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mardi 30 avril 2013

Boule à zéro : le gang des crocodiles

Revoici Zita, dite Boule à Zéro, dans ce deuxième tome (le premier chroniqué ) où il est question du gang des crocodiles. Dans un hôpital ? Dans un service pour enfants cancéreux ?
Tous les vendredi, la conteuse Mama Kigali transporte ces enfants atteints de lourdes pathologies au pays  des légendes africaines...Comme eux, le lecteur retient son souffle et se laisse emporter par la force de ce récit. Sauf que Zita a décidé de vivre la légende dans la réalité quand elle apprend qu'un reptilarium est en ville...Elle et ses camarades vont vivre une aventure qu'ils ne sont pas prêts d'oublier.... !

On lit cette bande dessinée le sourire aux lèvres et quelle excellente idée d'y voir intégré à part entière un conte africain ! Cela lui donne une dimension féérique supplémentaire et en tant que bibliothécaire, j'y ai été très sensible. C'est aussi une belle façon de rendre hommage à toutes ces personnes qui tentent d'embellir le quotidien des enfants malades. La guérison tient aussi à ces petits riens porteurs d'espoir et d'humanité. La fin de ce deuxième tome en est l'exemple.

Une bande dessinée pleine d'humour et de sensibilité. Des personnages très attachants.
Une série à suivre ! 

Le troisième tome est prévu pour janvier 2014 : "Docteur Zita". 
Tout un programme !

Boule à zéro
Tome 2 : Le gang des crocodiles
Ernst + Zidrou
Bamboo

lundi 29 avril 2013

Albums impertinents !

Deux coups de cœur aujourd'hui que je raconte en ce moment en accueils petite enfance et qui ont un terrible succès !

"Au secours voilà le loup !" de Cédric Ramadier et Vincent Bourgeau est un livre interactif sans boutons, sans glissement, sans enrichissements (vous voyez de quoi je parle ?..) : juste vous et le livre et on s'amuse bien ! 
Jugez plutôt : le loup approche...
De petit au loin, il devient de plus en plus grand et menaçant. Le lecteur est invité au fur et à mesure de l'histoire à tourner vite la page pour lui échapper, à pencher le livre pour le faire tomber dans le précipice, à lui mettre la tête à l'envers et à le secouer pour le faire tomber....mais non, ce loup-là est coriace ! Va-t-il nous attraper ? Non, ouf, le livre va nous sauver !


On recommence ? eh bien, oui, on recommence, les petits en redemandent ! Au bout de trois fois, je finis par le cacher derrière mon dos...
Au revoir, le loup !




Au secours, voilà le loup !
Ramadier et Bourgeau
Ecole des loisirs


"Pas sage ?" : dans cet album d'Alex Sanders, tout est dans le point d'interrogation : encore un loup bien coquin auquel s'adresse directement le narrateur. Que nous vaut donc ta venue Monsieur le loup ? Je viens croquer les enfants...pas sages : ceux qui font du bruit, ceux qui font trop de bêtises, ceux qui sont impolis, ceux qui ne veulent pas se laver, ceux qui ne veulent pas aller au dodo,...Vous voyez bien hein ? Mais...et des enfants sages (ouf !), tu en connais Monsieur le loup ? Je vous laisse découvrir la chute dont vous vous doutez bien qu'elle est irrésistible ! Même la quatrième de couverture participe de l'histoire.


Juste quelques photos pour vous mettre l'eau à la bouche !






Les petits adorent car ils sont alors mis en face de leurs propres travers avec humour, ce qui permet la distanciation nécessaire, et les adultes aussi car cela leur permet de faire passer quelques petits messages éducatifs à travers ce petit loup bien sûr de lui ! Mais surtout de passer un bon moment de lecture...
Ju-bi-la-toire !

Pas sage ?
Alex Sanders
Loulou & Cie


Ils comptent (25 et 26/30) pour le Challenge "Je lis aussi des albums 2013" chez Hérisson



samedi 27 avril 2013

Western girl

On ne présente plus Anne Percin. Sa trilogie "Comment (bien)...." avec Maxime Mainard l'a propulsée au rang des auteurs pour ados incontournable.

Dans son nouveau roman, à l'écriture un peu différente, elle nous emmène dans l'Ouest américain au pays des chevaux et des grands espaces. Son héroïne, Elise, 16 ans, est passionnée de chevaux et de country. Seulement, en Bretagne, au milieu des ses copains de lycée, qui eux n'écoutent que du rap ou du r'n'b, évidemment, elle dénote. D'autant plus qu'elle est rousse. Tout pour plaire.

Mais le licenciement de sa mère va pour elle être l'occasion de vivre son rêve américain : ses parents lui offrent trois semaines dans le Middle West dans un ranch avec chevaux de races et entrainement à la clé. Une douzaine de jeunes partagent l'aventure avec elle, des parisiens snobs pleins aux as, à des années lumière de sa vie à elle. Les trois semaines de rêve vont prendre des allures de cauchemars pour la jeune fille entre préjugés, traitrises, jalousie amoureuse et humiliations. C'est JDB, le Journal De Bord d'Elise que nous donne à lire l'auteur.

Voici pour le décor et le fonds de cette histoire qui ne m'a pas du tout, mais alors pas du tout emballée , n'en déplaise aux avis encenseurs de la blogosphère et autres.
Déjà, le monde des chevaux, je n'accroche guère mais mon manque d'enthousiasme ne vient pas que de ça : ce bouquin est bourré de clichés ! De plus, l'auteur n'a absolument pas réussi à m'emporter sur ce rêve américain et on voit tout de suite arriver la fin. En gros, cette lecture m'a profondément ennuyée et j'ai eu beaucoup de mal à aller au bout.


Du coup, comme je n'avais pas lu le dernier tome de la fameuse trilogie, je m'y suis mise pour ne pas en rester là et... même constat : il n' y a pas vraiment d'histoire, juste des vannes d'ados qui au bout d'un moment ont le don de vous agacer au plus haut point, ainsi que ces notes de bas de page au pseudo-style genre "t'as vu , je t'interpelle, lecteur !", qu'on ne finit par ne plus lire car cela n'apporte rien. Le premier tome m'avait plu, le deuxième a commencé à me décevoir et le troisième, je ne l'ai pas fini. Mon fils de 15 ans, qui les a tous lu, est plus raide que moi : c'est de la télé-réalité en roman m'a t-il dit.


Désolée, mais non, ça ne passe pas ! 


Western girl
Comment devenir une rock star (ou pas)
Le Rouergue
Collection Doado

vendredi 26 avril 2013

Nano

Nano est le fils de la concierge. Cet été, il ne part pas en vacances. Plus de papa, une maman qui doit travailler dur, tout l'immeuble qui se vide, même son meilleur copain l'abandonne pour trois semaines à Fréjus ! Plus de parties de foot en vue...mais des devoirs de maths à n'en plus finir, sa mère veille au grain !
Seulement, la vie dans l'immeuble va prendre des allures bizarres depuis l'arrivée d'un SDF nommé José et des allées et venues suspectes la nuit...
Nano décide alors de mener l'enquête et il n'a pas fini d'aller au bout de ses surprises ! 

Un roman très plaisant, très accessible et au suspens grandissant : le désœuvrement de Nano nourrit son imagination mais finalement, il ne s'est pas trompé, il se passe bien quelque chose de louche et il ne faut pas se fier aux apparences. De quoi pimenter cet été aux perspectives si ennuyeuses ! Et pas besoin de partir bien loin pour mettre du sel dans son existence ! Le héros de cette histoire, car c'en est un, sort grandi aux yeux des autres et il peut en ressentir une fierté toute légitime.

Un roman qui plaira à coup sûr aux lecteurs avides d'enquêtes.


Nano
Dominique Forma
Syros
Souris noire 

mercredi 24 avril 2013

Trois petits pois

Les jardins potagers vont commencer à revivre avec les beaux jours enfin arrivés...

Dans "Trois petits pois"...ce sont deux petits pois qui s'échappent d'une gousse et partent à l'aventure. Ils s'amusent comme des petits fous, bondissent par-ci, par-là, en haut en bas...jusqu'au moment où ils sont en danger. Vite, un trou bienvenu ! Ils finissent par germer et par devenir une magnifique plante, d'où s'échappe un troisième...Vous devinez quoi ?

Le travail de Marine Rivoal est superbe : si le vert des petits pois et du texte attirent d'abord l’œil, il y a plus à voir dans ce jardin tout de gris vêtu. Des objets du quotidien, une foule de plantes et d'animaux à nommer, des notions de formes, de chiffres, de contraires,...Et une jolie ritournelle et quelques pages sans texte très évocatrices.
De très belles trouvailles graphiques avec un travail de gravure exceptionnel , rare en littérature jeunesse.





Un très bel hommage à la nature et au cycle de la vie, utile à montrer aux petits citadins...
Il s'agit du premier album de cette illustratrice, à suivre de près !
Un régal de petits pois à raconter, aux petits et aux grands, et je ne m'en prive pas...

Trois petits pois
Marine Rivoal
Le Rouergue
Petit clin d’œil...
Les trois petits pois câlins
 de Toy story 3

Il compte (24/30) pour le Challenge "Je lis aussi des albums 2013" chez Hérisson


lundi 22 avril 2013

Freak City

Mika, 15 ans, vit une histoire d'amour parfaite avec Sandra. Jusqu'au jour où elle décide de faire une pause. Mika n'y comprend rien mais il doit bien faire avec ! Il le prend comme il peut et continue son petit train-train entre ses amis, sa sœur qu'il a bien du mal à supporter, ses parents et là, ce sont eux qui ont du mal à le supporter. En suivant un jour Léa dans la rue par jeu avec ses copains, il sent que cette fille-là a quelque chose. Il la revoie par hasard au Freak City, un bar branché où on fait l'expérience de consommer dans le noir. Pour Mika commence alors la découverte du monde des sourds, un monde inconnu pour lui, avec ses propres codes. Une histoire d'amour perdue d'avance ?

Voici un roman qui s'avale sans crier gare tant l'histoire et le ton sont proches de la vie réelle : le lecteur s'attache instantanément à ces personnages. On a l'impression de les connaitre. Des ados confrontés à la vie tout simplement. Mika est particulièrement touchant : balloté entre deux amours, on a pourtant le sentiment qu'il choisit l'une par défaut pour faire du mal à l'autre, car elle le met à l'épreuve. Peu à peu, ses sentiments s'affirment, ses désirs s'affinent et de perdu, il devient clairvoyant et prêt à accueillir l'instant présent.

Aucun misérabilisme, aucun cliché, c'était le risque quand on aborde ces thématiques. L'auteure a parfaitement réussi à éviter cet écueil. On apprend beaucoup de choses sur le monde des sourds-muets et on fait cette découverte avec Mika. Il apprend le langage des signes, à la grande surprise de son entourage,  découvre qu'être sourd au quotidien est source de beaucoup de souffrance. Léa le déconcerte mais il s'accroche et finalement, ils vont être capables de se découvrir dans une sensualité émouvante.

Un roman fort sensible, fort bien mené sur l'ambivalence du sentiment amoureux et son alchimie bien complexe, a fortiori quand on est un adolescent en pleine poussée d'hormones.
Un roman aussi sur le handicap, en ce qu'il révèle non pas ce qu'il y a de différent en chacun d'entre nous mais plutôt de commun. 

Seul bémol : la traduction de l'allemand est parfois déconcertante.

Mais une très belle lecture, qui m'a agréablement surprise...

Freak City
Kathrin Schrocke
La Joie de lire
Collection Encrage

vendredi 19 avril 2013

Vous aimez chanter ?

Les P'tits lascars fêtent leur 25 ans cette année ! Et pour l'occasion, quatre livres-disques viennent de sortir : Les canons et comptines des P'tits Lascars (3-7 ans), Les premières comptines des P'tits Lascars (0-3ans), Les jeux chantés des P'tits Lascars (0-3 ans) et Les plus belles comptines de notre enfance des P'tits Lascars (3-6ans). Il y en a pour tous les âges !

C'est ce dernier que je présente aujourd'hui : il s'agit d'une compilation des meilleurs morceaux avec les enregistrements d'origine, accompagnés à la flûte et à la guitare.
24 comptines qui font partie du patrimoine traditionnel avec toutes les gestuelles et leur origine. Le bonus : un cahier parents pour prolonger l'écoute et trouver des clés sur le rôle essentiel que jouent ces jeux chantés sur l'acquisition du langage et l'approche corporelle des tout-petits.

Des illustrateurs différents : Delphine Chedru, Denis Cauquetoux, Corinne Chalmeau, Stefany Devaux et Anne Isabelle Le Touzé. Et 30 mn d'écoute sur le CD.

Etant musicienne, j'apprécie d'y trouver les partitions pour chacune.

Un esprit vintage superbe et indémodable pour retrouver le goût de l'enfance et le transmettre aux générations d'aujourd'hui.

Idéal pour les jeunes parents et les professionnels de la petite enfance !

Pour en savoir plus et écouter des extraits, c'est

Les plus belles comptines de notre enfance des P'tits Lascars
Edition spéciale 25 ans
Didier jeunesse

mercredi 17 avril 2013

Brindille

«Elle s'appelait Pavlina. C'est un joli prénom, mais tout le monde l'appelait Brindille. Il faut dire qu'à la maison il n'y avait que des hommes; pas vraiment méchants, juste un peu lourdauds. [...] On pourrait croire que dans cette famille de garçons la jolie Brindille était chouchoutée, eh bien pas vraiment. Toutes les tâches ménagères étaient négociées à la dure. Presque toujours, Brindille perdait. [...] Un soir Sergueï retrouva sa fille cabossée d'un oeil au beurre noir. Malgré son insistance, Brindille n'avoua pas qui en était l'auteur. Elle déclara simplement qu'elle arrêtait le piano pour faire de la boxe...»




La frêle Brindille ne fait pas le poids face à trois grands frères bien costauds ! La fratrie n'est pas toujours un monde de bisounours. La rancœur, la jalousie, les alliances, les coups en douce, la mauvaise foi, tout est bon pour faire sa place !


Au-delà de l'histoire, ce que j'ai aimé dans cet album grand format, c'est la façon dont sont amenées les choses et la façon dont les illustrations et leur mise en page le souligne avec justesse. On en reste coi. Béat d'admiration. Du très beau travail. De la pure perfection.



Avec, malgré tout, sans trop en dévoiler, un joli message de solidarité pudique et d'accomplissement de soi. Et une fin toute en délicatesse.


Un album puissant qui plaira aux filles mais aussi à tous ces petits derniers qui se sentent souvent bafoués au sein de la cellule familiale.

Un coup de cœur !

Les avis du cabas de Za  et de A lire au pays des merveilles

Le blog de Rémi Courgeon


Il compte (23/30) pour le Challenge "Je lis aussi des albums 2013" chez Hérisson


Brindille
Rémi Courgeon
Milan

lundi 15 avril 2013

Plus tard je serai moi

Un titre prometteur, une sacrée belle formule, tout un programme !
C'est cela qui m'a tout d'abord attirée dans ce roman et puis son auteur. J'aime sa plume. 

Séléna, fille unique, collégienne brillante, parents de bonne situation. Sauf que ses parents sont pris tout d'un coup d'une lubie qui va bouleverser sa vie : ils ont décidé que leur fille serait artiste ! Pas médecin, ni avocat mais oui, artiste ! Tout ce que les parents craignent pour leur progéniture...Et ils sont prêts à tout pour ça : à lui rendre la vie impossible, lui offrir toute la panoplie du parfait artiste en devenir, à lui mentir, à TOUT ! Passée la surprise, Séléna poursuit le fil de sa vie avec sa meilleure amie Vérane (qui depuis l'âge de 6 ans veut devenir astrophysicienne). Elle snobe littéralement tous les cadeaux de ses parents (au grand dam de ma fille !), elle se dit que ça leur passera de vouloir reporter sur elle leurs propres frustrations. Elle tient bon, tel le roseau, elle ne plie pas. Sans rébellion. Elle a bien le temps de penser à cet avenir. "Plus tard, je serai moi".

Ce roman peut être déroutant dans sa caricature : des parents comme ça, ça n'existe pas ! Pas si sûr. Si l'absurde est sans doute poussé très loin par l'auteur, c'est justement pour montrer que l'avenir de nos enfants leur appartient d'abord à eux et que c'est difficile, pour des parents, de ne pas intervenir dans le choix de leurs enfants, même en s'en défendant...
Si j'ai beaucoup apprécié cette approche dans le roman, les personnages de Séléna et de Vérane, sa meilleure amie en fauteuil roulant, ont , de mon point de vue, une maturité de jeunes filles plus âgées que des collégiennes. Cet aspect-là du roman m'a un peu gênée. Parce que cela lui enlève de la crédibilité et c'est dommage.

Une belle écriture comme toujours, avec des formules à noter...comme cette fin de livre :
« Il faut être patient avec les parents. Ils ont peur de ne pas être parfaits. Il subissent une pression sociale très forte pour faire de leur enfant l’être le plus doué et le plus charmant qui soit. Ils tentent de ne pas commettre les erreurs de leurs propres parents, et pour cette raison, en font d’autres. Dans ces conditions, ils ne peuvent que mal se débrouiller».

Un roman qui fait réfléchir à l'identité de chacun, au respect de la personnalité de chacun et une invitation à cerner nos propres désirs, ce qui vaut à tout âge, sans céder à la pression sociale. Rester soi-même. Un plaidoyer essentiel. C'est aussi une réflexion sur la parentalité à laquelle nous invite l'auteur : quel rôle ont les parents ? Les enfants doivent-ils toujours obéir ? La déception est-elle nécessaire à l'éducation ? Un roman pour les enfants et les parents.

L'avis d'Alice-A lire au pays des merveilles

Interview sur France Inter de Martin Page à la 33ème minute :
"Mais pourquoi est-il si difficile de grandir sans décevoir ses parents ?

Plus tard je serai moi
Martin Page
Le Rouergue
Collection Doado

vendredi 12 avril 2013

Les lauréats du Prix Sorcières 2013

Et les lauréats 2013 sont !



Catégorie Albums Tout- petits : Deux yeux ? de Lucie Félix -Editions Grandes 
personnes


 

Catégorie Albums : La maison en petits cubes, Kenya Hirata et Kunio Kato - Nobi-Nobi



Catégorie Premières lectures : Emile est invisible de Vincent Cuvellier et Ronan Badel -Gallimard jeunesse Giboulées


Catégorie  Romans junior : Black-out, Brian Selznick - Bayard jeunesse


Catégorie Romans ados : Max, Sarah Cohen-Scali - Gallimard



Catégorie Documentaires : Cartes : voyage parmi mille curiosités et merveilles du Monde, Aleksandra Mizielinska et Daniel Mizielinski, - Rue du monde

Mon propre palmarès

jeudi 11 avril 2013

Norlande

Un roman noir tiré d'un fait sordide récent. Souvenez-vous...
La tragédie du 22 juillet 2011 sur l'île d'Utoya, en Norvège, où un fanatique d'Extrême droite a assassiné de sang-froid de jeunes adolescents, au nom d'une idéologie toujours vivace.

L'auteur, Jérôme Leroy, transpose ce fait dans un pays de Scandinavie imaginaire : Norlande. Il donne la parole à une jeune rescapée, Clara, qui a vécu l'horreur, s'en est sortie, a vu ses camarades mourir sous ses yeux, qui se sent terriblement coupable, et qui finalement, aurait préféré y rester. Mais non, elle découvre que ce sera le chemin de croix de sa vie, et que l'Autre, le tueur, l'a voulu ainsi. Au prix d'un cheminement très douloureux, elle va affronter ses démons et se relever grâce au salut que lui procure l'écriture. Sa mère, elle aussi blessée, car membre du Gouvernement, engagée politiquement, va lui donner des clés sur la voie de la "guérison". Clara va en sortir meurtrie mais grandie.

C'est un roman glaçant et magistral, à l'écriture et à la construction terriblement efficaces. Il nous pousse surtout à réfléchir sur ces mécanismes insidieux de la manipulation psychologique, ainsi qu'à une réflexion collective sur la citoyenneté, sur la démocratie et la liberté d'expression. Un pays qui se croyait hors d'atteinte est lui aussi gangréné par le pire de l'humain.  Le pouvoir occulte d'Internet, quand il tombe aux mains de fanatiques politiques, peut mener à une spirale infernale, contre laquelle tous les garde-fous semblent bien dérisoires. L'auteur livre aussi une réflexion sur la force de l'engagement et ses limites.

C'est une lecture qui ne laisse pas indemne. 
Un roman-réalité.
A faire lire d'urgence aux lycéens et en débattre avec eux.

Norlande
Jérôme Leroy
Syros 
Rat noir

mardi 9 avril 2013

Collection Cligne-Cligne

"Des merveilles de la littérature pour la jeunesse, méconnues du public francophone, chinées aux quatre coins du monde par Loïc Boyer et rééditées par Didier jeunesse. 
L'opportunité d'une renaissance pour des albums patinés par le temps et verts comme le printemps !".

Tel est l'esprit de cette collection riche de quatre titres pour l'instant.

Voici les deux derniers, qui sortent en librairie aujourd'hui :


 La chaise de Peter : Peter vient d'avoir une petite sœur et que c'est compliqué ! La vie n'est décidément plus comme avant ! Ne plus faire de bruit et surtout tout lui donner ! Son petit lit, sa chaise de bébé, tout repeint en rose ! Pour Peter, c'en est trop ! Il décide de s'installer dehors avec sa petite chaise bleue, rescapée, et quelques affaires auxquelles il tient. Oui, mais bon, il a bien grandi ! Sa petite chaise est bien trop petite pour lui...Finalement, être grand, c'est bien aussi...





Un album qui date de 1967 et qui n'a pas pris une ride. Des jeux sur les motifs (les papiers peints et les tissus) lui confèrent un charme particulier. Une approche de la jalousie étonnamment moderne aussi. La chaise de Peter est le troisième album de ce jeune héros après "Jour de neige" et "Un garçon sachant siffler".




 Une chanson pour l'oiseau aborde la thématique de la mort : des enfants ont trouvé un oiseau sur l'herbe. Est-il toujours vivant ? Non, son petit cœur ne bat plus. Il est mort. Les enfants décident de l'enterrer et de lui organiser de vraies funérailles comme le font les grandes personnes quand quelqu'un meurt. 



Un texte qui date de 1938 pour être illustré en 1958...Texte et illustrations à dominante verte, bleue et jaune, s'alternent pour donner juste ce qu'il faut de solennité à ce moment important pour les enfants.  Une belle façon d'aborder ce thème pas toujours facile. Et un album qui n'a pas pris une ride lui aussi.

La chaise de Peter
Ezra Jack Keats
Didier jeunesse
Cligne-Cligne

Une chanson pour l'oiseau
Margaret Wise Brown
Rémy Charlip
Didier jeunesse
Cligne-Cligne 

Les autres titres de cette collection : "Où est maman Ourse ? " d'Ann Jonas et "Un garçon sachant siffler" d'Ezra jack Keats.

  Ils comptent (21 et 22/30) pour le Challenge "Je lis aussi des albums 2013" chez Hérisson

 


lundi 8 avril 2013

Frangine

Plus qu'un roman sur l'homosexualité, c'est un roman sur l'homoparentalité.

Joachim et Pauline, frère et sœur, 17 et 15 ans, ont deux mamans : maman, de son prénom Julie, celle qui les a mis au monde, et Maline pour Maryline.

C'est Joachim qui raconte :"Il faut que je vous dise... J'aimerais annoncer que je suis le héros de cette histoire, mais ce serait faux. Je ne suis qu'un morceau du gâteau, même pas la cerise. Je suis un bout du tout, un quart de ma famille. Laquelle est mon nid, mon univers depuis l'enfance, et mes racines, même coupées. Tandis que ma frangine découvrait le monde le cruel le normal et la guerre, ma mère et ma mère, chacune pour soi mais ensemble, vivaient de leur côté des heures délicates. C'est à moi qu'il revient de conter nos quatre chemins. Comment comprendre, sinon ?". (Quatrième de couverture).

La rentrée en seconde de sa sœur ne se passe pas bien. Tout le monde le perçoit à des degrés divers. Mais l'intéressée veut régler "ça" toute seule. En effet, elle est victime de discrimination à cause de sa situation familiale peu ordinaire. Et les préjugés ont la vie dure, chez des jeunes qui souvent répètent ce que disent les adultes.
Si Joachim a pu aussi subir des railleries, ce n'est certainement sans commune mesure avec ce que vit Pauline. Il est intéressant de noter que dans le roman, le clivage fille/garçon est très présent...Joachim s'en est-il mieux sorti parce qu'il est un garçon ? Ou bien parce qu'il a souvent fait appel à ses parents ? Pauline, elle, ne veut pas mêler ses mamans à ça, qui ont déjà bien maille à partir avec la situation professionnelle bien difficile de Maline et le rejet de la mère de Julie à cause de son homosexualité. Elle va faire face, forcer l'admiration de tous, y compris de son frère. On sent chez elle déjà cette maturité qui dit : quand je serai adulte, mes parents ne seront pas toujours là pour moi.

Le ton du roman est très proche de la vie réelle. C'est même parfois assez cru et je suis assez effarée de la façon dont se parlent les jeunes d'aujourd'hui...

Avant tout, c'est un roman qui nous dit de ne pas juger et qu'il est tellement facile de stigmatiser la différence. Il nous rappelle que les choix de vie appartiennent à chacun. L'essentiel est d'être heureux ensemble. Les mentalités ont bien besoin d'évoluer, les lois ne font pas tout.

C'est aussi un joli et tendre regard sur une famille, comme toutes les familles, avec ses doutes, ses joies et ses peines. Ainsi que sur une belle relation frère et sœur pour le meilleur et pour le pire. Le tout servi dans une bonne dose d'amour.

Un roman qui porte le mot tolérance avec un grand T.
Frangine
Marion Brunet
Sarbacane
Collection Exprim'

dimanche 7 avril 2013

Faites une escale...

Du 5 au 7 avril 2013 : Onzième édition de ce rendez-vous bordelais devenu incontournable, qui se veut cette année «un salon du livre permettant aux éditeurs et aux libraires indépendants de toucher de nouveaux lecteurs et un festival littéraire ouvert sur le monde et la création contemporaine».

Toute la programmation sur le site.

samedi 6 avril 2013

L'imaginaire des enfants

On sait combien l'imagination chez l'enfant peut être débordante !
Deux albums, sortis récemment, lui rendent hommage :


Le voyage extraordinaire de Petit Pierre nous mène dans la ville qui, sous le regard de Pierre, prend un autre visage : "C'était l'hiver, et le petit Pierre tenait bien fort la main de sa grand-mère". Sur le chemin, tout se transforme, tout est prétexte au jeu : des crocodiles envahissent la rivière, des poissons multicolores virevoltent sur la chaussée, le métro devient une grande bouche, puis la forêt apparait et enfin les grilles de l'école sont envahies par les singes...
Un voyage foisonnant, des pages fourmillant de détails, une belle incursion dans l'imaginaire, dans une tonalité dominante de rose fluo.



En vous lavant les dents, vous êtes-vous déjà demandé ce qui pouvait bien se passer dans la tuyauterie ? Le petit garçon de Safari dans le lavabo, lui, ça l'intrigue !  Et il s'en passe des choses ! De drôles de bêtes surgissent, pas toujours ragoûtantes, un peu inquiétantes,  il ne manque pas d'imagination ce petit garçon : "J'entends parfois ricaner des serpents dans les tuyaux. À la salle de bains, surtout, quand je me lave les dents, et que l'eau mousseuse s'enfuit en tourbillonnant". Une façon d'inciter à se laver les dents ? ça doit dépendre des enfants...parce que brr ! pas très engageant les égouts...
Là aussi, un univers coloré et foisonnant de détails.


Deux albums qui valent le détour...

Le voyage extraordinaire de Petit Pierre
Jo Hoestlandt et Charles Dutertre
Nathan

Safari dans le lavabo
Guillaume Guéraud et Hélène Georges
Le Rouergue  


 Ces albums (19 et 20/30) comptent pour le Challenge "Je lis aussi des albums 2013" chez Hérisson

vendredi 5 avril 2013

La poupée d'Auguste

Auguste est un garçon. Mais il voudrait une poupée. Pour jouer. Dans son entourage, on ne voit pas cela d'un très bon œil. Ses copains. Et surtout son papa. Alors, Auguste fait bonne figure et joue donc à des jeux de garçons. Pourtant, elle lui plait cette poupée !




Seule sa grand-mère a compris et elle va lui offrir cette poupée tant convoitée, expliquer à ses parents qu'ainsi il apprend à devenir papa plus tard. Auguste est le petit garçon le plus heureux au monde ! Et ça se voit, non ?


Des préjugés en matière de jeux, il en existe encore...Il est heureux que dans cet album, ce soit la génération de la grand-mère qui ouvre les yeux à ces jeunes parents. 
Un album tout simple, aux illustrations rondes et colorées.

J'y ai pensé quand je suis allée raconter des histoires dans une crèche la semaine dernière : les petits, garçons et filles, étaient occupés, bien concentrés, à donner le bain à leur poupée. Et les petits garçons n'étaient pas en reste ! Je me suis dit : de futurs papas...

Du coup, cela m'a donné envie de parler de ce livre et voilà ! 

L'illustratrice est aussi l'auteure de La boîte de Zig et Zag que j'ai adoré...

La poupée d'Auguste
Charlotte Zolotow
Clothilde Delacroix 
Talents Hauts


Le petit plus : allez faire un tour sur le site : 8marstoutelannee.fr


 Cet album (18/30) compte pour le Challenge "Je lis aussi des albums 2013" chez Hérisson



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