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lundi 30 mars 2015

L'indien dans la nuit blanche

Un album dont le titre et la couverture flamboyante m'ont interpellée...
Je m'attendais à vrai dire à une aventure dans le Far West...

D'emblée, le ton est posé : il s'agit d'une rivalité entre deux frères, un qui s'identifie à un indien et l'autre au cow-boy. Et évidemment, entre eux, c'est la guerre.

Une guerre de tous les jours, de fâcheries, de défis, de rancœur, comme peuvent l'être parfois les relations dans une fratrie.

Mais vient aussi le temps de la réconciliation, à la faveur de la nuit qui arrive. Se mettre enfin d'accord, pour une fois...mais sans perdre la face pour autant.


Beaucoup d'implicite dans cet album dans le texte, ce sont en fait les illustrations qui parlent le plus, qui disent. Laurent Corvaisier peint de grands tableaux très colorés qui savent saisir cette fureur, cette colère larvées entre deux frères de sang. On sent la rivalité qui les anime, la jalousie mais aussi le besoin qu'ils ont finalement l'un de l'autre. Du jeu certes mais empli de réserve sur cet amour qu'on devrait normalement porter pour l'autre et qui ne va pas toujours de soi.

Un album très fort sur la question et qui séduira à coup sûr de jeunes lecteurs.

27/60 Challenge je lis aussi des albums 2015
Challenge Petit bac 2015, ligne couleur

L'indien dans la nuit blanche
Didier Lévy
Laurent Corvaisier
Oskar jeunesse

vendredi 27 mars 2015

Lindbergh : la fabuleuse aventure d'une souris volante

Une bien belle façon de ré-écrire l'histoire de l'aviation et de ses pionniers dans ce livre entre l'album et le texte illustré, de très belle qualité, à l'histoire palpitante et aux tableaux époustouflants, couleur sépia, en grandes double-pages.

C'est l'histoire d'une souris ingénieuse et curieuse : les souris ont disparu de la grande ville où elle habite. Elles sont parties en Amérique. Il faut dire que l'homme invente des machines pour les tuer, ces fameuses tapettes. 

Esseulée, la souris ne sait que faire quand, un jour, ce sont ses cousines les chauves-souris qui lui donnent l'idée. Construire une machine volante ! Pendant des mois et des mois, notre héroïne va braver tous les dangers (les chats, les voitures, les chouettes) et essuyer bien des échecs, mais sa détermination et son courage vont payer puisqu'elle réussit l'exploit de traverser l'Atlantique...comme un certain Lindbergh bien après elle...


Un livre magnifique et très plaisant à lire et à regarder !
Avec, à la fin, une présentation des grands pionniers de l'histoire de l'aviation.


Lindbergh : la fabuleuse aventure d'une souris volante
Torben Kuhlmann
Editions Nord-Sud

mercredi 25 mars 2015

La coloc-Un hiver à Paris

©Méli-Mélo de livres
Les romans de Jean-Philippe Blondel, je sais que je vais passer un bon moment de lecture et ses deux derniers parus n'y dérogent pas...


  • Dans "La coloc", Romain a seize ans. Il vit à la campagne. Un grand frère déjà parti du domicile. Un lycée à des kilomètres. Prendre le bus tôt le matin et rentrer tard le soir ou bien l'internat. Romain a fait les deux, mais l'internat, une bien mauvaise expérience pour lui. Et là, un clin d’œil du destin : sa mamie vient de mourir et a légué son appartement à sa mère. Un appartement situé pile poil à deux pas de son lycée ! Romain saisit l'occasion : convaincre ses parents d'y vivre en colocation...Ils vont donc s'y retrouver à trois. Un trio improbable à vrai dire : Rémi, un geek passionné et Maxime, le beau gosse populaire du lycée...


Une année riche en rebondissements, en coups de gueule, en cris d'amitié, de l'amour aussi, de la solidarité, de la maturité qui grandit à vue d’œil, des responsabilités nouvelles, des adultes qui se confient, du travail aussi...

Bref, un roman joyeux mais qui aborde aussi des questions très sérieuses. Une année comme un tourbillon pour Romain où il apprend que les apparences sont souvent trompeuses, que tout n'est pas toujours aussi lisse qu'il n'y parait chez les autres et qu'il peut se faire confiance désormais dans la vie.

J'ai aimé aussi qu'on aborde ce sujet des lycéens vivant à la campagne et ils sont nombreux ! Leur vie est faite de lourds trajets, de noir l'hiver (beaucoup de noir), de sommeil entrecoupé, de solitude et d'amitiés en dents de scie du coup puisque les kilomètres séparent.

J'ai aimé voir ce garçon s'épanouir, s'ouvrir à la vie, loin des clichés de l'amitié masculine.

J'ai aimé aussi voir les adultes le prendre au sérieux, le laisser peu à peu entrer dans leur cour à eux, sans méfiance mais confiance.

Un roman dont je verrais bien un film tant il est juste et prenant.


  • Du coup, j'ai lu aussi "Un hiver à Paris" : Le monde des études là aussi mais avec Victor, 20 ans, venu de sa province lui aussi pour Lettres supérieures. Un monde avec ses codes, ses faux-semblants, son indifférence feinte, sa cruauté aussi. Un grand frère parti vivre sa vie, des parents aimants mais si loin de cette réalité culturelle-là. Un événement dramatique dans ce lycée va bouger toutes les lignes et en premier lieu, Victor lui-même :  on ne comprend pas toujours au début le fait qu'il se laisse embarquer bien malgré lui. Puis peu à peu, on comprend qu'il se cherche. Il y a du cynisme là-dedans, beaucoup de noirceur. C'est suffocant parfois. Mais lumineux en même temps sur les relations humaines, sur ce qu'elles disent de nous ou pas. On comprend aussi qu'il y aurait bien une part d'autobiographie là-dedans.


On se dit que les deux mondes de ces deux romans pourraient se rencontrer et que cela donnerait bien des étincelles !

J'ai aimé découvrir cet auteur en littérature dite pour "adultes". Une écriture différente, adaptée mais toujours pleine de ce souci d'être au plus près des sentiments et des émotions de ses personnages.

Deux romans que je vous recommande vivement en tout cas. Il y aurait encore beaucoup à en dire...

La coloc et Un hiver à Paris
Jean-Philippe Blondel
Actes sud junior et Buchet-Chastel

Existent en version numérique

lundi 23 mars 2015

Mettre du soleil dans sa vie !

©Méli-Mélo de livres
1, 2, 3 soleil !
Un jeu d'immobilité et de rapidité qu'on a tous pratiqué :)

1, 2, 3 animaux encastrés sur la couverture : 
un crocodile, un ours et un cochon.
Et ça fait un drôle d'animal , non ?

Trois couleurs pour chacun : le rouge, le bleu et le vert.

Leur point commun : leur envie de partir vers l'inconnu ! 

Le premier veut devenir aventurier, le second se sent coincé dans sa vie trop carrée et le dernier se trouve être trop rêveur.

Et d'un coup, un signe du destin pour nos trois déçus de la vie...sous la forme d'un bateau...
Et enfin, la belle vie, les couleurs se mélangent alors pour mieux signifier l'entraide et la solidarité entre ces trois-là pourtant si différents !

Gaëtan Dorémus étonne toujours dans ses albums par une approche singulière du dessin qui ne laisse jamais indifférent. Simple au premier abord mais très recherché au final. Cet album n'y échappe pas dans sa représentation de l'ennui et de la solitude mais ensuite de la solidarité et de l'amitié, bien rendus par ce symbolisme des couleurs qui finissent par se mêler pour bien appuyer l'idée. A plusieurs, on est bien plus fort pour réaliser son rêve ! 

Un album sur l'évasion et le sentiment de liberté qu'elle procure...
Belle promesse de voyage vers l'inconnu et de nouvelle vie.

Retrouvez l'avis de La littérature de Judith et Sophie


Du soleil, cet album en regorge !
Déjà, la belle couleur jaune de la couverture.
Puis, à l'intérieur, que du jaune et du noir sur fond blanc.
Des petits dessins intimistes qui servent un texte poétique à souhait : une petite chouette attend son grand échalas d'ami. Une sorte d'oiseau aussi. Oh ! ça fait peu de temps qu'ils se connaissent mais c'est comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Ils partagent tout, se sont tout dit, tout raconté mais il leur reste tant de choses à découvrir ensemble. Et là, déception : il n'est pas au rendez-vous prévu. Incompréhension, amertume, incrédulité, colère. C'était trop beau ? La petite chouette doute. Et ce n'est pas agréable du tout. Et puis enfin, le voilà avec sa promesse ! Et ce moment-là efface tout et c'est à nouveau un recommencement...pour la vie ? En tout cas, pour le moment présent...

Cet album m'a littéralement fait fondre : une belle unité, des mots comme il faut là où il faut, et ce jaune soleil qui nous réchauffe, des sentiments tellement sincères qui affleurent, tout est dit sur la force de l'amitié que parfois ce n'est pas la peine d'en dire plus. Et un titre à la hauteur de ce joli voyage intérieur...
Précieux et intime.
Coup de cœur !

Le blog de l'auteure.

24 et 25/60 Challenge je lis aussi des albums 2015
Challenge Petit bac 2015, ligne titre en un seul mot

1,2,3 soleil
Gaëtan Dorémus
Autrement jeunesse

Tandem
Séverine Vidal et Irène Bonacina
La Joie de lire

vendredi 20 mars 2015

L'amour toujours...

Trois romans jeunesse, trois coups de cœur, trois histoires d'enfants en prise aux premiers émois, des histoires touchantes, réalistes et drôles.

©Méli-Mélo de livres


Le premier lu, c'est celui de droite : 
"La vie rêvée des grands" de Géraldine Barbe. 

J'avais déjà beaucoup aimé son "Invité surprise".
On y fait la connaissance de Rose, 10 ans, petite jeune fille timide qui oscille entre la vie réelle et sa vie imaginaire. Elle y a introduit un frère imaginaire qui vit dans une maison imaginaire et elle s'y réfugie souvent. Il y a aussi son chien Pépère, fin psychologue. Rose rêve à plus tard, à quand elle sera enfin grande. Elle s'imagine une vie sans contraintes et de liberté même si, au fond, elle se doute bien que ce n'est pas si facile tout ça. Il y a aussi ce garçon qui lui plait dans sa classe mais dont elle n'ose approcher, ni même nommer. En attendant, elle savoure ses "petites" victoires : malgré son caractère solitaire, elle a réussi à se faire des amies mais surtout, elle est invitée à sa première boum et le garçon aussi. Commence alors pour elle la vraie vie et surtout l'envie de vivre le moment présent.

Voici un petit roman pour le moins très subtil qui nous fait entrer de plain-pied dans le raisonnement pour le moins très mature d'une fille de 10 ans qui se pose des questions sans fin et qui en donne très souvent des réponses pleines de bon sens. Cela fait parfois sourire, on est attendri de tant de sensibilité et de réalisme. Un roman sur le sentiment de se sentir différent, d'en ressentir une forme de souffrance mais aussi de fatalité. Déjà.
Un petit bijou d'écriture.

Le deuxième lu, c'est celui du milieu : "L'été de Léa" de Madeline Roth.

Théo attend impatiemment les vacances d'été chez sa grand-mère. Il sait qu'il va retrouver sa cousine Léa. Ils s'entendent si bien ! Et Léa est si belle...mais il perçoit aussi que cet été, rien ne sera plus pareil. Ils ont grandi, beaucoup. Des sentiments nouveaux affleurent qu'ils savent impossibles à laisser éclore. Ils en perçoivent chacun à leur façon l'injustice. Théo, lui, souffre davantage que Léa. Léa, elle, s'autorise les choses. C'est son caractère. Théo le sait. C'est une fille, mais vraiment pas comme les autres. Et puis, cet été-là, il y a Maxime, qui vient un peu brouiller les pistes. Difficile alors de mettre de l'ordre dans ce que l'on ressent pour l'autre.

Voici un petit roman à deux voix bien subtil aussi sur la relation ambiguë mais très réaliste que peuvent vivre deux cousins qui se connaissent depuis l'enfance et qui s'aperçoivent qu'ils sont en train de perdre la magie de ces moments-là pour en vivre d'autres, plus difficiles à cerner. Beaucoup de pudeur et de réalisme dans ces lignes que l'auteure a su admirablement bien rendre dans la psychologie des personnages.
Un petit bijou de réalisme.

Le dernier lu, c'est celui de gauche : "Elliot, super-héros" de Cécile Chartre.

Elliot, super-élève, super en tout, vraiment rien à se reprocher. Jusqu'au jour où, il ne sait même pas pourquoi, peut-être à cause de Lisa qui le regardait ?, il frappe du pied dans un ballon abandonné de la cour...qui fait éclater tout droit la vitre de la classe du directeur de l'école en personne. Première punition de sa vie : se retrouver à copier des lignes avec Robin et Gaspard, les deux "loosers" de l'école. Mais l'inédit se poursuit :  le néon de la classe explose...et depuis, les trois sont convaincus d'avoir des super-pouvoirs, certes, assez limités, mais des super-pouvoirs quand même ! Nom de gang, tenues vestimentaires ad hoc, tout y passe...jusqu'à ce jour mémorable où Lisa, l'amour secret de sa vie, lui adresse la parole...

Voici un petit roman franchement drôle, avec un héros assez pince sans-rire qui m'a fait sourire du début à la fin tant les situations qu'il vit sont cocasses, pleines de cette naïveté si attendrissante de cet âge-là, d'un petit monde où tout est déjà si codifié et où tout revêt une importance capitale.
Un petit bijou d'humour.


La vie rêvée des grands
Géraldine Barbe
Eliott, super-héros
Cécile Chartre
Le Rouergue

L'été de Léa
Madeline Roth
Sarbacane

mercredi 18 mars 2015

Du rouge et du noir

Trois albums aux couleurs rouge et noir dominantes mais qui traitent de sujets très différents :

©Méli-Mélo de livres
  • Rouge de Jan de Kinder, Didier jeunesse : un album qui traite du harcèlement, enfin cause nationale et il était temps. Un sujet très peu abordé dans l'album jeunesse.

Dans cette histoire, et comme c'est souvent le cas dans ce type de dérive, tout part de rien ou presque. Une petite fille, sans méchanceté, pointe du doigt Arthur à la récré et s'étonne de ses joues rouges...et le déchaînement commence. Paul et sa bande sèment la terreur et Arthur devient leur bouc-émissaire. Une bagarre éclate et la maîtresse veut savoir ce qu'il s'est passé et insiste devant le silence buté de la classe. La petite fille a peur : peur des représailles mais aussi le poids de la culpabilité la fait hésiter. Puis un doigt se lève puis deux, puis trois puis toute la classe désigne le coupable. Au tour de Paul de se faire tout petit...Une belle amitié va alors naître entre Arthur et cette petite fille.

Cet album tout en finesse pose le vrai problème du harcèlement : la solitude face à la force du groupe et aussi le rôle important de l'adulte. Du rouge et du noir pour la colère, la honte, la violence. Juste à la fin de l'album du vert et du jaune comme l'espoir et le rire jaune de Paul mis en face de son comportement.

Un album fort sur une situation vue à hauteur d'enfant, sur la solidarité et le courage de dire non.

©Méli-Mélo de livres
  • Louison Mignon cherche son chiot d'Alex Cousseau et Charles Dutertre, Le Rouergue  : changement de registre avec cet album mais mêmes couleurs dominantes.
Louison est en vacances chez ses grands-parents à la campagne. Un quotidien plein du jardin de Papi, surtout son potager où il passe le plus clair de son temps. Et puis surtout, il y a la chienne de Papé. Elle a disparu. Louison la cherche car elle va avoir ses petits. Louison en voudrait bien un, d'ailleurs elle lui a trouvé un nom. S'ensuit la recherche de la chienne par la petite fille dans une nature foisonnante et accueillante. On suit l'héroïne toute une journée dans ces paysages champêtres tout de noir avec quelques touches de rouge qui permettent de suivre Louison dans ses pérégrinations. Mais au soir : pas de chienne et de petits à l'horizon. Demain ? Quoi que...

Une chute amusante, un album très plaisant à regarder où il fait bon se balader, un texte dynamique qui donne le temps au lecteur de vivre par procuration la recherche de Louison, bref, une réussite que cet album !

Retrouvez l'avis de La bibliothèque de Chlop


©Méli-Mélo de livres
  • Le noir quart d'heure de Carl Norac et Emmanuelle Eeckhout, Pastel : du noir, rien que du noir, entrons dans la nuit et ses mystères !

Une petite fille et sa maman, le soir, entament leur rituel au moment du coucher. Ce soir, elles décident qu'elles ont le temps de partager leurs histoires toutes droit sorties de leur imaginaire. Des histoires qu'elles inventent ou qu'elles reprennent au gré de leur envie du moment. Ce moment-là, c'est le noir quart d'heure. Un moment de complicité, de jeu, de partage au service de l'imaginaire. Et que de belles trouvailles ! Du coup, le lecteur voyage lui aussi. Il y a aussi l'incursion du réel avec l'absence du papa, qui travaille dans le noir de la mine, et qui va arriver pour un baiser au moment où sa petite fille sombre dans les bras du sommeil....

Un album magnifique, sublimé par ces illustrations pleines d'ombres, avec juste un filet de lumière grâce à ce blanc presque doré, qui rend la couleur de la nuit si particulière et si intense. Une façon aussi d'apprivoiser le mystère de la nuit, ainsi que l'absence d'un membre de la famille, pas encore là mais pas loin. Un très, très joli voyage lunaire et poétique.


La quatrième de couverture nous indique l'origine de cette expression : "Autour de Mons, en Belgique, les femmes des mineurs ou des ouvriers racontaient parfois une histoire aux enfants, avant le coucher, dans l'obscurité...."


22-23 et 24/60 Challenge je lis aussi des albums 2015
Challenge Petit bac 2015, ligne couleur et ligne prénom


Rouge 
Jean de Kinder
Didier jeunesse

Louison Mignon cherche son chiot

Alex Cousseau et Charles Dutertre
Le Rouergue

Le noir quart d'heure
Carl Norac
Emmanuelle Eeckhout
Pastel

lundi 16 mars 2015

Jeux de cache- cache

Deux albums pour les petits, l'un avec texte, l'autre sans , du même éditeur, paru en ce début de mois de mars, et un qui m'a plus convaincue que l'autre...


©Méli-Mélo de livres
  • Cache-cache de Catherine Chardonnay, Le  Rouergue : cet album met en scène le véritable jeu de cache- cache. Les personnages (un mélange d'animaux et d'humains) s'ennuient et décident alors de jouer à ce jeu. Un qui compte et les autres se cachent dans les différents éléments du paysage. Le dernier repéré est celui qui a gagné...sauf que l'un d'eux a été oublié...

Je n'ai pas été très convaincue par cette fin, les autres ne se rendent même pas compte de l'absence du dernier pas trouvé, tout simplement oublié. Un peu abrupt et une fin comme un sentiment d'inachevé...mais en même temps, je ne peux m'empêcher de penser que cela fait aussi partie de ce jeu...(qui ne l'a pas vécu ?), alors pourquoi pas ?
Le plus de cet album, ce sont les illustrations réalisées au crayon de couleur assez originales, chaudes et plaisantes, et un jeu dans l'image puisqu' un animal peut en cacher un autre !

  • Hourra ! De Juliette Binet , Le Rouergue  : un album sans texte cartonné et plein de découpes dans lequel le petit lecteur est invité à suivre une sorte d'explorateur qui passe de page en page par ces mêmes découpes et progresse dans son cheminement. Tantôt alpiniste, tantôt spéléologue, il réussit à retrouver le ciel bleu et crie "Hourra !" (le seul mot de tout le livre) et hop ! Dans un nuage pour une nouvelle exploration..."Il est passé par ici, il repassera par là, hop là !". Est- ce qu'on l'attrapera ?

Un album métaphorique sur la vie elle-même, minimaliste dans ses formes (des rochers, des nuages) mais très efficace, aux teintes tout de gris et de bleu, avec une superposition des découpes qui donne envie de voir à travers et donne presque l'impression de pouvoir passer aussi.  Chacun peut y voir ce qu'il a envie d'y voir : sinuosités de la vie ou au contraire passage vers la liberté, chemin vers la naissance ou une re-naissance.

©Méli-Mélo de livres

Initiatique et acrobatique, un album pour les petites mains très réussi et surprenant dans son approche, qui induit le mouvement et le provoque dans des pages de carton solide. Une sorte de voyage dans et par le livre. Chapeau !

Retrouvez l'avis de La bibliothèque de Chlop

20 et 21/60 Challenge je lis aussi des albums 2015

Cache-cache
Catherine Chardonnay
Le Rouergue

Hourra !
Juliette Binet
Le Rouergue

vendredi 13 mars 2015

L'été des mes nuits blanches

Gaël est un ado bien mal dans sa peau. Envieux de la réussite affichée et soutenue de sa grande sœur Alix.
Pas vraiment bien intégré au lycée : les autres lui paraissent toujours bien plus IN alors que lui se perçoit bien fade.

Pour couronner le tout, il va se retrouver pour les vacances d'été, grâce à l'idée géniale de son père, saisonnier au château de Blois dont sa belle-mère est Conservatrice.

Cette perspective-là ne l'enchante guère, empire plutôt ses insomnies nocturnes. Il aborde donc cette période estivale avec un défaitisme tout adolescent.

Sauf que...

-Les employés du Château vont bien l'accueillir et il va finalement apprécier le travail d'équipe,
-Sa belle-mère Blandine, insomniaque elle aussi, va partager avec lui verres de porto et poésie de François Villon,
-Il va se découvrir un don inné pour le baby-sitting et par là-même rencontrer son premier amour....

Le lecteur assiste donc à la transformation en quelques semaines d'un ado timoré à un jeune homme heureux de faire ses propres choix, d'accepter ses limites et de profiter de la vie tout simplement.

C'est un roman juste, souvent drôle, qui décrit bien les incertitudes de cet âge dit ingrat.

Un bon moment de lecture.

Connaissant Blois, j'ai été très heureuse de me promener dans les rues via ce roman, de redécouvrir le Château où j'ai fait mon premier stage en bibliothèque....

©Méli-Mélo de livres
Challenge Petit bac 2015, ligne couleur

L'été de mes nuits blanches
Pauline Penot
Thierry Magnier

mercredi 11 mars 2015

Autrefois l'Olympe...Mythes en haïku



Après le magnifique "Il était une fois...Contes en haïku" en 2013, le duo Agnès Domergue et Cécile Hudrisier récidive, pour notre plus grand plaisir des oreilles et des yeux, avec "Autrefois l'Olympe : Mythes en haïku".



Et quelle réussite là encore !
La mythologie en trois lignes, faut quand même le faire...

Un tout petit livre, à poser sur sa table de nuit, et y revenir quand l'envie vous en prend, de relire ces 20 petites formes de poèmes minimalistes comme l'impose le genre et se délecter des illustrations en regard, que dis-je, des tableaux à eux tout seuls : pureté des lignes, couleurs pastels, c'est aérien, suggéré, précieux, mystérieux, cristallin.
En face, des mots qui disent en trois lignes ces légendes d'un autre temps, mots blancs sur fond de page de couleur vive. Et franchement, on reste bouche bée.

On y redécouvre Icare, le Minotaure, Narcisse, Achille, Pénélope,...

On a l'impression qu'ils vont surgir, là, sous nos yeux et nous conter leur épopée.
Cela oblige à convoquer ses souvenirs...ou à s'amuser à plusieurs au jeu de devinettes. Mais il m'est revenu des paroles lointaines de ce que j'ai pu lire durant mon enfance et c'est vraiment troublant.

Un très bel objet, plus qu'un livre, une façon originale d'aborder et la poésie et la mythologie : une oeuvre d'art !

Et en cette 17ème édition du Printemps des poètes (du 7 au 22 mars 2015), il fallait bien ça !

19/60 Challenge je lis aussi des albums 2015
Challenge Petit bac 2015, ligne lieu réel ou imaginaire

Autrefois l'Olympe : mythes en haïku
Agnès Domergue et Cécile Hudrisier
Editions Thierry Magnier

lundi 9 mars 2015

Caprices ? C'est fini !

Le Roi abdiquerait bien...non pas de son trône mais de son rôle de père tant les caprices de sa fille la Princesse le mettent à bout...

Un beau jour, son très fidèle (et c'est peu dire !) chambellan lui souffle une idée de ...génie : et si le Roi mariait sa fille ? Bon débarras, plus de caprices à gérer !

Sauf que cela ne va pas se passer vraiment comme prévu : des rebondissements à n'en plus finir grâce à ce bûcheron bien plus tenace qu'il n'en a l'air,  mais comme dans toutes les histoires de princesse et de prince : "Ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants"...

Sauf que ce premier roman de ce conteur passionné et hors-pair qu'est Pierre Deyle, c'est bien plus que ça : il bouscule les codes du conte traditionnel tout en conservant leur trame linéaire, en les mettant à une sauce moderne truffée d'allusions aux problèmes de société actuels (arrogance des politiques, riches contre pauvres, téléréalité,...) sur fond de débat philosophique sur la beauté intérieure, les apparences, la famille, la tolérance, l'amour, bref, tout ce qui fait le sel de la vie.

Un style drôle, enlevé, parodique, jubilatoire, à l'image du titre ! 
On rit des retournements de situation, on s'attendrit de la fin heureuse et pleine de malice, on quitte ce roman le sourire aux lèvres avec l'envie de le partager !

Le tout bien aéré, avec des illustrations fines d'Albertine toutes en légèreté et poésie.

On apprend à la fin du roman que c'est un conte qui l'a inspiré : "La peau du pou".
Et ça c'est une super idée !

Le seul "bémol" : la grosseur de livre. Les enfants y attachent une trop grande importance certes. Mais je crains qu'il loupe une partie de son public à cause de cet aspect-là. Alors, à nous médiateurs du livre de le leur mettre entre les mains avec enthousiasme !

Une régalade j'vous dis !

Je remercie les éditions Didier jeunesse pour cet envoi.

Retrouvez l'avis du Tiroir à histoires

Caprices ? C'est fini
Pierre Delye
Didier jeunesse

Existe en version numérique

samedi 7 mars 2015

Le château des pianos

Rémi a la trouille. Il doit se présenter au concours de piano du Conservatoire. Au-dessus de ses forces. Il s'enfuit et au fil de sa promenade, il se retrouve devant un château abandonné ou il découvre une collection de pianos nostalgiques et en bien mauvais état. Mais ce ne sont pas n'importe quels pianos : ils ont tous appartenu aux plus grands compositeurs, Beethoven, Mozart, Chopin, Litz,...

Contre leur manifeste vague à l'âme, il entreprend de leur composer une nouvelle musique. Commencent alors dans le château des rencontres musicales étonnantes et magiques !

Quelle merveille que ce livre CD ! 

Lu par la voix chaude de Pierre Arditi, l'histoire se mêle aux sonorités de ces vieux pianos. On découvre aussi le solfège d'ordinaire si rébarbatif sous un jour ludique. Les illustrations au fusain sont époustouflantes de beauté, le papier épais et agréable au toucher.

Un régal pour les yeux et pour les oreilles !

Vraiment plus qu'une très belle bande musicale, ce livre est un objet précieux, un très bel hommage musical signé Pierre Créac'h. 

Coup de cœur ! 

Challenge Petit bac 2015, ligne musique

Le château des pianos
Pierre Créac'h
Sarbacane

jeudi 5 mars 2015

J'aime pas les bébés !

Où je retrouve avec plaisir Isabelle Minière après Chouette divorce.

Ludi ( pour Ludivine) et Colas son petit frère.
Unis comme les doigts de la main.
Sauf que ...Un tas de choses énervent Ludi : les bébés et les trucs de fille en particulier. Alors que Colas, lui, adore jouer à la poupée.
Devant ce constat, leurs parents s'y perdent  un peu, tentent de faire rentrer dans le genre requis leur progéniture et finalement, avec intelligence, acceptent les choix de leurs enfants.

Ludi, elle, se révolte avec bon sens en observant, en réfléchissant, en étant tolérante, même si ...ça l'énerve !

Voici un petit roman plein de vie qui remet bien des pendules à l'heure, très bien vu dans les comportements, qui fait sourire souvent mais qui apporte une réflexion salutaire sur le déterminisme social.
Et quelle belle complicité frère-sœur ! 


Secouer les préjugées, leur tordre le cou, s'affirmer comme individu : tout un programme !

On sent que l'auteure exerce le métier de psychologue dans son approche et le questionnement des enfants.

Un petit roman frais et tellement bien vu !

J'aime pas les bébés !
Isabelle Minière
Le Rouergue
Dacodac


mardi 3 mars 2015

De la tarte au citron, du thé & des étoiles



©Méli-Mélo de livres

Un album qui donne envie de se faire une tasse de thé, de déguster une tarte au citron et de se plonger dans cette lecture complètement fantasmagorique...pour avoir des étoiles plein les yeux !

"Une histoire à dormir debout" nous dit le petit fanion en sous-titre ...

On y rencontre Mustella qui passe son temps dans son bain à lire des histoires à dormir debout...Il y a aussi des personnages extravagants comme Chérie-Coco qui passe son temps à faire des tartes au citron et Vieille qui passe son temps à donner le thé à ses nombreux chats. Un beau jour, le petit magicien de son histoire préférée déboule...Commence alors pour Mustella une aventure qui la fait sortir de son confort et découvrir l'inconnu jusqu'à ce cirque aux étoiles...

Est-ce encore dans l'histoire ou dans la réalité ? On ne se sait plus guère tant les tableaux donnés à voir débordent de détails, d'univers très singuliers où le burlesque rencontre la fantaisie. Un voyage dans l'imaginaire enfantin sur fond de couleurs subtiles et de décors enchanteurs. On aimerait s'y lover comme dans la chaleur et l'épaisseur d'un beau tissu brodé et précieux.

Fanny Ducassé est cette illustratrice que ses amis ont poussé à envoyer son travail pour le faire connaître. À l'automne dernier, c'est l'album Louve qui était sorti. Déjà, les illustrations en ont ébahi plus d'un. Pour ma part, aussi, mais petite déception sur l'histoire et le format tout petit. L'éditeur s'en explique : l'illustratrice dessine dans ce format-là et il lui a semblé nécessaire de le respecter. Chronologiquement,  Louve est le deuxième album et celui-ci le premier.

Et ce titre ! Quelle merveille ! Dommage cependant que certaines double-pages coupent le texte et les illustrations en son milieu...Un peu frustrant de ne pas pouvoir tout contempler sans cette entrave.

Il y a dans ce tout petit livre quelque chose d'indéfinissable...qui donne envie de le garder près de soi. Pour ma part, j'ai eu envie de le poser dans mon vaisselier de cuisine, comme un petit livre de recettes. Sur lequel on revient souvent avec gourmandise. Celui-ci rajoute une dose de rêves et ça me plait. Comme ça, je pourrais le relire en sirotant mon thé et en dégustant une tarte au citron, mon chat ronronnant sur mes genoux... et retrouver l'émotion de la première fois...

Retrouvez l'avis de Céline du Tiroir à histoires

18/60 Challenge je lis aussi des albums 2015

De la tarte au citron, du thé & des étoiles
Fanny Ducassé
Thierry Magnier


dimanche 1 mars 2015

Appli coup de cœur # 6 : Dans mon rêve



Le mois de mars est depuis quelques années le mois de la poésie avec le Printemps des poètes dont la thématique cette année est : L'insurrection poétique.

Et la poésie, ça peut commencer tout petit. 

Voici une application numérique que j'utilise assez souvent et qui surprend, étonne et suscite l'intérêt du tout- petit.

Dans mon rêve est une application de poésie combinatoire, sur le principe des cadavres exquis. Et oui ! Rien que ça !

On ouvre un petit rideau, puis une page apparaît sur laquelle on peut faire varier le dessin ou le texte et cela donne des petits tableaux loufoques, drôles et pleins de vie. On peut écouter le texte lu par la voix de Tom Novembre, transformer la page en décor de nuit, photographier sa page réalisée pour la garder dans une galerie et en imprimer le petit livre, être surpris par une autre façon de lire l'image en basculant la tablette.
Le tout sur un fond musical tout doux, propice à l'attention.

C'est beau, ludique, coloré, et les petits aiment aussi la musique des sonorités, s'amuser à essayer de reconnaître les animaux qui apparaissent, souvent surprenants mais pas effrayants. 

Édité par l'éditeur e-toiles, une maison d'édition numérique française à suivre.
Pour en savoir plus sur cette application.

Cette application a reçu en 2012 le Bologna Ragazzi Digital Award.

Elle fait partie pour moi du must des applications pour les tout-petits avec Ma poire du même éditeur .



Dans mon rêve
E-toiles éditions
Disponible sur l'Appstore
3,99 € sur iPad
0,99 € sur iPhone
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