Droits de l'enfant #3 : Touche pas à mon corps, Tatie Jacotte !

 

"J'ai le droit d'être protégé de la violence."

Publié pour la première fois en 1999, je me réjouis que cet album soit réédité en 2020 ! 

"Ce matin, une dame est venue à l'école pour nous apprendre une chose importante.  Elle nous a appris que mon corps est mon corps..."
S'il y a bien une violence intolérable, c'est bien celle qui touche à l'intégrité physique des enfants.

La petite fille de cette histoire ne cache pas son aversion pour Tatie Jacotte. Elle ne l'embrasse pas, elle lui mord le cou. Et ça la dégoûte. Encore plus ce chantage à l'héritage de la maison et à l'argent donné à chaque visite. Mais la petite fille applique à la lettre et avec une détermination désarmante cette phrase : Mon corps est mon corps. Quitte à provoquer la colère de sa maman mais qui va bien finir par se rendre compte, avec l'aide du papa, que le corps d'un enfant lui appartient. Effectivement.

Les illustrations de Stéphane Poulin sont parfaites dans leur noirceur, le choix des couleurs,  et leur exagération des proportions : elles rendent parfaitement compte à la fois de la peur enfantine et de la distorsion qui en résulte face à ce chantage. Le côté désuet montre aussi la permanence dans le temps de ces pratiques affectueuses qui en réalité n'en sont pas. L'enfant est un objet à la merci du désir de l'adulte. 

Le texte de Thierry Lenain dit les choses telles qu'elles sont, de la bouche de l'enfant, ce qui accentue leur portée. Pas de détours, les mots, le ressenti. 

Un album indispensable sur le sujet : car NON aux violences faites aux enfants ! Et plus encore celles, insidieuses, qui ne disent pas leur nom.

Touche pas à mon corps, Tatie Jacotte !
Thierry Lenain et Stéphane Poulin
Les 400 coups

Commentaires

Ce que vous avez aimé sur le blog...

Loin de la ville en flammes

Le permis d'être un enfant

Droits de l'enfant #4 : La petite casserole d'Anatole

Belladonna

Le syndrome du spaghetti