Meurtris

Deux enfants en fuite.
Jonathan, le grand frère et Julie, la petite sœur.
Un père parti refaire sa vie et qui les a lâchement abandonnés.
Une mère devenue alcoolique.
Une grand-mère qui vient de décéder et avec sa disparition s'envole leur dernier havre de paix.
Un fait divers comme il en existe malheureusement tant ?

Ce récit se fait à la première personne.
C'est Jonathan qui raconte.
Un garçon auquel on s'attache instantanément.
On a l'impression qu'il est même devant soi.
Qu'il s'adresse directement au lecteur. 
Comme si nous étions seuls. 
Face à face.

C'est un récit en deux parties.
Dans un premier temps, la fuite des deux enfants et le pourquoi de leur fuite.
Puis la deuxième partie fait découvrir au lecteur une autre version.

Notamment l'origine de la déshérence de cette famille. Ou plutôt la prise de conscience de Jonathan de quand tout cela a pu commencer. Cette violence. Cette descente aux enfers. Et c'est terriblement bouleversant.

Jonathan est profondément attaché à sa petite sœur. Il a remplacé sa mère. Mais il est incapable de lui en vouloir complètement. Elle est sa mère. Son sens de la répartie le sauve en quelque sorte de ce qu'il vit. 

Ce récit est un cri d'amour d'un frère à sa sœur, sur la nécessité de maintenir les liens familiaux, sur l'absurdité de l'aide sociale à l'enfance, sur la parole d'un adolescent contre un système plus fort que lui. C'est un récit qui nous dit aussi de se garder de juger les autres et de décider à leur place de leurs propres besoins affectifs.

J'ai admiré la détermination, le courage, le sens de l'humour, la logique implacable de ce garçon qui aime plus que tout et qui se révèle bien plus responsable que les adultes et les renvoie à leurs propres contradictions.

Mais je tiens à rassurer : tout n'est pas noir dans cette lecture, la fin laisse penser à un avenir plus stable pour eux deux et on espère leurs retrouvailles définitives pour finir de grandir ensemble.
Et je tiens à saluer la construction choisie par l'auteure qui donne à ce récit une profondeur qui dépasse le simple fait divers. Elle respecte infiniment les émotions de ses jeunes personnages, dont les dialogues sont un concentré d'humanité. La rupture qu'apporte d'emblée la deuxième partie a boosté mon intérêt de lectrice.

Une lecture marquante pour moi, qui a un je ne sais quoi qui vous tient en haleine et qui se démarque des romans déjà existants sur ce type de sujet.

Une lecture que je partage pour la première fois avec Noukette du blog La bibliothèque de Noukette LA.

Meurtris
Siobhàn Parkinson
Ecole des loisirs

Commentaires

  1. Je suis ravie d'avoir partagé cette lecture "choc" avec toi ! Des personnages qui me hanteront longtemps c'est sûr...!

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  2. Trop déprimant pour moi. Je suis tentée par plus de légèreté en ce moment.

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