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Affichage des articles associés au libellé Violence

Je serai vivante

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Lu en juin à sa sortie, j'ai retardé l'écriture de cette chronique. Car ce roman est une déflagration. Il faut à nouveau se rassembler pour y mettre ses mots. C’est aussi un monologue et un dialogue de sourds. Sur une réalité sordide. La jeune fille de ce roman a subi un viol. Elle pensait avoir rendez-vous avec ce garçon qui lui plaisait. A sa surprise, il l’avait invitée. Mais cela s’est terminé au pied du cerisier sous un ciel d'avril dans une violence inouïe et sans cri. Quelque temps plus tard, une autre réalité pas moins sordide : en allant au commissariat porter plainte, elle ne trouve que mépris, préjugés et une autre forme de viol(ence) en face d’elle. Ce qui la déstabilise, la fait bafouiller, lui fait perdre pied, la dédouble une fois encore en revisitant ses flashs. Car les questions de l'officier en face d'elle sont si orientées, si dénuées de toute empathie, si narquoises, si terrifiantes elles aussi. Le lecteur suit donc impuissant à la fois le récit ...

Parallèle : Le ciel est à tout le monde/Le démon de la colline aux loups

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A nouveau une chronique Parallèle (la première ici ) entre deux littératures : parfois, les romans se répondent, résonnent entre eux, par ce qu'ils abordent et éveillent en vous. Leur point commun : des instants de grâce mêlés au pire du pire. Le ciel est à tout le monde de Fanny Chartres , Ecole des loisirs Il n'est pas nécessaire de lire la 4ème de couverture. Déjà, le titre et l'invitation de cette couverture donnent envie de l'ouvrir. Yaël, le grand frère et Ethan, le plus jeune. La vie ne les a pas gâtés avec leurs parents défaillants, qui les abandonnent. Évidemment, les services sociaux finissent par être alertés. Il seront conduits en foyer, séparés. Entre eux, il y a un langage, des rituels, des rêves : des soupapes de survie. Et c'est beau à en couper le souffle dans toute cette souffrance et cette noirceur.  Fanny Chartres emploie aussi un principe de narration très novateur : à travers des séries réelles, qu'elle transforme, la sordidité du quotidie...

Mauvais sang

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Quand on est fils de mafieux et qu'on le découvre à 10 ans lors d'une descente de police musclée, c'est le choc pour Giacomo. Son père en prison, les tenailles mafieuses et sa grande famille italienne l'entrainent sur le chemin de la violence. Pourtant, une petite voix d'humanité lui souffle que ce mal qu'il fait ne lui ressemble pas. Malgré les avertissements de sa mère, si effacée, il continue à jouer les caïds. Son chemin de résilience va prendre celui d'un domaine viticole dirigé par des femmes : arrêté lui aussi, mais mineur, le juge lui donne une chance. Ce n'est pas du même ordre que le repentir de la mafia.  Un arrachement à sa famille et une découverte d'autres valeurs auxquelles il va accepter, tant bien que mal au début, de suivre. Il y aura la belle Livia, passionnée de théâtre, qui va contribuer aussi à son revirement. La nature comme un second souffle et ces femmes si déterminées. Mais la mafia sait toujours où vous êtes : rattrapé, enf...

Droits de l'enfant #3 : Touche pas à mon corps, Tatie Jacotte !

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  "J'ai le droit d'être protégé de la violence." Publié pour la première fois en 1999, je me réjouis que cet album soit réédité en 2020 !  "Ce matin, une dame est venue à l'école pour nous apprendre une chose importante.  Elle nous a appris que mon corps est mon corps..." S'il y a bien une violence intolérable, c'est bien celle qui touche à l'intégrité physique des enfants. La petite fille de cette histoire ne cache pas son aversion pour Tatie Jacotte. Elle ne l'embrasse pas, elle lui mord le cou. Et ça la dégoûte. Encore plus ce chantage à l'héritage de la maison et à l'argent donné à chaque visite. Mais la petite fille applique à la lettre et avec une détermination désarmante cette phrase : Mon corps est mon corps. Quitte à provoquer la colère de sa maman mais qui va bien finir par se rendre compte, avec l'aide du papa, que le corps d'un enfant lui appartient. Effectivement. Les illustrations de Stéphane Poulin sont pa...

Comme des frères

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Le bandeau ne ment pas : c'est vraiment ce qui ressort de ce roman à la fougue virile adolescente. Pourtant, Raphaël raconte à l'âge adulte. Le poids de cette culpabilité le ronge encore. Il se souvient de cette bande de petits caïds collégiens qu'il suivait parce que, il faut bien le dire, il n'y a pas grand chose à faire pour des jeunes ados dans cette petite ville et ce collège pourri. Juste l'ennui, les bêtises, les coups de gueule, les coups de poings, les défis, l'alcool, la fumette. Et puis il y a aussi le rabaissement de l'autre : Quentin dit "Queue de rat". La force du groupe contre lui sans savoir vraiment pourquoi. Parce que l'un deux l'a décidé.  Qu'il faut suivre sans réfléchir. Et puis, il y a la sœur de Quentin, bien moins naïve qui va permettre à son frère de changer de stratégie et se faire accepter par la bande.  Néanmoins, le lecteur est averti dès le départ : un drame s'est produit. A chaque tourne...

Bookplant #7 : The hate U give

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©Méli-Mélo de livres  Cela fait bien plus de 4 mois que ce roman attend que je le sorte de ma pile... En fait, j'avais peur de sa violence. Je n'avais pas envie de ça durant cette période pour des raisons personnelles. En préparant avec soin ma liste de lecture pour mes vacances, je me suis dit que c'était le moment. Bon. Je  suis allée au bout. J'ai aimé l'évolution du personnage de Starr. 16 ans. Noire. Vivant dans un quartier difficile. Son quotidien : les gangs, la drogue, la police. Elle fréquente un lycée chic. Un lycée de blancs. Il y a deux Starr en fait. Le grand écart en permanence. Elle s'en sort plutôt bien. Jusqu'au jour où son ami d'enfance, Khalil, meurt abattu par un policier dans ses bras. Et ça commence. Toujours la même histoire. La victime est érigée en démon et le policier en victime.  Ce roman décrit une réalité américaine mais qui finalement n'est pas si éloignée de ce qui peut se passer dans les banlieues, en ...

Suspense et effroi

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Faire le mort de Stefan Casta, Thierry Magnier : J'avais déjà beaucoup apprécié le dernier roman de Stefan Casta . J'avais entendu parler de celui-ci, je savais de quoi il parlait dans ses grandes lignes, mais un peu refroidie par l'idée de la violence qu'il pouvait contenir. Et puis, je l'ai finalement lu... Des jeunes passionnés d'ornithologie partent les observer dans la forêt suédoise. Parmi eux, il y a Kim, un jeune homme mystérieux, avec son béret et son écharpe noirs, ses drôles de questions, sa retenue aussi. Ce qui devait être une balade entre amis tourne au cauchemar puisque Kim va être tabassé par les autres, sous l'emprise de l'alcool, avec une violence inouïe. Ils vont le laisser là, seul, se serrer les coudes et transformer la réalité des faits pour ne pas malmener leur conscience. Kim ne doit son salut qu'à son réflexe de faire le mort sinon ils se seraient davantage acharnés sur lui. Je suis sortie de cette lecture asse...

Des poings dans le ventre-A la dure

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Un point commun à mes yeux réunit ces deux romans : le manque. Des poings dans le ventre/Benjamin Desmares.-Le Rouergue, Doado noir Un roman coup de poing à l'image de Blaise qui pour s'exprimer cogne plutôt avec ses poings. Exclu du collège car il a encore frappé à l'aveugle, il traîne son mal-être. Si au début, le lecteur pense prendre un chemin, il n'en est rien. Peu à peu se dessine chez cet adolescent  à fleur de peau une béance : celle de l'absence du père.  En moins de 80 pages, Benjamin Desmares signe là un roman d'une très grande force : écrit à la deuxième personne du singulier, ce "tu" rend encore plus prégnant cette distanciation de soi, le fait de ne plus vraiment s'appartenir quand la souffrance vous submerge. Un roman qui renverse le statut de victime là où on s'y attend le moins. On ne lâche plus ce tourment d'adolescent en mal d'amour et de reconnaissance. A la dure/Rachel Corenblit.-Actes sud ...

Je suis sa fille

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C'est un premier roman. Celui d'un libraire : Benoît Minville, que Tibo Bérard, directeur de la collection Exprim' a contacté, suite à la lecture d'une de ses chroniques sur un site d'avis de livres. On y fait la connaissance de Joannie, jeune fille de 16 ans, élevée seule par son père, mais sans avoir coupé totalement le lien avec sa mère. Insidieusement, elle assiste, mais sans trop se rendre compte sur le moment, de la descente aux enfers de son père adoré. Broyé par le système. Un boulot écrasant où il n'est qu'un numéro. Où il n'est plus rien. Puis le chômage. C'est la crise. Oui, mais pas pour tout le monde. Quand il va être au bout du désespoir (je ne révèle pas quoi), pour Joan, c'est le déclic. C'en est trop. Il faut stopper ce système. Elle se met donc en tête d'aller abattre un patron à Nice. L'accompagne Hugo, son meilleur pote, haut rescapé de la vie, dans un road-trip pour le moins mouvementé sur la Nationale 7. I...

La vie est belle

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"La vie est belle" : pourtant, on ne se dit pas cela d'emblée en lisant le parcours de Lewis Delacroix et de sa famille. Jugez plutôt : son père vient de se donner la mort. Cadre chez Violet Télécom, son statut s'est peu à peu dégradé, mis au placard, harcelé, forcé à la démission et il n'a pas supporté. Lewis non plus. Fils unique, il regrette sa vie d'avant, où tout allait mieux, même s'il ne voyait pas souvent son père. Au moins, durant les vacances, la famille passait de bons moments de complicité et son père lui avait promis d'être plus présent. Et puis, c'est arrivé. Des signes avant-coureurs les ont pourtant alerté, lui et sa maman. Mais trop tard. Alors, sa souffrance trop lourde à porter, sa maman qui tente de refaire sa vie, ce qu'il ressent comme une trahison, Lewis va se mettre en tête de venger son père. Le coupable, il sait qui c'est : le patron de l'agence. Et pour ça, il a un plan diabolique : s'approcher de sa fi...

Le journal malgré lui de Henry K. Larssen

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Le titre est très exact : Henry écrit bien un journal malgré lui. C'est son psy qui le lui a mis dans les mains et Henry, après son refus affiché, s'y prête finalement sans trop savoir pourquoi. Mais il écrit. En cachette. Ce que sa famille et lui ont récemment vécu l'obsède, le paralyse, le révolte, l'anéantit et le culpabilise. Un drame familial comme il en existe et dont on se dit que ce n'est pas possible que des choses pareilles puissent arriver. Henry, son père et sa mère ont dû partir de chez eux. Mais la maman n'a pas suivi. Très fragilisée par ce drame, elle se fait soigner. Henry change donc de province (ça se passe au Canada) et donc de collège et se retrouve seul avec son père, du moins ce qu'il en reste. Un père lui aussi très affaibli. Perte de repères totale.  Mais Henry ne plie pas : il se renferme pourtant, prend du poids, a des crises terribles où il s'exprime comme un robot, une façon pour lui de prendre de la distance. Heureusemen...

A l'ombre de l'oubli

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Violette et Arnaud : deux adolescents de 17 ans unis comme les doigts de la main depuis la classe de cinquième, mais cette année de terminale, leurs sentiments glissent vers autre chose... Violette, blogueuse férue de poésie participe également à un forum d'écriture, Pen Touch. Elle va y faire la connaissance virtuelle d'Ahriman, un homme plus âgé, riche et chic. Il la complimente sur son écriture très régulièrement. Violette est persuadée que ses conseils font évoluer son écriture, alors qu'Arnaud le déteste. Tout va va basculer pour la jeune fille lors d'une soirée du forum organisée à Paris. Elle loge chez Ahriman, qui va abuser d'elle...Il y aura la Violette d'avant et celle d'après. Une descente aux enfers pour la jeune fille qui aura bien du mal à mettre des mots sur ce qu'elle a vécu. Mais la force de l'amour d'Arnaud va lui donner le courage d'affronter cette "honte". Ce roman est à double voix : pas une alternance ...

Le club des inadaptés

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Martin Page est un auteur que j'affectionne tout particulièrement. Je n'ai jamais été déçue par ses écrits ("Conversation avec un gâteau au chocolat" ou "Je suis un tremblement de terre", par exemple) et ce roman, "Le club des inadaptés" est bien d'actualité puisqu'il parle-entre autre-de la violence scolaire engendrée le plus souvent par la différence.  On retrouve donc Martin, collégien, et ses amis Bakary, Fred et Erwan. Chacun a sa personnalité mais ils ont un point commun : il sont différents des autres et vivent très mal leurs années collège. Et tout bascule le jour où Erwan, le bricoleur de la bande et le plus gentil, se fait tabasser : "Ce qu'avait subi Erwan nous renvoyait à notre différence. Ces coups reçus, je les voyais comme un rappel à l'ordre qui nous intimait de cesser d'être différents. Mais paradoxalement, cela nous a donné encore moins envie de faire des efforts pour nous mêler aux autres. Nous s...