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lundi 30 mai 2016

Rester vivant

Aujourd'hui, FOCUS sur une collection dirigée par Christophe Léon chez l'éditeur Le muscadier (et celles et ceux qui lisent ce blog savent combien j'apprécie ses textes engagés) : RESTER VIVANT.
  

 

Force est de constater qu'on reste dans le ton...Le but étant d'aiguiser le sens critique du lecteur sur des sujets de société, des textes courts et percutants écrits par des plumes renommées de la littérature jeunesse.

J'en ai donc lu deux romans tout récemment sortis et voici à chaud les réflexions qu'ils m'ont inspirés.


Traits d'union de Cécile Chartre : Le moins que l'on puisse dire est que le lecteur assiste là à un drôle de mariage...Enfin, à ce qu'en disent les invités, donnant tour à tour leur vision de cette union bien soudaine. Vous savez ? Un peu comme dans les mariages où chacun donne un peu son avis sur...la robe de la mariée, la coiffure de la maman, les petits fours, bref, du vécu.
Cette fois, on ne comprend pas pourquoi Thibault, qui a tout pour réussir (l'amour inconditionnel de sa mère, une cuillère dorée dans la bouche) s'est entiché de cette fille au point de vouloir se marier précipitamment à 18 ans ? Et puis cette demoiselle d'honneur, elle est pas un peu louche ? 
Un roman choral bien amené, même si j'ai vu la fin venir, qui m'a bien séduite dans ses ressorts et sa finesse psychologique des personnages. Quant à la pirouette finale ! Une bonne claque aux bienséances et on se dit pourquoi pas ? En tous cas, c'est acerbe, cru , grinçant et terriblement efficace.


Jours de neige de Claire Mazard : cette fois, ce sont  des nouvelles sur le quotidien et ses petites joies et peines. Pour les petits et les plus grands. Il y en a des grinçantes, des tendres, des humoristiques, des caustiques, des pudiques sur nos travers, nos lâchetés, nos désirs. Du coup, on s'y reconnait tous à des degrés divers. Certaines m'ont fait franchement sourire, d'autres grincer des dents. Mais toujours en filigrane une réflexion sur la société, sa façon de prendre l'humain en considération ou pas. Bref, ça fait réfléchir.
Si vous aimez le genre, à lire à tout âge ! Vraiment !


Les titres de la collection LA

vendredi 27 mai 2016

Histoire du garçon qui courait après son chien qui courait après sa balle

Ils sont trois.
Un frère. On ne connaîtra pas son prénom.
Une sœur. Cali.
Jumeaux.
Et un chien : Rubens.
Toujours ensemble.

Le premier passe pour un garçon plutôt maladroit. Sa sœur jumelle comme une jeune fille plutôt brillante. Ils ont développé, comme beaucoup de jumeaux, leur propre langage : le lanvère, les mots mis à l'envers et mélange de verlan. Ils sont fabuleux dans leurs dialogues, plein de vie, de réparties, de mots crus aussi. Ils ne se cachent rien.
Le chien, lui, est obsédé par sa balle. Une idée fixe. Depuis tout petit. Une jaune. Pas les autres couleurs. Pour la suivre, il fugue parfois. Sauf que cette fois-là, il n'est pas revenu. Et qu'il semblerait que sa disparition coïncide avec le malheur qui est entré dans la maison. Cali tombe, a horriblement mal à la tête, perd la vue. C'est un crabe qui dévore son cerveau. Vient alors le temps long et aspirant comme un trou noir de l'hôpital. Le charabia des nombreux spécialistes. Les protocoles de soins. Au milieu de tout ça, une famille dévastée mais des parents d'une rare compréhension sur le lien puissant qui unit leur garçon et leur fille.

Rien n'est prévisible dans la vie. Alors, le garçon se dit que ce n'est pas une coïncidence : s'il retrouve son chien, alors Cali guérira. D'obstination en superstitions, il va se donner cet objectif. C'est sa réponse à lui. Pour atteindre sa sœur. Il a tellement besoin d'elle mais se découvre une volonté et une débrouillardise qu'il ne soupçonnait même pas.

Six mois. Le lecteur suit cette famille pendant six mois, les plus longs de leur vie. Je ne dirais rien de l'issue. Non. Finalement, là n'est pas l'important. Même si cette fin est remarquablement amenée par l'auteur. De la pudeur et de la sensibilité dans ces instants de grâce qui vous étreignent le cœur.

Une écriture très personnelle d'Hervé Giraud, presque parlée, mais qui percute au plus haut point. C'est une écriture qui m'avait déjà interpellée dans son roman Prends ta pelle et ton seau et va jouer dans les sables mouvants, incapable alors de le chroniquer tant je ne suis pas arrivée à mettre des mots dessus. Une écriture sans fioritures, efficace, dépouillée de tout artifice. 

Une belle métaphore aussi de ce que représente la balle du chien : on cherche tous un objectif dans cette vie mais parfois, la balle est déviée et nous aussi. L'inconnu surgit et tout peut être balayé.

J'aimerais en dire beaucoup plus, mais non, je le garde pour moi tant j'ai été remuée par ce roman qui ne tombe jamais dans le pathos mais se place délibérément du côté de la vie.

Histoire du garçon qui courait après son chien qui courait après sa balle
Hervé Giraud
Thierry Magnier

mercredi 25 mai 2016

Troisième branche à gauche

En attendant son papa, une petite fille joue avec son chat. Mais d'un coup, il disparaît dans l'arbre du jardin. Ni une ni deux, la petite fille part à sa recherche. C'est qu'il y en a du monde dans cet arbre !!!

A chaque rencontre, la même question : "Avez-vous vu mon chat ?". Il semblerait bien que tout un chacun l'ait croisé (ou pas) mais sans pouvoir l'attraper. Sauf que chacun a perdu quelque chose aussi et interroge la petite fille à son tour.

De page en page, avec un peu d'observation -et croyez-moi elle s'aiguise au fur et à mesure-tout se retrouve dans les branches de l'arbre comme un vrai fourre-tout.

Et tout en haut, devinez qui est là ?

Voici un album sur le principe du "cherche et trouve" qui ravira les jeunes lecteurs dans le cocasse des situations et les détails humoristiques qui foisonnent sur ces double pages avec une imagination galopante, on se sentirait presque monter dans l'arbre ! Car même si le titre indique un semblant d'orientation, à l'intérieur, il n'en est rien : ça va crescendo, la loufoquerie atteint des sommets, des personnages, animaux, objets complètement incongrus font leur apparition à chaque page, ça ne s'arrête plus.

Des tons pastels et vifs mélangés, un format idéal pour que le regard ait l'espace suffisant pour tout embrasser, un comique de situation dues aux répétitions, et une fin apaisante après cette escalade effrénée, on en redemande car on le relit aussitôt pour être sûr de n'avoir rien loupé !

Un album très original, très plaisant à lire et regarder, signé l'excellente maison d'édition Les Fourmis Rouges.


47 ème album/100 pour le Challenge je lis aussi des albums 2016


Troisième branche à gauche
Alexandra Pichard
Les Fourmis rouges

lundi 23 mai 2016

Quand les adultes font du mal...

Deux romans que j'ai eu envie de mettre en parallèle car ils abordent la thématique de la souffrance enfantine provoquée par les adultes avec beaucoup de tact.




Tout le monde sait faire du vélo par Ingrid Chabbert et Maurèen Poignonec.-Kilowatt : Antoine se fait bien moquer. Il n'arrive pas à faire du vélo. Pourtant, tout le monde lui dit que c'est trop facile et que tout le monde sait faire ! Lui, ça, ça le rabaisse. D'autant qu'à la maison, c'est pas la joie : maman pleure tout le temps, et est agressive avec lui, si ce n'est pire. Antoine est déboussolé. Alors tenir sur un vélo, franchement ! Heureusement, une nouvelle petite voisine s'installe en face de chez lui. Coralie va lui donner confiance en lui, en même temps que les soucis à la maison trouvent une solution salutaire pour chacun.
Ce roman, l'air de rien, sous couvert d'un apprentissage difficile, sait trouver les mots justes pour aborder la souffrance d'un enfant, perturbé par le comportement trop rigoureux des adultes, car eux-mêmes en souffrance. D'une situation délicate, il en fait du positif où chacun retrouve la place qui doit être la sienne : l'enfant vivre sereinement sa vie d'enfant et les adultes se comporter en responsables de leurs actes. Beaucoup de pudeur et de sensibilité. Les illustrations apportent de la gaieté dans ce quotidien lourd et éclairent très bien les situations vécues dans les lignes.



La porte de la salle de bain de Sandrine Beau.- Talents hauts, Ego : Mia attend avec impatience la transformation de son corps, enfin, le haut. Elle trouve même que ça ne va pas assez vite. Sauf que rapidement, elle se rend compte que le regard, surtout des hommes, a changé. Llyod, le petit ami de sa mère, que celle-ci a tendance à laisser tout passer, s'y met aussi. Enfin...il fait exprès d'entrer dans la salle de bain quand Mia s'y douche. Très vite, le malaise s'installe. La jeune fille a peur de lui. Il va même trop loin. Elle met en place alors des stratégies d'évitement, immédiatement dénoncées par Llyod à sa mère qui y voit seulement des caprices d'ado. Mia n'a qu'une solution : se confier à sa grand-mère, qui, elle, va le confondre.

Ce roman, je voulais le lire depuis longtemps et je n'ai pas été déçue. Sandrine Beau a très bien su se mettre à la place des sensations de cette jeune fille, qui souhaite à raison préserver son intimité et sa poitrine naissante. Par petites touches, le récit est amené avec beaucoup de respect et en même temps tous les éléments se mettent en place de manière implacable. Le lecteur, en spectateur, assiste impuissant à ce qui se trame sous ce toit et ressent physiquement la peur de Mia. 

Tous les mécanismes de l'abus sont là : les allusions, le déni, la culpabilité que l'adulte fautif veut faire porter à sa victime, la peur, la souffrance, la révolte, le sentiment de devenir une proie facile sans échappatoire, l'envie de dénoncer mais les scrupules qui empêchent de,...jusqu'à la parole qui délivre, le fait d'être crue aussi et prise au sérieux par un adulte protecteur.

C'est là un roman indispensable pour aborder le sujet des attouchements sexuels, qui peuvent survenir dans n'importe quelle famille. J'ai particulièrement aimé l'issue favorable donnée, c'est important comme message. Qu'une fille ne doit pas tout subir des hommes mais au contraire que son corps doit être respecté, et à travers lui, sa personne.

samedi 21 mai 2016

Les chroniques d'Hurluberland

Oyez, Oyez braves gens !
Voici les chroniques d'Hurluberland de Sieur Olivier Ka.

Dix histoires où on croise un tas d'Hurluberlandais auxquels il arrive un tas de trucs incroyables !
Un poulet mécanique qui fait tourner en bourrique, une fête du Grand vent et son méga cerf-volant, des chanteuses à la voix mélodieuse qui font pousser des jardins extraordinaires, une échelle magique qui suscite bien des convoitises, un jour de brouillard où les habitants se découvrent bien différents, un pêcheur qui ramène des tout petits chevaux, une couturière qui pleure des diamants, rien ne se passe comme ailleurs dans ce pays-là ! 

Mais ce qui est certain, c'est que les travers humains y sont comme partout : convoitise, gourmandise, raillerie, pouvoir, orgueil, ...tout y est ! Et on s'y reconnait avec tant de sincérité qu'on pardonne volontiers à l'auteur de nous croquer si bien.

Des histoires à la manière des Contes de la rue Broca, écrites avec humour et originalité, où les noms des personnages sont en lien direct avec leur rôle (et on s'en amuse bien !), qu'on a envie de lire à haute voix tant elles s'y prêtent.

Un Hurluberlandais dont je tairais le nom m'a même affirmé qu'un spectacle tourne actuellement et franchement, ça donne envie d'aller y jeter un œil !
C'est par LA.

Un très, très bon moment de lecture fantasque pour les plus jeunes et les moins jeunes car les contes ont ceci de merveilleux qu'ils sont universels et intergénérationnels.

Les Chroniques d'Hurluberland
Olivier Ka 
Illustré par Juliette Barbanègre
Le Rouergue
Dacodac

jeudi 19 mai 2016

Les joies des beaux jours

Quand les beaux jours reviennent, on a envie de prendre un bon bol d'air, de s'occuper de son jardin quand on en a un, ou d'aller au parc !

Une petite sélection bien sympathique pour célébrer tout ça !


Le jardin de Pop d'Alex Sanders et Pierrick Bisinski, Loulou & Cie : Pop, ce petit dinosaure coloré à la Elmer, on ne le présente plus. Il fait toujours la joie des plus petits. C'est simple et efficace. Cette fois, il se met en tête de jardiner avec ses amis mais une tempête va quelque peu déjouer ses plans. Des dégâts à réparer ? Qu'à cela ne tienne, l'amitié est la plus forte pour rendre le jardin à nouveau merveilleux. Je le disais : coloré, simple et efficace. De l'entraide et du positif. 


Bulle et Bob au jardin de Natalie Tual et Ilya Green, Didier jeunesse : le succès de la collection Bulle et Bob n'est plus à faire ! Bulle et Bob, c'est une sœur et son grand frère mis en scène au quotidien. La série sort désormais en poche (Bulle et Bob dans la cuisine st sorti aussi en poche) mais sans le CD qui accompagne la collection reliée. Parfaite pour emporter en voiture ou ailleurs, quand on sait qu'il va falloir patienter. Bulle et Bob jardinent et c'est une découverte de tous les instants. Le plus de ces histoires, c'est qu'elles sont très proches du quotidien des petits dans une relation fraternelle très réaliste.


Tout en haut du toboggan de Malika Doray, Loulou & Cie : tout juste sorti le dernier Malika Doray et ce qu'il est chouette ! Déjà le format et le sens de lecture s'adaptent parfaitement au propos. Le livre devient l'aire de jeux. On l'ouvre dans le sens de la hauteur et on se retrouve tout en haut du...toboggan en compagnie des bébés animaux qui s'amusent à qui mieux mieux : il y a les téméraires, les indécis, les anxieux... et une course poursuite comme dans la vraie vie, avec à l'arrivée les parents pour réceptionner leur progéniture intrépide et les féliciter. Voici  un album-jeu joyeux et très bien pensé qui à coup sûr descendra lui aussi du toboggan !

Et sur le site de l'Ecole des loisirs, un jeu en prolongement.



44-46 èmes albums/100 pour le Challenge je lis aussi des albums 2016

mardi 17 mai 2016

Les mystères de Larispem : le sang jamais n'oublie-Tome 1


Et comme c'est toujours émouvant de découvrir un nouvel auteur, il n'en fallait pas plus pour que je me le procure.

Le moins que l'on puisse dire est que cette aventure est originale : 1899, Etat indépendant de Larispem (anciennement Paris), devenu indépendant suite à la Commune de 1870, dont le dénouement a été quelque peu dérouté par l'auteure. Le lecteur plonge alors dans une société rétro-futuriste dirigée par une Présidente entourée des révolutionnaires héros. Une société où les aristocrates ont été bannis et où on prône une certaine idée de l'égalité et du progrès, influencée par les récits de Jules Verne et baignant dans les visions futuristes de Gustave Eiffel . Ce sont les bouchers qui forment la caste forte, les louchébem, avec leur langage inventé (et qui existe vraiment !), leur forte carrure et leurs couteaux impressionnants ceints à la taille. 

On suit le destin de trois jeunes gens : Liberté, une mécanicienne des automates de la Cité, Carmine, l'apprentie louchébem et Nathanaël, l'orphelin aux origines mystérieuses. A cela s'ajoute la menace des Frères du sang, aux pouvoirs occultes et qui ne rêvent que de reprendre le pouvoir. Et bien d'autres ingrédients qui font de ce récit une histoire bien captivante.

Néanmoins, j'ai trouvé que ce premier tome se borne uniquement à poser l'intrigue, certes avec de bien belles trouvailles. On sent parfois derrière l'exercice d'écriture et j'avoue que parfois, j'aurais aimé que l'intrigue soit un peu plus enlevée. Mais la fin vous tient en haleine et on n'a qu'une envie : découvrir la suite qui à coup sûr réservera bien des surprises et très certainement que les personnages vont sceller leur destin d'une façon dont on entrevoit quelques ficelles...ou pas d'ailleurs car on peut faire confiance à l'imagination de Lucie Pierrat-Pajot.

Une lecture qui ravira les amateurs d'uchronie.

Existe aussi en version numérique

Les mystères de Larispem
Le sang jamais n'oublie
Tome 1
Lucie Pierrt-Pajot
Gallimard jeunesse

vendredi 13 mai 2016

Les albums filmés de l'Ecole des loisirs


Voilà, tout est presque dit sur cette affiche !
L'Ecole des Loisirs lance un nouveau concept qui m'a tout de suite interpellée :
Les albums filmés.

Trois DVD avec 8 albums chacun, et pas des moindres, des classiques, des connus et des moins connus, qu'on prend un réel plaisir à redécouvrir sous cette forme.

Trois DVD, trois tranches d'âges : 3-4 et 5 ans.

Pour ma part, j'ai visionné la tranche d'âge des 5 ans.
Et je suis réellement séduite par la forme : ni dessin animé, ni film d'animation, ni interactivité. L'album est bel et bien filmé. Le livre est ouvert au début-on a l'impression de le faire presque soi-même- puis les pages se succèdent dans une parfaite mise en lumière.
Des gros plans, des superpositions, parfaitement orchestrées ne dénaturent en rien l'histoire. A cela s'ajoute une bande-son juste comme il faut, dans l'esprit de l'histoire à lire.
Chaque histoire est lue par une conteuse ou un conteur avec humour, gravité, et le ton adéquat.

Le seul bémol à mes yeux, et franchement je cherche la petite bête : parfois, le déroulé va trop vite, on s'attarderait bien plus sur les images pour laisser le temps de s'en imprégner davantage. Mais techniquement, il fallait bien une concordance texte lu/déroulé des images. Rien n'empêche d'y revenir.
La prise en main du DVD est très facile et clair. Pas de chichis. L'album, rien que l'album !

"Une nouvelle manière d'entrer en littérature" : c'est bien le cas et gageons que cette nouvelle forme séduira bien des parents et les bibliothèques, pour renouveler les accueils de classe et les Temps d'Accueils Périscolaires ! L'occasion aussi de mettre en valeur les livres en question en regard.

Profitez aussi d'aller jeter un coup d’œil sur le tout nouveau site de l'Ecole des Loisirs.


36-43èmes albums/100 pour le Challenge je lis aussi des albums 2016

Les albums filmés
Ecole des loisirs

mercredi 11 mai 2016

Recettes de cuisine

©Méli-Mélo de livres

Une bande dessinée et un roman jeunesse
 sur mon chemin de lecture dont le point commun est la cuisine.



Les jours sucrés de Clément Montel et Anne Montel, Dargaud : Eglantine est graphiste. A 28 ans, elle pense être partie dans la vie, avec ses hauts et ses bas tout de même. Un jour, elle reçoit un courrier du notaire de son village d'enfance : elle hérite de la pâtisserie familiale suite au décès de son père, qu'elle a rayé de sa vie depuis longtemps, bien formatée par le discours de sa mère, depuis toute petite. Elle se rend donc dans ce petit village breton de son enfance avec la ferme intention de ne pas y rester. mais là, les souvenirs et les rencontres la rattrapent : sa tante Marronde, son premier amour Gaël, la ribambelle de chats, le grenier mais surtout elle tombe sur le journal intime de son père, avec toutes ses recettes. Le lecteur assiste alors à la deuxième naissance de cette jeune femme très attachante qui va prendre une décision qui va changer sa vie.
Quel beau récit que voilà ! Toute en pudeur, finesse, sensibilité servi par des illustrations toutes aussi douces et gourmandes.
On se laisse embarquer par cette histoire qui sous l'apparence de la banalité nous renvoie à ce qui fait le sel de la vie : l'importance de comprendre ses origines, de les accepter pour s'accepter et enfin être soi.
Existe aussi en version numérique.


L'ogre et sa princesse aux petits oignons de Sabrina Inghilterra, Didier jeunesse : alors là, voici un premier roman d'une illustre inconnue pour moi mais que j'ai dévoré du début à la fin, le sourire aux lèvres et avec une impression de pas assez ! Imaginez un ogre, oui, un ogre, vivant à Paris, sans le sou, affamé. Ventrerond a du mal à se faire accepter par sa famille ogre car il aime cuisiner la gastronomie humaine mais sans humains. 
Un beau jour, au fond du gouffre et malgré l'aide bienveillante de l'épicier du quartier, il reçoit une mystérieuse lettre l'invitant à participer à un grand concours culinaire ogresque avec à la clé 20 000 galions d'or à remporter. Il n'hésite pas une seconde (enfin presque !) et rejoint sa mère ogre dans les Carpates (ben oui, c'est le hic..).. Et là, il faut se creuser la tête pour se démarquer. Et s'il cuisinait des filets de princesse comme le lui a suggéré cette vieille dame dans le bus ! Ni une ni deux, il passe une petite annonce. Mais c'était sans compter sur cette princesse qui va toquer à sa porte...

Une aventure bien croustillante, pleine d'ingrédients loufoques, de références culinaires (ah ! Top chef ! entre autres...), menée tambour battant, très bien écrite, qu'on ne lâche plus tellement c'est savoureux. Une lecture aux petits oignons j'vous dis ! 

Je n'ai donc pas boudé mon plaisir à ces deux lectures que je vous recommande et que je classe immédiatement en catégorie coups de cœur à défaut de leur octroyer les fameuses étoiles !

lundi 9 mai 2016

5 ans !

Ce blog a tout juste 5 ans aujourd'hui  !


©Méli-Mélo de livres
Et je n'en reviens pas qu'il continue sa petite vie, qu'il soit devenu si présent dans mon quotidien et qu'il représente pour moi une bouffée d'oxygène, un besoin d'écrire pour prendre du recul par rapport à mes nombreuses lectures, un témoin de belles rencontres, de beaux échanges (même si l'avènement des réseaux sociaux change la donne : beaucoup moins de commentaires postés qu'à mes débuts !).

5 ans, c'est pas rien, ce n'est pas encore l'âge de raison, mais je n'aurais jamais imaginé alors aller déjà aussi loin, d'autant que depuis 5 ans, la régularité est là, avec une petite vitesse de croisière, à raison de 3 à 4 chroniques par semaine, avec du numérique introduit maintenant depuis fin 2014, à raison d'une chronique par mois, sur ce qui me semble être de la qualité repérée.

Alors pour fêter ça, je vous propose un concours dont voici la consigne :

-Devinez le nombre d'articles parus sur ce blog depuis le 9 mai 2011 jusqu'à ce jour. Celle ou celui qui se rapprochera le plus près du chiffre exact remportera un lot de livres de mon choix ! En cas d'ex-æquo, un tirage au sort sera effectué.

Résultat à la fin du joli mois de mai ! 
Ouvert à tous ! 
On peut participer ici et sur la page FB.


Un grand merci pour votre fidélité !

vendredi 6 mai 2016

Et bien chantons maintenant !



Les comptines, c'est mon dada et je ne m'en cache pas !

Je constate tous les jours que ce patrimoine oral se perd et c'est bien dommage.
Heureusement qu'il y a des maisons d'édition comme Didier jeunesse qui œuvrent toujours et encore pour leur transmission dans diverses collections de qualité. Et nul besoin d'être musicien pour en profiter : tout est fait pour leur accessibilité !

Et voici quelques-uns des derniers sortis que j'ai testé et que j'ai aimé !


Comptines pour faire la fête : avec Cécile Hudrisier aux commandes des illustrations de cette collection "Eveil musical" forte de maintenant 12 titres, voilà un nouvel opus où ça swinge, ça rocke, ça zouke, ça ronde ! Des titres traditionnels côtoient des reprises, des comptines étrangères avec des rythmes endiablés et toujours la qualité sonore qui est la marque de fabrique de l'éditeur. De grands noms avec des voix d'enfants dans ces 10 titres d'une durée de 20mn, idéale pour les tout-petits et le CD comme support. Pour ma part, j'ai trouvé le début un peu lent à démarrer puis très vite, ça tourbillonne de gaieté. Une collection à suivre et à offrir.



Jeux chantés avec mon bébé : 42 comptines et jeux de doigts. Voilà typiquement le type de livre de comptines dont je suis fan car il s'inscrit d'emblée dans la transmission dès la naissance et accompagne jusque la fin de la petite enfance. En témoignent le cahier parents à la fin, qui constitue une mine d'informations sur l'origine et les variantes des comptines citées, ainsi que l'index des comptines et jeux de doigts répertoriés par âge, ce qui est une façon intelligente de créer des entrées en lien avec le développement du petit.

42 comptines donc font le sel de ce livre soigné dans sa présentation, avec les illustrations de Martine Bourre toutes en tendresse, expliquant pas à pas les gestes associés. Indispensables complément du livre, les comptines constituent pour le petit un formidable terrain de jeu, de lien affectif et de découverte de son corps et de l'environnement qui l'entoure. Rires et câlins garantis avec ce livre de référence, à utiliser sans modération et à offrir !


La collection Pirouette fait peau neuve : Best-seller des bibliothèques depuis des années, la collection Pirouette, dont le principe est de mettre en avant une seule comptine par album, est ré-éditée dans un format tout-carton pour faciliter la manipulation par les petits. Bords ronds et pelliculage brillant mettent en valeur les illustrations. 6 titres ré-édités pour l'instant : Un grand cerf, Petit escargot, J'aime la galette, La famille tortue, Une poule sur un mur et Bateau sur l'eau. Et comme la maison d'édition ne boude pas le numérique, un flash-code permet d'écouter chaque comptine pour se la remémorer si on l'a oubliée.
J'espère seulement que la collection papier ne va pas disparaître, ce serait dommage car elle a aussi toute sa place dans la découverte et le feuilletage du livre.


Retrouvez les sites : 
-Didier jeunesse (avec le blog)
-Didier jeunesse musique (pour écouter des extraits)

mercredi 4 mai 2016

Hugo de la nuit

©Méli-Mélo de livres
Vous la voyez cette superbe couverture ? Elle est pas magnifique, énigmatique, magique ?
J'y ai ajouté deux petits visages en bas  (toutes mes excuses à l'illustratrice) : voilà, je pourrais presque arrêter ma chronique là car ce sont exactement les deux états par lesquels vous allez passer en lisant ce roman, signé Bertrand Santini (oui, celui-là même qui a écrit le YARK !) et Gurty et Jonas, le requin mécanique et l'étrange réveillon...

Des frissons et du rire aux larmes !

On y fait la connaissance d'Hugo, jeune garçon dont c'est l'anniversaire le lendemain, 13 ans tout de même. 
Il vit avec ses parents, maman auteure à succès, papa botaniste et la nounou Aza au cœur généreux, Fanny la petite chienne, dans une magnifique bastide provençale, non loin d'un cimetière.

Nous quittons donc Hugo au soir de ce grand jour tant attendu, au moment où il quitte le monde réel pour celui des rêves.

Et on peut dire que l'auteur joue avec nos nerfs ! Ce n'est pas une histoire qu'il nous sert mais plusieurs imbriquées, où on croise des tueurs pas très futés il faut bien le dire, des fantômes gentils et ô combien vivants (des morts bien plus vivants que les vivants !), des zombis pas gentils du tout (vous la voyez la main en bas sur la couverture ?), du pétrole, un cimetière, des gendarmes, une plante protégée et disparue,  un magicien venu d'Outre-tombe mais surtout des dialogues à tomber par terre de rire servis par des personnages aux noms évocateurs d'autres lectures (tiens, tiens ! Il y aurait bien du Alphonse Daudet là-dedans et bien d'autres références...), dans ce mélange langagier d'autrefois et contemporain, bref, ça décoiffe !

Le tout au service d'une intrigue haletante, aux rebondissements multiples, si bien que le lecteur finit par abdiquer pour se laisser porter par ces élucubrations délicieuses. Mais sous couvert d'hilarité, l'auteur réussit aussi le pari de la gravité : une belle réflexion sur la vie après la mort, sur l'importance de vivre sa vie avant qu'il ne soit trop tard, sur l'incroyable ténacité des secrets qui arrivent toujours à se frayer un chemin dans notre inconscient.

Un très, très bon moment de lecture déjanté et baroque !
Ne vous en privez pas !

Hugo de la nuit
Bertrand Santini
Grasset jeunesse

lundi 2 mai 2016

Sans ailes

©Méli-Mélo de livres
Une, deux, trois...étoiles dont la présence réussit chaque jour à réchauffer le cœur de ce petit bonhomme, pas plus haut que trois pommes, pas costaud pour un sou, mais infiniment attentionné envers ce trio-là, qu'un jour une tornade a emporté sans crier gare et à son grand désespoir.
Commence alors le long chemin de la tristesse et de la solitude, sans elles et sans ailes : absence et impuissance. 
Puis l'absolue nécessité d'aller les retrouver, au cours de cette quête longue et difficile dans laquelle vont se côtoyer la colère, le découragement, le désenchantement des beaux parleurs au cœur sec. Mais toujours, là, cette obstination sans faille. Enfin la joie et l'étonnement des retrouvailles, même si tout n'est pas comme avant, même si la peur étreint de nouveau devant la possible absence à nouveau. En attendant, être là, les regarder briller, et profiter de ce trésor. Sans faire de bruit. S'effacer. Pour elles.

C'est un album d'une rare poésie qu'offrent là Thomas Scotto et Csil dont les univers s'accordent parfaitement pour aborder l'indicible de l'absence, de la séparation, de l'émancipation et de la souffrance pour celui qui reste. De son besoin de se retrouver pas trop loin du trésor de sa vie pour continuer à avancer. Pour ma part, j'y ai vu la relation parents/enfants quand ils sont devenus grands, heureusement ! Mais qu'il est ardu aussi cet apprentissage pour ceux qui ont donné la vie pour que leur progéniture puisse à son tour voler de ses propres ailes. 

C'est un album que je lis et relis une béance dans le cœur et une grande bouffée d'amour mêlées.

On peut y voir aussi l'incapacité de posséder les choses ou les personnes de façon absolue, rien que pour soi, et que parfois, une distance est nécessaire pour que tout le monde puisse s'épanouir. On peut y voir aussi la nécessité de croire à ses rêves, même si on ne les réalise pas de suite et en dépit du jugement des autres. On peut y voir le deuil des êtres aimés et le long cheminement pour y arriver. On peut y voir...

C'est un album dont la partition peut se lire à tout âge tant tout un chacun peut y lire des lignes de sa propre vie ou ses propres questionnements. Une belle métaphore de cet élan de vie qui nous pousse, entravé parfois, mais qui toujours renaît de ses cendres. Avec une dimension métaphysique à fleur de peau.

Au niveau de l'objet, je tiens à saluer le magnifique travail éditorial des Edtions A pas de loup, tout en cohérence. Pour moi, il atteint la perfection dans le rapport texte/image, le format, le choix des couleurs, du papier et la musicalité qui en découle.

Immense coup de cœur  pour cet album délicat et sensible !




Sans ailes
Thomas Scotto et Csil
A pas de loups

dimanche 1 mai 2016

Appli coup de coeur #18 : Le livre blanc par Little urban


J'ai découvert depuis octobre dernier une toute nouvelle maison d'édition Little Urban, qui déploie aussi des ateliers créatifs ludiques sur son site en lien avec les livres papier. D'ailleurs, son genre de prédilection, c'est l'album, avec deux à trois titres sortis par mois.
Son envie est aussi d'allier numérique et papier dans l'objectif de promouvoir la lecture en jouant sur la complémentarité des supports.




Outre les albums assez originaux graphiquement, ce qui a attiré aussi mon attention, c'est l'application de coloriage du livre blanc que je trouve très, très bien faite et je ne suis pas la seule puisque cette application a obtenu le Prix Andersen de la meilleure application numérique sur App store.


Comme la couverture le montre, un petit garçon devant un mur blanc. Au fil du pinceau , il se met à peindre mais à chaque fois qu'il a terminé, l'animal s'échappe et ainsi de suite. Jusqu'à ce qu'un seul animal décide de rester sur la page. C'est simple, coloré, graphique, muet : une bien belle façon d'initier les petits aux couleurs et à la reconnaissance des animaux.


En prolongement donc, une application numérique sur le même principe : même adulte, on s'amuse ! 

A toi de choisir la couleur et ensuite de l'appliquer sur la page, un animal apparaît, et hop, après avoir sauté, sifflé, et que sais-je encore, il s'échappe et ainsi de suite !
L'index suffit, c'est facile, joli, sympa pour les petits doigts !

Une petite vidéo 

Une maison d'édition à suivre et d'autres applications prévues.


Le livre blanc 
Silvia Borando, Lorenzo Clerici & Elisabetta Pica
Livre par Little Urban et application par Tiwi
0,99€ sur Appstore 
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