Blood family

Ce roman rappelle ce fait divers récent qui nous a tous choqué : ce petit garçon de 8 ans séquestré par son père dans un appartement sordide...

Edward a vécu 7 ans dans un appartement avec sa mère sous l'emprise de son père, un homme violent et alcoolique.

C'est grâce à une voisine que l'alerte est donnée : la police et les services sociaux vont les prendre en charge et découvrir l'horreur de ce qu'ils ont vécu.

Le père sera arrêté, la mère, détruite, physiquement et psychologiquement, sera hospitalisée et recluse dans une maison de convalescents.

Edward, lui, sera confié à une famille d'accueil puis adopté. Il va tenter de se reconstruire mais jusqu'à quel point ?

C'est un roman très dense et lourd que livre là à nouveau Anne Fine. En faisant témoigner tour à tour les protagonistes de cette histoire, qu'elle fait parler à la première personne, elle fait entrer de plain-pied le lecteur dans une réflexion presque chirurgicale-et même photographique, à l'image de la couverture- sur les mécanismes de la maltraitance et de la résilience : les liens du sang prévalent-ils lorsque l'affectif est rompu ? Comment un enfant peut-il se construire et avoir des repères dans ce cas-là ? L'amour du prochain suffit-il alors à lui donner une vie normale ?

Car c'est bien de la normalité familiale qu'aborde ce roman. Anne Fine excelle à dresser les ressorts psychologiques qui mène Edward à la déchéance la plus complète à l'adolescence. Toutes les meilleures intentions du monde ne peuvent pas toujours fermer les béances d'un traumatisme. La volonté ne suffit pas. Le passé finit par le rattraper et l'engloutir. Jusqu'à sa survie finale. Est-il pour autant tiré d'affaire ? Tout le long du roman, cette bombe à retardement est sous-jacente. Sournoise, tapie là où on ne l'attend plus, elle surgit pour dévaster Edward et son entourage, qui fait tout pour qu'elle n'explose pas mais qui en a la crainte. 

Un roman qui fait réfléchir à l'amour filial et parental, et qui éclaire d'une certaine façon le roman que j'ai chroniqué en début de semaine La révolte d'Eva.

Personnellement, je l'ai lu par petites tranches tant les confidences des gens qui l'habitent vous semblent si proches de la nature humaine.

Une lecture très psychologique et très dure.

Blood Family
Anne Fine
Ecole des loisirs
Médium

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