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mercredi 30 septembre 2015

Aussi loin que possible

Tony et Antoine.
Antoine et Tony.
Ils se connaissent depuis la maternelle.
Ils sont maintenant collégiens.
En grandissant, c'est la ressemblance de leur prénom respectif qui les a singulièrement rapprochés.

Un beau matin, ils se mettent à courir sur le chemin du collège. Par jeu d'abord. Pour voir qui irait le plus vite. Finalement, ils ne s'arrêtent pas, sans se concerter. Rien de prévu au préalable. Juste cette envie vitale d'aligner un pied devant l'autre, de régler son souffle, de sentir la force de son corps dans ses mouvements. De tester ses limites. Le marathon va durer une semaine. Ils se nourrissent comme ils peuvent, dorment où ils peuvent mais sans volonté de nuire. "Aussi loin que possible."

Le lecteur va apprendre à les connaitre : Tony vit avec la peur de se faire expulser avec sa famille en Ukraine, alors qu'Antoine a une peur paralysante des coups de son père. Leur vie d'ados est distillée par bribes, leur révolte et leur course prennent alors un autre sens. 
Epuisés, ils se disent qu'il faut lui donner une fin utile. Alors, ils trouvent l'idée et vont jusqu'au bout. Leur élan va en provoquer un autre.

Eric Pessan m'avait déjà embarquée avec un des ses précédents romans. Le tour de force dans celui-ci est d'amener son lecteur à courir lui aussi : le rythme de l'écriture imprime en effet à cette histoire comme une identification dans les mouvements et dans le souffle. On court réellement avec eux. J'ai aimé aussi la force tranquille de ces deux garçons, confrontés à une réalité qui les dépasse mais qui restent respectueux des autres et d'eux-mêmes.

Un roman qui fait beaucoup réfléchir sur nos forces vitales, nos impulsions, nos désirs dans une vie moderne pas toujours facile à décrypter dans ses ressorts : avoir ou être, quel est le plus important ? Rester libre surtout.

Une belle leçon de vie qui remet bien des choses à leur place.

La couverture est particulièrement bien réussie.

Ce roman sort aujourd'hui en librairie.

Aussi loin que possible
Eric Pessan
Ecole des loisirs
Collection Médium

lundi 28 septembre 2015

Mon chagrin éléphant

La grand-mère du petit garçon de l'histoire vient de mourir.
Elle s'appelait Mamiette.
Et d'un coup, le chagrin du petit garçon a pris la forme d'un énorme éléphant, bien encombrant.
Pas méchant du tout, mais il s'est mis à le suivre partout en chantant et en l'invitant à chanter avec lui "Une souris verte" (ce qui pour un éléphant est plutôt incongru, n'est-ce pas ?). Impossible d'en parler aux adultes :"Je connais bien les grandes personnes, elles ne m'auraient pas cru".

Puis avec le temps, en allant fleurir et arranger la tombe de sa Mamiette avec ses parents, l'éléphant va commencer à se faire plus discret. Comme si cette visite-là avait enclenché un processus d'apaisement.

Au fil des jours, le chagrin se fait plus petit, il est toujours là mais bien moins imposant. La vie reprend son cours avec le doux souvenir de Mamiette au fond de soi. Comme un cadeau devenu beau.

Voici un album-métaphore sur la mort et sur le chagrin très bien vu.
Il aborde avec tendresse et justesse les émotions qui vous envahissent à ce moment-là et surtout permet d'en parler avec des mots simples avec des petits. 

Les couleurs joyeuses et pétantes des illustrations apportent une note de gaieté qui montrent que la mort fait aussi partie de la vie.

Un album qui me touche personnellement en ce moment.

67éme album pour le Challenge je lis aussi des albums 2015


Mon chagrin éléphant
Cécile Roumiguière
Madalena Matoso
Editions Thierry Magnier

dimanche 27 septembre 2015

Histoire d'un manuscrit

©Méli-Mélo de livres
Une chronique personnelle et familiale.
C'est l'histoire d'un manuscrit.
Celui de ma fille de 15 ans.
Son premier roman qu'elle vient de terminer pour participer à la deuxième édition du concours du premier roman Gallimard jeunesse.

Elle écrit depuis qu'elle sait ...écrire et lire.
J'ai gardé ses premiers petits livres, encore maladroits mais si touchants de générosité.

Depuis longtemps, c'est la poésie qui l'habite. Elle en écrit.
Elle dessine aussi. Beaucoup. Pour donner corps à son imagination et une réalité à ses personnages, dit-elle.


Et puis, l'idée a fait son chemin. Le déclic est semble-t-il venu lors du brevet du collège avec cette magnifique suite qu'elle a donné à un passage de "Terre des hommes" d'Antoine de Saint-Exupéry.
Elle avait un autre texte en préparation et puis ces quatre chapitres qu'elle m'a autorisée à lire. 
Alors, je l'ai encouragée à poursuivre car son début d'histoire était plus que bon.
Elle a travaillé tout l'été.

Elle m'a désignée comme correctrice officielle. Et sa petite sœur de 13 ans comme lectrice officielle.

Et nous avons passé toutes trois de forts bons et beaux moments de complicité à échanger sur ce roman quête initiatique, où l'héroïne se trouve face à son destin, amour et deuil mêlés.
Elle a connu l'angoisse de ne pas être capable de franchir le nombre de signes demandé. Une fois le cap franchi, elle m'a dit combien l'écriture arrivait toute seule, dans une sorte de frénésie jubilatoire. Nous l'avons donc aidée à reprendre des passages, à expliquer ses intentions, à préciser certains points. Il y a de très belles trouvailles dans ce roman, des personnages bien construits et une structure à laquelle je n'ai pas eu besoin de toucher. Nous avons aimé les mêmes passages, frissonné quand le dénouement est arrivé et sommes finalement tristes de laisser ces pages se tourner. 

Mais la suite est en cours, et curieusement, elle était là avant ce tome-ci. 
Finalement, ma propre fille graine d'écrivain a répondu à certaines de mes questions sur le mystère de la genèse d'une histoire. Son inspiration vient de passerelles entre ses différents centres d'intérêt. Et c'est passionnant, même si nous avons tout à fait conscience d'être de simples amateures.

Mais l'essentiel est de participer mais surtout d'aller au bout de son rêve.
Et je lui suis reconnaissante de me faire ces cadeaux-là, tant ils sont un écho de la passion des livres que j'ai pu transmettre à mes enfants. Et c'est une immense joie.

Alors je lui dis bravo et surtout que cette passion ne la quitte pas !

vendredi 25 septembre 2015

Un pantalon pour mon ânon

©Méli-Mélo de livres
Une chronique Vintage...
Un album du Père Castor Flammarion déniché pour 0,50€ d'euro dans un vide-grenier.
Sa première édition date de 1959.
La présente édition est de 1996.

Le texte est de Marie Colmont et les images de Gerda Muller.

Un classique.
Un patrimoine pour moi.

Et une belle histoire de rébellion, celle d'une ânesse, qui revendique que son ânon puisse porter un pantalon comme l'âne voisin Samson, afin de le protéger du fléau des mouches.

Cette revendication va prendre de telles proportions que la vie du village s'en trouve bouleversée jusqu'à l'apaisement due à la sagesse de l'ermite de la montagne.

A cette lecture, je me suis dit que certains mots et tournures de phrases ne pourraient plus être bien comprises par les enfants d'aujourd'hui. 
Mais la conclusion de l'histoire, quant à elle, demeure universelle : " Parce qu'il suffit vraiment d'un peu de gentillesse pour que les choses aillent mieux sur terre".

Un message dont on aurait bien besoin.

Je suis contente qu'il fasse désormais partie de ma bibliothèque, d'autant que Pépito en a des souvenirs émus de lecture, petit.
Un certain nombre de titres de cette collection sont actuellement réédités et c'est une très bonne chose !



Un pantalon pour mon ânon
Texte de Marie Colmont
Images de Gerda Muller
Père Castor Flammarion



mercredi 23 septembre 2015

Intemporia 2 : Le trône du Prince

©Méli-Mélo de livres
Yoran est pris de remords. Retourné sous le bouclier, après avoir fourni à la reine Yélan la relique qui lui donne des pouvoirs immenses contre la fin de la maladie mortelle qui touche sa communauté, il n'arrive pas à être serein. La culpabilité le ronge, malgré l'amour réconfortant de sa femme Loda et de ses jumelles. Il décide alors de rejoindre les insoumis qui s'opposent aux dictateurs du Royaume, assouvis de sang et de cruauté envers le peuple. Et surtout rejoindre Tadeck, son frère de cœur et fils de la Reine mais rebelle. Ils vont rechercher l'héritier du Roi Arden afin de l'asseoir sur le trône et de mettre fin à cette forfaiture et pantomime de pouvoir.

Cela va le mener bien loin à travers le Royaume, au prix de luttes incessantes, de moments douloureux qui assaillent sa conscience. La fin, sorte d'apothéose de cette quête, nous mène jusque Terendis la Noire, ville fantôme, ancienne capitale du Royaume, avec un rebondissement qui donne vraiment envie de connaitre la suite de cette trilogie, dont le troisième et ultime tome paraîtra au printemps 2016.

J'ai eu pourtant beaucoup de mal au début à me glisser à nouveau dans cette aventure. Puis, je m'y suis ré-installée avec délice pour presque laisser tomber au milieu, lassée par cette quête sans fin, et surtout par ce personnage de Yoran trop introspectif, pas assez sociable mais pourtant très ingénieux et loyal. Mais j'ai bien fait de m'accrocher, la fin prend de l'épaisseur et l'auteure a su insuffler à son histoire un souffle d'aventure unique.

La force de ce groupe réside dans leur solidarité, les décisions prises collectivement dans les différentes épreuves qu'ils traversent. Toujours aussi bien écrit et mené malgré des longueurs.


Existe aussi en version numérique

Intemporia tome 2 : le trône du prince
Claire-Lise Marguier
Le Rouergue 
Collection Epik

lundi 21 septembre 2015

Louison Mignon contre le bandit aux feuilles mortes

©Méli-Mélo de livres
"Les feuilles mortes se ramassent à la pelle..."

Où l'on retrouve avec délice Louison Mignon, gamine de six ans et demi, en vacances chez Papé et Mamé, à la campagne. 
Un quotidien en pleine nature qui ressemble au bonheur.

C'est l'automne. Louison et Papé, en compagnie du petit chien qui a bien grandi depuis le premier tome, sont missionnés manu militari par la grand-mère d'aller ramasser les feuilles mortes dans la cour...

Tout devient alors prétexte au jeu : le vieux tracteur rouillé se transforme en tipi, Louison en petite indienne, son chien en petit Poney. Papé utilise son râteau comme arme de cow-boy, "on dirait qu'il serait le bandit aux feuilles mortes" et la voix tonitruante de Mamé qui se fâche contre ce chahut, l'affuble immédiatement du rôle de shérif.

La pluie vient bouleverser le déroulement du jeu : alors cow-boy et indien enterrent la hache de guerre pour se réfugier sous le tipi et envisager ensemble la conquête de l'Ouest ! Même le shérif finit par sourire de cette complicité bien attendrissante, en renonçant à leur aide pour éplucher ses pommes...

Voilà un album qui me plait beaucoup : d'une belle fraîcheur, tout concourt dans le fond et la forme à susciter des émotions douces et chaudes à sa lecture. Un très bon rythme dans l'histoire, des illustrations comme des croquis dessinés dans l'instant, un format parfait qui donne à l'ensemble une très belle cohérence.

Un album ode à l'émerveillement de l'enfance et de sa capacité à entraîner les adultes dans sa ronde pour qu'ils re-deviennent des enfants eux-mêmes.
Un album sur ce magnifique lien grands-parents/enfants plein de justesse.

Coup de cœur !

Ma chronique du tome 1


Louison Mignon et le bandit aux feuilles mortes
Alex Cousseau et Charles Dutertre
Le Rouergue

vendredi 18 septembre 2015

Ma mère, le crabe et moi

©Méli-Mélo de livres
Une histoire de mère à nouveau...
Mais au milieu de leur relation chaotique, un invité surprise qui va changer la donne.

Tania est une ado de 14 ans en pleine rébellion, exacerbée depuis le départ de son père pour une autre femme qu'elle ne supporte pas et c'est réciproque.

Avec sa mère, ce n'est pas mieux : elles s'agacent mutuellement, se supportent mais s'aiment malgré tout...sans vraiment se l'avouer.

Des indices semés ça et là dans le comportement de sa mère, des traces de recherche laissées sur internet, des mystères autour de rendez-vous médicaux, et là, la vérité éclate : le crabe s'est insinué et il va falloir le combattre. 

Ce cancer du sein de sa mère va révéler une Tania plus mature, plus sûre de ses choix, plus solidaire de cette souffrance due à la maladie qui s'invite au quotidien : l'opération, la mutilation, la chimio, la perte des cheveux, la reconstruction. La jeune fille va aussi changer de comportement avec les autres au collège, s'affirmer en sport, pourtant sa bête noire, et être prête à accueillir l'amour, même si le regard des autres est souvent lourd à porter.

Anne Percin n'y va pas par le dos de la cuillère : tout est abordé sans pathos aucun, avec une bonne dose d'humour (le passage du coiffeur et de la perruque, un grand moment de complicité retrouvée entre la mère et la fille). Peu à peu, leur relation évolue et chacune fait un pas vers l'autre. Un seul objectif : combattre.

C'est court, c'est fort, c'est réaliste. 
Peut-être un peu trop de commentaires entre parenthèses qui parasitent la lecture à mon goût, parfois, c'est vraiment de trop mais heureusement au fil des pages, ils s'estompent. L'écriture est alors très juste. Sans doute est-ce un parti-pris de l'auteure pour mieux montrer la métamorphose des êtres induite par un élément extérieur ravageur.

Un portrait très réussi d'une relation mère/fille dans l'adversité face à la maladie sur un sujet très peu traité en littérature jeunesse.


Ce roman est partenaire de la campagne officielle de sensibilisation de l'Association "Le cancer du sein, parlons-en !", opération qui a lieu tous les ans en octobre. 

mercredi 16 septembre 2015

Ma mère

L'actualité littéraire de Stéphane Servant est riche en cette fin d'année !
Il le suggère si bien LA.
Et j'ai été envoûtée par son roman sorti en août dernier La langue des bêtes aux Editions le Rouergue.

Il y a eu Abris d'Emmanuelle Houdart. J'en ai parlé LA. Une merveille.
©Méli-Mélo de livres

Et maintenant, il y a "Ma mère" avec le texte de Stéphane Servant et les illustrations d'Emmanuelle Houdart. Et c'est...une merveille !


Le tout donne un album grand format presque mystique sur l'amour maternel avec ses ombres et ses joies. 

Dés son ouverture, on est subjugué par la beauté chatoyante des grandes illustrations, déployant leur univers fantasque en double page et semant des indices de continuité. 

Comme cette lampe allumée sur chacune des pages (sauf une) symbolisant à elle seule la fragilité de ce lien mère enfant mais aussi sa permanence bienveillante. 
Comme pour éclairer le chemin de la vie.

Le texte à lire est tout aussi fort et poétique : il exprime ce sentiment indéfectible qui se noue dès la naissance entre deux êtres, avec sa part d'ombre et de lumière, ses ambivalences et ses foisonnements.

Un album qui traduit merveilleusement la maternité comme ancrage dans la vie et la transmission qui s'y rattache, ainsi que la peur de la séparation, inéluctable.


©Méli-Mélo de livres


Poétique et envoûtant.

Touchée au cœur je suis.


64 éme album pour le Challenge je lis aussi des albums 2015

Ma mère
Stéphane Servant et Emmanuelle Houdart
Thierry Magnier 


CONCOURS !

Et pour vous permettre de le lire à votre tour, vous avez la possibilité 
d'en gagner un exemplaire !

Rien de plus simple : vous laissez un commentaire sur ce blog évoquant... les mamans.

Tirage au sort le jeudi 1er octobre, jour de sortie du prochain album de Stéphane Servant chez Didier jeunesse, lors de sa chronique.

Ouvert à la France métropolitaine.



BONNE CHANCE !

lundi 14 septembre 2015

146298

En cours d'histoire, elle comprend.
Puis une remarque qui la pique.
Celle de son amoureux musulman.
Et puis, d'un coup, cela devient vital : une nécessité impérieuse de comprendre le destin de sa grand-mère qui a ces six chiffres tatoués sur son bras : 146298.
Sa grand-mère qui perd la mémoire.
Alors, la jeune fille prend une décision indélébile, au grand désarroi de son amoureux qui ne comprend pas bien.
Elle fait le choix de la mémoire contre l'oubli. Avant qu'il ne soit trop tard. Nul n'est éternel.
Elle veut éprouver dans son corps.
Chaque chiffre prend alors une signification vers un chemin très douloureux, bien plus que ce qu'elle éprouve elle-même.
Un chiffre symbole de ce qu'a vécu sa grand-mère à 14 ans : la rafle, la longue traversée en train, le camp de concentration, la perte des proches, le travail forcé, la longue agonie de la marche dans le froid sibérien avant la libération enfin.

Une force telle dans ce récit, dans ce lien invisible entre une jeune fille et sa grand-mère.
La force d'un témoignage qui traverse les générations.
Pour se souvenir.
Pour ne pas oublier.


Les êtres que l'on aime ont eu une vie, leur vie. Comment les garder en soi ?
Un texte bouleversant et lumineux.
Lu d'une traite comme toujours dans cette collection.
Mais je ne comprends pas bien le rapport avec le baby-foot de la couverture...

146298
Rachel Corenblit
Actes sud junior
Collection d'une seule voix.

vendredi 11 septembre 2015

Panda et Pomme Pomme Pomme

Un rouge...et un noir !


Quelles merveilles de cartonnés pour les tout-petits ! 

Deux coups de cœur d'un coup.


©Méli-Mélo de livres


Commençons par le noir...






  • Panda : c'est l'heure de dormir (et même d'hiberner !) et pour gagner du temps, Petit Panda pose LA question comme un défi : Comment naissent les bébééééés ?
Papa Ours et Maman Ours répondent avec tendresse et poésie en intégrant ce moment intense de leur vie de couple dans le tourbillon de la vie au sens large. Le mystère de la naissance dans le cycle naturel de l'univers.

C'est doux, tendre, enveloppant, rassurant, aimant, dans cette capacité d'accueillir le tout-petit comme il est, même dans sa différence.

Beaucoup de contrastes en noir et blanc, un peu de rouge, un texte sobre alliant les contraires, la technique de la gravure mise à la portée des tout-petits : il se dégage de cet album une sérénité absolue.


Et terminons par le rouge...






  • Pommme Pomme Pomme : d'où vient la pomme ? Du pommier ! Elle tombe et se fait croquer. Le destin d'une si belle pomme rouge est de se faire manger.

Des pommes rouges au vernis brillant qu'on a envie de suite de toucher, elles sont si appétissantes, et le cycle du pommier juste suggéré au départ. Puis arrive la petite comptine pour mettre des mots sur ce qui a été donné à voir et à ressentir, et hop ! C'est reparti pour un tour au milieu du verger.

Gageons que les tout-petits vont se l'approprier de suite, avec leurs mains, leurs yeux, leur bouche, leurs pieds. C'est simple, beau,  appétissant, plein de musicalité, de contrastes, ça pète la santé !

Un régal gourmand dont il ne faut pas se priver.


62 et 63 émes albums pour le Challenge je lis aussi des albums 2015

Panda
Pauline Kalioujny
Editions Thierry Magnier

Pomme Pomme Pomme
Corinne Dreyfuss
Editions Thierry Magnier

mercredi 9 septembre 2015

Janis est folle

©Méli-Mélo de livres
Une couverture du photographe Alain Laboile  qui accroche le regard.
Un auteur Olivier Ka qui est aussi un formidable conteur, j'ai eu l'occasion de l'entendre plusieurs fois, notamment sur ces contes LA.
Et un titre comme une vérité crue assénée sans explication. Comme une étiquette.

Titouan et sa mère : un couple fusionnel, en marge de la société. De petits boulots en petits boulots, de cavale en cavale. Une mère instable, un jeune homme qui la protège, qui accepte tout malgré la révolte qui gronde parfois en lui. Mais tout s'accélère depuis peu. Titouan perçoit une autre urgence chez elle, indicible, mystérieuse, codée. Mais il attend et suit. Il sait que c'est la meilleure parade. 
Et d'un coup, c'est le trou pour lui : elle le mène jusqu'à ses origines, ou plutôt jusqu'à son secret, devenu trop lourd à porter, comme si elle pressentait elle aussi une fin.

Le lecteur comprend alors cette béance ouverte en elle mais pour Titouan, c'est trop, il n'est pas prêt.

Commence alors pour lui une descente aux enfers où il va devoir faire ses choix, seul. Sans elle ou plutôt pour elle. Et pour lui. Il va comprendre là où elle voulait le mener.

Voici un roman d'une fougue tragique comme un tsunami sur l'amour maternel et filial d'une très grande sensibilité. Pour moi, non, Janis n'est pas folle. Elle renvoie le mal qu'on lui a fait et celui qu'elle a fait, à sa manière, des mensonges qui la rongent de l'intérieur, le poids de la société et de sa normalité et surtout ce besoin pour sa famille de sauver les apparences.

Une femme entière, d'une réelle force et faiblesse à la fois, qui aime par-dessus tout, trop peut-être.
A se brûler les ailes.

Certains passages sont d'une violence noire, d'un désespoir infini, d'une impossibilité à vivre, de murs dressés devant vous et dans lesquels il faut coûte que coûte trouver la faille pour s'en sortir, c'en est presque incantatoire.

Mais une fin apaisée, pleine d'espoir et de rire.

Jusque celle-ci, le lecteur reste témoin impuissant de cette deshérence et ne cherche même plus à savoir comment cela va se terminer. Il ne peut pas, lui aussi vit ce drame tragique de l'intérieur et reste coi. Ses propres sentiments et émotions en sont presque anesthésiés. Je me suis surprise à retenir mon souffle à cette lecture.

Seulement, voilà : j'aimerais bien avoir de ses nouvelles. A Titouan. Il va me manquer.

Un roman pour ados-adultes qui sort aujourd'hui en librairie. C'est la première fois que cet auteur est publié au Rouergue et j'espère qu'il y  aura d'autres romans.

Existe aussi en version numérique

Janis est folle
Olivier Ka
Le Rouergue
Doado noir

lundi 7 septembre 2015

Dans la tête d'Albert

Dans la tête d'Albert, c'est compliqué.
Surtout pour son chien.
C'est lui qui parle.
C'est lui le témoin de l'inertie de son maître. Mais en est-ce  vraiment une ou juste une façon de fonctionner ? 

"Depuis le temps que l'on vit ensemble, je n'arrive toujours pas à comprendre ce qui se passe dans le silence de la tête d'Albert."

Les apparences sont souvent trompeuses car il s'en passe des choses dans cette tête : ça fourmille, ça mouline, ça enclenche, ça pense, ça s'émotionne, tout sauf le calme plat !
Le cerveau entre ces deux oreilles fonctionne à plein régime même si le corps dit tout le contraire.

J'avoue avoir eu du mal, à la première lecture de ce bel album, à entrer dans l'univers proposé. Puis, de relecture en relecture, je me le suis approprié. Le regard et les paroles du chien ne sont finalement qu'un prétexte extérieur pour démontrer le décalage qu'il existe entre le visible et l'invisible.

Le cerveau a une activité propre et foisonnante, en perpétuel mouvement : c'est très bien rendu dans la mise en scène des pages. Une histoire d'Annie Agopian, déroulée par le chien, témoin impuissant mais néanmoins perspicace à sa façon, et l'intérieur de cette tête d'où on voit émerger une matière pleine de connexions, exprimées par ces spirales de mots traduisant ou essayant de traduire ce qui s'y déroule. Carole Chaix excelle dans cet art de l'imbriqué, dont il se dégage une poésie certaine.

Une belle façon de montrer aux enfants l'intensité de ce qui se passe sous leurs cheveux : j'aime tout particulièrement la dernière double page où la plupart des têtes des humais sont dessinées avec ce qu'on peut y deviner à l'intérieur de leur boîte crânienne. 
Une belle façon aussi d'inviter à la rêverie, au vagabondage des pensées, à l'affluence des sensations pour mieux se connecter à l'intérieur de soi, en dehors des autres...et grandir.

Le parallèle homme/animal est aussi assez bien vu dans les rôles qui semblent renversés : qui est le plus animal ou le plus humain des deux finalement ? Un animal qui pense mais qui est soumis à son instinct ou un être humain apparemment amorphe mais à l'intensité cérébrale en activité perpétuelle ? 

Un album de prime abord complexe mais qui vaut la peine qu'on s'y attarde pour démêler ce qu'il nous dit et donne à voir.

Un ovni littéraire assurément. 
Pour des grands enfants je pense.

61 éme album pour le Challenge je lis aussi des albums 2015

Dans la tête d'Albert
Annie Agopian et Carole Chaix
Editions Thierry Magnier

dimanche 6 septembre 2015

Interview numérique : La souris qui raconte



Aujourd'hui, pas de chronique sur une appli coup de cœur mais un focus très intéressant sur une maison d'édition numérique coup de cœur !


Bonjour Mme Françoise Prêtre : vous  êtes la créatrice de la maison d’édition numérique « La souris qui raconte », dont la marque de fabrique est la création d’histoires et de contes interactifs pour enfants (à partir de  5 ans) sur tablette et sous forme d’ebooks. 
Vous pouvez nous en dire un peu plus sur la genèse et la philosophie de votre maison d’édition ? 

Bonjour Pépita, et merci pour cette rencontre. En préambule, je vais un peu corriger la question posée. La marque de fabrique de La Souris Qui Raconte (LSQR, c’est plus court), c’est les livres web qui se lisent en streaming (en connexion) sur le site www.lasourisquiraconte.com. Ensuite, avec l’arrivée des tablettes, certains de ces livres ont été déclinés sous forme d’applications ou d’e-books. Pour exemples, « Conte du haut de mon crâne » (Séverine Vidal – Claire Fauché) pour notre première application en 2012 et « Pour tout l’or du monde » (Cathy Dutruch – Juliette Lancien) pour l’e-book le plus récent en 2014, sont d’abord des livres web. 



Lorsque j’ai commencé à réfléchir à ma maison d’édition, nous étions début 2009. J’avais entrepris une formation à l’entreprenariat. On vous y expliquait haut et fort, que la réussite d’une entreprise passe aussi par ce qui la distingue des autres. Dans un pays où les maisons d’édition pullulent et où la littérature de jeunesse est extrêmement qualitative, il fallait trouver le bon angle d’attaque. Proposer aux enfants (dont on disait déjà qu’ils étaient des digital natives) des livres enrichis sur ordinateur, et par là même, montrer aux parents qu’une alternative culturelle aux jeux existait sur le web, me semblait significatif ! A ce moment là, rares sont ceux qui adhèrent au projet (et j’ai connu des grands moments de solitude). Mais chemin faisant j’ai su instaurer (il me semble) une vraie « marque » LSQR. 

Quant à la philosophie de la maison, elle repose sur le partage. Au-delà de la ligne éditoriale des livres, humaniste et citoyenne, avec des textes qui abordent souvent des thèmes délaissés parce que difficiles, j’accorde une grande importance au respect et à l’équité. Ce sont deux valeurs fondamentales, qui, si elles étaient plus considérées permettraient certainement au monde de tourner plus rond. Je respecte mon équipe, et je veux qu’elle en vive (autant que je puisse faire) car une maison d’édition sans auteurs vaut que dalle ! Et comme je n’ai pas créé ma boîte pour « faire de l’argent », je partage autant que je peux !



Votre catalogue est à ce jour assez étoffé : pouvez-vous nous parler de votre façon de travailler ? Par exemple, comment naissent vos projets et combien de temps vous faut-il pour les mener à bien ? Combien de personnes mobilisent-ils ?

Aujourd’hui 37 livres web, 10 applications et 6 e-books constituent le fonds LSQR. C’est pas mal étoffé en effet pour une petite maison indépendante « made in France » ! Pour autant, je travaille assez simplement. Je me lève le matin (à la bonne heure), passe de la chambre à coucher située à l’étage, à la cuisine du petit déjeuner située au rez-de-chaussée, puis remonte au bureau à l‘étage… je rigole !!! … mais tout ça pour dire que j’ai un confort de travail extraordinaire. Ça se passe chez moi, avec mon mari, qui est ingénieur du son et m’aide beaucoup sur toute la partie audio des livres, et sur une multitude d’autres choses qu’il serait bien trop long d’énumérer ici. 

Les projets naissent avec les textes que je sélectionne. J’en reçois un nombre raisonnable par mail. Je les lis tous, et réponds à tous. Je choisis ceux qui me touchent, qui me parlent parce qu’ils racontent une histoire qui s’inscrit dans mon histoire, dans ma perception du monde et mes rapports aux autres. Ensuite vient le choix de l’illustrateur(trice). Au début je les choisissais parce qu’ils connaissaient ©Flash (logiciel d’animation), qui est l’étape d’après, celle qui permet de transformer des images statiques en images animées. Très vite c’est devenu un frein, alors je leur demande de préparer les fichiers pour permettre les animations. Ils font un gros boulot, qui n’est pas que celui de l’illustrateur. Je leur demande de penser plus loin ! C’est assez technique ces histoires de fichiers et de calques, c’est 100% numérique, et peut être « barbant » pour vos lecteurs, alors j’écourte. Ensuite les fichiers sont envoyés à un agitateur d’images. C’est une illustratrice (Cécile Vangout dans « Une drôle de voisine »), qui avait trouvé ce terme en le mentionnant sur la couverture de son livre, ça lui va bien (à l’agitateur) ! Il met de la vie en secouant tout ça à la manière d’Orangina ! Il donne la voix au texte en ajoutant les enregistrements des lectures faites chez nous. De la musique et des effets sonores complètent le tout. 

Un livre prend entre trois mois et plus d’un an (je pense à un notamment — à paraître en novembre — qui bat le record de neuf mois de « Conte du haut de mon crâne ») avant d’être mis en ligne sur le site. Pour faire un beau livre web il vous faut donc : un auteur, un illustrateur, un conteur (et son ingénieur du son, qui est aussi designer sonore), un animateur, un web designer. Pour une belle application ou un bel e-book, il vous faut en plus un développeur ! Une chouette équipe entre 6 et 7 personnes, sans oublier la souris chef d’orchestre !


Quelle est aujourd’hui votre politique éditoriale ? Notamment : lancement des nouveautés, promotion, communication, formation ?

C’est une partie essentielle dans la réussite d’un produit (Eh oui ! ce mot affreux vaut aussi pour les livres) mais c’est aussi la partie la plus difficile. D’abord parce que ça coûte beaucoup d’argent de « lancer » une nouveauté, et LSQR n’est pas riche. C’est donc du cousu main où « vingt fois sur le métier je remets mon ouvrage ». Sur les réseaux sociaux bien sûr, sur les blogs, LSQR, Actualitté (j’y fais la promotion de mes ouvrages), par le biais de news letter, d’articles comme celui-ci, de journalistes chroniqueuses. Bref, ce ne sont pas les pistes qui manquent, mais cela reste insignifiant. Toucher le grand public tient de la gageure. J’ai appris la patience et la persévérance car le temps est mon meilleur ami ! 

J’ai vu récemment que vous avez lancé des offres d’abonnement ciblées pour les particuliers et aussi pour les collectivités (bibliothèques et écoles) très intéressantes. Pouvez-vous nous les détailler ? Et qu’est-ce qui vous a motivé à proposer ces offres ?

Comme je le disais précédemment, toucher le grand public est très compliqué. C’est ce qu’on appelle en marketing le B to C (Business to Consumer). Une société s’adresse directement à ses consommateurs. C’était le modèle économique initial de LSQR (celui de 2010). Sauf que l’on peut aussi toucher ses consommateurs par des chemins détournés lorsque la ligne droite ne marche pas. Où sont les enfants ? Où sont les lecteurs ? Dans les écoles et les bibliothèques évidemment. Un tel constat, nécessitait un changement radical de stratégie. Le changement de cap s’est opéré en 2012. Il n’a été dévoilé au grand public qu’en juillet 2015 par la mise en ligne du nouveau site. LSQR travaillait avec les bibliothèques bien avant ce mois de juillet, mais c’est avant tout POUR les bibliothèques et les écoles que le nouveau site a été pensé. Proposer une offre par abonnement au grand public prendra du temps à démarrer. Elle me permet de simplifier mon discours auprès du plus grand nombre, de proposer aussi un site « responsive » qui se lit sur tous les supports de lecture. Même les livres en ©Flash sont lisibles partout, dès lors que vous utilisez le bon navigateur. C’était un point d’achoppement assez terrible que ces livres réduits aux simples consultations sur ordinateurs.


Pour ce qui est de détailler les offres, elles sont de trois ordres pour le grand public avec trois durées et trois tarifs. A y regarder de plus près, si un parent choisit l’abonnement pour l’année à 50€ cela lui revient à moins d’1,50€ le bouquin. Est-ce que ça prendra… on en reparle dans quelques années Pépita ;-)


Enfin, les écoles. Avec elles, c’est plus compliqué, pour des questions de budget et d’équipement je pense. Cependant, la collection « Histoires d’école » montre qu’elles ont toute leur place. Des expériences, à l’occasion d’animations, ont également pointé qu’un ordinateur connecté à un TBI (tableau blanc interactif) en classe, procure du plaisir aux enfants. Celui de lire à haute voix devant ses camarades, et être le centre de l’attention le temps de sa lecture ! 

Vous qui êtes au cœur du processus de création numérique, comment percevez-vous ce marché aujourd’hui ? Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez ?

Dans les bons jours, le marché est… disons « polisson ». Il peut être aussi carrément déprimant dans les jours plus sombres ! Quant aux difficultés rencontrées je vais prendre un « Joker » !

Depuis que j’essaie de comprendre pourquoi le marché du livre numérique est si austère et en particulier en jeunesse, j’ai bien sûr quelques éléments de réponse :
-La première est sans aucun doute le facteur « papier », objet imprimé qui sent bon l’encre (l’argument m’a toujours fait rire, l’encre ça pue, mais bon !).
-La deuxième, c’est la force de l’habitude. Après on peut détailler. Avec l’arrivée de la tablette en mai 2010, quantité d’acteurs se sont jetés à corps perdu dans la création d’applications pour ce support, avec l’idée d’y trouver un nouvel Eldorado ! Développer des applications coûtait (très très) cher, et certains prestataires en ont profité. Lorsque la réalité économique a montré le décalage entre coût de production et potentiel du marché, que les développeurs trouvaient des solutions pérennes et duplicables, les prix ont certes baissés, mais ils restent néanmoins élevés dans un secteur encore très récent où tout reste à construire. Les éditeurs de contenus ont perdu du temps à trouver leur modèle économique. Certains ont pu tenir, d’autres non. Les nouveaux entrants ont profité des expériences de leurs prédécesseurs. Je pense ne pas me tromper en disant que tous ont du revoir leur stratégie et diversifier leurs services. Et puis il y a les petits détails, ceux que l’on oublie, mais qui montrent à quel point tout est mouvant !

Il fut un temps, pas si lointain, où la rubrique « Enfants » n’existait pas sur l’App Store. La rubrique « Livres » était promise à péricliter  (selon les dires d’un proche du dossier ;-). Vous pouvez voir qu’il n’y est fait aucune éditorialisation, les livres devant être distribués via iBooks Store (toujours selon la même source). Une rubrique « Enfants » a été créée dans iBooks Store. Mais les e-books séduisent dix fois moins que les applications. 
Mais… stoooop… c’est quoi l’App Store ? c’est quoi iBooks Store ? C’est quoi la différence entre une appli et un e-book. Pour la mamy ou le tonton qui veut offrir à sa petite fille ou à son neveu un truc intelligent à mettre sur sa tablette, il y a de quoi devenir chèvre ! Et ce n’est qu’une partie infinitésimale des problèmes rencontrés.

Je continue donc de faire ce que je sais faire. Des livres web, que parfois j’adapte en application ou e-book. Tout est dit sur le site, il n’y a qu’à suivre les liens ! La Souris Qui Raconte est une TTPE (très très petite entreprise) mais avec un gros cœur à l’intérieur duquel pulsent tous les encouragements des belles personnes avec lesquelles elle travaille.

Avez-vous d’autres projets en cours ?

Bien sûr. D’autres livres web, avec des auteurs jeunesse connus ou moins connus. D’autres applications ou e-books, sans trop savoir à l’avance quels livres web seront transposés. Une histoire d’école (année scolaire 2015-16) qui soldera la trilogie entamée avec Lecture Jeunesse. D’autres encore, avec qui voudra bien vivre l’aventure (école ou bibliothèque), des animations, des rencontres, des salons… Des livres, des livres et encore des livres !


Françoise Prêtre


Un grand merci à vous pour toutes ces explications sur votre travail au quotidien , et plus encore pour votre enthousiasme, votre ténacité et votre humilité.

Pour en savoir plus, le lien vers le site de LSQR  et vers le blog
Sur Facebook et twitter

Pour ma part, en tant que bibliothécaire jeunesse, j'anime des heures du conte numérique. Les applications et e-books de LSQR rencontrent un très grand succès auprès des enfants et des adultes. Car c'est de la qualité, les valeurs véhiculées sont positives, on y parle aussi souvent des livres et des bibliothèques. Leur durée et interactions sont idéales et ils sont très bien adaptés à la tranche d'âge visée (5 à 10 ans). Je vous les recommande vivement.

vendredi 4 septembre 2015

Rentrée des classes # 3 : Mes comptines préférées

©Méli-Mélo de livres

Qu'il donne envie de fredonner et de chanter ce bel opus de comptines !

Avec le retour de l'école, les tout- petits vont se remettre à chanter  ce beau patrimoine.
Une transmission indispensable.que les enseignant(e)s continuent à faire vivre durant ce temps de la petite enfance si sensible aux sonorités.

Les éditions Didier jeunesse ont eu la très bonne idée, a l'occasion de la refonte de la collection Pirouette, de réunir dans ce joli volume 13 comptines avec le CD audio s'il vous plait et c'est vraiment le plus ! Avec toujours cette exigence dans la mise en page, dans l'instrumentalisation et les voix, un régal !

Une bonne prise en main, des illustrateurs de renom, des comptines connues mais avec des couplets moins connus aussi, ce qui fait qu'on est également dans la découverte.

Des comptines sur le temps qui passe et le rythme des saisons, comme autant de repères pour les tout-petits.

Idéal pour la voiture en tous cas, perso, je ne m'en prive pas.
Et je ne vais pas me priver de l'offrir, ça tombe bien, une nouvelle naissance dans la famille en juillet !

Pour en écouter des extraits

Mes comptines préférées
Collectif
Didier jeunesse

jeudi 3 septembre 2015

Rentrée des classes # 2 : L'école à la casserole

Voilà un livre que j'aurais bien aimé utiliser quand mes enfants étaient plus petits ! Mais je ne vais pas m'en priver pour autant tant il est appétissant.

Ce livre contient pas moins de 50 recettes pour apprendre ses leçons en s'amusant ...et en cuisinant !

Mine de rien, en alliant papilles et apprentissage de matières parfois rébarbatives, on se décomplexe, on s'amuse, on apprend en faisant et ça ici , c'est un de mes credo.

Mathématiques, recettes grammaticales, recettes historiques et géographiques, linguistiques, scientifiques et artistiques, vraiment tout y passe, et déjà le sommaire vous met l'eau à la bouche. On a envie de tout faire, tout de suite.

Des recettes classiques revues et expliquées avec une pédagogie absolument pas indigeste : page de gauche le titre de la recette et un petit texte pour éveiller les papilles, et page de droite la recette avec les mots importants se rapportant à la leçon en question, soulignés pour un repérage plus facile, et un problème gourmand à résoudre qui devient du coup un jeu d'enfant. Résolu en deux coups de cuillère à pot !

C'est rudement bien fait, des petites illustrations rigolotes aux couleurs vives apportent aux propos une note ludique, alors je dis chapeau car l'école comme ça, c'est nettement plus amusant ! En plus, c'est un très beau livre, très soigné, à glisser dans votre bibliothèque culinaire.


Un bon prolongement à la maison pour allier apprentissage, goût et surtout partage !





L'école à la casserole
Seymourina Cruse et Aurélie Caudron
Matthias Malingrëy
Editions Thierry Magnier
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