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lundi 27 février 2017

Feu couleur#1

Un roman incandescent dont la fin m'a bouleversée dans sa montée en puissance comme un feu qui monte vers le ciel. Un début qui m'a fait penser intérieurement : "ah ! je reconnais bien là Jenny Valentine !" et puis une suite qui m'a un peu laissée sur ma faim mais j'ai bien fait d'aller au bout de cette fin comme un feu d'artifice qui m'a rendu les yeux un peu humides.

Comme toujours avec Jenny Valentine, on entre dans le quotidien d'une famille cabossée : Iris, une jeune fille comme on en rencontre peu, d'une maturité époustouflante, va rencontrer son père sur son lit de mort. Passionné de peinture, il aimerait lui léguer sa collection mais c'est sans compter sur la cupidité de sa mère, Hannah et de son homme-toutou Lowell, tous les deux personnages répugnants dans leur goût du clinquant et de l'avidité de l'argent à tout prix. 

Iris a un échappatoire peu commun quand elle se sent mal : elle allume des feux. Oui des feux. Oh ! elle fait attention. La plupart du temps. Il y a aussi dans ces pages sa rencontre avec Thurston, un garçon de son âge, aussi imprévisible qu'elle est rationnelle. Les contraires s'attirent.

Voilà le décor planté.

Mais il y a tellement plus dans ce roman malgré sa pesanteur du milieu où le lecteur attend quelque chose.

J'ai aimé cette relation courte entre un père et sa fille. Mais c'est plus que ça cette histoire : lisez ce roman d'une cohérence sublime. J'en ai encore des frissons. En plus, on en ressort moins bête sur le monde de l'art.

Feu couleur 1-Yves Klein, 1962
Feu couleur#1
Jenny Valentine
Ecole des loisirs
Médium

vendredi 24 février 2017

La piscine magique

Ça vous dit de plonger ? Mais pas dans n'importe quelle piscine ! Celle du roi de la jungle, le lion en personne.
Lassé des rumeurs sur l'existence fondée ou non de sa piscine, il décide un jour d'autoriser ses sujets d'y faire trempette. Mais pas n'importe qui ! Triés sur le volet, les chanceux n'en reviennent pas : cette piscine est vraiment magique puisqu'elle exerce réellement le vœu de celui qui s'y baigne. Et à chacun de se délecter d'une eau transformée en miel, fruits de la passion, eau de parfum, eau pure,....
Tout ce petit monde s'éclate bien jusqu'à l'arrivée de la reine lionne fort mal polie. Et là, une sacrée chute l'attend au sens propre comme au sens figuré.


Voici un album de Carl Norac qui ne va pas tarder à entrer dans la postérité enfantine : drôle, rythmé, avec les illustrations fort à propos de Clothilde Delacroix (oh ! la queue des animaux avec tout leur attirail !) , il aborde la joie de partager le bonheur instantané et de le recevoir de l'autre. La chute, jubilatoire, apporte une touche finale too much ! 

Un album qui sera plébiscité à coup sûr !

Les Editions Didier jeunesse organisent un jeu-concours autour de cet album : tout est si vous souhaitez participer (ouvert aux particuliers et aux scolaires). Une piscine de livres à gagner !

La piscine magique
Carl Norac et Clothilde delacroix
Didier jeunesse

mercredi 22 février 2017

Des poings dans le ventre-A la dure

Un point commun à mes yeux réunit ces deux romans : le manque.

Des poings dans le ventre/Benjamin Desmares.-Le Rouergue, Doado noir


  • Un roman coup de poing à l'image de Blaise qui pour s'exprimer cogne plutôt avec ses poings. Exclu du collège car il a encore frappé à l'aveugle, il traîne son mal-être. Si au début, le lecteur pense prendre un chemin, il n'en est rien. Peu à peu se dessine chez cet adolescent  à fleur de peau une béance : celle de l'absence du père. 
En moins de 80 pages, Benjamin Desmares signe là un roman d'une très grande force : écrit à la deuxième personne du singulier, ce "tu" rend encore plus prégnant cette distanciation de soi, le fait de ne plus vraiment s'appartenir quand la souffrance vous submerge. Un roman qui renverse le statut de victime là où on s'y attend le moins. On ne lâche plus ce tourment d'adolescent en mal d'amour et de reconnaissance.



A la dure/Rachel Corenblit.-Actes sud junior.-D'une seule voix

  • Arthur et Sophie, frère et sœur et pourtant si éloignés l'un de l'autre. Le premier sérieux au point de vouloir devenir médecin (et pour cause !), la seconde fantasque et droguée.Sophie décide de se désintoxiquer seule avec lui profitant de l'absence de quelques jours à la maison des parents. Et lui va la soutenir dans cette épreuve du mieux qu'il peut.Plus que du manque dans ses veines, on perçoit chez la sœur un besoin de se rapprocher enfin de sa famille après lui avoir causé bien du souci. 
Ces pages très fortes, même si elles ne disent pas tout, sont suffisamment lourdes de sens : bienveillance, entraide et haine s'y mêlent tour à tour. Une fin comme une lumière vers un avenir possible.
Une façon bien originale d'aborder les relations fraternelles : Rachel Corenblit maîtrise son sujet de bout en bout, comme toujours.


Existent aussi en version numérique

lundi 20 février 2017

Le chat le plus mignon du monde

En voilà une couverture vitaminée dans la grisaille de l'hiver !
Et franchement, il n'y a pas que l'extérieur qui donne la banane parce que l'histoire vaut aussi le détour. 
Un début d'histoire assez classique : jusqu'ici les parents de cette petite fille ont toujours refusé de céder : pas de chat à la maison ! Et puis évidemment un jour, c'est OUI ! 
Alors, ni une ni deux, en route pour l'animalerie pour choisir le chat le plus mignon du monde !
Sauf que très rapidement, on se rend compte qu'il est bizarre ce chat : il ne se montre jamais de face !

Une chute qu'on devine mais qu'on laisse arriver le sourire aux lèvres parce que voyez-vous la banalité de cette situation (dans laquelle nombre d'entre nous se reconnaisse aisément...non, non, pas de protestations !) est renversée par l'humour des situations, par les couleurs plus que toniques, par les attitudes assez naïves des personnages, par les double pages inventaire à la Prévert qu'on détaille du début à la fin, par l'écriture cursive qui lui donne un aspect enfantin bienvenu.

Une bien belle réussite que cet album de Vincent Pianina qui trouvera à coup sûr son public car il a tout pour plaire !
En tous cas, le livre le plus mignon du monde !

Le chat le plus mignon du monde
Vincent Pianina
Thierry Magnier

samedi 18 février 2017

Sous les étoiles

Les éditions Les grandes Personnes ont eu la très bonne idée de ré-éditer ce superbe album de Martine Perrin dans un format plus allongé en hauteur mais toujours en cartonné pour les petites mains. 
Paru en 2008 chez Milan et indisponible, l'esprit est resté le même. Quelques changements  dans les illustrations, le texte et donc le format.

Un album très poétique qui nous dit la vie en partant du plus grand-La terre- et ramener au plus petit- l’origine de la vie humaine dans la bulle du ventre maternel.

Un flap intermédiaire en demi-page avec un rond de couleur permet d’avancer dans cette histoire qui célèbre la vie sous toutes ses formes, avec des couleurs très gaies et fortes.

Un album très musical aussi qui nous dit la permanence de la vie qui bruisse partout et qui permet de se laisser emporter par son si beau message.


Un album qui met en valeur les émotions et les sentiments et qui laisse la porte ouverte à l’imagination de tout un chacun.

©Les Grandes Personnes
De plus, l'objet est très soigné, très solide : un très bel album d'une bien belle cohérence.

jeudi 16 février 2017

La plus grande peur de ma vie

Ils sont quatre. Quatre amis depuis de longue date. Ils partagent le même immeuble et le même collège. Pour s'occuper, ils décident d'aller au vieux manoir tout délabré. D'ailleurs, sa démolition a débuté. Et c'est là que l'un d'entre eux découvre une grenade de la deuxième guerre mondiale. Entre incrédulité, excitation de la découverte, et sens des réalités, tout se complique quand Norbert l'apporte au collège. Seuls Lalie, Jordan et David sont conscients du danger. Mais la situation dégénère vite quand du harcèlement envers Norbert resurgit.

"Personne ne s'imagine mourir d'un coup, forcément. Personne ne sait ce que contient le sac de Norbert. Sauf nous trois, Lalie, Jordan et moi, David. Et Norbert bien sûr puisqu'il a osé la prendre et l'emporter en classe avec lui, cachée dans son sac. Il est complètement malade. Il peut nous tuer d'une seconde à l'autre."

A partir d'une découverte incongrue, Eric Pessan a su dans ces pages dépasser ce simple fait : il nous montre que la guerre n'est pas un jeu, qu'elle peut tuer et détruire. Il a su également raccrocher ce message à un autre plus latent : celui du harcèlement scolaire. Lui aussi détruit et tue à petits feux. Les camarades de Norbert vont prendre conscience de sa souffrance et de leur lâcheté à son égard. C'est un roman sur la responsabilité de chacun face aux autres.

Une écriture toujours aussi sobre et efficace, renforcée ici par des recherches typographiques qui apportent indéniablement un plus aux propos. Quand on ne sait plus quoi décider, on est pris dans un tourbillon émotionnel qui nous fait tomber comme dans un labyrinthe. C'est ce que j'y ai vu dans ce procédé original.

Raconté à la première personne par David, qui se cherche une vocation d'écrivain (autobiographique ?), j'ai été heureuse de retrouver des personnages et des lieux d'autres romans du même auteur. Une bien belle cohérence !

La plus grande peur de ma vie
Eric Pessan
Ecole des loisirs
Médium

mardi 14 février 2017

Copains-câlins

Une journée non pas de la Saint-Valentin mais une journée du ❤câlin-doudou❤, ça vous dit ?

Hibou se délecte de l'odeur de son doudou : Mmm !
Et de fil en aiguille, tous les animaux vont chercher leur doudou et la page se remplit de Mmm Mmm Mmm...
Jusqu'au dernier protagoniste qui lui annonce que de doudou, il n'en a pas ....
La journée câlin-doudou va se transformer en copains-câlins.

Une approche toute douce pour un objet indispensable au quotidien du tout petit. L'originalité se situe dans la mise en perspective : le lieu (qu'on devine être une crèche ou halte-garderie) reste en arrière-plan sur fond blanc et les contours grisés des éléments qui meublent l'espace. Un procédé qui met très bien en valeur les personnages qui eux sont colorés.
Autre point de vue intéressant : l'absence d'adultes dans ce qui se joue dans ce besoin absolu de tendresse qu'offre le doudou et la symbolique qu'il représente. Ce procédé met le sujet au cœur de la page.
Ajoutons à cela les postures absolument irrésistibles des petits animaux qui face à la détresse et le sentiment d'exclusion d'un des leurs savent immédiatement trouver la parade. La voici :


©Frédéric Stehr


Copains-Câlins
Frédéric Stehr
Pastel

samedi 11 février 2017

Dans la petite maison verte

Voici un album que je ne me lasse pas de lire aux tout-petits tant il porte en lui tout ce que j'aime à leur transmettre : musicalité, jeu et tendresse !

Cet album est une invitation à découvrir des maisons gigognes page de droite avec cette comptine anglaise page de gauche :


"Dans la petite maison verte
Dans la petite maison verte 
Il y a
Une petite maison jaune..."

Puis une brune, puis une blanche, puis juste un petit cœur qui bat 
pour toi, pour moi...

Un album qui donne envie de se balancer pour se bercer et se lover dans sa tendresse infinie, avec ses illustrations éclatantes toutes en rondeurs et son format parfait pour laisser la place à tout cela de s'exprimer.

Les petits ne s'y trompent pas, tellement ce dire- là semble leur rappeler les origines de la vie et de leur naissance.

Sorti en 2010, il fait partie pour moi des incontournables en petite enfance tant il est parfait.

Retrouvez  les avis de :
-Littérature enfantine
-Un petit bout de bib

Dans la petite maison verte
Marie-France Painset
Marie Mahler
Didier jeunesse

jeudi 9 février 2017

Confessions d'un ami imaginaire : mémoires de Jacques Papier

Jacques Papier se pose bien des questions : pourquoi personne ne le remarque-t-il ? Il n'y a bien que Fleur, sa sœur, qui le comprend vraiment. Aussi quand il apprend qu'elle a un ami imaginaire, il se dit qu'il lui en faut un aussi, passé la déception qu'elle n'ait même pas pris la peine de partager ce secret avec lui. Mais dans cette découverte pleine d'aventures, il va en apprendre bien plus sur lui et sur les autres...

Foi de Pépita, en voilà une pépite !

Véritable ode à l'imagination chez l'enfant, à la croisée de la fable et du récit initiatique, le lecteur se laisse emporter par la poésie de cette histoire qui rappelle combien l'enfance est le seul pays où on devrait pouvoir rester le plus longtemps possible ou du moins ne pas l'oublier et le convoquer régulièrement.


Michelle Cuevas, dont c'est le premier roman jeunesse, ravit par la légèreté de son écriture, par la magie de ses trouvailles et par la profondeur de ce qui est dit au fond. 

Et ça, ça touche en plein cœur !

J'ai lu ce roman il y a quelques semaines déjà et j'en garde une lumière encore toute émerveillée.

Confessions d'un ami imaginaire : mémoires de Jacques Papier
Michelle Cuevas
Nathan

mardi 7 février 2017

La leçon

Pour une leçon, c'est une leçon, pas seulement individuel mais universel.

Une nouvelle collection chez Frimousse "La question (l'album philo) : au fil des mots, la question apparaît, la discussion peut commencer !".

Et c'est exactement ce qui se produit dans ce premier album philo : l'homme est en colère, il en assez que la bête vienne s'en prendre la nuit à ses poules. Il pense lui donner une bonne leçon en mettant des pièges tout autour de sa maison, non sans se munir de son meilleur allié : son fusil.

Affamée, la bête rôde. L'homme l'entend, l'homme l'attend. Sauf que de leçon, c'est lui qui va en recevoir une.


Voici un album qui pose la question de la place de chacun dans l'univers et qui nous interpelle sur la coexistence des espèces. La loi de la nature est la plus forte et elle invite à la tolérance.

Les illustrations de Kris Di Giacomo, dans ces couleurs sombres, ces traits brossés, ces silhouettes suggérées, donnent à la réflexion une profondeur supplémentaire.

La violence est latente dans les mots de Michaël Escoffier mais en même temps on ressent une sorte d'apaisement qui va arriver. Les mots choisis relèvent de l'universel et non du particulier, ce qui place d'emblée du côté de la philosophie.
La fin, très suggestive, laisse finalement la porte ouverte au verre à moitié plein ou à moitié vide. Pas de fin imposée donc mais une ouverture vers la discussion.

Un album d'une très grande force et j'attends la suite de cette nouvelle collection avec curiosité !

La leçon
Michaël Escofier et Kris Di Giacomo
Frimousse
La qusetion

dimanche 5 février 2017

Coup de coeur numérique #27 : Give me five

A l'heure où on s'interroge sur l'accès à l'information et l'éducation à l'image des jeunes, le magazine Phosphore a lancé en novembre dernier une application entièrement dédiée à l'information pour les 15-20 ans.

Entièrement gratuite, elle est basée sur le chriffre 5 :
5 jours par semaine, 5 actus à lire en 5 minutes à 17h05.
L'information essentielle est traitée sous forme d'encarts avec des images animées  ou des vidéos, qu'on peut aussi partager.

L'onglet Toute la semaine, comme son nom l'indique, reprend les actus de la semaine si on n'a pas eu le temps d'y aller chaque jour.


Efficace et pratique, c'est déjà devenu un réflexe pour les ados chez nous d'y aller quotidiennement.


Et je connais une prof de français (et aussi blogueuse) qui a su l'intégrer intelligemment dans ses cours.
Voici comment elle procède :

"Comment amener mes adolescents préférés à ouvrir leur regard sur le monde qui les entoure ? Comment les initier à aiguiser leur esprit critique sans pour autant adopter un ton trop moralisateur ? Et bien en leur livrant chaque jour une actualité qu’ils sont tout à fait capables de comprendre. Grâce à l’application Give me 5 by Phosphore, chacune des 4 heures de cours de Français commence par la lecture d’une des 5 actualités proposées par l’application. Je leur lis l’information que j’ai choisie au préalable la veille, ils m’interrogent si certains mots ou certaines notions leur sont inconnus, ils donnent leur avis s’ils en ont besoin et pour « faire d’une pierre deux coups », je leur dicte une phrase tirée de l’article qui nous permet de réviser les règles essentielles de l’orthographe. Un élève volontaire s’installe à l’ordinateur branché au vidéoprojecteur, il tape la dictée dans un traitement de texte (dont le correcteur orthographique a été désactivé au préalable) et les autres élèves notent la dictée dans leur classeur. On projette ensuite la dictée de l’élève assis à l’ordinateur et nous corrigeons tous ensemble son texte, en rappelant à l’oral pour chaque erreur la règle d’orthographe qui nous a permis de la corriger.

Ce petit rituel orthographique a fait des émules car, depuis peu, certains d’entre eux ont téléchargé cette application gratuite et proposent une actualité de leur choix pour la « minute orthographique » du jour !"

Du numérique intelligent qui met en lien avec la presse et qui a su s'adapter au mode de fonctionnement des adolescents et jeunes adultes.

Give me five
Par le magazine Phosphore
Gratuit sur Appstore et Googleplay

vendredi 3 février 2017

Et si nous allions au théâtre avec Catherine Verlaguet ?

J'ai lu dernièrement trois pièces de théâtre jeunesse de Catherine Verlaguet.

©Méli-Mélo de livres
Destinées à des âges différents, du plus petit au plus grand et franchement, je me suis surprise à m'amuser de sa façon d'amener les choses, de jouer avec les mots et les situations.


  • Dans L'œuf et la poule, trois personnages : le père, la mère et l'enfant. Le petit Antonin va avoir un petit frère, et tout le dialogue tient sur la façon dont ses parents s'empêtrent ( surtout le père) pour lui expliquer comment on fait les bébés, comment ils naissent, comment lui-même plus tard pourra aussi devenir papa et qu'il a tout dans son corps pour pouvoir le devenir. Je n'ai jamais rien lu d'aussi frais sur cette question et franchement, c'est un livre que je vais conseiller à tour de bras tellement c'est bien vu, drôle, vif, piquant. 



  • Dans Les vilains petits  ( allusion directe au conte d'Andersen), ce sont les amitiés enfantines et leur cruauté qui sont abordées avec une réelle justesse. Quand un nouveau dans la classe vient bouleverser l'équilibre de trois enfants ( deux garçons et une fille) , on assiste à ce qui se noue, se défait, s'organise dans le groupe avec l'exclusion, la manipulation, la souffrance, le jugement de valeur, la soumission en filigrane. Là encore, c'est extrêmement bien vu, plus caustique aussi. 




  • La dernière pièce Check point Swan (dans Si j'étais grand 4) s'adresse à des adolescents : des ados désœuvrés, en mal d'endroit pour se réunir et où surtout s'occuper, jettent des cailloux sur les cygnes du lac. Les points de vue différent sur cet acte. J'ai trouvé là aussi une maturité dans les dialogues assez exemplaire mais avec en plus la respiration nécessaire au lecteur pour comprendre ce qui se joue entre les personnages au fur et à mesure de leur évolution. Une dimension politique et métaphorique certaine dans ce texte "dérangeant".

J'ai particulièrement aimé me plonger dans ces pièces, avec en plus à la fin quelques mots de l'auteure pour apporter un éclairage sur sa démarche pour chacune d'entre elles. On assiste alors à l'idée de départ et comment elle a pu prendre de la consistance au fur et à mesure de l'écriture, des contours des personnages aussi. Cela rend ce genre plus proche du lecteur car le théâtre, c'est d'abord la vie. Et ces trois pièces en sont un formidable exemple. 

J'ai eu la chance de pouvoir rencontrer Catherine Verlaguet dans le cadre de mon travail de bib récemment lors d'une résidence et d'un projet théâtre et petite enfance et c'était vraiment chouette!

Actes sud Théâtre.- Coll. Heyoka jeunesse
Editions Théâtrales
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