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vendredi 29 novembre 2013

Montreuil : Supersalon !


Super contente de pouvoir y aller cette année (ça fait un bail !) : un super-salon, avec une super-nouveauté, le pôle Petite enfance, des super-héros et encore plus super : pique-nique avec mes copinautes du blog collectif A l'Ombre du Grand arbre ! Après un an de riche collaboration et de partage, je vais enfin en rencontrer une bonne partie des ses membres et je m'en réjouis. 
Mes billets de train sont pris, tickets de métro sortis, accréditation professionnelle en poche, marque-pages de mon blog à distribuer aussi.
En route pour le SLPJ de Montreuil et ses belles découvertes autour de cette belle littérature jeunesse !
Promis, je vous en reparle bientôt !

jeudi 28 novembre 2013

La galère-Cie Bakélite

Un spectacle qui embarque le spectateur dans une galère maritime comme s'il la vivait en vrai...et c'est peu dire !

Déjà, on est installé sur scène très près du comédien et de ses ustensiles insolites tirés du quotidien. Du noir, de l'eau, du vent, un petit bateau en papier, des personnages bocaux, une carpe philosophe, des pirates, des cargos, des sous-marins, des arrosoirs, un masque, un tuba, une bouteille d'oxygène, des aquariums, une île déserte...

Tout ce petit monde animé par un seul homme : et on s'y croirait dans ce bateau pris dans une tempête d'une rare violence et qui finit par sombrer avec son équipage à bord. Mais pas de soucis : le capitaine veille sur nous...
35 minutes de pures émotions.


Beaucoup d'humour, de poésie, de gravité, de clins d’œil, de second degré. Un ensemble complètement déjanté et de se retrouver dans ces éléments, ça relativise les soucis du quotidien ! 


La Compagnie se définit elle-même comme un théâtre d'objets et de bidouille et c'est exactement cela : beaucoup d'ingéniosité et certainement beaucoup de travail derrière pour donner vie à ces objets que nous connaissons tous. La performance du comédien est remarquable de précision et de dérision. Tout fait sens. Rien n'est utilisé au hasard.

Un spectacle jubilatoire que je vous recommande !
N'hésitez surtout pas si cette compagnie passe près de chez vous...
Son site ici
Pour en savoir plus sur ce spectacle,

La galère
Compagnie Bakélite
Création 2011
Tout public à partir  de 6 ans

mercredi 27 novembre 2013

Questionnement existentiel

Deux romans, pour des âges différents, qui illustrent parfaitement la soif de comprendre des enfants face à des situations parfois difficiles qu'ils vivent, où leur sens de l'observation et leur bon sens constituent bien souvent une école de la vie.

Véra veut la vérité et Dora demande des détails : deux voix dans ce roman écrit à quatre mains par Léa et Nancy Huston.
Véra. Elle se questionne face à la mort. Une feuille morte, les fleurs qui se fanent, puis la mort de sa grand-mère la pousse à interroger les adultes et elle teste leurs réponses avec ce sens de l'acuité si vif chez les enfants quand il s'agit de sujets graves. Un texte très fort, sans faux-semblant, simple comme la vie devrait l'être. 
Dora. Elle se sent différente des autres filles de sa classe. Elle ne saurait l'expliquer. Les autres semblent tellement plus sûres d'elles ! Alors qu'elle, elle se pose tant de questions que les adultes éludent... Jusqu'au jour où la différence va lui apparaitre sous les traits de Bigarrée, une bohémienne rejetée par tous. Une expérience de vie fondatrice pour Dora.

Un roman sur les questions existentielles de la vie que tout enfant se pose à un moment donné, ce qui embarrasse, dérange, interpelle bien souvent les adultes. L'apprentissage de la vie se fait donc à tout âge...

Retrouvez l'avis de Céline-Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait LIVREsse

Pauline ou la vraie vie de Guus Kuijer (Prix Astrid Lindgren en 2012 pour l'ensemble de son œuvre) : Pauline est une jeune fille hollandaise. Elle vit avec sa mère. Ses parents sont séparés. Il y a aussi son instituteur, sa copine Caro et ses grands-parents. Il y a aussi Mimoun, son amoureux.
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle se pose perpétuellement des questions : des sérieuses, des futiles, des graves, sur l'amour, la mort, l'amitié, la famille,...
La poésie est importante aussi pour elle : ses réflexions sont émaillées de petites phrases poétiques toutes simples qui donnent une réelle fraicheur à l'ensemble. Chaque tête de chapitre, annoncé par une longue phrase, donne largement la teneur de ce que le lecteur va lire. Ce roman, qui contient quatre volumes et un inédit (Unis pour la vie,  La vie, ça vaut le coup, Le bonheur surgit sans prévenir, Porté par le vent et l'océan et un inédit, Je suis Pauline !.) s'apparente presque à un journal intime. Beaucoup de spontanéité chez cette jeune fille que l'on quitte à l'aube de ses treize ans. Ce qui est sûr, c'est que, là encore, l'apprentissage de la vie peut être douloureux mais que la vie vaut largement la peine d'être vécue : "On rit, on pleure et c'est ainsi."
Véra veut la vérité et Dora demande des détails
Léa et Nancy Huston
Illustré par  Junko Nakamura
Ecole des loisirs
Collection Mouche

Pauline ou la vraie vie
Guus Kuijer
Illustré par Adrien Albert
Ecole des loisirs
Collection Médium

lundi 25 novembre 2013

Histoires de la maison qui voulait déménager

Une maison qui veut déménager ? ça n'existe pas ! Dans l'imagination foisonnante d'Hervé Walbecq, si !
Dix-neuf petites histoires, toutes aussi saugrenues les unes que les autres, illustrées par l'auteur lui-même, avec ce trait noir fin si caractéristique.

Le point commun de ces petites histoires délurées : toutes mettent en valeur un endroit particulier de la maison : la boîte aux lettres, la cheminée, le cagibi, le couloir, la grange, l'escalier,..

Des histoires surprenantes, pleines de fantaisie et de poésie, qu'on peut lire linéairement ou selon son envie.

Une bonne dose de surréalisme qui tord le cou à l'ennui et au conformisme...

Vous n'avez jamais soupçonné que les choses pouvaient aussi vivre leur vie, vous ?

Du même auteur, à l'Ecole des loisirs, dans la même collection, il existe deux autres opus du même acabit, que j'ai lu également et que je n'ai pas eu le temps de chroniquer, à tort.

Des petites histoires pleine de surprises, finalement comme la vie elle-même.

A mettre entre toutes les mains.

-Histoires d'enfants à lire aux animaux

-Histoires du loup qui habite dans ma chambre

Histoires de la maison qui voulait déménager
Hervé Walbecq
Ecole des loisirs
Collection Neuf

samedi 23 novembre 2013

Double jeu

Quentin. Ado de 16 ans, de la banlieue. Embarqué avec Dylan et sa bande dans des trafics durant son année de seconde. Parents convoqués. Lui aussi. Une seconde chance ? Intégrer en première L le lycée Clémenceau, très huppé, à l'autre bout de la ville et se refaire. Un autre monde pour Quentin. D'autre codes, un autre langage. Il ne cherche pas à s'intégrer. Reste en retrait. Jusqu'à sa rencontre avec Madame Fernandez. Une prof de français atypique. Qui le sonde. Qui l'intrigue. Elle dirige de main de maître l'option théâtre du lycée. Quentin est pressenti pour le rôle principal. Bien malgré lui. Une pièce : "La ménagerie de verre" de Tennessee Williams. Tom, le personnage principal, c'est lui mais pas tout à fait. Une année difficile pour Quentin : entre son monde d'avant et celui de maintenant, un gouffre. Pourtant, il ne veut ni de l'un ni de l'autre. La vie, l'avenir, lui font peur. Ce que deviennent les adultes, avec leurs rêves de jeunesse enfouis, le confort de leurs habitudes, leur obéissance aux contraintes, sont comme un vide dans lequel il refuse d'être aspiré. Et puis, il y a sa petite sœur. La scène sera son espace de liberté avec son angoisse aussi mais au moins, celle-là, il l'aura choisie...

Les romans de Jean-Philippe Blondel ne laissent jamais indifférents : à force de côtoyer des adolescents au quotidien dans son travail d'enseignant, il sait les sonder mieux que personne. Ce que j'aime, c'est qu'il sait garder à la fois leur révolte et leur besoin d'émancipation à l'état brut, mais toujours il les mène sur le chemin de leur liberté. Ce roman nous dit aussi que le choix existe, que nous ne sommes pas conditionnés par nos origines sociales, que parfois, de belles rencontres surgissent et nous aident à accoucher de nous-mêmes comme une autre naissance.

Les dialogues sont toujours aussi percutants, l'histoire concise et bien menée : l'auteur va a l'essentiel. La construction en trois actes et scènes, comme au théâtre, permettent au lecteur de bien se repérer dans cette année de transition pour Quentin. Il en vient à penser aussi s'il n'est pas en train d'écrire son propre rôle dans ce carnet qu'il a commencé, mais laissé tombé et repris durant cette année scolaire charnière.

Double jeu : "je" peut-être parfois un autre, et au théâtre, jouer, c'est seulement jouer...
Un apprentissage.

C'est un roman terriblement touchant et éblouissant sur la part d'ombre et de lumière de chacun de nous avec cette acuité particulière de l'adolescence.

Mes quatre enfants font du théâtre et pour chacun d'eux, le chemin n'a jamais été le même pour s'exposer sur scène...

Retrouvez l'avis de Bouma-Un petit bout de (Bib)liothèque et son interview de l'auteur sur A l'ombre du grand arbre
Et l'avis de Céline-A lire au pays des merveilles

Double jeu
Jean-Philippe Blondel
Actes sud junior

jeudi 21 novembre 2013

Voyage au fil de l'eau...

Dernier-né de la collection "Boomerang" au Rouergue : une collection de courts romans recto-verso.

Deux courts textes donc qui se répondent : "Le garçon d'écume" de Thomas Scotto et "Le garçon des rives" de Cathy Ytak pour un double voyage au fil de l'eau mais avec deux points de vue différents, inversés même. Tout est une question de regard.

Avec cette collection, j'hésite toujours : par quel texte commencer ? Je me dis à la fin de la lecture que si j'avais commencé par l'autre côté, l'éclairage en aurait été différent sans doute, mais il faut bien choisir...
L'un se lit par rapport à l'autre, et vice-versa, mais je n'aurais jamais pour l'un la première découverte...Tant pis...

Deux garçons : un sur terre, Samuel, et un sur l'eau, sur la péniche des ses parents, Sylvain. Deux mondes parallèles. L'un salue de la rive à son passage, l'autre de son embarcation, symbole de liberté. Ils s'attendent. Tout les mène vers ce bref instant. La magie est là, à chaque fois. Dans cette attente et le moment où leurs signes se rencontrent. Ils savent que, malgré sa fragilité, ce moment-là se reproduira. Ils se reverront.

Le lecteur découvre l'univers de chacun : pour Samuel, l'ennui de rester sur la rive, sa vie avec ses parents sourds qui lui impose la présence de Mélissa, la fille de leurs amis, et pour Sylvain, le besoin de sentir le roulis de l'eau sous ses pieds à tel point qu'il développe une vraie phobie de l'école. Ils aspirent chacun à une forme de liberté.

Ces deux courtes histoires sont centrées sur les sens : l'écoute (alors que les parents de Samuel sont sourds, mais pas lui), la force des gestes (la langue des signes), le regard, la présence de la nature. Le tout renforcé par l'attente de l'arrivée de la péniche, point commun des deux histoires.

On se laisse embarquer dans ce voyage, dans cette amitié née de façon originale, mais toute simple, comme le sont toutes les amitiés vraies.

Deux textes qui se complètent à merveille, remplis de poésie, de finesse et de sensibilité, de petites phrases qui donnent à ces petits riens de la vie une saveur toute particulière. Une forme de bonheur sans doute...

Le garçon d'écume/Le garçon des rives
Cathy Ytak/Thomas Scotto
Illustré par Aurore Petit
Le Rouergue
Collection Boomerang

mardi 19 novembre 2013

Des pépites !


Les pépites du Salon du livre de jeunesse de Montreuil ont été décernées hier soir 18 novembre par le jury conduit par les ambassadeurs Jean-Claude Mourlevat et Catherine Meurisse. Ces huit prix littéraires ont pour but de promouvoir l'extrême richesse de la littérature jeunesse. 

Et voici les lauréats :

Pépite de l’ALBUM

Création francophone




Pépite du LIVRE OVNI

Création francophone




Pépite de la BANDE DESSINÉE / MANGA

À partir de 10 ans




Pépite du ROMAN ADO EUROPÉEN





Pépite du LIVRE D’ART

Création francophone




Pépite du DOCUMENTAIRE

Création francophone





Pépite de la CRÉATION NUMÉRIQUE

Création francophone



Pépite de L’ADAPTATION CINÉMATOGRAPHIQUE
Création européenne




lundi 18 novembre 2013

Vous avez dit tribu ?

"La tribu trouve ça louche", premier tome d'une nouvelle série qui semble bien prometteuse !

Trois paires de héros, cousins ou amis de vacances se lancent dans une enquête pour le moins épique et pleine de rebondissements : Mémé Sardine a disparu, le hollandais d'en face a un comportement étrange et un criminel vient de s'échapper de la prison d'à côté !

Trois auteurs également-Sandrine Beau, Anne-Gaëlle Balpe et Séverine Vidal-, une illustratrice Jess Pauwels : on les retrouve avec plaisir après la fameuse trilogie "Roulette russe"

Les chapitres s'alternent avec la voix de trois enfants différents et l'intrigue file à vive allure avec un ton enlevé et dynamique et beaucoup de frissons.

Cette série-là s'adresse à un public plus jeune que la précédente mais n'en est pas moins de très bonne qualité : l'idée des retrouvailles le temps d'un été entre des enfants cousins et vacanciers de l'année passée va en séduire plus d'un, ainsi que le piment de l'enquête policière. Quel enfant n'a jamais rêvé de revêtir les habits d'un enquêteur ? Sens de l'observation, de la déduction, de l'esprit d'équipe, exploitation des atouts de chacun, dépassement de soi, sens des responsabilités, voici ce que le jeune lecteur peut y trouver. Et on ne gâche pas son plaisir tant l'ensemble se tient.

De plus, la présentation est très séduisante : belle couverture, beau papier, des paragraphes aérés, des illustrations modernes, des protagonistes croqués au début et qui se présentent eux-mêmes (et ça, les enfants adorent !). Autant d'atouts qui font de cette série un très bon moment de lecture pour la tranche d'âge des 8-10 ans, pour laquelle il n'est pas toujours aisé de trouver des lectures adaptées.

Bientôt un tome 2, qui sera raconté cette fois par un autre trio de la bande...
Et on en redemande !

La tribu trouve ça louche
Tome 1
Sandrine Beau, Anne-Gaëlle Balpe et Séverine Vidal
Illustré par Jess Pauwels
Frimousse

dimanche 17 novembre 2013

Story Cubes

Une fois n'est pas coutume, voici une proposition de jeu de société mais un jeu en rapport avec les histoires et l'imagination.

Une petite boîte orange bien flashy contenant neuf cubes avec sur chacune de leurs six faces, des symboles.
Il suffit de lancer les neuf dés (ou moins, si on le souhaite), de commencer par "Il était une fois...", de partir du symbole qui attire le plus son attention, d'y ajouter les autres,  et hop !
C'est parti !

Plus on y joue, plus on se prend au jeu, les histoires s'étoffent et s'enrichissent. On peut s'entraîner seul ou jouer à plusieurs, c'est bien plus rigolo ! 

Pas de performance, ni de gagnant dans ce jeu, mais une invitation à s'amuser autour des mots et ce qu'ils suscitent en nous et à développer sa créativité.

Je vais le tester dans mon prochain goûter-lecture auprès des 8/12 ans et je suis absolument certaine de l'enthousiasme, passé la première surprise !

Pour prolonger, on peut écrire les histoires ou les enregistrer, les dessiner, les filmer, c'est d'ailleurs ce que je vais proposer.

Et sûr que cette petite boîte sera apportée par le Père Noël chez nous !

Un grand merci à Camille qui nous a fait découvrir ce jeu et qui me l'a prêtée pour cette chronique (Le père Noël n'a pas encore commencé à remplir sa hotte, mais ça ne saurait tarder...) !

Alors, faites vos jeux et...vos histoires !

Story Cubes
Il en existe plusieurs versions
Dans tous les magasins de jouets

samedi 16 novembre 2013

Le ça

Quel duo de choc que celui de Michaël Escoffier et Matthieu Maudet sur cette thématique et surtout,  quel talent dans leur approche du sujet !

Un petit garçon, les fesses à l'air, se demande où est passé son ça. Maman n'est pas très contente d'ailleurs qu'il ait laissé ça sur le tapis du salon.
S'ensuit un dialogue savoureux sur le ça et sa destination finale...
La mère et le fils ne sont évidemment pas d'accord, vous vous doutez bien.

Quant à la chute...humour garanti !

D'avoir mêlé propreté et diction, il fallait y penser ! Comme quoi, adultes et enfants ne sont pas souvent sur la même longueur d'onde en la matière. Et c'est justement bien l'enjeu...

J'ai un faible évident pour ces albums qui dépoussièrent des sujets maintes fois rebattu et bien souvent avec une démarche bien maladroite, ce qui est loin d'être le cas ici.

Une approche décoiffante pour un sujet ô combien sensible à partir d'un certain âge...et qui fait beaucoup parler d'elle quand viennent les beaux jours ou l'entrée à l'école maternelle.
Les bacs des bibliothèques le savent !
 
Matthieu Maudet l'avait déjà abordé dans l'excellent "J'y vais", où un petit oiseau décide d'y aller mais pas sans quelques objets nécessaires à cette grande aventure : une casquette, une radio, des biscuits, un pull, un livre, il faut au moins ça pour s'y rendre !

Cet album a d'ailleurs été lauréat de notre comité de lecture "Lireli Lirela" (partenariat avec le RAM et la crèche familiale).


Les couches ont du souci à se faire...

Le ça
Michaël Escoffier et Matthieu Maudet
J'y vais !
Matthieu Maudet
Ecole des loisirs
Loulou et Compagnie

vendredi 15 novembre 2013

Temps de chien pour les requins

Oliver, dix ans, rêve d'avoir un chien et il sait lequel...Celui de la vitrine de l'animalerie de son quartier. Il craque devant ce museau humide et ces manières patapouf de chiot. Mais ses parents, grands banquiers devant l'Eternel, n'ont vraiment pas le temps de se pencher sur ce désir de leur enfant. Trop occupés à compter, à amasser, à faire joujou avec les sous des autres. Tellement qu'ils ne voient pas la débâcle financière arriver.

Si je vous dis que dans ce roman, il y a aussi seize dromadaires, une ancienne gouvernante assez givrée (mais finalement pas tant que ça), sa fille plus qu'agressive (mais elle a ses raisons), un chien bien sûr (mais ça, je l'ai déjà dit...), des arnaqueurs glauques, l'immensité du désert, la cour de récréation et ses codes, les mathématiques appliqués à la finance , des adultes compliqués, des requins aux dents longues, vous me croyez ?

C'est une histoire très loufoque, oui. Mais qui aborde aussi avec finesse le rapport à l'argent, les relations familiales, la perception d'un enfant du métier de ses parents, les conséquences de ses actes, avec une bonne dose de candeur absolument irrésistible. Si je devais donner un seul mot, ce serait l'altruisme avec un grand A.

On ne s'ennuie pas une seconde, on se laisse emporter par le tourbillon de cette aventure qui dépasse complètement le jeune héros pour son plus grand bien et celui des autres.
Et en plus, les romans des éditions des Grandes personnes, j'aime leur forme avec ces coins arrondis, leur format, la police de caractère choisie. Tout cet ensemble permet des heures de lectures délicieuses...et ce n'est pas ce roman qui va le démentir.

Esprits rationnels s'abstenir !

Temps de chien pour les requins
Morris Gleitzman
Traduit par Valérie Le Plouhinec
Editions Les Grandes Personnes

jeudi 14 novembre 2013

La rue des étoiles

C'est l'histoire de trois jeunes gens, Oskar, son petit frère et une copine, qui ne savent pas quoi faire :  alors ils se donnent rendez-vous Rue des étoiles, sur ce bout de mur, pour se donner l'illusion de constituer une bande. Ils observent les passants, discutent entre eux, se fâchent, se réconcilient...

 Je me suis pourtant accrochée à cette lecture, bien accrochée avec le sentiment que si je n'allais pas au bout, j'allais rater quelque chose. Mais j'ai capitulé à la centième page. Je n'ai pas pu continuer les cinquante pages restantes.

Pourtant, l'auteur est de renommée internationale, il a reçu un prix pour ce roman, a été plusieurs fois nominé au Prix Andersen. Mais non. Je n'ai pas compris la finalité de cette histoire. Il ne s'y passe rien ou pas grand chose. J'ai trouvé cela déprimant, j'ai eu la sensation physique d'être aspirée vers le bas par ces personnages qui ne savent pas ce qu'ils font là vraiment. Peut-être suis-je trop vieille pour ce type de lecture ou que l'ennui ne m'atteint plus ? Je n'y ai pas vu la poésie de ces moments de rencontre fugaces, ni l'humour annoncé comme tel...

Sinon, le titre me plait bien et j'avais plutôt envie de découvrir cet auteur que je ne connaissais que de nom.

Ce livre, je vais le faire passer à d'autres lecteurs...

On verra ce qu'ils en penseront...et peut-être me sentirais-je moins mal de l'avoir laissé tomber un soir de novembre.

La rue des étoiles
Bart Moeyaert
Le Rouergue
DoAdo

mercredi 13 novembre 2013

Herman et Rosie pour la vie

"Il était une fois dans une ville très animée, 
dans une rue très animée, 
deux très petits appartements : 
Dans l'un vivait Herman Shubert...
Dans l'autre, Rosie Bloom."

Cet album, c'est d'abord l'histoire de deux solitudes dans la grande ville de New-York. Le bruit, le mouvement, le tourbillon de la grande ville donnent l'illusion d'appartenir à un grand tout. Mais Herman et Rosie sont liés par l'amour de la musique, même s'ils ne le savent pas encore : lui est joueur de hautbois et elle chanteuse de jazz à temps perdu . Ils ne s'éclatent pas particulièrement dans leurs métiers respectifs : lui dans un bureau commercial et elle dans un restaurant chic. Et chacun va entendre un soir la musique de l'autre : lui sa mélodie sur le toit avec son hautbois et elle son chant merveilleux. Sans savoir qu'ils habitent tout près l'un de l'autre, ces deux-là se sont déjà rencontrés ...

"Pendant des jours et des jours, 
Ce fut comme si la musique les accompagnait. 
Herman ne cessait d'entendre cette merveilleuse voix 
Et Rosie ne cessait d'entendre le petit air qu'elle adorait."

Et puis, la vie les rattrape : ils perdent chacun leur travail, la tristesse et la déprime les envahit...jusqu'à ce que...
Vous devinez ?


Un album magnifique qui sublime la musique, qui s'accorde peu à peu au tempo de la vie, même la ville bat la mesure en rythme. Un album qui parle du hautbois (Je ne pouvais pas passer à côté ! En plus, il est très bien représenté). Une histoire qui met des étoiles plein les yeux et des mélodies plein les oreilles. La mise en page est superbe : mélange de photos, de collages, de dessins, le tout dans une cartographie de la ville très bien rendue. La couverture en forme de pochette vinyle donne le ton.

Une invitation au bonheur à travers la musique dans la solitude de la grande ville. Il y a toujours quelqu'un qui nous attend quelque part...il suffit d'écouter...

Herman et Rosie pour la vie
Gus Gordon
Gallimard jeunesse

lundi 11 novembre 2013

L'histoire d'Aman

Fuir l'Afghanistan devient la seule solution possible pour Aman et sa maman. Les Talibans et la terreur qu'ils font régner deviennent trop dangereuses pour eux. Il en va de leur vie. C'est alors le long chemin de l'exil qui s'ouvre et surtout le long périple jusque l'Angleterre pour rejoindre l'oncle Mir. Ombre, une chienne venue semble-t-il de nulle part, va les guider comme un fidèle compagnon. Refaire sa vie, apprendre la langue, s'intégrer. Un autre combat. Six ans de vie qui font un peu oublier les horreurs de la guerre. Seulement, au bout de toutes ces années où la vie a enfin repris son cours, les autorités anglaises veulent les renvoyer dans leur pays d'origine. Et c'est l'attente insupportable dans un centre de rétention. Mais c'est sans compter sur la solidarité de son ami de toujours et de son grand-père. Ce n'est pas seulement le football qui les lie ces deux-là, ils se sont trouvés...

Voici un roman qui nous parle de terribles faits dont on semble être témoin bien impuissant. Il y a une telle force d'évocation dans ce roman, à la limite de la fiction, qu'on se sent pousser des ailes. C'est une histoire tragique comme tant d'autres mais l'auteur a ce don si particulier de la rendre si proche du lecteur. Comme toujours, un animal fait le lien et apporte cette part d'humanité qui fait souvent défaut dans les situations critiques que rencontrent ses héros. Comme toujours, la construction et le style sont irréprochables. C'est un roman qui nous fait entrer de plain-pied dans une dure réalité, et toutes les images qu'on a tous pu voir dernièrement prennent alors une autre dimension à la lecture de ce récit qui s'approche tellement de la vérité crue...que ça fait froid dans le dos.

Une très belle leçon de courage, de tolérance, d'amitié et de solidarité. Une histoire qui pourrait être vraie...et qui fait réfléchir.

Un roman qui rappelle combien la guerre d'il y a presque cent ans et celles d'aujourd'hui charrissent toujours leur lot de misère humaine, de désolation, de destruction et que les enfants, malheureusement, en sont souvent les premières victimes.

Un roman très émouvant.
Qui nous dit que tout est toujours possible si on y croit...

L'histoire d'Aman
Michaël Morpurgo
Gallimard jeunesse
Folio junior

vendredi 8 novembre 2013

La double vie de Cassiel Roadnight

On rencontre Chap dans un foyer d'urgence pour jeunes paumés : on ne sait rien de ce qui l'a mené là, sauf que son chemin n'a pas été un long fleuve tranquille. Aussi quand les gens du centre lui ont montré une photo d'un ado disparu qui lui ressemble à s'y méprendre, il n'a pas réfléchi ou si peu. Il s'est laissé faire par ce que les autres attendaient de lui. Et tout s'enchaîne : en endossant cette identité, il s'est cru arrivé au pays du bonheur, celui qu'il espérait tant. Vivre dans une famille normale. La sœur de Cassiel vient le chercher pour l'emmener "à la maison" : il y aura la rencontre avec la mère et puis le grand frère. Sauf que Chap n'avait pas prévu que ce serait aussi difficile de vivre dans la peau d'un autre sous le regard des siens, et surtout d'une mère. Il a peur. Une angoisse grandissante. Faire semblant d'être un autre devient un fardeau. Jusqu'à ce qu'il rencontre Floyd. Ce personnage lunaire et mal-aimé va peu à peu lui faire prendre conscience d'un terrible secret dont Cassiel est au centre et tout va basculer...

Jenny Valentine ne fait pas encore une fois dans la demi-mesure : c'est un roman très psychologique qui pose la question de l'identité. D'une façon très abrupte. Ce n'est pas une histoire qu'elle nous livre, mais plusieurs, imbriquées les unes dans les autres, pourtant avec peu de personnages, dans un huis-clos éprouvant. On en apprend peu à peu davantage sur le parcours de Chap, sur ce qui l'a conduit à prendre cette décision. Et le lecteur assiste, impuissant, à sa descente aux enfers, à ce piège qui se referme sur lui, en pressentant que le dénouement va aller au-delà de ce qu'il a pu imaginer.

Pour ma part, j'ai trouvé ce roman un peu long à démarrer, même si je comprends le but de l'auteur d'installer son jeune héros dans une situation très périlleuse, pour mieux asseoir le dénouement  : j'étouffais comme Chap dans cette famille, je sentais l'étau se refermer, aucune échappatoire possible ? J'avais envie de lui crier de ne pas y aller...et j'ai failli laissé tomber cette lecture. Et puis arrive la rencontre avec Floyd : l'histoire prend un autre tournant, on affleure le secret de cette famille, sans le résoudre pour autant. Puis, enfin, une révélation de taille et là, tout s'enchaîne très vite : on ne peut plus lâcher ! Le roman prend des allures d'enquête policière et de revanche sur la vie, remarquablement bien menées et très prenantes.

Décidément, Jenny Valentine a ce don d'offrir des histoires glauques mais humaines. Elle se joue des contrastes avec maestria, comme dans ses autres romans, où elle aborde marginalité et solidarité. Elle touche aussi là à des sujets graves, qui pose de vraies questions. Sur la force du mensonge, de la faiblesse, de la culpabilité. Sur les liens du sang. Sur le pouvoir de la manipulation.

Un roman tendu à l'extrême, un roman à tiroirs "sur le fil du rasoir", comme le dit souvent Chap sur sa situation.

Sélectionné dans les Pépites 2013, catégorie roman ado européen du Salon du livre de jeunesse de Montreuil.

-Retrouvez l'avis de Céline

La double vie de Cassiel Roadnight
Jenny Valentine
Ecole des Loisirs

mercredi 6 novembre 2013

Deux qui s'aiment

"L'amour en poésie, mais pas seulement...".

Juste ces quelques mots en quatrième de couverture...De quoi aiguiser la curiosité !
C'est d'abord la couverture qui m'a fait immédiatement aimer ce petit livre, dans son écrin crème : "Deux qui s'aiment" avec ce baiser délicat d'un lièvre et de sa hase, un baiser sur la pointe des pattes, les moustaches frémissantes, les yeux fermés pour mieux savourer l'instant et l'élan qui dit tout. On la retrouve d'ailleurs à l'intérieur avec un très joli texte...

Ce livre, c'est ça : une paire d'animaux, parfois improbables, dans une très belle illustration page de droite, qui traduit dans un bel élan le sentiment amoureux dans ce qu'il a de fragile et de profond, et page de gauche, une poésie au titre évocateur et qui dit ce qui se joue dans l'illustration. Et le lecteur comprend : c'est juste suggéré, pas besoin de beaucoup de mots pour dire l'instant de la rencontre et ce qui s'est joué juste avant.
Il y a le bonheur de s'aimer, la difficulté aussi, la peur de perdre l'amour de l'autre, la fin du sentiment...
Mais un point commun : beaucoup de délicatesse, de tendresse dans cette vingtaine de poèmes, parfois troublants et des illustrations magnifiques sur lesquelles on ne cesse de s'arrêter le sourire aux lèvres. Tout simplement parce que c'est beau et que cela va droit au cœur.

Un petit livre mais grand comme l'amour, à offrir sans modération pour celle ou celui qu'on aime.
Coup de cœur !

Deux qui s'aiment
Jürg Schubiger
Wolf Erlbruch
La joie de lire

lundi 4 novembre 2013

Le coeur des louves

Je ne voulais pas lire ce roman à l'origine : peur de sa noirceur, peur de ce que j'allais y trouver comme écho personnel, et puis pas forcément envie de lire ce type d'histoires en ce moment. 
Des copinautes du blog collectif A l'Ombre du grand arbre, qui l'ont lu, m'ont convaincue. Et je ne regrette pas de leur faire confiance. J'ai gardé cette lecture pour mes congés et j'ai bien fait. C'est un roman dense dans lequel on plonge malgré soi pendant des heures et qui vous remue les tripes.

Ce qu'il aborde relève du plus profond et les mots paraissent bien dérisoires pour traduire toutes les émotions qui m'ont traversées à sa lecture.

C'est un roman envoûtant et magistral sur la dureté de la condition humaine. Mais terriblement juste.

Trois générations de femmes : Tina, la grand-mère, Catherine, la fille et Célia, la petite fille. Qui, malgré elles, vont porter sans le savoir l'histoire de la première dans leur corps et leur esprit. Célia et sa mère, écrivaine à succès, reviennent dans le village de la grand-mère Tina, au cœur des montagnes, dans une nature grandiose, sertie de légendes, où règnent les louves d'après les superstitions. Leur retour est mal vu : les vieilles histoires refont surface et Célia y perçoit des réponses à ses questions de toujours.

Ce roman nous dit que les secrets ont une force terrible, qu'ils finissent toujours par se frayer un chemin, comme le ruisseau qui dévale de la montagne, dans sa course folle. On a beau vouloir polir, atténuer, effacer les conséquences de ses actes, les choix de nos vies sont aussi soumis à ceux des autres, malgré nous. 

Ce roman nous dit aussi la lâcheté des hommes, leur conscience arrangée, le pouvoir de l'argent, et la force des légendes qui se construisent peu à peu, si bien qu'on ne peut plus au final démêler le vrai du faux.

Ce roman nous dit aussi le courage des femmes, réduite au désir des hommes mais qui au fond d'elles, puisqu'elles peuvent porter et donner la vie, sont capables de toutes les révoltes, de toutes les libertés, de toutes les solidarités, de tous les silences aussi, telles les louves de la montagne.

Ce roman nous dit les ravages des secrets et la difficile émergence de la parole, dans un combat inégal.

C'est un roman remarquablement bien construit, à l'écriture fine et précise, qui mêle grandeur de la nature et petitesse des hommes, qui ne valent souvent guère mieux que des bêtes. Jusqu'aux dernières lignes, les écheveaux de l'histoire sont démêlés, on y perçoit une infinie souffrance mais aussi comme un soulagement.

J'ai été plus d'une fois troublée par la force qui émane de ces pages, par ces destins entremêlés malgré eux, par la fatalité, par la gangue de la nature humaine. Où chacun croit agir pour son bien, pour lui-même, sans réfléchir aux conséquences de ses actes, pour les autres et plus largement, pour la communauté. L'amour, la haine, la rancœur, la violence, la bêtise, le racisme, l'absurdité de la guerre, le mensonge, la jalousie, et les non-dits qui en découlent, tout est déroulé, là. En cela, c'est un roman très contemporain. Rien ne change vraiment. L'histoire recommence toujours, celle avec le petit h et celle avec le grand.

En voici un extrait qui en dit long : "Elle (Célia) tente toujours de saisir la vérité de toutes ces vies mêlées. Il lui semble qu'il y a des motifs récurrents dans ces destinées. Comme si l'histoire se répétait indéfiniment, sous des formes différentes, mais le fond reste identique. Les lignes de fracture courent toujours à la surface des choses, et ni le temps ni les lieux ne semblent pouvoir stopper les lézardes." (pp. 494-495).

C'est un roman qui m'a rappellé une autre lecture pour adultes, d'il y a quelques années déjà, un roman de Philippe Claudel : Le rapport de Brodeck.

Un roman très impressionnant, sélectionné dans les Pépites 2013 du Salon de livre de jeunesse de Montreuil, catégorie Roman ado européen.

Un roman que je relierai très certainement, même s'il m'a confirmé ce que je pressentais déjà de la condition humaine, dans ce qu'elle a de pire. Mais nous faisons tous partie de ce tout-là...

Pour de très bons lecteurs adolescents et adultes.

Retrouvez les chroniques de :

Merci à vous deux :)

Le cœur des louves
Stéphane Servant
Le Rouergue
Collection DoAdo

samedi 2 novembre 2013

L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S Spivet

Ce film, sorti le 16 octobre en salle, est une adaptation de Jean-Pierre Jeunet du roman de Reif Larsen, du même nom.

T.S vit dans sa famille dans une ferme du Montana, dans des grands espaces à vous couper le souffle. Son père aurait voulu être un cow-boy, sa mère est entomologiste chevronnée. Rien ne semble les rapprocher. Et pourtant...Ils ont trois enfants : une grande fille adolescente qui ne rêve que de paillettes et de stars, au grand désespoir de sa mère, et des garçons jumeaux : notre petit héros et son frère Layton. Ils sont aussi différents que le sont leurs parents. Ils reproduisent en miniature leurs passions : Layton, petit cow-boy en herbe et T.S, scientifique dans l'âme. Mais un drame va ébranler la famille, dont T.S se sentira coupable. Il se sent incompris et mal-aimé au sein de sa propre famille. Aussi, quand le musée Smithsonian l'appelle pour lui annoncer qu'il a reçu le très prestigieux prix Baird pour son invention de la machine à mouvement perpétuel, le Graal de tout scientifique, il décide d'y aller lui-même : il traverse alors les Etats-Unis dans un train de marchandises pour aller à Washington DC recevoir son prix. Personne ne doute alors qu'il est un enfant de 10 ans. Il va être confronté à ses propres angoisses et au monde des adultes plus que déroutant...

C'est un film lent et beau : de magnifiques paysages, une traversée du pays grandiose mais qui prend une allure de chemin initiatique. C'est l'histoire avant tout d'un enfant très sensible, très intelligent mais dont il ne faut pas oublier qu'il reste un enfant, avec son imaginaire, avec son questionnement intime qui, s'il ne trouve pas de parole en face de lui, finit par apporter ses propres réponses, forcément tronquées, sur la réalité des choses. Et c'est source d'une grande souffrance.

Un film aussi qui caricature les médias et les institutions en général : la bêtise humaine dans toute sa splendeur dont se joue un enfant bien malgré lui.

Une bien belle histoire, aux allures de conte, qui nous dit que le plus important, c'est d'aimer et d'être aimé. Et surtout de se le dire souvent...



Merci à Carole pour cette découverte, elle comprendra pourquoi...

L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S Spivet
Jeunet Jean-Pierre

vendredi 1 novembre 2013

Sam & Pam

Sam est le chien des villes et Pam la grenouille des champs. Et il se sont rencontrés. Entre eux naît alors une amitié qui traverse les saisons, une complicité évidente dans leurs jeux, des retrouvailles chaque jour renouvelées dans la joie et la bonne humeur. Jusqu'à ce jour d'hiver où Sam ne retrouve plus Pam. Beaucoup de peine... Mais la vie reprend le dessus avec l'apparition d'un nouveau compagnon de jeu.

Il y a dans cet album, aux couleurs magnifiques, dans ces aquarelles chaudes et fondues, une telle beauté ! 

Mo Willems, dans un vocabulaire concis, va à l'essentiel.

On peut y voir l'allusion à la mort, à la disparition mais pas que : c'est aussi un hymne à la vie et à son cycle, aux belles rencontres, une injonction à vivre le moment présent et à ne garder que le meilleur.

En ce jour de 1er novembre, où beaucoup de familles pensent à leurs disparus, voici un album qui permet de montrer aux enfants, non pas la tristesse du cimetière et le fardeau des traditions, mais au contraire, le côté positif de la vie.

Ce chien et cette grenouille, avec leur joie de vivre communicative, en est un très bel exemple.  Beaucoup de tendresse, de retenue, de délicatesse et de respect.

J'ai toujours beaucoup d'émotions à le relire. Et les enfants ne s'y trompent pas : il y a dans ce livre un je ne sais quoi d'indéfinissable qui leur va droit au cœur.

Retrouvez aussi l'avis de Bouma

Sam & Pam
Mo Willems et Jon J Muth
Le Genevrier
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