Je serai vivante
Lu en juin à sa sortie, j'ai retardé l'écriture de cette chronique. Car ce roman est une déflagration. Il faut à nouveau se rassembler pour y mettre ses mots. C’est aussi un monologue et un dialogue de sourds. Sur une réalité sordide. La jeune fille de ce roman a subi un viol. Elle pensait avoir rendez-vous avec ce garçon qui lui plaisait. A sa surprise, il l’avait invitée. Mais cela s’est terminé au pied du cerisier sous un ciel d'avril dans une violence inouïe et sans cri. Quelque temps plus tard, une autre réalité pas moins sordide : en allant au commissariat porter plainte, elle ne trouve que mépris, préjugés et une autre forme de viol(ence) en face d’elle. Ce qui la déstabilise, la fait bafouiller, lui fait perdre pied, la dédouble une fois encore en revisitant ses flashs. Car les questions de l'officier en face d'elle sont si orientées, si dénuées de toute empathie, si narquoises, si terrifiantes elles aussi. Le lecteur suit donc impuissant à la fois le récit ...