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vendredi 27 février 2015

Le bureau des objets perdus

Ce roman m'a donné envie de chercher...
Il existe bel et bien un service des objets trouvés à Paris et ailleurs...

"D'avoir perdu quelque chose peut s'avérer plus triste que l'absence de l'objet" (p. 48)

Un récit à la première personne.
Celui d'une jeune fille qui perd tout.
Depuis sa plus tendre enfance, ce seul souvenir : toujours chercher ses affaires.
Elle s'en accommode. Son entourage aussi.
Avec une certaine fatalité.
Jusqu'au jour où elle perd son blouson fétiche, celui offert par son oncle, celui qui lui va comme un gant, celui qui lui donne une confiance absolue. Sans lui, elle se sent perdue.
On part donc à sa recherche...

J'attendais beaucoup de la thématique de ce roman mais je n'ai pas été convaincue par l'intrigue. Comme la mémoire qui perd parfois le fil, on perd aussi cette histoire décousue et inégale. Il y a pourtant de très beaux passages mais tout tourne trop autour de l'égocentrisme de cette jeune fille, qui ne s'aperçoit même pas que son propre père a perdu lui aussi quelque chose de plus grande importance. Cette recherche volontaire va la mener assez loin entre désillusion sur les compromis des adultes et belle rencontre avec un alter ego.

Néanmoins, un roman qui pose la question de notre attachement à certains objets et je pense qu'on peut tous s'y retrouver dans ce comportement-là. Il pose aussi la question de la communication dans la famille mais je ne l'ai pas assez trouvé crédible dans cet aspect.

"Tu sais, l'important au fond, c'est le souvenir. La seule chose qui compte. La seule à ne pas perdre" dit la grand-mère (p. 107.)

A méditer. Certainement.

Une petite déception donc que cette lecture.
J'en attendais plus. Trop ?
Peut-être suis-je passée à côté.

Challenge Petit bac 2015, ligne lieu réel ou imaginaire


Le bureau des objets perdus
Catherine Grive
Le Rouergue
Doado

mercredi 25 février 2015

Des histoires d'oiseaux...

Après des histoires d’œufs
deux petites histoires d'oiseaux à travers deux romans très, très sensibles.



Quelle petite merveille de sensibilité que ces pages ! Légères et profondes à la fois : Manon est une petite fille heureuse. Elle vit avec son papa et son petit frère, un papa qui s'occupe d'eux. C'est un choix de sa part. Un choix imposé par le métier hors du commun de la maman : pilote d'avion de ligne. Manon souffre de son absence mais profite aussi des rares moments où sa maman attérrit au sens propre comme au figuré. Tout va bien alors ? Le hic, c'est le regard des autres : un papa à la maison, n'importe quoi ! ça se complique singulièrement quand la maîtresse demande aux élèves de préparer un exposé sur le métier de ses parents. Cela met Manon dans une situation délicate. Son amour de papa va l'aider à rechercher en elle les ressources nécessaires et cela va se passer au-delà de ce que Manon pouvait imaginer. Un grand saut dans l'inconnu pour elle avec un attérrissage parfait !

Ces pages sont écrites avec un regard d'enfant à hauteur d'enfant : Manon s'empêtre dans un choix d'adultes qu'elle ne maîtrise pas car il pose en filigrane la question de la normalité et de l'inversement des rôles dans un couple. Elle s'en sort par une pirouette poétique qui lui permet de faire face à cette angoisse. Elle parvient à aller au-delà quand elle arrive à mettre des mots dessus face aux autres. Ce qui lui permet alors d'entrer dans le groupe, des étoiles plein les yeux, grâce à l'originalité des choix de ses parents, portée par le regard bienveillant de l'enseignante.

Un roman tout doux, tout simple, tout beau, tout sensible aux illustrations de Leïla Brient aussi discrètes que son héroïne, juste esquissées comme si elles étaient dans son cahier d'écolière, dessinées au fil de son imagination, là-haut, dans le ciel, pour rejoindre un peu sa maman qui lui manque...

Coup de cœur !
Un grand merci à Anne Loyer pour cet envoi et la dédicace.

Retrouvez la lecture d'enfants/ados avec ma petite dernière sur le blog A l'Ombre du Grand Arbre ce vendredi...



La collection Boomerang, je la suis avec assiduité. Je les lis désormais deux fois pour avoir la lecture dans chaque sens...Moins de frustration de me dire : et si j'avais commencé de l'autre côté ? Certes, j'ai déjà un éclairage mais tout de même, une double lecture donne une autre profondeur à ces histoires dont le principe est de se répondre.

Dans ces deux histoires-là, il y a une part de légende et de merveilleux sur fond de relation intergénérationnelle dans un décor marin à couper le souffle.

La licorne invisible : Nord de l'Ecosse. Sur une plage balayée par le vent, deux sœurs, Enid et Nell font un jour une découverte : une corne. L'imagination en marche...Et si c'était une corne de licorne ? La plus jeune en est persuadée, la plus âgée beaucoup moins. Mais ce vieux monsieur, nommé le roi des fous, croisé souvent sur la plage, a lui aussi sa version...

Le roi des fous : Iles Féroé. Emile et son père partent pêcher comme tous les jours. Soudain, dans les filets, un trésor : une corne de narval. La légende dit que celui qui la trouve doit faire un vœu et qu'il sera exaucé. Emil, le garçon, sait. Il veut retrouver son grand-père, celui qu'on nomme le roi des fous, disparu depuis trente ans, à cause de sa passion des fous de Bassan.

Deux lieux.
La mer et ses mystères. Sa force et sa grandeur.
Les légendes marines qui s'y rattachent.
Des enfants avec des secrets et des rêves.
Un grand-père passionné, incompris, taciturne.
Et une corne légendaire, qui fait le lien.

Il n'en faut pas plus pour transporter le lecteur de ces deux courtes histoires écrites à quatre mains -Valie Le Gall et Alex Cousseau-dans un autre monde, celui des rêves. Se réalisent-ils ? En tout cas, deux textes qui nous disent qu'il faut avoir la force d'y croire...
Des textes forts sur un message fort.

Challenge Petit bac 2015, ligne animal


Maman est un oiseau
Anne loyer et Leïla Brient
Bulles de savon

La licorne invisible/Le roi des fous
Valie Le gall et Alex Cousseau
Le Rouergue
Boomerang


lundi 23 février 2015

Des histoires d'oeufs

Qui de l’œuf ou de la poule ?
Commençons par deux belles histoires d’œufs,
 la première très sensible et la seconde humoristique.


Edmond est un animal tout noir qui préfère vivre caché dans les hautes herbes. Il s'y fond à merveille. Aussi, quand un beau matin, il trouve un œuf aussi blanc que lui est noir, cela bouscule ses habitudes. Il cherche longtemps sa maman mais en vain. Il décide donc de le couver. Longtemps. Un beau jour, il en sort un oisillon noir au bec orange et instantanément, Edmond fond d'amour. Mais l'oiseau va retrouver sa maman. Un vide se creuse alors dans le cœur d'Edmond jusqu'au jour où...

Voici un album très touchant et qui ne laisse pas indifférent : il a vraiment tout pour plaire. Un format en hauteur, des illustrations comme des tableaux colorés et contrastés-le noir et le blanc qui hypnotisent-avec des aplats de couleur magnifiques, changeants à chaque double page, un texte plein de tact et de pudeur qui n'en dit ni trop ni pas assez. 

Un album qui nous parle d'adoption, de parent de cœur et non pas de sang, et qui nous dit que l'amour prime dans cette relation particulière de parent à enfant et vice-versa. 
C'est beau, tendre, poétique et très émouvant. 
Coup de cœur !

Retrouvez les avis de :


Autre histoire d’œuf et autre registre, qui m'a bien fait rire tant la chute est bien trouvée !
Déjà, le bousier, je trouve cet insecte absolument fascinant, petite taille mais grande volonté à toute épreuve...

On y fait la connaissance de Gérard, un bousier bien occupé à rouler ses boules de...
Un matin, un obstacle de taille sur sa route : une boule blanche qui a tout l'air d'un œuf. Gérard n'est pas un ingrat lui non plus : il se met en quête du propriétaire. En chemin, il fait part de son souci à toute une faune qui ne peut au final rien pour l'aider car il s'agit là d'un bien drôle d’œuf ! Il va finir par trouver mais horreur, abomination, il ne peut raisonnablement pas abandonner cet œuf à ces parents-là...La chute est succulente, éclats de rire garantis !

Mine de rien, on en apprend une foule de choses sur les œufs dans cette quête...Des illustrations dans les mêmes couleurs que la couverture et des petits médaillons mettant l'accent sur des détails pas du tout anodins, donnent à l'ensemble une belle unité graphique. Le propos est drôle, empreint d'une politesse qu'on pourrait penser inexistante dans ces contrées lointaines, le vocabulaire utilisé est assez recherché, la typographie originale. Ce décalage donne à l'histoire un charme certain et vraiment un très bon moment de lecture !
Coup de cœur ! 


Edmond
Ingrid Chabbert
Guridi
Frimousse

Gérard le bousier
Fred Paronuzzi
Andrée Prigent
Kaléidoscope



vendredi 20 février 2015

Le ciel nous appartient


"Il ne faut jamais négliger une possibilité."

Telle pourrait être, entre autre, la maxime qui caractérise le mieux ce roman fantasque et franchement, j'ai bien fait de ne pas négliger la possibilité de le lire !

Il vient de remporter le Prix Sorcières 2015 catégorie Romans junior et c'est bien car il y avait longtemps que j'avais lu un roman aussi enlevé et original en jeunesse, et pourtant, j'en lis beaucoup...

On rencontre Sophie, petite jeune fille extraordinaire, aux cheveux couleur de feu et aux yeux comme des éclairs, au destin incroyable. Elle a survécu à l'âge d'un an au naufrage du Queen Mary au beau milieu de la Manche, sauvée par la coque protectrice d'un étui à violoncelle, celui de sa propre mère ? Elle sera recueillie par Charles Maxim, un homme érudit, généreux, aux méthodes éducatives centrées sur l'épanouissement de la jeune fille. Les services d'aide à l'enfance anglais ne voient pas cela d'un très bon œil et menace le tuteur de lui enlever sa pupille. Sophie est persuadée que sa mère est encore en vie. Ils s'enfuient alors tous les deux à Paris pour la retrouver. "Je suis une chasseuse de maman" dit-elle. Elle fera la connaissance de Mattéo et de sa bande, les danseurs du ciel, qui vivent sur les toits et les arbres de la ville-lumière avec une débrouillardise et un aplomb hors du commun.

Il y a dans ces pages un tel souffle d'humanité dans les dialogues qu'on en a souvent le cœur gonflé d'allégresse. Les pages qui décrivent la rencontre puis les aventures de Sophie et Mattéo sont pleines de poésie, de candeur et de maturité mêlées. Un mélange de Mary Poppins, de Peter Pan et d'Alice au pays des merveilles, et j'en passe !

Vraiment, un roman superbe, très bien écrit, original, attachant, à la fin émouvante, un voyage initiatique plein de musique et d'amour.

Coup de cœur !

Challenge Petit bac 2015, ligne pronom personnel sujet

Le ciel nous appartient
Katherine Rundell
Les grandes personnes

Et hasard heureux : la ville de Paris envisage de faire inscrire les toits de Paris au patrimoine de l'Humanité...Un dossier en cours qui sera porté à l'UNESCO en janvier 2016...A suivre !


mercredi 18 février 2015

Boîtes à bonheurs

Lola, cette petite hamster,  je l'adore ! Et comme Lola, je collectionne les p'tites boites ! 
Alors, cet album a tout pour me plaire !


Lola peut choisir un cadeau et elle en choisit un un peu spécial mais avec une idée bien précise derrière la tête :  des boîtes à monter ! Une grande pour les grands bonheurs et une petite...pour les petits bonheurs. Elle commence un tri bien organisé dans sa chambre et au fil des jours aussi, les moments vécus entrent dans une ou l'autre des deux catégories. Mais elle s'aperçoit bien vite que c'est un peu compliqué tout ça ...Le bonheur, ça ne se commande pas, ça se vit tout simplement !

Un album bien tendre, dans la lignée des précédents (que je vous recommande !), où l'enfant tire des enseignements de sa propre expérience, sans se mettre en danger, mais en éprouvant ses sentiments et émotions à la confrontation au réel. 

La vie ne se résume pas à tout mettre dans des cases, surtout pas la tendresse. 

Du vécu sans être dogmatique, voici un album pour les petits très réussi car il parle de la vie, de la découverte du monde et des relations aux autres dans et en-dehors de la famille avec beaucoup de justesse dans les situations et des illustrations à croquer.


Boîtes à bonheurs
Carl Norac et Claude K. Dubois
Pastel

lundi 16 février 2015

Terre-dragon tome 1 : le souffle des pierres

Chez nous, cet auteur est un incontournable.
Comme j'aime bien lire aussi ce que lisent mes enfants...

Sur les terres de l'invisible roi-dragon vivent des tribus aux mœurs étranges....
Aegir s'est échappé de l'une d'elles, des guerriers sanguinaires. Avec une seule peau d'ours comme protection, le jeune garçon va croiser dans sa fuite le chemin de Sheylis, une jeune sorcière chassée de son village. Un sortilège va les unir bien malgré eux. Commence alors une quête vers leur véritable identité...

Des pages bien plaisantes à lire, une intrigue bien ficelée, des personnages bien campés, des dialogues percutants, et souvent drôles, bref, un très bon moment de lecture ! 

Je regrette juste le côté marche initiatique un peu trop prévisible à mon goût mais sans doute est-ce le genre qui l'impose...

Une suite attendue donc pour cette trilogie.



Challenge Petit bac 2015, ligne lieu réel ou imaginaire

Terre-dragon
Le souffle des pierres
Erik L'Homme
Gallimard jeunesse

samedi 14 février 2015

Appli coup de coeur #5 : Bleu de toi


Pour célébrer la Saint-Valentin, voici une application Bleu de toi pleine de tendresse et de poésie...
Du bleu, des cœurs, des mots dits, murmurés, choisis, comme un chant d'amour d'un père à son enfant. 
Les tableaux se succèdent et rien ne semble impossible pour l'immensité de cet amour-là.
Le charme opère immédiatement tant par les mots que par les illustrations monochromes bleues-tout est réalisé au bic bleu- un petit côté désuet bien plaisant comme pour porter ce message universel d'amour.
Des interactions sur chaque page que l'on trouve intuitivement, pleines de poésie et de douceur.
L'auteur, Dominique Maes, est un auteur-illustrateur belge réputé (pas moins de 80 albums à son actif).

Cette incursion dans le numérique est une réelle réussite, on y entre avec délicatesse, on a le temps de s'y installer, de découvrir et on n'a qu'une envie, c'est de recommencer !

Je suis Bleu de toi, à dire en ce jour en particulier et pour toujours...

Pour la Saint-Valentin, une page a été ajoutée (deux autres le seront pour la Fête des Mères et le Fête des Pères)...et la version sera enfin complète.

Pour en savoir plus sur la genèse de cette application, c'est ICI




Le site Bleu de toi

Le site de l'éditeur Cot-Cot-Cot Apps

Challenge Petit bac 2015, ligne couleur

Bleu de toi
Dominique maes
Cot-Cot-Cot Apps
Appstore IPad/IPhone
5,99€

Un grand merci à Odile Flament.

vendredi 13 février 2015

Retrouver le petit frère

Emma, Sophie et Odilon.
Une fratrie sans histoires, un petit dernier adoré et adorable. Les deux sœurs ont pour habitude d'aller le promener sur le chemin de la forêt, tout près du lac, avec l'autorisation de la maman. Cette fois-là, les filles s'autorisent à aller voir les canards et laissent le petit frère sur le bord de la route. Il y a bien eu cette voiture rouge qui les a dépassées mais elles ne resteront pas longtemps. Promis. A leur retour, la poussette d'Odilon est vide, seule sa petite chaussure  est ce qu'il reste de lui...

Retrouver le petit frère : le titre dit tout. 
Ce sera d'abord l'espoir de le retrouver, caché dans la forêt, lors de cette battue interminable, puis les gendarmes, les interrogatoires, la culpabilité, le silence, les jours qui passent, puis les années, le regard des autres, les soupçons infondés, les langues qui se délient. Tout cela la famille va l'affronter. Avec une dignité exemplaire.

Mais celle pour qui il n' y a pas de résignation possible, c'est Emma, la plus grande. 
Elle vit cette disparition à la fois avec angoisse mais aussi obstination. Elle se met à écrire des chansons pour Odilon pour maintenir un lien invisible avec lui. Elle se fait la promesse intérieure de partir à sa recherche et de le retrouver dès sa majorité.

On suit donc cette famille durant quatre années, quatre années de solitude, de compromis, de résignation où la vie reprend ses droits malgré tout. Les chansons d'Emma évoluent, elle rencontre un jeune homme et devient une jeune femme décidée et volontaire. Il va l'aider à accomplir sa promesse....

Pour une maman, perdre un enfant de cette façon est terrible : j'ai donc lu les premières pages de ce roman avec appréhension. Puis, le personnage d'Emma emplit le livre avec sa détermination, sa maturité, son obsession presque tranquille.

Je ne dirais rien du dénouement.

Le tour de force de l'auteure est de centrer son intrigue puisée dans le fait divers sur les deux sœurs, sur leur différence d'appréciation, l'une qui combat, l'autre qui se résigne. Pas de voyeurisme sur la douleur des parents qu'on sent pourtant palpable au fil des pages. Le propos n'est pas là. A travers cette disparition intolérable, on les voit toutes les deux évoluer sans le petit frère. Sans doute auraient-elles été différentes si...

C'est un roman réaliste et sensible sur l'amour fraternel qu'on lit le cœur serré avec une angoisse au creux du ventre. Un roman qui montre qu'on se construit aussi à travers les membres d'une même famille.

Retrouver le petit frère
Gisèle Bienne
Ecole des Loisirs

mercredi 11 février 2015

Des pommes et des pommiers

La pomme est le fruit par excellence, il y en a de toutes les couleurs, de toutes les grosseurs, de toutes les odeurs, de tous les goûts, facile à emporter, sucré, rassasiant, aux multiples recettes...


Et voici deux albums qui en parle avec bonheur !




  • L'arbre à confiture de Komako Sakaï et Mutsumi Ishii-Ecole des loisirs : coup de cœur pour cet album dont on pourrait reprocher la longueur du texte qui est de Mutsumi Ishii. Pour ma part, pas du tout. Au contraire. Une lecture bénie où on a le temps de s'installer et de savourer...

"Blanche est née dans une petite maison au cœur de la forêt. 
Dans cette petite maison, il y a tout ce qu'il faut à Blanche pour être heureuse."

Dès les premières lignes, le ton et donné...
Blanche est une petite lapine née au printemps. Un matin, au petit déjeuner, elle mange pour la première fois de la confiture de pommes que confectionne maman lapin avec les pommes du grand pommier devant la maison. C'est si bon ! Demain elle ira voir l'arbre pour manger des pommes. Sauf que des pommes, elle n'en a jamais vu et qu'il lui arrive une petite mésaventure...L'occasion pour maman de lui expliquer le cycle des saisons à travers ce fruit.

Il y a dans ce livre une excitation et un émerveillement mêlés à une belle spontanéité et soif de découverte. On craque devant ces illustrations de Komako Sakaï tout juste esquissées comme si elles naissaient sous nos yeux, dans des tons chauds et plein de délicatesse. Un texte empreint d'une belle simplicité, celle de la petite enfance, qui découvre le monde, avec une pointe de naïveté si noble.

C'est un album qui m'a rappelé ce temps à la fois si proche et si lointain de l'enfance de mes propres enfants avides de découvertes, de sensations pour goûter à la vie offerte au sens propre comme au figuré.

Un album qui m'a charmée, touchée tout comme le précédent Réveillés les premiers.
Un album au charme intemporel.
Une ode à l'enfance dans son plaisir des petits riens du quotidien.
On touche là à l'essentiel...


  • Un pommier dans le ventre de Simon Boulerice et Gérard Dubois-Grasset jeunesse : Je ne sais pas pour vous mais moi, dans la pomme, je fais comme Raphaël, je mange tout, sauf la queue, qui m'indique juste son âge, dans ce jeu qu'on a tous appris. Et il m'est arrivé aussi de penser que les pépins pouvaient pousser dans mon ventre !


Là, c'est Rémi qui le fait douter. Pourtant, Raphaeël résiste par un beau raisonnement logique...mais il doit se rendre à l'évidence. C'est tout un verger qui va pousser dans son ventre ! S'ensuit une journée épouvantable au cours de laquelle il se rend malade. Seule maman saura le réconforter et faire partir cette peur enfantine. Lisez cet album jusqu'au bout, la chute est délicieuse...

Un album au charme rétro irrésistible sur ces peurs enfantines à la vie dure qu'elles en deviennent vite tout un monde. C'est drôle et profond à la fois, plein de bon sens et de répartie. Coup de cœur !

La collectionneuse de papillons a aussi goûté et elle a adoré !


L'arbre à confiture
Komako Sakaï et Mutsumi Ishii
Ecole des loisirs

Un pommier dans le ventre
Simon Boulerice et Gérard Dubois
Grasset jeunesse

lundi 9 février 2015

Automne

C'est la couverture qui m'a attirée et puis aussi le thème de la fin du monde.
Depuis six ans en effet, la Terre n'est plus que désolation : la faune, la flore, les hommes, tous sont tombés malades. Certains habitants vivent enfermés sans grand espoir d'un jour meilleur. C'est le cas de ces deux sœurs, Fride et la plus grande Nanna, qui vivent sous terre dans un bunker avec leur père. La maman est restée à l'hôpital pour soigner les malades et ils sont sans nouvelle d'elle mais espèrent la retrouver un jour. 
La vie est difficile : interdiction de sortir, le père est formel. Mais pour deux petites filles, dont la plus jeune n'a aucun souvenir de la vie d'avant, c'est insupportable. Le père tombe à son tour malade : en désespoir de cause, il envoie ses deux filles chercher des médicaments dans la ville. Commence alors pour elles une aventure hors du commun, entre désolation, souvenirs, et enfin, au bout du tunnel l'espoir...

Dis comme ça , l'histoire semble bien ficelée et en effet, sous certains de ses aspects, elle l'est...Mais que d'ennui dans cette errance en ville ! De mon point de vue, ce passage aurait mérité moins de longueurs au service de cette histoire somme toute originale. C'est bien dommage car ce récit perd en attrait. Je suis quand même allée au bout, difficilement je l'avoue, mais aucun regret de m'être accrochée tant la fin, même prévisible, donne une belle lumière à ce chaos.

Néanmoins, pas une lecture marquante de mon point de vue.

Challenge Petit bac 2015, ligne titre en un seul mot


Automne
Jan Henrik Nielsen
PKJ
Wiz

vendredi 6 février 2015

Le meilleur livre pour apprendre à dessiner une vache

Un album petit format à l'italienne et un contenu à se tordre de rire...
On vous y explique pas à pas la façon de s'y prendre pour dessiner ...une vache...
Rien de plus simple en apparence...sauf quand cette vache finit en fait par ressembler à un crocodile !
Pas de panique ! S'il se jette sur le dessinateur, sortir sa gomme et le tour est joué !
Je ne dévoilerais pas la fin qui m'a bien fait rire je l'avoue...

Si après ça, vous ne savez toujours pas dessiner une vache, reprenez donc depuis le début, appliquez-vous, vous devriez y arriver !
Un petit format donc, comme un carnet de croquis, du vert et du blanc, de l'humour et c'est tout ! C'est si simple de faire un album ! A quand les instructions pour dessiner un autre animal ?

Et comme j'ai eu de la chance, j'ai le meilleur carnet pour apprendre à dessiner une vache pour m'entraîner...:)

Prix Sorcières 2015 catégorie première lecture

12/60 Challenge je lis aussi des albums 2015
Challenge Petit bac 2015, ligne animal


Le meilleur livre pour apprendre à dessiner une vache
Hélène Rice
Ronan Badel
Thierry Magnier


mercredi 4 février 2015

Le livre qui dort

Chut ! Vous voyez, il dort !

A l'heure du dodo, ce n'est pas le livre qui endort cette fois..

Une petite souris rose apostrophe page de gauche le petit lecteur : elle veut s'assurer qu'il a bien effectué tous les rituels du soir pour le livre, compagnon du soir aussi, page de droite. Brossage de dents ? Le petit pipi ? L'histoire ? Bien bordé ? Un câlin ? Un bisou ? C'est bon, tout est ok, le livre s'endort....éteignons la lumière et fermons le livre : bonne nuit le livre !

Considérer le livre comme un doudou, le personnifier, en voilà une belle idée pour les tout- petits ! 

On lui doit bien ça à ce compagnon idéal du soir, le bichonner, le dorloter , le câliner...

Une façon aussi de mettre en scène avec un regard distancié les rituels si importants au moment du coucher : certaine que ce livre va en aider plus d'un à s'endormir, ce livre dans son petit lit, serré contre son cœur !

Une approche toute simple, toute douce pour un moment du soir plein de tendresse et indispensable avant de se laisser aller pour une nuit de bonne qualité. 

Mais chut...Le livre dort... 
ZZZzzzzz... 


Le livre qui dort
Ramadier & Bourgeau
Loulou & Cie

lundi 2 février 2015

#Bleue

©Méli-Mélo de livres
Une couverture magnifique...
Un hashtag qui donne un indice...
Roman d'anticipation ou de presque réalité ?

On entre dans une société où la souffrance et la douleur sont éradiquées.
On entre dans une société hyper-connectée, où l'absence sur les réseaux sociaux est suspecte et signe de mauvaise santé physique ou morale. 
Les émotions n'y ont plus leur place.
Chacun s'épie, chacun surveille l'autre, tout est aseptisé y compris les médias qui ne donnent à voir et à entendre que le "meilleur" de l'humain.

"Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. "

Les êtres humains affichent à leur poignet des points bleus, signe de leur passage à la CEDE (Cellule d'Eradication de la Douleur Emotionnelle), un organisme de santé qui efface les traumatismes mais pas les souvenirs qui s'y rattachent, semble-t-il. Les individus sont oblitérés. Ils peuvent y avoir recours dès qu'ils le souhaitent pour les adultes, c'est un passage obligé pour les mineurs.


Jusqu'où peut-on aller pour détruire toute émotion douloureuse ? 
Est-ce qu'une ligne irrémédiable ne semble pas être franchie ?

On y fait la connaissance de deux adolescents Silas, le garçon et Astrid, la jeune fille.
Ils vont tomber fous amoureux.
Les chapitres alternent sur leur vision de cette vie servie sur un plateau, vie lisse, sans relief, à la recherche du bien-être absolu.
Ils ne sont pas toujours d'accord, chacun à sa façon, sur ce système. Ils s'interrogent. 
Silas sur les croyances et la religion. Astrid, elle, sur tout. C'est son côté fougueux. Ils frôlent avec le danger, souvent. Comme pour tester leurs limites et ceux du système. Comme tout adolescent finalement. Le premier plus frileux. L'autre dans l'interrogation permanente. Un qui souffre moins ou plus du tout, l'autre qui souffre beaucoup de voir son entourage touché à différents degrés et qui le refuse.

Un accident dont est victime Astrid et tout bascule...
Ils vont faire les frais de ce système.
A leur dépends ?
Leur entourage aussi.
Car une résistance prend forme contre cet ordre établi...

Voici un roman très bien construit et aux thématiques très riches : la manipulation, la mort, le deuil, la puissance des réseaux sociaux, la désobéissance et l'obéissance à l'ordre établi, la mémoire, la transmission, l'éducation, le mensonge, la solidarité, la résistance, le totalitarisme, la souffrance, l'amour, l'altruisme, l'héritage laissé aux générations qui suivent....et une foule d'autres.

On pourrait lui reprocher cette construction somme toute assez classique mais pas du tout : cette alternance donne une profondeur certaine aux thèmes abordés et rend cette société encore plus cruelle.

Un roman très philosophique qui nous parle de ce qui fait l'essence même de l'être humain -Comment aimer si on n'a plus d'affect, si on n'a plus la conscience de souffrir ?-et qui, à l'aune d'événements récents, apporte à la fois une hauteur et un abîme dans la réflexion.

C'est aussi une très belle histoire d'amour, forte, exclusive, envers et contre tous.
Le bien contre le mal ?
Pas si manichéen que cela pourtant, tant les frontières sont floues désormais entre information et désinformation, vérité et mensonge, masse et individu.

Je vous le disais : anticipation ou presque-réalité ?
Ça fait frémir souvent, ça fait réfléchir en tous cas.

A mettre entre toutes les mains et en discuter.
Absolument essentiel.

Challenge Petit bac 2015, ligne couleur

#Bleue
Florence Hinckel
Syros

Existe en version numérique

dimanche 1 février 2015

Appli Coup de coeur #4 : Petting zoo

Une application sans texte.
Juste du mouvement.
Que des surprises, des associations d'idées.
Un fonds musical et des sons quand on interagit sur l'image.

Et c'est jubilatoire !

Ça commence par un crayon:) qui dessine un chapeau dont sort des oreilles de lapin, puis un lapin tout entier et c'est parti ! 


A vous de vous amuser pour agir sur le dessin. A chaque changement de page, le dessin de la page précédente est réutilisé dans la suivante. Et que de trouvailles dans le jeu !

Ce qui est chouette aussi, c'est que cette application est suffisamment longue pour explorer un univers loufoque, décalé et drôle. 
Un jeu de transformation et de métamorphoses de 21 animaux vu par Christophe Niemann avec humour.
Une application pour s'amuser tout seul ou à plusieurs, c'est encore mieux, fous rires garantis  !
Et on peut y jouer à tout âge...
Ici, on est fan...

Petting Zoo
Christophe Niemann
Fox & Sheep
2,99 €
IOS et Androïd
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