. Sa langue aussi, très m

Mon île

Image
Avisez ce bleu lumineux ! Quand on ouvre cet album, c'est d'abord la profondeur des couleurs qui émerveillent.  Un bateau est emporté dans la tourmente. Les naufragés se réfugient sur une île quelque peu mouvante. Ils s'y sentent vite comme chez eux. Le lecteur voit cet œil de tortue qui veille sous l'eau ceux qui s'agitent sur sa carapace à l'air libre.  C'est alors le début d'un autre voyage : celui de la grandeur de l'océan, de ses merveilles, de ses dangers aussi, de son incroyable diversité. Mais les humains retrouvent la terre ferme avec cette promesse à leur protectrice : celle de la protéger à leur tour. Cet album est sublime : peu de texte, mais qui pose l'essentiel. Devant les tableaux des illustrations, il n'en faut pas plus.  Car le lecteur est littéralement immergé dans cet océan, avec ce double regard privilégié : dessus et dessous.  Vraiment une très belle cohérence, un beau message pour sensibiliser à la beauté de la nature, s

La course

Image
Mais ils vont où tous comme ça ?  Qu'il est gai cet album, je le trouve particulièrement réussi. Toute une ribambelle d'animaux semble se diriger...ou pas.... vers le même endroit.  Certains ont l'âge, les autres devront attendre encore un peu.     Ils ont tous leurs raisons : hirondelles, chats, corbeaux, guépards, hérissons, pandas,...Oui tout ça, tous ensemble, comme si les frontières entre espèces avaient été affranchies.  Une façon de montrer l'universalité de la prise d'autonomie sous la protection encore proche des parents.  Une joie communicative émane de cet album coloré, une légèreté aussi pour dédramatiser ce passage quand on a l'âge !  Je me réjouis de le lire à plusieurs voix pour en restituer toute la gaieté et le dynamisme. Chouette course ! La course Malika Doray  loulou & Cie

D.O.G

Image
Une couverture sublime signée Tom Haugomat ,  avec un air d'Alice au pays des merveilles, voici un roman à 4 mains terrifiant ! Nathalie Bernard , avec Frédéric Portalet , reviennent avec leur héroïne lieutenant-détective Valérie Lavigne.  Et j'ai adoré ! Plus apaisée, elle retrouve son coéquipier Gautier Saint- James avec un plaisir non dissimulé. Sauf que cette nouvelle enquête va réveiller ses douloureux souvenirs (voir Sept jours pour survivre et Keep hope ) ,  ce qui la rend terriblement fragile. Le moins qu'on puisse dire est qu'une fois encore on joue avec les nerfs du lecteur ! Une histoire vraiment bien ficelée : celle de trois ados disparus avec un point commun, ces trois lettres D.O.G.  et une appétence aux jeux vidéo. Un focus est fait sur une des adolescentes disparue et franchement, j'ai bien tremblé pour elle, je l'ai avertie intérieurement de ne pas y aller dans ce souterrain !  La construction joue donc sur plusieurs plan

L'anguille

Image
Je le dis d'emblée : j'ai adoré ce roman ! Je n'ai pourtant pas lu sa version en littérature "vieillesse" (mais ça ne va pas tarder) : Murène chez Actes Sud. L'anguille est donc la version pour le public jeunesse chez Thierry Magnier . Halis et Camille. Le premier, 13 ans, lourd dans son corps, complexé et moqué des autres. La seconde, Camille, 12 ans, en situation de handicap, née sans bras et qui arrive dans ce nouveau collège suite à un déménagement. Elle est regardée comme une bête curieuse. Chacun s'observe. Ce qui est intéressant dans ce roman, c'est la métamorphose : celle d'Halis qui finit par s'accepter grâce à Camille et celle de Camille , dans une moindre mesure mais tout de même car ce changement dans sa vie l'oblige une fois encore à s'adapter et elle le fait d'une façon si naturelle ! J'ai beaucoup aimé les voix intérieures de ces personnages, celles qui disent tout bas ses ressentis, ses doutes, se