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lundi 30 novembre 2015

Petites lectures

Des premières lectures, j'en lis un certain nombre, c'est rapide et pour bien conseiller mes p'tits lecteurs, c'est nécessaire. Et je me dis que je n'en chronique pas assez...Alors de temps en temps, un petit arrêt sur cette production souvent de qualité s'impose.

En voici trois récentes :


J'ai peur de savoir lire d'Olivier de Solminihac et Juliette Baily, 

Ecole des loisirs, collection Mouche


Celle-ci, je la porte haut dans mon cœur tant elle rejoint ce que j'essaie de faire comprendre à de nombreux parents : ce n'est pas parce qu'on entre en CE2 que lire tout seul arrive...tout seul ! 

Certains enfants ont besoin d'accompagnement dans cet exercice très complexe. C'est ce qui arrive à Stéphane : il est impressionné par les performances scolaires de certains de ses camarades alors que lui, ben, déjà, lire, ça lui demande un gros, gros effort. Heureusement que sa maman lui ouvre les délices d'avaler les pages avec intelligence et sensibilité. Sans lui mettre la pression, elle invente des jeux autour de la lecture et peu à peu, Stéphane devient autonome dans cet apprentissage. C'est remarquablement amené par l'auteur avec des petits dessins bien réalistes. Franchement, j'ai adoré ! Il devrait être offert à tous les parents dont les enfants entrent en CP ! Et même après...
Et la quatrième de couverture ne manque pas d'humour non plus : "Un livre pour les enfants qui n'aiment pas encore lire tout seuls".

Le ciel d'Homère d'Agnès de Lestrade, éditions Bulles de savon


Les premières lectures savent aussi aborder des sujets de société à hauteur d'enfant. C'est le cas de cette très touchante histoire. Anouck, 9 ans, fait la connaissance d'Homère à l'arrêt de bus. Homère vit dans le parc dans une maison délabrée sans toit et il ne sent pas toujours très bon. Leurs discussions sont pleines de cette candeur réaliste propre à l'enfance. Anouck va rendre à Homère sa dignité d'homme en le faisant accepter par son entourage et en lui donnant bien plus que ce qu'il n'espérait plus de la vie.
Agnès de Lestrade a ce don de rendre ses histoires généreuses. J'ai beaucoup aimé la tendresse et la gravité des ces pages.

Le piano dans le jardin de Marc Baron et Solenn Larnicol, 
éditions Bulles de savon



Voici une belle histoire de complicité entre un père et sa petite fille. Lui, Jean-Sébastien est professeur de piano. Elle, c'est Titepuce. C'est le matin du 21 juin, jour de la fête de la musique. Ils décident pour l'occasion une petite folie que la maman Agathe aurait certainement interdite, mais elle n'est pas là ! Et si on faisait un concert dans le jardin pour les voisins ? Mais déménager un piano à queue, ça ne se fait pas d'un coup de baguette magique...enfin presque ! Une belle réussite que cette soirée ...
Beaucoup de poésie et de musique qu'on entend aisément dans ces pages, souligné par le charme si désuet des petites illustrations en noir et blanc, toutes fines et délicates comme s'il ne fallait pas trop faire de bruit, car dans ce livre, c'est la musique et son partage qui est au centre de l'histoire. 

Une belle invitation à rompre les habitudes du quotidien et à faire plaisir aux autres !

dimanche 29 novembre 2015

Le dernier arbre

La COP21, la conférence sur le climat, c'est aujourd'hui et demain.

Voici un album qui pourrait bien préfigurer le monde de demain si on ne fait rien.

Une couverture toute grise, un monde vraiment pas folichon à l'intérieur.

Des enfants nostalgiques du monde d'avant où il y avait de l'herbe. On pouvait même se rouler dedans. 
Maintenant, les brins d'herbe, on les compte sur les doigts de la main et il faut bien les chercher pour en trouver encore. Seuls les livres sur la nature peuvent offrir au regard un peu de ce rêve vert.

Un jour, les deux amis de l'histoire trouvent le dernier arbre. Ils en sont convaincus. Et le lecteur n'en doute pas non plus. Opération sauvetage ni une , ni deux ! Il en va de l'avenir de la planète.

Un album qui rend triste, mais si triste devant l'ampleur du phénomène : parce que là, on le voit notre non-respect de la nature. Dans un album pour enfants. Et en tant qu'adulte, ça fait mal. Très.
On peut y voir aussi la détermination de la nouvelle génération à prendre les choses en mains. Avant qu'il ne soit trop tard. Le lecteur se dit : ouf ! Il était temps !

C'est très bien rendu dans cet album : une génération est absente. La nôtre. N'apparaît que la désolation avec ce noir qu'elle a laissé.

Un album très fort avec un format parfait et des mots percutants, qui montre notre inconscience mais aussi l'espoir fragile de la renaissance.

"Je suis revenu le voir longtemps après.
J'étais grand, mais pas autant que lui."

Un album parfait pour une prise de conscience écologique et à coup sûr, s'en prendre plein la figure par les enfants parce que, nous, on n'a rien fait et ils ont raison.

A faire lire à la COP21 tiens.
De toute urgence.


Le dernier arbre
Ingrid Chabbert & Guridi
Editions Frimousse

Le dernier arbre planté dans mon grand jardin
Dédicace spéciale à mes copinautes A l'Ombre du grand arbre



vendredi 27 novembre 2015

Rêve et réalité

Deux albums à l'approche très séduisante et 
au travail éditorial très soigné.
Hymne à l'imaginaire.



Ugo a pourtant sa tête vissée sur son corps mais il rêve les yeux ouverts, en permanence. Du lever et à tous les moments de la journée, Ugo s'évade de la réalité et enjolive le quotidien, malgré les rappels à l'ordre des adultes vivant à ses côtés. Le lecteur passe la semaine dans ses rêves en sa compagnie et ma foi, il y resterait bien aussi ! Une fin en forme de pirouette qui montre une image des adultes en train de rêver eux aussi le dimanche autour d'un heureux événement qui se prépare. Comme quoi...

Cet album est foisonnant dans les illustrations de Nathalie Paulhiac : des pleine pages de rêves à portée de main, ce que c'est envoûtant ! Le texte de Pierre Coran n'est pas en reste : le vocabulaire utilisé pour désigner Ugo le petit rêveur au pays des songes, ainsi que le lexique du fabuleux renforcent cet effet de dépaysement total. Car ce livre, c'est cela : une invitation au voyage dans le quotidien et au lâcher prise.


Qui n'a jamais rêvé de pouvoir se faufiler dans un tableau pour y vivre la scène ou au contraire de s'en échapper ?
Nous sommes en visite au Musée Guggenheim de New-York et nous nous trouvons devant le tableau "Les joueurs de football" du Douanier Rousseau, datant de 1908. D'un coup, le ballon (de rugby) s'échappe et Jean (celui à la tenue sportive rayée sur la couverture) s'empresse de le rattraper. Un jeune garçon lui demande alors de le remplacer dans le tableau. Jean part donc avec Rose, une artiste peintre ayant assisté à cette scène incongrue, dans la ville pour visiter ses multiples facettes. Il va y faire de drôles de rencontres, découvrir ses trésors et ses particularités.

Cet album est une balade bien agréable dans l'oeuvre assez méconnue du Douanier Rousseau, dont des tableaux sont savamment imbriqués dans les illustrations. On y rencontre aussi Jane Dickson et Frida Kahlo. Un album qui mêle savamment découverte de New York et découverte artistique avec un anachronisme évident mais très séduisant.

Pour découvrir le talent de l'auteure Sophie Daxhelet

Le site de la maison d'édition A pas de loups


85 et 86émes albums pour le Challenge je lis aussi des albums 2015

Ugo, tu rêves ?
Pierre Coran et Nathalie Paulhiac

Sortie de joueur
Sophie Daxhelet

Editions A pas de loups

mercredi 25 novembre 2015

Le monde est derrière toi

A croire que je le fais exprès.
Dernièrement, je croise sur ma propre route de lecture des romans qui ont un point commun : un road-trip entre des personnages pas vraiment destinés à se rencontrer.

Tous à leur façon m'ont émue, touchée, et en quelque sorte, permettent de ne pas trop désespérer du genre humain.

Et voici le dernier en date : Le monde est derrière toi.

Rien ne prédestinait à ce que ces deux-là se rencontrent : Eppo, 17 ans, fait de l'auto-stop des Pays-Bas vers la France. Tabby, jeune femme volubile, le prend à bord de sa voiture. Elle, elle parle tout le temps. Lui, il se tait toujours. 
Tous deux ont leur jardin secret. Ils fuient chacun quelque chose. Au fil de la route, ils vont se dévoiler et apprendre à se connaitre. Ils vont aussi s'aider dans leur fuite où chacun a ses raisons, les bonnes ou les mauvaises.

J'ai beaucoup aimé leur relation. Quelques années les séparent seulement mais ils ont connu chacun déjà leurs propres blessures. Ils ont du mal à les panser. Pas d'arrière-pensées entre eux mais du respect, de l'agacement aussi, mais  de l'amitié qui grandit peu à peu. Malgré eux mais ils ne luttent pas contre. Au contraire. Ils ont l'intelligence de l'accueillir comme elle vient. Ils pressentent qu'elle va leur permettre de continuer leur chemin.

Ce qui est très agréable aussi, c'est que l'auteure va au bout de l'histoire de chacun. Le lecteur ne reste pas sur sa faim. Une histoire différente pour chacun d'eux : Tabby est face à un choix difficile et Eppo est hanté par un passé qu'il n'arrive pas à accepter.

L'amour est au centre de ce roman : amour douloureux, amour perdu ou retrouvé. 

Une lecture pleine d'ombres et de lumière.

Voici les liens vers les autres romans du même genre que j'ai lu dernièrement :


Tous ont en commun cette soif d'amour : premier amour, amour maternel, amour filial, ...
Comme quoi. On y revient toujours.

Le monde est derrière toi
Marian de Smet
Actes sud junior

lundi 23 novembre 2015

Challenge Incos catégorie maternelle


Je me suis inscrite en juin 2015 (déjà !) au Challenge Prix des Incos de ma copinaute Bouma dans la catégorie maternelle avec 5 livres à lire et à chroniquer. 

Je sais que j'ai encore le temps (mai 2016) mais les albums traînent chez moi depuis un bout de temps, la fin d'année arrive et avant de les mettre sur ma liste de bonnes résolutions de début d'année, je m'en occupe dès à présent en lot !


Et ma foi, avec beaucoup de plaisir à me replonger dans ces histoires.







Chut ! On a un plan de Chris Haughton, Thierry Magnier



Chris Haughton, un univers décalé, très séduisant et terriblement efficace : un univers bleu cette fois, quelques touches de couleurs vives, une unité graphique respectée dans le choix du départ et ô combien reconnaissable. Toujours ces personnages aux grands yeux incrédules au charme irrésistible. 

Quatre chasseurs dans les bois avec leur filet. Mais que font-ils ? Chut ! Ils ont un plan...pas facile d'attraper cet oiseau : à la une, à la deux, à la trois...à l'attaque ! Vont-ils y arriver ? Un comique de situation dans la répétition qui a toujours son petit effet. En tous cas, les enfants ne s'y trompent pas, ils adorent ! 
Les avis du Tiroir à histoires et de Bouma

Le site de l'auteur


Gare au renard ! de Pat Hutchins, Circonflexe

J'ai chroniqué cet album dans sa version anglaise LA

Le Gros Goûter de Stéphane Servant et Cécile Bonbon, Didier jeunesse



Ma chronique LA et l'avis du Tiroir à histoires

Max le Terrible d’Ed Vere, Milan



Max est un chat. Noir. Un chat terrible. Si c'est lui qui le dit...Car il pourchasse les souris...Dur labeur, surtout quand on ne sait pas à quoi pourrait bien ressembler la dite bestiole. Alors il part à la chasse et questionne tous les animaux qu'il croise, qui évidemment le mène en bateau et le font marcher, au sens propre comme au figuré...jusqu'à la p'tite souris elle-même qui lui fait croire n'importe quoi ! Fatigant la chasse hein Max pas si terrible que ça !

Un album à l'humour à portée d'enfant, avec juste ce qu'il faut de répétitions pour bien installer l'histoire, une lecture pleine de vie dans les dialogues, des pages colorées. Bref, tout pour plaire !
Les avis de Bouma et de Chlop


Gros chagrin de Rémi Courgeon, Talents hauts




Noémie a un gros chagrin. Elle ne veut plus être noire mais blanche comme son papa. Qui en a le cœur brisé. Alors, son papa a la merveilleuse idée de lui raconter l'histoire de la petite chatte noire Boulou, qui comme Noémie, voudrait être blanche. Une fée exécute son souhait. Mais l'entourage de Boulou ne la reconnait plus ! Une fin pas facile à appréhender pour cet album, qui aborde pourtant la différence et le métissage avec des mots d'enfant avec beaucoup de sensibilité et de justesse car ancrée à la fois dans le vécu et l'imaginaire.
L'avis de Bouma


Et voilà ! Challenge des Incos rempli !
Merci Bouma pour cette belle idée !


Il me permet aussi de compter trois de ses albums pour le challenge Challenge je lis aussi des albums 2015 (82 à 84), deux d'entre eux ayant déjà compté l'année dernière.

vendredi 20 novembre 2015

Le loup c'est moi !


Décidément, jouer au loup, ça ne porte jamais chance, mais alors jamais !

Un petit garçon décrète qu'"Aujourd'hui, le loup, c'est moi !".

Qu'à cela ne tienne, il se pare d'une sorte de masque-chaussure sortie d'où on ne sait où (j'adore l'idée !) En tous cas, il a l'air terrifiant. avec ses crocs pointus et ses oreilles pointues.

Et ça ne loupe pas ! Il s'en va faire peur à sa petite sœur (évidemment !), au chat (ben voyons ! s'en prendre à la p'tite bête de la maison), à papa et à maman (pour une fois !)...Car c'est bien connu, tout le monde a peur du loup...sauf peut-être le l--p ! 

Je n'en dirais pas plus sur la chute irrésistible de cet album qu'on ne peut s'empêcher de lire à haute voix pour lui donner encore plus d'effet !

J'aime bien le couple auteur-illustrateur Ingrid Chabbert et Raul Guridi. Il fonctionne bien ! 

Une approche toute simple, très efficace, avec ce qu'il faut de distance pour tenir en haleine et ne pas (trop) faire peur et se jouer des autres et de soi-même.

Un équilibre parfait pour une histoire de loup : un sujet inépuisable !

Un album qui plaira beaucoup aux enfants...et aux adultes qui leur liront.
Frissons et rires garantis !
Car quoi de mieux que de rire de ses peurs ?

Ma chronique d'un autre album d'Ingrid Chabbert et Raul Guridi



Le loup c'est moi !
Ingrid Chabbert
Raul Guridi
Frimousse

mercredi 18 novembre 2015

La Belle Rouge

Non il ne s'agit pas d'une belle pomme aux rondeurs appétissantes et à la couleur chatoyante...

Mais d'un camion, un poids lourd, fringant, brillant, ronronnant.

Sa propriétaire n'est vraiment pas n'importe qui : Marje, la cinquantaine bien tassée, a réussi au fil des années à faire son trou dans le monde très macho des camionneurs.

La Belle Rouge, comme elle l'appelle tendrement, c'est toute sa vie, son univers, là où elle se sent désormais à sa place. Comme une revanche sur la vie ? 

Alors quand kader, un jeune ado fugueur pénètre dans son antre sans y avoir été invité, elle voit rouge la Marje !

Car kader, jeune homme en dérive, avec une grande béance dans son cœur, s'est enfui du centre d'éducation renforcée. Il n'en peut plus kader des injonctions des adultes. Il a besoin d'air. Et la seule chose qu'il trouve à faire, c'est de s'enfermer dans cette cabine pour souffler un peu.

Une rencontre électrique entre ces deux êtres qui vont faire la route ensemble et qui finissent par s'apprivoiser, se confier sur leurs parcours "à l'envers" : "Le passé n'écrit pas forcément l'avenir". Chacun leur raison de continuer la route. Leur route.

Une très belle lecture que ce roman dans lequel on entre d'emblée sans se poser de questions. Le lecteur perçoit qu'entre ces deux cabossés de la vie, ça va coller. Avec le temps. Avec peu de paroles mais beaucoup de silences. Ils cherchent un peu le tempo sur lequel s'accorder.

Anne Loyer a le don de faire vivre ses personnages comme s'ils existaient vraiment. Comme si eux-mêmes lui avaient raconté leur histoire. Beaucoup de sensibilité, d'humanité et d'altruisme dans ces lignes.

Une belle promesse d'avenir pour chacun et on sent qu'ils vont la respecter mutuellement. Parce qu'ils se sont trouvés sans vraiment se chercher. Parce que parfois la parole doit sortir et être entendue. Par des chemins insoupçonnés.

On ressort de cette lecture confiant sur l'être humain. Accordé. Rassuré. Serein. 

Une lecture que je vous recommande !

La Belle Rouge
Anne Loyer
Alice éditions
Collection Tertio

lundi 16 novembre 2015

Kalil


Un Michaël Escoffier, ça ne se refuse jamais surtout quand il est l'auteur et l'illustrateur à la fois. Un premier album en solo.
On est davantage habitué à le lire dans un registre plein d'humour et souvent rempli d'implicite.

Ici il emprunte le registre du conte et de la lampe merveilleuse avec son génie pour illustrer une fable philosophique à la leçon finale qui tombe comme un couperet.

Kalil n'a plus rien à perdre : pauvre, borgne, affamé, il trouve refuge dans une église et délivre le génie de la lampe. Comme dans le conte, le génie lui demande son vœu. Kalil lui en fait part. Il devient alors poisson. Avec les risques que cela comporte.

A la première lecture, la fin vous suffoque un peu. On ne s'y attend pas comme ça, là tout de suite même si elle est pleine de vérité sur le miroir aux alouettes des enchanteurs, avec ce mélange culturel en arrière-plan.

Outre l'histoire, je dirais que la performance de cet album se situe dans son graphisme : fond noir et formes géométriques qui se déplacent pour figurer le texte, c'est remarquablement bien vu. Huit éléments géométriques utilisés en tout et qui occupent chaque page sobrement mais efficacement. Ces éléments, à la fois dans leur continuité et leur mouvement, apportent une progression à l'histoire qui du coup devient presque superflue à la deuxième lecture. 

Vidéo de Michaël Escoffier


Un album étonnant qui se situe entre l'album et le conte à la fin comme une pirouette philosophique et pleine de vérité, peut-être pas si évidente à saisir pour de jeunes enfants.
Mais il s'en dégage une force et une sobriété à la fois qui séduisent le lecteur.
Et cet album a un sens tout particulier avec les évènements récents.

80éme album pour le Challenge je lis aussi des albums 2015

Kalil
Michaël Escoffier
Frimousse

vendredi 13 novembre 2015

Ecrivains, qui êtes-vous ?

Après Poètes, qui êtes-vous ? et Peintres, qui êtes-vous ? C'est au tour des écrivains de se dévoiler. 

Ou plutôt 18 écrivains et pas des moindres : Flaubert, Kerouac, Stendhal, Camus,...et bien d'autres.

Ils nous parlent d'eux, de leur cheminement vers l'écriture, puisé dans leur vie, et qui constituent autant de clés pour comprendre leurs livres. 

On y retrouve leurs excès, leurs engagements, leurs fantasmes, souvent à vif que l'écriture a plus ou moins avec bonheur réussi à exorciser.

Et toujours dans le principe de cette collection : page de gauche l'écrit et page de droite le grand portrait pictural avec des éléments biographiques et bibliographiques essentiels comme autant de repères à une bonne culture générale.

Une très belle mise en page, un format idéal pour la mise valeur : un beau voyage littéraire à travers les siècles et le contexte de la vie des ces grands hommes de littérature qui ont marqué l'histoire.



A paraître dans cette même collection : les explorateurs, les rebelles et les philosophes.
Une collection à se constituer dans sa bibliothèque personnelle ! 
C'est bientôt Noël...





A gagner un exemplaire !

Puisque bloguer, c'est écrire...sur ses lectures...
Quoi de mieux que de mettre en jeu ce livre ?

Il suffit de laisser un commentaire 
en indiquant quel est votre écrivain préféré.

A la fois sur ce blog et sur sa page Facebook.

Ouvert à la France métropolitaine.

Tirage au sort le fin novembre.

Bonne chance !

Ecrivains, qui êtes-vous ?
Pierre Ducrozet et Anna Forlati
Editions Bulles de savon
Série Qui êtes-vous ?

mercredi 11 novembre 2015

La folle rencontre de Flora et Max

©Méli-Mélo de livres
Ils ne s'étaient jamais parlé au lycée.
C'est Max qui écrit le premier.
Sans vraiment savoir s'il aura une réponse.
Il écrit à Flora qui est en prison.
Comme ça.
Pour lui dire qu'il a su qu'elle est là pour six mois.
Mais sans vraiment savoir pourquoi.

Flora lui répond. Lui avoue peu à peu le pourquoi mais sans vraiment pouvoir être capable de comprendre son acte. Cette violence en elle. Une réponse à une autre violence.

Peu à peu, une rencontre épistolaire va se mettre en place entre ces deux-là. Faite de confidences progressives. Mais surtout pleine de respect et de bienveillance mutuelle.

Max lui a "choisi" d'être enfermé. Chez lui.  Il a la phobie de l'extérieur. Il n'y peut rien. Il s'en accommode.

Enfermés tous deux pour différentes raisons, il n'en reste pas moins qu'ils s'accordent, s'épaulent, se font confiance. Et c'est beau. Ils s'apaisent mutuellement et ont l'ambition de se construire un monde à leur idée, à la sortie de Flora.

Ils nous décrivent la difficulté de l'enfermement, chacun à leur manière,  mais nous montrent surtout leur capacité à s'évader autrement et à tenter de trouver leur place dans un monde où on ne les entend pas vraiment. Le bienfait de l'écriture, sorte de thérapie, saute aux yeux du lecteur-spectateur de cet échange hors des nouvelles technologies.

Que j'ai aimé ces échanges de lettres entre ces deux jeunes ! C'est attendrissant, profond, humain, sans fioritures. Loin d'être des inadaptés (Autre roman de Martin Page : Le club des inadaptés), ils suivent leur chemin avec leur vision des choses qui vaut aussi bien que celle des autres.

Ecrit à quatre mains par le couple Martin Page et Coline Pierré, on sent leur connivence, leur plaisir à échanger et à faire évoluer leurs personnages, tellement vivants.

Comme sur la couverture sur fond bleu nuit, deux lumières face à face qui s'éclairent et qui éclairent ceux qui les croisent.

Une bulle, ce roman. Une bien belle bulle.

Retrouvez l'avis de A lire aux pays des merveilles

La folle rencontre de Flora et Max
Martin Page et Coline Pierré 
Ecole des loisirs
Médium

lundi 9 novembre 2015

Prosper-Bobik

Et voici le dernier album de Maurice Sendak publié cette année !
Un évènement !

C'est l'histoire de Propser Bobik, un cochon à qui l'anniversaire n'a jamais été fêté. Pendant huit longues années.

Ce 10 juin, le jour de ses 9 ans, il décide qu'il en sera cette fois autrement !
Il organise donc une fête à l'insu de sa tante adoptive (ses parents cochons ont déjà fini en pâté) et invite un tas d'amis qui se déguisent et font un tas de bêtises...
A son retour, comment va réagir sa tante devant un tel désastre ?

Bon. Comment dire ? Maurice Sendak est un monument. Peut-on "écorner" un peu un monument ?

Y a pas à tortiller, il est resté fidèle à son univers un brin déjanté et à son humour noir. Mais là, je ne suis pas très fan. J'ai beau relire et relire, cette histoire ne m'accroche pas. Plus dans les illustrations que dans le texte, je dois dire. Et le pire, c'est que j'ai bien du mal à défendre mon impression globale. Très honnêtement, j'y trouve là mes limites.

D'autres avis ?

Saluons la réédition cette année de Cuisine de nuit et Quand papa était loin, après celle de Max et les Maximonstres l'année dernière.


Prosper Bobik
Maurice Sendak
Ecole des loisirs

vendredi 6 novembre 2015

Deux albums qui se jouent du livre...

Quand deux albums s'amusent à utiliser le livre comme support ludique et philosophique à la narration de leur histoire respective...


Dans Les amoureux du livre, il y a deux amoureux, CQFD : lui sur la page de gauche et elle sur la page de droite. Mais il y a aussi un problème : la reliure les empêche de se rencontrer, comme une frontière infranchissable ! Qu'à cela ne tienne, ils vivent leur vie chacun de leur côté avec dynamisme et bonne humeur. Mais à un moment donné, on a quand même envie de s'enlacer et de s'embrasser. Et si le lecteur les aidait en lisant le livre ?

Plein de petits détails à apprécier, de l'humour  et de l'amour à la pelle, et un grand éclat de rire à la fin, c'est ce qu'il vous attend à coup sûr en ouvrant et ...en fermant cet album !

Sophie l'a aussi beaucoup apprécié.


Dans Halte, on ne passe pas ! C'est un soldat campé à la frontière, symbolisée par la reliure du livre, et qui, sur ordre du Général, empêche toute velléité de passage. Une page de gauche qui finit par être pleine de monde en face d'une page de droite totalement vierge. Mais que va-t-il se passer quand des enfants vont laisser s'échapper leur ballon page de droite ? Le début de la révolution ?

C'est vraiment une belle idée que d'utiliser une caractéristique du livre comme symbole de la libre circulation ou non. Du coup, l'arbitraire de cette décision dictatoriale saute littéralement aux yeux du lecteur. Ajoutez à cela des dessins d'enfants qui renforcent cet effet de décalage. Un album qui invite donc à une réflexion sur le pouvoir absolu et la force de la masse qui fait front et fait avancer les choses grâce souvent à un élément déclencheur.
Une approche séduisante.

Deux albums de papier qui rendent le livre vivant entre les mains du lecteur. On a presque envie de les secouer...pour voir..

77 et 78émes albums pour le Challenge je lis aussi des albums 2015

Les amoureux du livre
Frédéric Clément
Balivernes éditions

Halte, on ne passe pas !
Isabel Minhos Martins
Illustrations de Bernardo Carvalho
Editions Notari
L'oiseau sur le rhino


mercredi 4 novembre 2015

L'accélérateur d'amour

Clément est en classe de CM2 et il est amoureux.
Ça lui est tombé dessus comme ça depuis le jour où la nouvelle est entrée dans la classe.
Elle s'appelle Kenza.
Mais comment faire pour qu'elle le remarque, lui ?

Clément vit dans une famille recomposée où ça se passe plutôt bien. Son père d'écrivain est toujours autant dans la lune, Sandrine, sa nouvelle compagne vient de s'installer dans la maison avec sa fille Solenn, du même âge que Clément.

Solenn va tout faire pour l'aider à établir le contact avec la "femme de sa vie". Elle va jouer à la cartomancienne, à la presque sorcière avec ses philtres d'amour, avec l'aide du chat, ... Et ça va marcher ! 

Sauf que Clément, lui, il n'y voit que du feu jusqu'à ce que ses sentiments évoluent, se brouillent et finissent par lui sauter aux yeux.

Ah l'amour ! Même à 10 ans, c'est du sérieux : ça vous échauffe, ça vous bouscule, ça va trop vite ou pas assez.

Voici un roman très plaisant à lire, très bien vu sur l'ambivalence des relations entre écoliers, sur leur vie déjà si codée et pleine de petits malheurs et de grands bonheurs (ou le contraire), sur les obstacles du quotidien à surmonter, sur les adultes à se "farcir", bref, beaucoup de fraîcheur et de profondeur dans ces lignes.

Beaucoup d'humour pince sans rire, de petites phrases qui tombent très justes, qui font de cet "accélérateur d'amour" (et je ne vous dirais certainement pas en quoi il consiste...) un très bon moment de lecture qui plaira sans aucun doute aux 9-11 ans, même si leur conseiller ce type de roman n'est pas toujours évident :) pudeur des sentiments oblige...


L'accélérateur d'amour
Arnaud Tiercelin
Illustration de couverture Thomas Rouzière
Le Rouergue
Dacodac




Arnaud Tiercelin a eu la gentillesse 
de bien vouloir répondre à mes questions :


Comment êtes-vous arrivé à l'écriture ?

Par la musique. En écoutant beaucoup de musiques. Brassens, Brel et puis très vite Mano Solo, Renaud, Bashung, Dominique A, Franck Monnet ... Et des groupes comme les Têtes Raides, et bien d'autres qui ont aujourd'hui disparu du paysage musical (la Tordue, Les Hurleurs, Casse-Pipe, Bell'Oeil ...). Je trouvais leurs textes splendides. Souvent, ça me remuait. 
Je trouvais que ces gens faisaient avancer le débat. Je me suis dit qu'il y avait quelque chose à travailler de ce côté-là. De prendre part au monde par ce biais, l'écriture.
J'ai alors attrapé un cahier et je l'ai rempli de textes. 
C'était un mercredi. Je l'ai raconté dans mon premier livre, En secret. 
Je m'en souviens très bien. J'étais au collège.
A la même époque, la prof de français nous parlait souvent de Rimbaud. Quand j'ai réalisé ce qu'il avait écrit alors qu'il était adolescent, je me suis dit que j'allais faire la même chose ... 
Tout a démarré comme ça. 
Et ça ne m'a jamais quitté depuis.

Vous êtes aussi professeur des écoles dans la vie. Vous arrivez à tout concilier ? Ou est-ce frustrant parfois ?

Oui, et j'ai deux enfants ! Il faut donc trouver un temps pour tout. Ce n'est pas toujours évident. Il faut compartimenter son cerveau et trouver un équilibre à tout cela. Effectivement, cela fait de grosses journées mais je ne pourrais pas enseigner sans écrire. C'est une vraie respiration, une façon de vivre ou de revivre certains souvenirs, encore plus fort.

Vous écrivez pour le public jeunesse et le public adolescent : qu'en retirez-vous ?
Rien de plus que pour un autre public. 
J'ai parfois l'impression d'être le même qu'à quinze ans. 
De ressentir les choses de la même manière. D'être autant agressé par la télé, la politique et émerveillé devant le mouvement des vagues. 

"L'accélérateur d'amour", votre dernier roman, traite avec beaucoup de justesse et d'humour de l'émergence du sentiment amoureux chez le pré-adolescent : puisez-vous votre inspiration chez vos élèves et lisent-ils vos romans ? 

Certains de mes élèves lisent mes livres, oui. C'est très émouvant de les voir s'approprier une histoire que j'ai imaginée tout seul chez moi. 
Mais je tire mon inspiration surtout de mes souvenirs scolaires. Parfois d'un élève. Mais c'est très diffus. Je m'inspire surtout de mon passé que je dilue très fortement car je ne tiens pas à raconter ma vie privée.

Avez-vous d'autres projets en cours ?
Oui. J'écris cinq ou six livres en même temps ... 
Mais pour ce qui est du concret, je vais publier au printemps 2016 un roman illustré par Bertrand Dubois aux éditions Naïve qui se nommera Endors-toi Barbara qui raconte la traversée d'une jeune Érythréenne en compagnie de sa mère jusqu'à son quotidien dans la jungle de Calais. J'ai reçu les premières illustrations qui sont magnifiques. 
Sinon, je viens d'apprendre qu'un éditeur était intéressé par un de mes textes pour en faire un album pour les enfants de 4 à 7 ans. 
Je suis très content. La belle histoire continue.


Pour suivre son actualité : Le site d'Arnaud Tiercelin
Sa bibliographie
Il sera présent au stand du Rouergue à Montreuil le 7 décembre prochain ainsi qu'à l'Escale du livre à Bordeaux en 2016.

Je le remercie très sincèrement pour sa disponibilité.


Du coup, je lis :)





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