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vendredi 31 octobre 2014

Les Vitalabri

Traditionnellement, ce jour du 31 octobre est consacré aux peurs des fantômes, ogres, sorcières, vampires et autres êtres malfaisants....Non, je ne vais pas faire un billet Halloween aujourd'hui...:)

Mais plutôt aborder une autre peur, celle de l'autre, celle de celui ou celle qu'on ne connait pas et à qui on prête toutes sortes de préjugés, par peur justement.

Les Vitalabri, entre album et roman graphique, met en scène une famille du même nom et qui se cherche indéfiniment un pays, car rejetée de partout ! 

"Connaissez-vous les Vitalabri ? Non non, ne cherchez pas sur une carte ou sur une mappemonde, il n'y a pas de pays Vitalabri. Les Vitalabri sont chez eux partout et nulle part, surtout nulle part. Pourquoi surtout nulle part ? Parce que ceux qui sont nés quelque part, et qui ne sont chez eux que là où ils sont nés et nulle par ailleurs, n'aiment pas les Vitalabri, même ceux qui sont nés près de chez eux. Pourquoi ? certains disent-surtout ceux qui ont le nez rond-qu'ils n'aiment pas les Vitalabri parce que ceux-ci ont le nez pointu, et ceux qui ont le nez pointu, eux, n'aiment pas les Vitalabri parce qu'ils trouvent leur nez trop rond...Enfin, en général, on n'aime pas trop les Vitalabri, vous l'auriez compris. Bon, passons." (p.9).

Bizarre, non ? Y a comme un air de déjà vu et de complètement contemporain là-dedans...
Une fable caustique et décapante, bourrée d'humour, sur le racisme ordinaire, celui qu'on voit sans jamais vraiment le dénoncer par peur de l'autre parce qu'il n'est pas comme nous.

Les illustrations de Ronan Badel sont tout juste parfaites pour mettre de la distance avec ce texte à porter à haute voix : Jean-Claude Grumberg, scénariste de théâtre et de cinéma,  explique la genèse de cette histoire, née de moments de complicité entre sa fille et lui, le dimanche matin sous la couette...
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Un texte à aborder avec les enfants dès 7 ans et je suis sûre qu'ils auraient bien des choses à nous dire...

Les Vitalabri
Jean-Claude Grumberg
Ronan Badel
Actes sud Junior





mercredi 29 octobre 2014

La valise

Ça débute par une colère...Une grande colère d'un petit bout qui n'en peut plus. Alors, il part mais pas sans rien. Il prend sa valise et commence à la remplir du contenu de son armoire, de la cuisine et du frigo, de la salle de bains...Et puis, aussi ses parents et toute la maison, tant qu'à faire, et tant qu'à être en colère, autant se rassurer !

De bons albums sur la colère pour les tout-petits, il n'y en a pas tant que ça et celui-ci, je le trouve vraiment chouette. 
Il décrit très bien l'impulsivité de la colère où on fait les choses sans réfléchir, puis en les faisant, on s'apaise peu à peu, et on finit par s'apercevoir que finalement, ce n'est pas si grave tout ça. Cette valise si remplie, qu'on ne peut plus la porter, symbolise à elle seule nos encombrements qu'on se crée tout seul. Et peut-on seulement enfermer une colère ?

Le graphisme de cet album est très moderne : un très fort contraste entre la valise noire, mystérieuse et un peu inquiétante, et qui avale tous ces objets et ces personnes, avec les couleurs vives de la vie , symbolisée par ce qui fait le quotidien du tout-petit et qui le rassure. Des découpes dans le papier des pages,  comme autant de trous béants entre le vide et le plein,  qui passent d'une page à l'autre. Remplir, vider, manipuler, autant d'actions essentielles au tout-petit.

Un album qui me plait pour son approche très novatrice du sujet.

La valise
Frédérique Bertrand
Le Rouergue

                 Il compte (60/60) pour le challenge "Je lis aussi des albums" chez Hérisson


Challenge rempli...mais je continue...


lundi 27 octobre 2014

Le garçon au chien parlant/La fille qui parle à la mer

Vraiment, cette collection Boomerang vaut qu'on s'y attarde.

Dans ce titre, n'allez pas croire qu'on oppose une fille à un garçon ou le contraire.


C'est d'une belle rencontre qu'il s'agit malgré ce qu'il y a de pesant en arrière-plan. De mon point de vue, c'est là toute la réussite de ce texte : se focaliser sur cette belle rencontre entre une petite fille et un jeune garçon.

Oyana n'a jamais vu la mer. Elle lui parle, apprend à nager seule et s'y sent chez elle. Comme avec les chevaux. Oyana s'apprête à partir sur un bateau avec des immigrants. La traversée sera rude. Mais la mer est son alliée. Elle le sait. Elle sera la seule survivante. 

C'est ce jeune garçon qui la trouve avec son chien sur la plage. Ils vont la ramener chez eux. S'apprivoiser au fil des jours. Regarder vers l'avant et pas le passé. Oyana le sait, le sent. Ça vaut mieux comme ça. 

C'est une histoire pleine de tact que nous livre là Claudine Galéa. Sur fond de drame de société, elle ne garde que la beauté et la pureté des rencontres d'enfants.

J'apprécie beaucoup cette auteure, notamment pour ses pièces de théâtre pour la jeunesse, et en particulier pour cet album, qui est une pure merveille, et l'un des tout premiers billets de ce blog. Il en existe aussi une pièce de théâtre magnifique : "Après grand, c'est comment ? " publiée par Espaces 34 en mars 2013 et que je vous recommande vivement.

Un texte lumineux et sensible, empreint de grande liberté et de respect.

Ce titre est le dernier lu dans le cadre du Prix Tam-Tam j'aime lire 2015.

dimanche 26 octobre 2014

Les voyages du goût

Le mois d'octobre met à l'honneur, depuis quelques années, la semaine du goût.

Ce magnifique documentaire présente l'histoire des fruits et des épices venus d'ailleurs et quel voyage !

11 fruits et épices, de différents continents, dont on nous conte l'histoire de 1492 à 1870 : le poivre, le piment, l'ananas, le cacao, la vanille, la pomme de terre, la muscade, le café, l'arbre à pain, le thé et la banane. Ils sont aujourd'hui pour la plupart courants sur nos tables, dans nos verres et nos assiettes mais connaissons-nous vraiment leurs origines ?

Des aventures humaines aussi en filigrane qui ont réunies explorateurs, botanistes, marins, marchands, qui ont risqué leurs vies pour ces découvertes gustatives.

Pour chaque fruit ou épice, son histoire donc mais aussi la planche botanique, avec des anecdotes. A la fin, des endroits à visiter pour élargir ses connaissances dans le domaine et expérimenter le goût, un glossaire sur le vocabulaire du goût très instructif car on s'aperçoit qu'on confond souvent le mot et la sensation gustative qui s'y rattache.

Je regrette juste l'absence de quelques recettes...pour parfaire le tout.

Un magnifique voyage à la découverte du goût mais aussi un voyage de tolérance puisque c'est aller aussi à la rencontre de l'autre à travers ces aliments.

Gourmand, esthétique et instructif que ce documentaire !

Les voyages du goût
Dimitri Delmas et Guillaume Reynard
Actes sud junior

samedi 25 octobre 2014

Les sandales de Rama

Upendra vit à Katmandou au Népal. Il rêve de devenir guide de haute montagne comme son père. Pour l'instant, il vend des barbes à papa avec son ami Ajun au temple. Au détour du marché, il rencontre furtivement Satiya, ancienne Kumari, ces déesses vivantes de leur naissance à leur puberté. Apprenant son mariage forcé, il se met en tête de la sortir de là sans se douter que sa vie en sera totalement bouleversée.

Voici un roman assez exotique de Tristan Koegel dont j'avais beaucoup apprécié le précédant roman.

Cette fois, on change d'univers. Les paysages sont très bien décrits, les personnages attachants mais arriver à la page 100 sur 214 pages sans que l'intrigue soit réellement commencée, et bien ,j'ai arrêté ma lecture. Trop de lenteur, trop de longueurs avant que la véritable aventure ne débute. Pourtant, c'est très, très bien écrit et agréable à lire de ce point de vue-là. Peut-être me suis-je arrêtée trop tôt mais je n'ai pas envie de poursuivre cette histoire qui manque de ressort. Dommage sans doute...

Mais que mon avis ne vous dissuade pas de vous y plonger...Au contraire...La rencontre réussie d'un livre et de son lecteur relève tellement d'une alchimie mystérieuse.

Les sandales de Rama
Tristan Koëgel
Illustration de couverture de Rémi Courgeon
Didier jeunesse

jeudi 23 octobre 2014

L'été où papa est devenu gay

Arvid, douze ans, passe les vacances avec son père dans un camping pourvu, s'il-vous-plait, des toilettes les plus IN du monde. Récemment divorcé, son père a du mal à retrouver des repères. Juste à côté vivent Roger et sa fille Indiane, du même âge que l'ado.
Les deux pères vont lier connaissance. Les deux jeunes aussi. Finalement, ces vacances pourraient être pas si mal que ça...Sauf que Roger est homosexuel et Arvid ne voit pas d'un très bon œil ce qui semblerait naître entre les deux hommes. En plus, Indiane ne le lâche pas d'une basket et se déclare amoureuse de lui. Et quand son copain Frank les rejoint, rien ne va plus. Sa mère semble en plus s'éclater avec un autre homme. Alors, Arvid pète un câble. Son journal, qui n'est autre que le livre d'or des fameuses toilettes qu'on vient admirer de tout le pays, va se faire le confident de ses doutes, de ses préjugés, de ses interrogations sur la sexualité et les transformations du corps à la puberté. Une métamorphose difficile pour lui. 

Voilà un roman bourré d'humour et qui pose la question de la tolérance : tant que ça se passe chez les autres, on ne se sent pas concerné mais quand on est soi-même confronté à la différence, c'est une autre histoire. Jusqu'ici, Arvid n'avait rien contre l'homosexualité mais difficile pour lui de soupçonner son père d'avoir ce type de penchant. Son père est-il seulement gai de boire trop de vin, gai parce que ces vacances lui font du bien et finalement le divorce aussi, ou est-il vraiment gay ? Et comment en être sûr ? Est-ce qu'il l'est devenu là en un été ou l'était-il avant ? On joue certes sur les mots mais c'est un roman intelligent qui a le mérite de poser la question telle qu'elle est.

Un roman très agréable à lire, drôle et profond, qui aborde le sujet sous le biais du droit au bonheur et à l'épanouissement de chacun.

Retrouvez les avis de mes copinautes, tout aussi enthousiastes !

L'été où papa est devenu gay
Endre Lund Eriksen
Traduit par Aude Pasquier
Editions Thierry Magnier

mardi 21 octobre 2014

Histoire imaginaire sans queue ni tête

Voici un album beau et surprenant. Et franchement, il fallait y penser !

Imaginez que nous, humains, soyons dotés d'une queue comme celle des animaux ? Et de défiler un monde complètement imaginaire et loufoque où nous sommes tous propriétaires d'une queue aux formes variés, souvent en rapport avec notre activité. Et elles s'avèrent très, très utiles au quotidien : exprimer ses émotions, flirter, faire de l'exercice, ...Et de se demander comment diable on pourrait bien faire sans...
Le plus difficile quand même étant d'apprendre à ne pas se marcher sur la queue !

De très belles trouvailles pour mettre toutes ces queues en scène, un humour décapant aussi...

Une vision originale et insolite ! On ne boude pas son plaisir pour découvrir les situations queuesques les plus cocasses et improbables qui soient. Une très belle mise en page, un très beau papier qui lui donne aussi un charme désuet certain.

Et on se dit que si cet album n'existait pas, il nous manquerait !
De quoi nous faire tourner la ...queue !


Cet album a été primé comme le meilleur premier album de l'année 2014 par la Foire internationale de Bologne.

Coup de cœur !

Histoire imaginaire sans queue ni tête
Yulia Horst et Daria Rychkova
Actes sud junior

                  Il compte (59/60) pour le challenge "Je lis aussi des albums" chez Hérisson


dimanche 19 octobre 2014

Une bible

Elle sort le 22 octobre prochain.

Je l'attends avec impatience.
Son approche, telle qu'elle est présentée, me séduit, m'intrigue, m'interpelle, trouve une résonance en moi. Et je trouve formidable que la littérature de jeunesse se donne cette liberté-là.

La bible est en effet un texte fondateur de notre culture, qu'on soit croyant ou non.

Une bible la revisite en la présentant comme un roman. Le titre choisi n'est d'ailleurs pas anodin. Il ne s'agit pas de présenter ce texte fondamental sous un autre jour, mais de le raconter comme un conte universel qui peut parler à chaque être humain. Et puis, il y a les illustrations de Rébecca Dautremer qui le sublime (pas moins de 120 planches). Un projet éditorial ambitieux et remarquable, dont il sort aussi une édition de luxe tirée à 500 exemplaires numérotés agrémentée d'un cahier inédit sur les coulisses de cette création exceptionnelle.

Une vidéo qui en parle bien mieux que moi...


Le Salon de la presse et de la littérature de jeunesse de Montreuil (fin novembre-début décembre) sera l'occasion de feuilleter et d'acquérir ce magnifique ouvrage et de le faire dédicacer...

Une Bible
Texte de Philippe Lechemeier
Illustrations de Rébecca Dautremer
Gautier Languereau

samedi 18 octobre 2014

Lo Hadi Comptines et berceuses basques

Les Editions Didier jeunesse poursuivent leur exploration des comptines du monde, notamment des langues régionales.

Et ces comptines-là nous viennent de pas très loin, du Pays Basque, riche de son patrimoine musical chanté.
Qui n'a jamais été sensible aux magnifiques voix des choeurs d'hommes basques ?

Pas moins de 24 comptines sont à découvrir ou à re-décoouvrir car leurs correspondances pour certaines ne sont pas loin de celles que nous chantons aux petits en français.

C'est un régal pour les oreilles d'écouter ces belles sonorités, on se prend l'envie de les fredonner, de taper des mains et de danser : certaines très tristes (un pays de marins) et d'autres très enjouées (un pays de danseurs).

Ces comptines sont interprétées par de très grands artistes basques : Maddi Oihenart, Juan Mari Beltran, Mixel Etxekopar, Pantxika Solorzano…ainsi que que par de très belles voix d'enfants, ce qui donne à l'ensemble un caractère affirmé et enfantin à la fois.

Vous serez envoûtés par ces voix chaudes et pénétrantes au son d'instruments traditionnels très bien interprétés  : l'accordéon, les flûtiaux et les percussions.

Les illustrations de Lucile Placin apportent une note supplémentaire de merveilleux (mais elle est native du pays Basque).

Pépito, mon mari, lui aussi d'origine basque, a été très ému de retrouver des chansons que lui fredonnait son père...(C'est son béret sur la photo).

Un très bel hommage de ce patrimoine vivant à transmettre...qui a été réalisé en partenariat avec la maison d'édition Elkar (Bayonne) et soutenu par l'Office public de la langue basque. 

Pour en écouter des extraits, c'est ICI

Lo hadi Comptines et berceuses basques
Collectées par Chantal Grosléziat
Arrangées par Jean-Christophe Hoarau
Illustrées par Lucile Placin
Didier jeunesse
Collection Comptines du monde

vendredi 17 octobre 2014

Les anges pleurent en silence

Le titre m'a interpellée...Arthur Ténor aborde dans ce roman grave le sujet de la maltraitance au sein du domicile familial. Ce n'est pas ce que l'on croit. Ce n'est pas l'apanage des familles modestes ou dites "à problème". Les milieux sociaux favorisés sont également très concernés.

Rémi vit chez sa grand-mère depuis deux ans. Ses parents travaillent en Italie et pour son bien, ils ont préféré le confier à la mère de son père. Depuis deux ans, il vit un enfer : pas de la maltraitance physique à proprement parler, mais des brimades, des paroles méchantes, qui à la longue l'endurcissent certes mais malmènent profondément son estime de lui.

Marie vit un autre enfer chez elle : son père rêve d'en faire une virtuose du violon. Non pour son épanouissement mais pour sa propre réussite à lui. Un quotidien fait de manipulations, de punitions, de tortures physiques (des heures à répéter, répéter, répéter,...), de privations de nourriture, de chantage affectif, d'effet miroir (la victime, ce n'est pas toi, c'est moi).

Ces deux-là vont se trouver au collège et peu à peu se confier, se soutenir dans les épreuves quotidiennes, se révolter aussi. Eux seuls peuvent vraiment comprendre : "Rémi était un ange et les anges, même blessés, ne restent jamais bien longtemps du côté obscur de l'humain (p. 66)."

L'auteur explique très bien à la fin que, quand bien même son roman relève de la fiction, des enfants vivent ces situations au quotidien au regard et au su de tous.

Il décrit très bien le mécanisme de soumission et d'engrenage dans lesquels sont enfermés ces enfants martyrs et que sans une aide extérieure, ils ne peuvent pas s'en sortir. Combien la parole peut les sauver, encore faut-il qu'ils soient entendus.

La fin de ce roman donne à lire le témoignage d'une jeune femme, Céline Raphaël, aujourd'hui médecin, qui a vécu le calvaire que vit Marie dans l'histoire. Elle donne une vision très juste des mécanismes en jeu ainsi que des pistes d'aide auprès d'organismes officiels. Elle a écrit un livre témoignage La démesure-Soumise à la violence d'un père, Max Milo Editions.

Un roman sur un sujet de société dans la littérature de jeunesse très bien amené et construit, avec une note d'espoir bienvenue pour ces deux enfants auxquels le lecteur s'attache, et qui peut donner lieu à des prises de conscience sur la question.

Le site des Editions Oskar jeunesse.

Les anges pleurent en silence
Arthur Ténor
Oskar jeunesse
La vie 

      Ce roman compte pour le challenge Rentrée littéraire 2014 du blog Délivrer des livres






mercredi 15 octobre 2014

Louis Ier Roi des moutons

En haut de la colline, à la faveur du vent violent, une couronne se pose sur la tête d'un mouton en train de paître avec ses congénères. Il se dresse alors sur ses pattes, arbore une mine hautaine, se dote d'un sceptre et de tous les atours du pouvoir. Puis viennent ses premières mesures de despote : une armée pour marcher au pas, mettre de côté les moutons noirs, se faire admirer, obtenir des privilèges personnels,...Bref, c'est fou comme un objet chargé de symboles nous change notre mammifère. Puis, un autre jour de grand vent, la couronne s'envole et attérrit sur la tête du loup...et ça recommence ?

Olivier Tallec signe là un magnifique album sur le pouvoir et ses dérives, d'accès facile pour les jeunes enfants. Le texte sobre est sublimé par des illustrations pleine page superbes. 

Un album qui dit combien le pouvoir peut se décréter facilement et changer de main tout aussi facilement...Certaines attitudes du mouton sont reconnaissables chez les humains et pas des moindres de notre histoire...

"Ce qui est bon pour moi est bon pour mon peuple" dit Louis Ier, notre mouton. Belle définition du despotisme s'il en est...

Et : "Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence."

Louis Ier , Roi des moutons
Olivier Tallec
Actes sud junior

               Il compte (58/60) pour le challenge "Je lis aussi des albums" chez Hérisson


lundi 13 octobre 2014

Les Autodafeurs tome 2 : Ma sœur est une artiste de guerre

Les Autodafeurs sont de retour !
Attention, ils sont partout et leur imagination est sans borne pour prendre le pouvoir sur le savoir et sur le monde par le biais des livres.

Quel plaisir de retrouver Gus et Césarine dans la suite de leur lutte contre le mal !

Cette fois, Gus en apprend davantage sur sa famille et les liens tissés au cours des siècles avec la Confrérie, en lutte contre les Autodafeurs. Il prend enfin la mesure de son rôle. Une lettre de son père va lui faire comprendre combien pour lui aussi, ce choix imposé dans sa vie d'adolescent fut douloureux et difficile à endosser. Du coup, peu à peu, Gus va prendre les rennes de la situation et quelle action !

Quant à Césarine, elle donne toute la mesure de son implacable logique dans ce tome, de sa capacité d'observation et de déduction réglées au millimètre. Elle se découvre aussi une autre facette d'elle-même, l'accès mystérieux aux sens. Quel panache ! J'apprécie aussi que l'autisme soit montré sous un jour positif dans le rôle qu'elle endosse à merveille.

Les autres personnages sont tout aussi importants : l'incroyable Néné et sa geekexpertise, Bart et sa loyauté, DeVergny et son implacable fidélité, la grand-mère Mamina qu'on découvre sous un jour nouveau, Maître Akitori et ses muscles mais pas sans sa tête.

Et surtout une intrigue menée de main de maître par l'auteure qui sait si bien instiller action, suspense, sentiments, travers des adolescents, petits secrets entre adultes, et le Bien et le Mal en lutte, sur fond de livres et de bibliothèques.

Bref, on en redemande et ce sera difficile d'attendre le tome 3 jusqu'au printemps 2015. Les premières pages de la suite données à lire comme un appât augure d'une fin mouvementée, avec un petit zeste d'amour, non ?

Si vous n'avez pas encore succombé à cette série, c'est bien dommage, vous loupez un grand moment de lecture !

Série coup de cœur par ici !

Ma chronique du tome 1 par LA
La page Facebook de la série par ICI

Les Autodafeurs tome 2 : Ma sœur est une artiste de guerre
Marine Carteron
Le Rouergue
Doado

Suite et fin de la série au printemps 2015

vendredi 10 octobre 2014

Voilà voilà

En voilà un bien joli cartonné pour les tout-petits, signé Ilya Green, vous aurez reconnu sa patte !

Ce livre a été offert par le Conseil Général de l'Hérault à tous les bébés nés en 2013/2014 dans le département. Et ils en ont bien de la chance les parents ! Une initiative bienvenue en tous cas !

Et "Voilà, voilà" dans tout ça ? 
Un inventaire joli tout plein de petits prénoms égrénés et une présentation de chacun des petits personnages avec son animal dont le nom rime avec  son prénom...
"Monsieur Edgar et son canard, Maria Louette et sa grande chouette, Victor Bator et son alligator,..." et toi, petit lecteur , "On n'attend plus que toi !" alors bienvenue dans notre monde !


Des couleurs très vives qui en mettent plein les mirettes, de douces sonorités, ce que c'est chouette cette approche...comme si on assistait au spectacle de la vie.

Un très beau cadeau de naissance à suggérer...

Voilà Voilà
Ilya Green
Didier jeunesse



              Il compte (57/60) pour le challenge "Je lis aussi des albums" chez Hérisson





mercredi 8 octobre 2014

BonZigue & Clotaire

Clotaire est, semble-t-il, un garçon fils unique assez fragile. Du moins c'est ce que pense ses parents. Très seul, il s'est peu à peu construit un ami imaginaire, qui n'est autre qu'un chien. Prenant de plus en plus de place dans sa vie, ses parents le mène chez une psychologue, qui finit par conseiller aux parents d'aller à la SPA choisir un vrai chien... 

Il va donc faire la connaissance de BonZigue, un chien parlant. Un langage argotique source de bien de quiproquos plutôt rigolos. Ce chien va quelque peu bouleverser le quotidien du jeune garçon et le mener dans une aventure qui va les dépasser totalement, à la recherche de son vieux maître, malheureux dans une maison de retraite.

Heureusement reste l'amitié entre le garçon et ce chien hors-norme...

Voilà un roman bien plaisant à lire !

Une relation enfant/animal très drôle et pleine de suspense...avec des expressions savoureuses qui régalent les oreilles et tant pis si y en a qui pense que c'est pas pour les enfants, moi je dis que le langage fleuri, c'est bien aussi !

Pascale Maret montre là toute l'étendue de son talent...Elle sait aussi écrire pour les plus jeunes et ça, c'est bien chouette pour eux !

BonZigue et Clotaire
Pascale Maret
Thierry Magnier
Coll. En voiture, Simone !


Ce roman compte pour le challenge Rentrée littéraire 2014 du blog Délivrer des livres



lundi 6 octobre 2014

Caresse le chat

Voici un petit cartonné plein de tendresse, nouvelle collection "Bébé Balthazar" chez Hatier jeunesse.

Issu de la pédagogie Montessori, c'est une invitation à lire une histoire au tout-petit en le berçant du son de votre voix, en lui faisant toucher tout doucement les éléments tactiles (le chat tout doux et le hérisson tout piquant).

Un premier éveil au livre qu'on peut initier même bébé pour un voyage au pays des sens...

Pour un moment doux de complicité.
Pour partager la douceur.
Pour finir par un câlin.
.........
Et recommencer...jusqu'à ce que ce soit votre petit lui-même qui vous fasse comprendre de vous le lire à nouveau...car même plus "grand", il y trouvera ce dont il a besoin pour grandir.


Dans la même collection est sorti "Ecoute le silence" (avec du carton ondulé, pour s'amuser avec la matière et éprouver son son).




Des petits cartonnés solides, au bon format pour les petites mains, aux couleurs pastels, un texte simple qui laisse toute possibilité d'appropriation par le petit.
Au fil des lectures, il associera les images retenues aux gestes et les sons de la parole s'imprimeront en lui pour être capable plus tard de les restituer pour son plus grand plaisir et le vôtre.




Collection Bébé Balthazar
Caresse le chat-Ecoute le silence
Marie-Hélène Place
Caroline Fontaine-Riquier
Hatier jeunesse


                  Il compte (56/60) pour le challenge "Je lis aussi des albums" chez Hérisson



dimanche 5 octobre 2014

La boîte à images

Emmanuelle Houdart+un titre pareil qui donne le sentiment qu'on va pouvoir se passer un film (boîte-à- images) =curiosité attisée.
Si, en plus, cette boîte s'adresse aux tout-petits, alors là, je n'y tiens plus, il me la faut !

Une petit boîte donc, jolie tout plein, aux couleurs acidulées, avec des petits cœurs, contenant quatre petits livres, annonçant en titre quatre onomatopées : Grrr ! Argh ! Areuh ! Miam ! 
Et des petits macarons avec une illustration à moitié dévoilée...hum ! hum ! Voilà qui est fort intéressant...

Et puis vient le temps de la découverte de ces petits livres...et là, l'univers singulier et fantastique de l'auteure et illustratrice étonne, interpelle, secoue, émerveille, interroge, intrigue, suscite l'adhésion...(ou pas...)


Quatre thématiques propres à la petite enfance, quatre thématiques classiques on pourrait dire : les peurs, les animaux, la vie quotidienne et l'alimentation. 
Sous forme d'onomatopées. Ce que les petits chérissent bien avant de savoir parler. 
Sous forme de petits imagiers. Certes.

Mais il faut aller voir au-delà de l'apparence.

Les images qui se déroulent sous les yeux n'ont pas toujours une association directe. Certaines oui, d'autres non.
Et c'est justement là l'intérêt je trouve. Cela bouscule notre regard d'adulte et c'est bien ainsi. Le tout-petit, lui, y verra ce qu'il peut y voir et cela aiguise sa perception du monde. De plus, esthétiquement, ces images sont magnifiques, à condition de vraiment prendre le temps de les regarder comme elles le méritent. Des images parfois crues, fantasmées mais toujours très réalistes.

Je ne saurais dire lequel de ces petits livres est mon "préféré" : ils ont chacun leur histoire et révèle chacun un univers à lui tout seul.

Les tout-petits iront spontanément vers ce coffret car il correspond parfaitement à leur besoin de préhension et à leur envie de sortir et de remettre dans la boîte, la manipulation relevant pour eux d'un état absolument jubilatoire qui les absorbe physiquement et intellectuellement (oh ! un cube pour jouer !). Ils seront interpellés par ces images données à voir, belles et pleines de petits détails, ce qu'ils aiment aussi tout particulièrement.

J'aimerais que les adultes aient encore ce regard neuf et émerveillé et prennent ces petits livres vraiment exceptionnels comme une gourmandise, une invitation à voir le monde autrement...

Et avoir envie aussi de le transmettre à ceux auxquels ils sont destinés...

Coup de cœur !

Et bientôt une lecture commune sur ce coffret sur le blog A l'Ombre du Grand Arbre..


Retrouvez ici les articles de Sophie Van den Linden et de La soupe de l'espace.


              Il compte (55/60) pour le challenge "Je lis aussi des albums" chez Hérisson


La boîte à images
Emmanuelle Houdart
Editions Thierry Magnier

vendredi 3 octobre 2014

La gueule du loup

Lou et Mathilde : deux amies depuis depuis le collège. Tout juste bachelières. Elles s'interrogent sur leur avenir. Que faire après le bac ? La fac ? En attendant, elles partent à Madagascar, se frotter à une nouvelle liberté, s'émanciper des parents, de la pression sociale. Vivre, en profiter quoi, avant le grand saut qui les effraie. Passer à l'âge adulte ? Oui, mais ça veut dire quoi ?

Deux caractères différents aussi qui s'affirment là dans ce pays étranger où les Blancs sont parmi les Noirs, bien visibles et bien étiquetés. Ce voyage, c'est ça aussi : se confronter à la réalité d'une île avec sa culture, ses mœurs, la place de la femme bien loin de la vision occidentale, le contraste très fort entre le dénuement de la campagne et ses traditions et la puanteur de la ville avec ses quartiers mal-famés, la richesse ostensible de certains hommes que rien n'arrête. Le CHOC. Qui met l'une très mal à l'aise et l'autre avide de tout connaitre.

Car ce roman, c'est d'abord deux caractères de jeune filles opposés : Lou plus réservée et timorée et Mathilde toujours prête à tout tenter sans réfléchir aux conséquences. Les circonstances vont faire que ces caractères vont s'affronter, aller au bout de leurs contradictions, mais aussi s'inverser quand l'indicible va arriver sous la gueule de ce loup cynique et sadique au plus haut point. Elles vont alors se soutenir dans l'épreuve au-delà de leurs forces et puiser au fond d'elles ce que plus jamais elles ne pourront faire. Sauver leur peau pour vivre et séparer leurs chemins car le naturel revient toujours au galop.

Il y a des passages dans cette lecture terribles d'effroi. La construction y est pour beaucoup. Plusieurs fois, je me suis trouvée presque physiquement au bord du précipice comme elles, retenant ma respiration, et ressentant physiquement les sévices. Un style aussi qui vous emporte, ne vous laisse aucune chance de vous échapper de la griffe des mots. Hachurés, balancés, crûment. On en sort lessivé comme sous la pluie tropicale. Je l'ai trouvé encore plus fort que le précédent roman de Marion Brunet "Frangine"

Mais finalement plus que le loup de l'histoire, je garde en tête ces deux jeunes filles, amies comme deux sœurs, et dont l'amitié va être éprouvée au-delà de ce qu'elles auraient pu imaginer. Catapultées dans le monde des adultes avec une telle violence que même leur naïveté n'arrive pas à tout arrêter. On n'en sort pas indemne. J'en frissonne toujours...

Un roman à conseiller pas avant 15 ans et encore...

La gueule du loup
Marion Brunet
Sarbacane
Exprim'

    Ce roman compte pour le challenge Rentrée littéraire 2014 du blog Délivrer des livres




mercredi 1 octobre 2014

Broken soup

C'est un roman plein de désespérance comme Jenny Valentine en a le secret.
J'ai failli le laisser tomber en route, trop lent, trop triste, trop pas ce que j'ai envie de lire en cet été indien si lumineux. 
Et puis, non, je connais trop bien l'auteure, pour avoir apprécié ses précédents romans, pour aller au bout de cette histoire de famille. Une chose m'a retenue aussi : cette si belle relation naissante entre les deux adolescents que j'ai voulu voir s'éclore jusqu'au bout. Et j'ai bien fait. Vraiment bien fait. Ça ne pouvait pas finir autrement.

On y fait la connaissance de la famille de Rowan, 14 ans, qui doit s'occuper seule de sa petite sœur Stroma, depuis la mort accidentelle du grand frère Jack. Un garçon indispensable à l'équilibre de cette famille, que la disparition entraîne dans un gouffre. Dépression de la mère. Séparation des parents. Immense solitude des enfants qui restent et qui essaient de maintenir un semblant de vie. Et puis, un jour, une photo surgie de nulle part qui prend des allures de mystère à élucider sur Jack. Et le début d'une belle relation avec Harper, ce garçon de 18 ans en voyage, un rêve qu'il réalise, d'une amitié aussi avec Bee, une jeune fille de son collège, de son propre père et d'un autre petit garçon Sonny.

Jenny Valentine a ce don si particulier de semer des indices insignifiants à première vue et de construire ses histoires autour de personnages perdus car mortifiés par ce que la vie leur donne de plus mauvais. Mais il s'en dégage toujours une infime lumière mais surtout un amour profond des relations humaines qui souvent ne tiennent à pas grand'chose. Comme une couturière, elle tisse sa toile invisible entre eux tant et si bien qu'ils deviennent unis comme les doigts de la main par-devers eux. Des dialogues qui vont à l'essentiel entre eux : économie des mots, économie des gestes dans cette vie suspendue, si fragile.

La fin, je l'ai trouvée juste, belle, triste aussi mais pleine d'espoir.
De quoi me dire que j'ai bien fait d'aller au bout...

Mes autres chroniques des romans de cette auteure LA et LA

Ce roman sort aujourd'hui même en librairie.

Broken soup
Jenny Valentine
Ecole des loisirs

      Ce roman compte pour le challenge Rentrée littéraire 2014 du blog Délivrer des livres


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