Méli-Noël #6 : Nuit étoilée

 

Voici un album singulier et remarquable de Jimmy Liao qui fait référence au tableau de Van Gogh du même nom.

Je me suis dit à la première lecture qu'il aurait pu très bien être sans texte tant la portée des illustrations vous submerge d'émotions, avec tous les messages qu'elles véhiculent en implicite.  

C'est l'histoire d'une petite fille seule, dont les parents n'ont manifestement pas le temps de s'occuper. Elle souffre aussi de la disparition de son grand-père. Différente, les autres la brutalisent à l'école. Son refuge, c'est son imaginaire déployé dans ces fresques lumineuses mais poignantes. Un jour, un jeune garçon solitaire lui aussi arrive à l'école. Son père pêcheur le laisse livré à lui-même. Ces deux-là n'ont pas besoin de mots pour se comprendre. Ils décident de partir pour fuir la ville et sa violence et ils se réfugient dans la maison du grand-père, havre de paix. Ce voyage est extraordinaire : ils vont pouvoir s'adonner à la contemplation du monde, savourer sa beauté et vivre enfin leur amitié en toute insouciance. A leur retour, la petite fille tombe malade et le garçon est reparti non sans lui avoir laissé un magnifique cadeau. Elle ne le reverra pas mais la confiance en la vie est désormais sur son chemin.

Une bien poétique façon d'aborder la petitesse de notre condition humaine face à l'infini de la nature, et notamment le noir de la nuit étoilée, dans laquelle la lumière perce comme un espoir. Sa singularité réside aussi dans le fait qu'il oscille toujours entre rêve et réalité.

C'est un album bouleversant, à la portée artistique forte, qui magnifie l'enfance à la fois dans sa pureté et son intransigeance. Et il faut le dire : un chef d’œuvre sur lequel il est assez difficile de mettre des mots.

A lire et relire toutes générations confondues car chacun pourra y voir son reflet.


Nuit étoilée
Jimmy Liao
HongFei


Commentaires

Ce que vous avez aimé sur le blog...

Le poisson qui me souriait

Filles inspirantes #2 : Izzie Nobody

L'été des Perséides

Une histoire bien secouée

Magda : la souris minuscule