Je connais peu de mots

©Méli-Mélo de livres
Un leporello qui s'ouvre vers le haut et dont le début et la fin servent de début et de fin, comme une boucle. 

Quelle beauté dans cet objet qui tient dans une poche ! Minimaliste à première vue tant dans les mots que le dessin : du bleu et du blanc mais un tel symbolisme dans ce qui est donné à voir et à lire !

"Je connais peu de mots" aborde la difficulté de s'approprier une langue tant dans son vocabulaire et sa grammaire mais pas seulement : une langue peut sembler hermétique, au point de s'y noyer. La première partie évoque en tous cas cette difficulté de s'y retrouver dans ses arcanes. L'autre côté du récit est plus positif puisque peu à peu la confiance en soi prend le dessus avec cette satisfaction d'arriver à s'exprimer malgré tout, dans une initiation permanente.

Le tout donne vraiment un questionnement subtil par rapport à la langue et à son apprentissage. Une langue peut sembler étrange (on dit bien langue étrangère), indomptable mais ce qui est abordé ici, c'est notre humanité, notre besoin de communiquer, de se comprendre. Et qu'il faut du temps et de la patience pour y arriver. J'y vois une universalité dans le personnage : on ne sait pas vraiment s'il s'agit d'un enfant ou d'un adulte. A vrai dire, peu importe.

C'est un fort bel objet qui ouvre une infinie de possibles dans une douceur et une économie qui laissent la place à chacun.e de se situer. Car même si on "connait" sa langue, il est parfois difficile de trouver les mots justes comme il faut pour s'exprimer au plus près de son ressenti intérieur. Une belle leçon d'humilité.

Je suis très sensible à ses illustrations : le jeu des transparences dans l'eau, des circonvolutions comme une tempête, des superpositions des plans traduisent  fort bien les étapes à surmonter.

Je trouve cette approche fort belle car très philosophique en ce sens qu'elle interroge notre place au monde et ouvre le spectre du mot culture.

Et j'ai bien du mal à connaitre les mots pour exprimer au plus juste ce que cette lecture m'a fait traverser intimement.

En voici une lecture en vidéo par l'autrice Elisa Sartori.


  
 
 
Je connais peu de mots
Elisa Sartori 
Cotcotcotéditions

Commentaires

Ce que vous avez aimé sur le blog...

Le poisson qui me souriait

Filles inspirantes #2 : Izzie Nobody

L'été des Perséides

Une histoire bien secouée

A quoi rêvent les étoiles