Vous avez dit Gore ?

Je viens de lire deux romans pour ados qui ont au moins un point commun : le gore. 
Petite définition : gore caractérise quelque chose d'ignoble.

On entend beaucoup parler du premier :  "La pouilleuse" de Clémentine Beauvais. Je ne voulais pas le lire à l'origine. Peur de la violence entre les pages. Ce n'est pas mon truc. Et puis, il m'a bien narguée sur la pile des livres à cataloguer alors je l'ai pris. Et lu. Avec fébrilité au début. A chaque tourne de pages, je me disais : ça y est, je ne vais pas pouvoir continuer. Et si. Je l'ai lu d'une traite. 
Et mon impression est plutôt mitigée.

Le thème abordé fait frémir : un groupe de jeunes lycéens, de milieux très aisés, bien blasés, ne savent plus quoi faire de leur désœuvrement. Un de leurs amis est mort récemment d'un accident bête. Est-ce que ceci explique cela ? Pas si sûr... Sur fond de racisme latent, ils s'en prennent sans raison à une petite fille qui se rend à la piscine avec sa classe de CP. Tout simplement parce qu'un d'entre eux voit un pou sur sa tête de black...Ils l'enlève, la séquestre, lui rase la tête,....
Un engrenage terrible dont le narrateur, un des jeunes, assiste impuissant, ce qui le rend aussi complice. 
Si on fait l'effort d'imaginer certaines scènes, oui, c'est gore...

Mais franchement, je n'ai pas trouvé l'écriture de l'auteure aussi percutante que ça. Vu le buzz que ce roman a crée, je m'attendais à beaucoup mieux.  Bof, bof,...C'est superficiel comme les personnages décrits, dont la psychologie aurait méritée d'être plus fouillée. Ou alors, c'est voulu : rester à la surface des choses pour rendre cette indifférence encore plus abjecte. Ce que je retiendrai en fait de cette lecture, c'est la dignité de cette petite fille. ça, ça m'a vraiment touchée. 
Et plus qu'un roman sur le racisme, c'est pour moi un roman sur la Bêtise.

 

Le deuxième "Rien" est assez surprenant : Il a été écrit par Jane Teller, l'auteur de "Guerre : et si ça nous arrivait ?" (que j'ai lu aussi mais pas chroniqué).

Quelques mots sur l'histoire :  Pierre Anthon, élève de 4ème, annonce le jour de la rentrée dans sa classe que la vie n'a pas de sens. Il plante là ses camarades pour se réfugier dans un prunier, où il les invective à chacun de leur passage avec des réflexions pseudo-philosophiques. Cela finit par en perturber plus d'un. Ils décident d'agir pour lui prouver le contraire. Pour cela, ils érigent "un mont de signification"dans la scierie désaffectée. Et tout y passe. Mais tant que cela reste des choses matériels, on se dit, bon d'accord. Mais très vite cela dégénère...Pour tomber dans le sordide et le gore...Quand ils sont découverts, les adultes ont une réaction assez soft, j'ai trouvé. Presque blasée. Assez disproportionnée dans la faiblesse par rapport aux faits. 

J'avoue être sortie de ce roman en me disant que je n'ai absolument rien compris à sa signification. Je n'ai pas trouvé la moindre once de philosophie là-dedans...
J'aimerai bien qu'on me l'explique ! 
Un ouvrage culte, zut alors ! 

La pouilleuse
Clémentine Beauvais
Sarbacane 

Le site de l'auteur

Les avis de : Sophie Drawoua Gabriel
Une interview de l'auteur  
 
Rien
Jane Teller
Les Grandes Personnes 

Pour tout savoir sur Jane Teller 

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