La balade de Koïshi

Dès qu je l'ai vu ce livre accordéon ou leporello (quel beau mot !), j'ai su de suite qu'il était pour moi. Il y a des rencontres muettes qui se font, comme ça, entre un livre et son lecteur, sans qu'il soit besoin de l'ouvrir. Alors, dès que je l'ai pu, direction ma librairie préférée, et là, enfin dans mes mains, je l'ai ouvert comme un trésor. Avec ma grande fille. Dans un petit restau où nous avions convenu de nous retrouver pour déjeuner, maintenant qu'elle est étudiante. Spontanément, je lui ai lu à haute voix et c'est ensemble que Koïshi, petit grain de riz, nous a emmené en balade.

©Méli-Mélo de livres
Et quelle balade ! A la fois dans les pages et dans le texte, le tout d'une poésie et d'une délicatesse à couper le souffle. 

Koïshi, minuscule grain de riz, s'en va parcourir le monde et traverse les saisons, qui constituent autant de tableaux, avec ce fil en pointillés qu'il suit, celui de la vie, ténu, fragile, fait de rencontres, de détours, de joies et de peines, de plein de petites choses qui au fil du temps finissent par composer une vie. De la naissance à la mort. Ce cycle est magnifiquement représenté dans cette métaphore : le tout petit dans l'ordonnancement de l'univers, il revient alors à la terre, de là où il est venu, dans un éternel recommencement. Et ce n'est pas triste , non, c'est dans l'ordre des choses.

Tout est suggéré dans cet album : dans le texte d'Agnès Domergue , dont certaines phrases sont comme une pluie de mots si bien choisis avec musicalité , chaque changement de saison étant amené par une phrase ritournelle et le lecteur comprend alors le passage inexorable du temps. Les aquarelles de Cécile Hudrisier sont une merveille de poésie, dans les contours, les couleurs choisies et la multitude de petits détails.

Le tout sublimé par cette forme donnée à l'album : il ne pouvait en être effectivement autrement. On peut le lire en tournant les pages, en sentant l'épaisseur du papier entre les doigts ou le déplier et suivre ce cheminement pour lui permettre de se rejoindre aux deux extrémités. Mais dans les deux cas, on ressent toujours cette pertinence de l'objet, du texte et des illustrations, comme un dialogue. C'est magique.

Je suis tombée en amour de cette balade que j'emprunte désormais souvent comme un baume apaisant. Il y a des livres comme ça, je ne peux me résoudre à les ranger dans ma bibliothèque, je les garde auprès de moi. Ils font désormais partie de ma vie.

Chapeau Koïshi !

La balade de Koïshi
Agnès Domergue et Cécile Hudrisier 
Grasset jeunesse

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