Celle que je suis

Anoki, 16 ans, brillante étudiante a pourtant la chance de vivre dans une famille en Inde qui n'interdit pas aux filles de faire des études. Seulement, la tradition est la plus forte face à l'émancipation : faire des études, oui, exercer un métier non. Il faut que les filles se marient et se mettent au service de leur mari et de leurs enfants.

C'est la douloureuse expérience d'Anoki qui nous est relatée dans ce roman d'Anne Loyer très bien documenté et qui sait si bien poser les enjeux de la condition féminine. 

Car à travers l'expérience d'Anoki, ce sont des millions de femmes concernées à travers le monde et quelle dure réalité pour les occidentales que nous sommes ! 

Cependant, ce que j'ai aimé aussi, c'est le double regard que nous oblige à avoir l'autrice à travers son frère ainé Kiran, parti étudier à Paris et qui tombe amoureux d'une américaine étudiante comme lui, militante des droits des femmes. Car si en Inde leur situation n'est guère enviable du fait du poids de la tradition, on se rend compte aussi que le combat n'est pas terminé pour toutes, à des degrés divers, où qu'elles vivent. 

J'ai beaucoup aimé aussi voir combien l'éducation est perçue, acceptée, intériorisée selon que l'on soit fille ou garçon et que la place dans la fratrie interfère également pour beaucoup dans ce processus. 

Anne  Loyer ne dresse pas seulement le portrait d'Anoki dans ce roman mais aussi celui de sa meilleure amie Janani, de sa belle-soeur Chatura, de sa colocataire Sahana, sa petite soeur Lila, autant de situations de femmes déchirantes de sincérité dans leur combat quotidien, entre rébellion et soumission.

Cependant, Anoki, avec sa détermination, sa volonté , sa soif d'apprendre, son humilité aussi, ses renoncements, sa découverte de l'amour, éclaire ce roman extrêmement réaliste et touchant. Quelle boule d'énergie ! Quel exemple à suivre ! Quelle source d'inspiration !

J'ai eu beaucoup de plaisir à me laisser emporter par ces enjeux qui font beaucoup réfléchir sur la place des femmes et comment elles sont considérées (déconsidérées) de part le monde. 

Le combat de leur émancipation continue ! 
Bravo Anoki ! 

Celle que je suis
Anne Loyer
Slalom

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