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Affichage des articles du mai, 2019

nos mains en l'air

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Je ne pense pas que cette chronique sera à la hauteur de ce que cette lecture a pu me procurer.
Un titre à multiples sens et une photo de couverture très à-propos, on peut dire que ce nouveau roman de Coline Pierré est une totale réussite. J'ai pourtant craint à un moment un glissement trop démonstratif sur la langue des signes, et puis non, le piège a été évité. En tous cas, il est très bien documenté sur la question et j'ai beaucoup appris.
Ce roman, c'est la rencontre entre Yazel et Victor. Tous les deux cabossés de la vie. Yazel, 12 ans, a perdu ses parents à l'âge de 7 ans, et depuis, elle vit chez une tante richissime mais carrément handicapée du moindre sentiment. Yazel est sourde mais tente d'en faire une force.  Victor, 21 ans,  lui, fait partie d'une famille de cambrioleurs mais déteste ce chemin tracé par son père maltraitant pour ses frères et lui.
C'est lors d'un de ses derniers cambriolages dans un manoir qu'il rencontre Yazel dans sa chambr…

Coup de coeur numérique #38 : Inclood

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Cinq albums de l'Ecole des loisirs sont désormais disponibles (d'ici début juillet 2019 pour les 5)  en Langue des Signes Française afin de permettre aux enfants sourds et malentendants, ainsi qu'à leurs familles, de pouvoir accéder à la fois dans la voix et le geste à ces classiques de la littérature jeunesse que sont "C'est moi le plus fort !" et "Le plus malin" de Mario Ramos, "Non, non et non !" et "Grosse colère" de Mireille d'Allancé, "Cornebidouille" de Magali Bonniol.
Via l'application gratuite Inclood, il suffit de scanner les pages du livre papier et la lecture bilingue se met en marche.


J'ai testé avec l'album "C'est moi le plus fort !" : il suffit de télécharger l'application (sur Appstore ou Google Play), de créer son compte, de télécharger la vidéo correspondant au livre, de scanner les personnages avec sa tablette ou son smartphone sur le livre. Une bulle apparait alors : o…

Le sourire de Suzie

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Quand on est une petite fille qui éprouve des difficultés à accrocher un sourire sur son visage, la vie ne vous sourit alors plus tellement.
Pour s'intégrer et paraitre comme les autres, elle se fabrique des sourires de circonstance et les enfile chaque matin autour de ses oreilles comme on met ses chaussettes. Sauf que les artifices s'envolent toujours et finissent par vous faire défaut. Il est alors temps pour les autres de vous entourer de tendresse et vous rassurer sur l'amour qu'ils vous portent pour enfin grandir dans la confiance en soi retrouvée.
Voici un album qui aborde la difficulté d'être soi avec infiniment de poésie et de sensibilité dans l'approche.

Les illustrations en collages disent aussi les enveloppes dont on s'affuble pour se cacher des autres et le poids dont elles pèsent sur nos épaules. Qui n'a jamais ressenti ce besoin parfois d'ôter ce masque de convenance ? De l'oublier, de le perdre pour mieux se retrouver malgré la cruaut…

Le fils de l'Ursari

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Une fois n'est pas coutume, une BD sur le blog.
J'avais déjà beaucoup aimé le roman éponyme et ma curiosité de lectrice a été piquée quand la BD est sortie. Retrouver cet univers dans un autre genre a été un réel plaisir. 
Très fidèle au roman, on y retrouve bien l'histoire de Ciprian et de sa famille rom, rejetée dans son propre pays, abusée par la mafia locale, qui lui fait miroiter la belle vie en France. Mais à Paris, c'est le désenchantement et la spirale infernale de la dette. Le début d'une autre galère mais avec le déracinement en plus et le sentiment de bafouer ses valeurs. Malgré tout, une réelle dignité émane de cette famille. 
C'est aussi la rencontre pour ce  héros si attachant avec le jeu des échecs au "Lusquenbourg". Et avec des joueurs qui vont déceler chez lui un potentiel hors norme. Il y a aussi l'apprentissage du français que j'ai trouvé fort bien rendu dans ces pages, qui décrivent une réalité qu'on rencontre dans le métr…

How to stop time

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Après Humains, Matt Haig revient avec une réflexion époustouflante sur le temps à travers le personnage de Tom Hazard, atteint d'une maladie rare, l'anagérie, qui se développe dès la puberté et l'empêche de vieillir. 
Dis comme ça, ça parait plutôt tentant cette éternité mais dans les faits, sa vie est compliquée. Car toutes les époques ne se ressemblent pas  et il vaut mieux ne pas s’incruster trop longtemps à un endroit car sa particularité se repère. Le plus difficile pour lui a été d'être obligé d'abandonner la femme qu'il aimait et sa fille, atteinte du même syndrome que lui. Son obsession devient de la retrouver coûte que coûte, c'est d'ailleurs grâce à cet espoir qu'il tient. Il est pris sous l'aile d'une organisation présidée par un certain Heindrich, organisation qui aide les personnes qui ont la même maladie. Tom se sent de plus en plus mal, traqué dans sa vie. De retour à Londres, qu'il a déjà connu à d'autres époques, ce q…

8 ans déjà !

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8 ans de lectures partagées dans ce Méli-Mélo de livres, déjà ! 
1400 articles bientôt...
Ce n'est pas ce chiffre qui compte mais le plaisir de partager ses lectures, de prendre du recul aussi sur les émotions qu'elles procurent,  d'en garder une trace aussi quand on lit beaucoup.
Merci à vous d'être là pour ce partage, en lisant ces chroniques sur mon ressenti de lectrice.

Et que l'aventure continue !

Emerveillements

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C'est un album que je relis chaque soir comme un rituel depuis que je me le suis procurée, sachant qu'il allait trouver résonance en moi, tant sa douceur et sa poésie invitent à une introspection.
Tout en hauteur et de bleu pastel vêtu, avec ses lettres du titre incrustées dans l'épaisseur de la couverture (ça s'appelle un embossage), qu'on caresse les yeux fermés comme une promesse de ce qui va advenir en l'ouvrant. 
Des petits tableaux à l'influence asiatique sur double page mettent en scène un petit animal qui vit sa vie au jour le jour, dans ses interactions avec les autres ou avec lui-même, ses joies, ses peines, ses angoisses, ses petites victoires sur l'adversité. 

Pas un mot de trop : Sandrine Kao a su apporter une progression infime mais réelle qui vous va droit au cœur et vous fait fondre devant tant de zénitude. Entre album et bande-dessinée, la cohérence est parfaite dans la forme et s'accorde au fond comme des petites bulles légères.
C'…

Home sweet home

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Ce roman a pour toile de fond la crise des subprimes qui a frappé les Etats-Unis en 2008. Notamment à Cleveland, dans l'Ohio, où des milliers de familles ont tout perdu en quelques mois, jetées à la rue, leurs biens saisis par les banques dans une spirale spéculative infernale.
C'est dans ce contexte que le lecteur entre de plain-pied dans le destin apparemment sans issue de deux jeunes adolescents qui n'ont pourtant pas démarré de la même façon dans la vie : Anna, 17 ans, fuit sa famille avec ses jeunes frères jumeaux alors qu'Elijah aurait pu écouter son père en pleine déroute de perte d'emploi et de divorce pour aller s'inscrire à l'Université et sans doute tenter de s'en sortir.
Ils trouvent refuge avec d'autres gamins dans un lycée désaffecté de la ville et là, c'est le choc des cultures entre enfants d'immigrés et le gosse des beaux quartiers. Néanmoins, ils vont tenter ensemble, même si leurs points de vue divergent, à inventer leur fut…