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Affichage des articles du 2022

Le petit faon

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Cet album a toutes les tonalités de l’automne qui frappe déjà à notre porte. Il s’agit là d’une recherche … et d’une rencontre : qui n’a jamais été émerveillé d’apercevoir une biche, un cerf, un daim dans son habitat naturel ? La petite fille de cette histoire rate toujours ce type de rendez-vous car trop petite. Toute la famille a aperçu la biche sauf elle ! Une fois de plus…. Qu’à cela ne tienne : munie d’un morceau de sucre et déterminée plus que jamais, elle décide d’aller la retrouver. En chemin, les sens bien ouverts, elle fait d’autres rencontres : chien du voisin, oiseau, écureuil, …. Tous vaquant à leurs occupations. Mais pas de biche. Prête à renoncer mais laissant son morceau de sucre comme une offrande, ce n’est pas la biche qu’elle va rencontrer mais son tout-petit, petit comme elle…. Et ça, ça change tout ! Elle devient grande tout à coup…. Un bien joli album dont les illustrations toutes douces et fondues apportent une note à la fois cocooning et pleine de

Viking Girl

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  (ou comment l'Eurovision a changé ma vie) Quel roman drôle et profond ! J’ai vraiment passé un très bon moment ! Mes émotions ont joué au yoyo entre humour et quête de ses origines. Brune, 13 ans, et sa grande sœur Lison sont nées grâce à un donneur danois : ce n’est qu’à la majorité de Lison qu’elles auront le droit d’accéder au dossier. Tout est transparent pour elles : leur maman ne leur a rien caché de son choix. Mais …. Un soir, Brune regarde l’Eurovision avec sa meilleure amie : non pas qu’elles en soient fans mais pourquoi pas ? Et là : c’est le choc. Brune remarque un musicien d’un groupe danois qui présente la même marque de bottine sur le front. Son imagination s’emballe si bien qu’elle va entraîner toute sa famille (y compris ses grands-parents) au Green Pop Festival pour aller parler à ce mystérieux monsieur qui pourrait être leur père ? Le lecteur suit donc la troupe, entre péripéties, doutes, remises en question de ses certitudes, légitimité, et j’en passe

L'oiseau en moi vole où il veut

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Voici un album vibrant en hommage à l’artiste peintre suédoise et méconnue Berta Hansson. Sara Lundberg en dresse un portrait lumineux malgré les difficultés rencontrées durant son enfance : une ferme à gérer à laquelle les enfants participent, une maman malade de la tuberculose et un père pragmatique, ébranlé par le chagrin et qui a du mal à accepter la passion de sa fille pour le dessin. Mais parfois des anges gardiens veillent et Berta va pouvoir accomplir son destin. C’est un album doux-amer mais magnifique dans sa mise en abyme : le lecteur est témoin de la graine d’artiste qui se déploie timidement sous ses yeux dans des illustrations verdoyantes qui rendent hommage à la Suède et son aspect sauvage si ressourçant. La force du pouvoir créateur envahit cette jeune fille : parfois elle en jubile, parfois cela la paralyse. Mais toujours cette force la transcende avec cette envie de la partager. La métaphore du titre rend parfaitement l’esprit de cette jeune fille, éprise

Tchao Caillou !

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Il n’y a pas un enfant qui n’aime pas jouer avec un caillou : c’est un jeu universel. Cet album épatant met en scène un dialogue entre un enfant qui bouge tout le temps et un caillou constamment placide : chacun dans son rôle vous me direz. Les questions très précises de l’enfant contrastent avec les réponses très courtes du caillou mais très vite, il semblerait que la fibre sensible du caillou soit fissurée quand il est question d’amitié. Et cette amitié là ressemble fort à celle d’un petit prince et son renard même si les façons de faire divergent un peu. Ce caillou est trop fort : il arrive à faire prendre de la hauteur sur sa condition de caillou qui apparaît bien plus intéressante qu’il n’y parait. Les illustrations sont foisonnantes, pleines de détails et pleines d’humour. La mise en page renforce cette originalité. Un bien beau voyage philosophique au pays des cailloux, avec cette légèreté insouciante propre à l’enfance, et franchement, après cette lecture, on les r

Blog en vacances...

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Le blog prend ses quartiers d'été, va buller, se ressourcer, prendre l'air et se lancer dans une activité de la plus haute importance (vous en conviendrez !) : la constitution de sa P.A.L (Pile A Lire). "L'été, on n'a jamais assez de temps pour faire tout le rien du tout qu'on a envie" Calvin, BD Calvin et Hobbes    😊 BEL ETE ET BELLES LECTURES !😊

soirée d'été

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Ce premier album de Dina Melnikova convoque un souvenir.  A la faveur d'une soirée d'été. Des sensations, des émotions, à fleur de page, dans une économie de moyens : et l'imaginaire fait le reste !  Dans un judicieux aller-retour, l'autrice emmène son lecteur dans cette nature pleine de vie et de mystères.  Comme dans un rêve éveillé. Le souvenir de sa grand-mère jaillit non pas avec nostalgie mais bonheur. Il lui suffit d'être là pour raviver ce moment entre tous. Le retour  à la réalité , à la faveur d'une odeur de biscuits qui cuisent, se fait en douceur et la vie reprend comme de rien. Mais ce qui est fabuleux dans cet album, c'est le dialogue entre texte et images. Tout se parle dans cette confrontation, tout se répond, tout suggère.  Le papier crème et épais de l'objet, sa reliure cousue de fil, le regard posé à ras de cette nature qui bruisse et frémit, les tons résolument gris noir : tout concourt à s'envelopper de cette atmosphère délicieu

Le petit monde de Nour

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Après La petite casserole d'Anatole , le duo Jérôme Ruillier au texte et Isabelle Carrier aux illustrations revient avec cet album très délicat et très juste sur l'importance d'être accepté tel qu'on est. Nour (qui signifie "lumière") est une petite fille qui vit sa vie de petite fille : elle va à l'école, s'émerveille, prend les choses de la vie comme elles se présentent. Mais il y a une ombre au tableau qui finit par prendre toute la place : Nour ne fait rien comme les autres, elle fait du bruit, elle est dans son monde, les enfants se moquent d'elle et les adultes se fâchent car elle ne rentre pas dans le moule. Alors, Nour s'éteint peu à peu. Une boule grise de tristesse l'envahit. Les adultes finissent par  s'en apercevoir mais comment faire pour l'aider ? C'est la rencontre avec un autre petit garçon qui va remettre du soleil et de l'envie dans sa vie ! D'une belle épure, on pourrait penser que ce minimalisme est

Au poil !

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  A bas la dictature des poils ! Les poils, c'est au poil !  J'ai adoré l'approche de ce roman court mais qui réussit la prouesse d'englober ce sujet dans toutes ses facettes. Car oui, les polis, c'est UN sujet ! Salomé dite Omé, collégienne en 3ème, vit sa première séance chez l'esthéticienne comme une vraie torture. Plus jamais ça ! Elle échange sur la question avec sa meilleure amie qui en connait un rayon sur le poil ! J'ai appris plein de trucs 😏 C'est hallucinant toutes les méthodes qui existent pour les éradiquer (et pas franchement glamour !). Mais les deux copines ne s'arrêtent pas là : elles font des recherches au CDI pour savoir comment le poil a été considéré (ou pas) dans l'histoire et là aussi, on apprend une foule de choses. Finalement, c'est à son retour de son séjour en Allemagne chez sa correspondante que la jeune fille prend sa décision : elle ne s'épilera plus ! Les femmes allemandes n'ont aucun souci avec ça et c

Le phare-La saison des feuilles

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Voici deux albums de Petit Poulpe qui ont attiré mon attention : le premier pour Guridi dont j'aime l'univers et le second car justement je ne connais pas ! Dans LE PHARE , Guridi emmène son lecteur dans un univers où lumière et ténèbres se mêlent. Il a choisi comme toile de fond la mer et un phare, hautement symbolique. Comme toujours, Guridi sème plusieurs pistes dans cet album pour plus grands enfants car les interprétations peuvent varier et obligent à la réflexion. J'ai plutôt vu ce récit comme un dialogue entre la mer et le phare, mais aussi à un narrateur qui écrit à celle ou celui qu'il aime : il se décide enfin à le faire et on sent là un vrai saut dans le vide. Pour moi, le gardien ne fait qu'être présent dans sa petitesse face aux grands éléments et mystères de la vie. On comprend pourtant que c'est lui qui écrit et que dans sa solitude et le silence, il fait l'analogie entre les deux éléments de son quotidien : le phare qu'il habite et la m

Dans tes bras

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20 poèmes pour partager mes premiers instants avec maman. Voici donc la teneur de ce magnifique livre. Mais il est assurément bien plus que cela. J'aurais pu le chroniquer pour la Fête des mamans. Et puis, non. J'ai souhaité qu'il garde son unicité pour toujours et pas seulement pour une journée dans l'année. Car ce lien entre mère et enfant, c'est un lien indéfinissable pour toute la vie. Je retrouve dans ces 20 poèmes les émotions qui m'ont traversées à l'attente de mes enfants, attente chaque fois différente. Tendresse, douceur, rondeur : un dialogue se joue là dans lequel deux êtres se re-connaissent. Car l'originalité se tient dans ce que ce livre nous parle de l'avant naissance : le tout-petit à naitre s'adresse à celle qui l'abrite. Elle est nommée juste à la fin. C'est à la fois si intime et si universel. Extrêmement tactile aussi : comme une danse à deux, sensuelle et unique. Les couleurs, les mots choisis, la mise en page, tout

Maydala Express

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Pierdomenico Baccalario et Davide Morosinotto se sont associés pour écrire ce roman d'aventures et je me suis dit qu'il ne fallait pas passer à côté. Plus de 400 pages à bord d'un train extraordinaire : le Maydala Express. Finally, 10 ans,  vit à l'orphelinat de la ville grise. Chaque jour, son quotidien crasseux est de nettoyer la gare gigantesque. Les lignes de chemins de fer appartiennent à un seul homme, sauf une. Son rêve est de devenir mécanicienne : un jour, elle tombe sur un billet de ce Maydala express et de son énigmatique quai 1001. S'ouvre alors pour elle la plus incroyable des aventures vers la gare la plus lointaine du monde. Tous les ingrédients sont là pour être embarqué par cette histoire rocambolesque : et en effet, elle ne manque pas de rebondissements. Les trouvailles sont ingénieuses, les images fortes et les ressorts de l'intrigue épatants, les personnages attachants pour certains et d'autres beaucoup moins. Sauf que la construction u

Gustave en avril

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Le moins qu'on puisse dire, c'est que du haut de ses presque 10 ans, Gustave en vit de drôles d'évènements en ce mois d'avril ! Un grand tourbillon temporel qui commence avec le placement de sa mamie en maison de retraite, la révélation d'un secret de famille et l'amour qui lui tombe dessus. Rien que ça ! Ces évènements apportent un lot de réflexions plein de maturité, comme souvent seuls les enfants en sont capables. 1. Mima Il est triste Gustave pour sa mamie mais il peut aller la voir tous les mercredis : il rencontre les autres pensionnaires lors de joyeuses parties de tarot et voit bien que sa mamie s'habitue et n'est pas si malheureuse. Il a tout de même un pincement au cœur car rien n'est plus comme avant. Cependant, il fait bonne figure pour Mima.   2. Papa Puis, ce secret de famille qui lui tombe dessus et qui remet bien des pendules  à l’heure avec son papa. Une question émerge alors : pourquoi les adultes mentent-ils donc aux enfants ?   3

Ce que nous sommes

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La dernière bande dessinée de ZEP interroge de façon magistrale notre rapport aux nouvelles technologies, qui au lieu de libérer l'humain l'asservissent et l'assistent. Imaginez un monde dans lequel un programme nommé Databrain permet d'avoir à la naissance un second cerveau numérique qui télécharge toutes sortes de connaissances : plus d'effort pour apprendre, tout se passe à une vitesse vertigineuse. Constant, un jeune homme, va faire l'expérience douloureuse d'un piratage informatique qui va complètement vider sa mémoire. Recueilli par Hazel, jeune femme qui vit en marge de la société (et ils sont nombreux) , va l'aider à retrouver son identité et au passage lui faire prendre conscience des formidables capacités de son véritable cerveau humain cette fois. J'ai été bluffée par l'intensité de la réflexion de cet album qui monte crescendo. Le lecteur est au début immergé dans un monde futuriste dans lequel rêve et réalité se mélangent. Des analog

Mémoires de la forêt : les souvenirs de Ferdinand Taupe

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Quel petit bijou de roman que voilà ! Où il est question : -d'une forêt (celle de Bellécorce) -d'un renard libraire de père en fils, Archibald Renard -d'une taupe à la coquille de noix, Ferdinand Taupe - de mémoires déposées chez le libraire et achetées par un inconnu au plus mauvais moment, -de vieilles photographies -mais surtout d'une magnifique et empathique aventure pour lutter contre l'Oublie-Tout, cette maladie qui ronge notre taupe, à la recherche de sa bien-aimée Maude. Une histoire extrêmement touchante, transposée dans le monde animal, mais qui évoque la maladie d'Alzheimer et ses ravages. Le tout est amené avec une délicatesse infinie : la myriade de personnages qu'Archibald et Ferdinand vont rencontrer en suivant les indices des photographies sont tous hauts en couleurs.  Certains passages sont si touchants de sincérité que vous les relisez plusieurs fois tant les mots choisis et l'ambiance qu'il en émane sont émouvants. Sans oublier une

La toute petite maison

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Découpée en 6 chapitres, cette histoire de Michaël Escoffier pleine de bienveillance, illustrée avec beaucoup de fraicheur par Clotilde Perrin , m'a vraiment beaucoup plu pour le message délivré. Deux petits oursons, un peu coquins mais surtout curieux, Arsène et Bartoli, vont faire une étrange découverte dans la forêt : une toute petite minuscule maison bien intrigante....mais personne ne s'y manifeste.  Le lendemain, ils reviennent et y découvre un tout petit gâteau tout chaud, qu'Arsène s'empresse de manger sans partager. Mais un mauvais sort s'empare de lui puisqu'il se met à rétrécir....De retour à leur tanière, Arsène n'arrive pas à fermer l’œil et retourne à la petite maison en pleine nuit. Remangeant ce fameux gâteau, il rétrécit encore plus et se faufile dans la petite maison ( Boucle d'or n'est pas loin !).    Il rencontre alors le lendemain l'habitant du lieu : un nain (enfin, je crois ! ou gnome, elfe des bois, magicien ?) avec un

A voté !

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La littérature jeunesse n'échappe pas à l’actualité du moment et un certain nombre de titres sont sortis dernièrement sur le sujet. Parmi eux, j'ai choisi ce roman de la collection Lecture solo chez Actes sud junior. Tout simplement parce que j'ai trouvé que le thème des élections y est abordé à hauteur d'enfant puisqu’il s'agit de démocratie à l'école. La maitresse de Noé ne peut s’empêcher de faire voter la classe à main levée sur tous les sujets concernant la vie de classe : tout y passe, jusqu'à la couleur des protège-cahiers ! Mais ce que finit  par vite remarquer Noé, c'est le petit manège de Capucine qui exerce du chantage sur ses camarades pour voter comme elle. En échange de leur main levée allant dans son sens, elle leur promet des petits services... Il n'en revient pas Noé ! Alors, il réfléchit. Et si on votait sur des petits papiers manuscrits ? La maitresse accepte mais là encore Capucine trouve la parade en fouillant dans la poubelle !

A l'hôtel du Pourquoi-Pas ?

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Ce que j'ai eu du mal à le lâcher ce tome 3 ! De mon point de vue, c'est le plus réussi tant on retrouve un rythme dans l'intrigue et l'écriture. Il est drôlement difficile à résumer tant il s'en passe des choses alors je vais me rabattre lâchement sur la 4ème de couverture :  "En sollicitant le Capitaine de police Maupetit pour l’aider à lancer, le BAC, le Bureau des affaires classées, le commissaire Lamblin ne s’attendait pas à voir débarquer Augustin flanqué de deux gamines surexcitées, Angie et Rose-May, et d’une chienne renifleuse visiblement démotivée. Parmi les quelques 200 faits-divers non élucidés, Augustin a jeté son dévolu sur une affaire d’enlèvement d’enfant à bord du paquebot le France qui offre de troublantes similitudes avec le thriller de Cornelia Finch qu’il est en train de lire. Angie, elle, a déniché une pièce à conviction dans un vieux dossier, un attrape-rêves, comme ceux que la police du Havre vient de retrouver à côté des corps

Fille Garçon

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4 è m e d e c o u v e r t u r e   Une fille ou un garçon nom commun-féminin-masculin Est unique ou remarquable Est libre de penser et de s'exprimer Est libre de choisir. A CHACUN DE DÉCIDER !   Un bien bel album, aux jolies découpes variées, aux coloris joyeux, et qui tord le cou aux stéréotypes. Cependant, ce serait réducteur que de le présenter ainsi car il va bien plus loin dans son message positif : il rappelle en effet l'important, celui de se sentir bien tel que l'on est sans se soucier du regard de l'autre.  Des situations de vie y sont abordées :  jeux, métiers, émotions, goûts, corps, famille, amour,...autant de situations où ce qui compte, c'est l'acceptation que l'autre soit différent mais que cette différence nourrisse l'égalité entre toutes et tous. La grande qualité de l'approche d' Hélène Druvert c'est tout d'abord la joie communicative qui émane de ces pages mais aussi sa normalité qui est mise à hauteur d'enfant. La

Collection Combats : Mille arbres et Bulldozer

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Voici une nouvelle collection "Combats" à destination des 10-15 ans, porté par les éditions CotCotCot , et dont l'objectif est d'aborder des thèmes d'actualité pour mener à la réflexion et à un engagement pour un monde meilleur. J'ai donc lu les deux premiers romans Combat#1 et Combat#2 : Mille arbres et Bulldozer. Déjà, ces petits livres intriguent par leur conception : reliure cousue main, bichromie, et des postfaces qui éclairent judicieusement la partie fiction car elles ancrent la réflexion et permettent le débat. A chaque fois, les héros sont des enfants : ce sont eux les témoins de ces problèmes de société, touchant ici soit à l'écologie soit à l'économie, et ils décident d'agir et d'emporter les adultes dans leur sillage. Non pas que les grands ne fassent rien : certains s'engagent mais la portée d'actions de la jeune génération est bien plus forte symboliquement. Mille arbres de Caroline Lamarche et Aurélia Deschamps :   un

Le rocher tombé du ciel

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Ce n'est pas la première fois que je chronique ici des albums de cet auteur-illustrateur canadien Jon Klassen et à chaque fois, je suis conquise par son regard minimaliste mais qui en dit tant. Cet album, au titre évocateur d'une catastrophe à la "Don't look up", se divise en cinq parties et met en scène trois animaux :  une tortue, une taupe et un serpent. S'ajoutent le fameux rocher et un oeil-alien extraterrestre. Si ! Si ! Vous avez bien lu. Mais que font-ils donc tous ensemble ? Chacun des personnages entre en scène de façon linéaire et s'adresse à l'autre dans un vouvoiement policé et direct à la fois. Qui de son endroit préféré, qui de sa sieste, qui du coucher de soleil à admirer, qui de ses pensées sur le futur : ces dialogues frôlent l'absurde philosophique et donnent immédiatement envie de les lire à haute voix. Le tout est accentué par un graphisme épuré, aux coloris couleur sable, avec une fleur omniprésente, et des clins d’œil aux alb

Le jour où j'ai grandi

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Il y a des matins comme ça où une certitude vous cueille au réveil. Un 31 décembre, c'est parfait pour une résolution ! Louve se sent soudain envahie ce matin-là par cet impératif : il est temps pour elle de grandir. Mais elle veut le faire comme il faut. Lui donner une sorte de solennité. Et pour ça, il y a sa forêt-refuge et surtout ce cerisier confident. Elle prend avec elle de quoi écrire et ses souvenirs. Elle arpente cette forêt qui l'a vue grandir et se délecte des sensations qui fourmillent en elle au contact de cette nature apaisante. Au pied de son arbre, elle écrit trois lettres : une pour son père qui n'est plus là, une pour sa grande sœur qui est partie peu après et dont l'éloignement lui pèse et une pour sa mère pour lui dire sa décision de partir elle aussi mais en la rassurant sur l'amour porté qui lui a donné des ailes.  Délestée de ce poids, elle rentre à la maison sereine et apaisée : elle peut donc sauter dans la nouvelle année et assumer ses cho

L'incroyable histoire du coq qui ne voulait pas fermer son bec

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Jeanne, apprentie journaliste collégienne, revient sur l'île aux Moutons pour enquêter sur une étrange affaire mais qui part d'un fait véridique : le procès du coq Maurice. Sera-t-il interdit de chanter le rock pour lequel il a voué toute sa vie ?  Le sujet est amené peu à peu et franchement, on se laisse facilement prendre par les ficelles de cette histoire qui cache peut-être une autre vérité.  C'est Jeanne qui raconte et elle le fait drôlement bien : son carnet de notes à la main, elle observe, écoute, tire des déductions. Elle sera aidée par son ancienne institutrice de l'île  et l'avocat du coq. En plus, les animaux parlent sur cette île et c'est l'avocat Maître Cabillaud qui a eu la bonne idée de faire ressortir un vieil édit du Moyen-Age selon lequel une basse cour de justice est la seule habilitée à juger les procès entre humains et animaux à parité de représentativité.  Entre les poules qui s'appellent toutes Mathilde, le cochon, le lapin et les

On joue à cache-cache ?

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Le jeu de cache-cache est le jeu de l'enfance par excellence. Et dans un grand jardin, c'est le terrain idéal ! Cet album fait donc entrer le lecteur de plain-pied dans ce jeu en étant à la fois acteur et spectateur.  Acteur dans le jeu des enfants et leur façon de lancer et de vivre le jeu mais aussi spectateur dans cette façon de décrire par des verbes à l'infinitif les différentes étapes du jeu. J'ai particulièrement aimé ce procédé : il permet à la fois de prendre de la hauteur et d'englober toutes les scènes mais n'empêche nullement au lecteur de suivre le déroulement du jeu. A cela s'ajoute la lecture de l'image ! C'est vraiment un point fort de cet album : des grandes doubles pages colorées subliment ce jardin, ses recoins, ses zones d'ombres, ses secrets,...que les enfants découvrent eux aussi pour trouver la cachette idéale. Le jardin devient ainsi un personnage central de l'histoire.  Dans cette partie de cache-cache se dissimul

Petits poèmes pour y aller

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Du 12 au 28 mars 2022 a lieu la 24ème édition du Printemps des Poètes sur le thème de l'éphémère. Voici un nouveau recueil de poèmes de Carl Norac , illustré par aNNe Herbauts et c'est vraiment un régal de lecture : déjà, l'objet livre, avec sa couverture reliée et son papier crème épais, le rend précieux entre les mains. La lecture de ces poèmes procurent à la fois un sentiment de sérénité et d'intimité : rendez-vous avec soi-même, rendez-vous avec le monde alentour, rendez-vous avec la nature, ces poèmes interrogent tour à tour notre altérité, notre appartenance au monde mais aussi notre singularité. Avec une certaine dose de réalisme, voire même d'impertinence, ils font souvent sourire, s’émerveiller, réfléchir. Carl Norac a cette facilité avec les mots : ils dansent, virevoltent et retombent toujours sur leurs pattes.   ANNe Herbauts a su insuffler son regard plein d'innocence et de liberté : différentes techniques utilisées concourent à créer la surprise

Pour faire un oiseau

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On se croirait là dans l'imagination d'un Léonard de Vinci mais à hauteur d'enfant : un enfant rêve devant sa fenêtre avec ce ciel promesse de liberté. Le livre donne alors une "recette" de fabrication d'un oiseau.    Des petits trésors amassés ça et là dans la nature et des conseils pour le monter pas à pas. L'enfant rassemble ces éléments et les déballe en vrac. Il s'attelle alors avec un sérieux que rien ne peut perturber à cette fabrication minutieuse. Dans une position propre aux enfants : à même le sol, les jambes repliées sous soi, le haut du corps en avant, les mains en mouvement, la concentration extrême. L'oiseau est fini ! Il reste à lui insuffler cet élan de vie que seule l'imaginaire sait donner. L'oiseau s'élance, se déploie dans le ciel d'un bleu immense pour ne devenir qu'un point minuscule. Magnifiques illustrations de Matt Ottley ! Après Là-bas et L'incroyable machine à liberté ,  c'est tout aussi ench