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dimanche 30 octobre 2011

Des vies d'oiseaux

Le dernier roman de Véronique Ovaldé est une pure merveille de construction et d'écriture : pourtant, la désespérance est omni-présente. Sa façon de construire ses phrases d'une précision presque chirurgicale fait que le lecteur ressent les sentiments de ses personnages de plein fouet. 

"Des vies d'oiseaux" aborde les relations mère-fille, les choix de vie mal pris, le temps qui passe, l'attente, la beauté et la lâcheté des hommes et les sentiments amoureux qui s'effilochent....On suit les protagonistes sur leur chemin de vie, de branche en branche : ils se posent là, y restent un peu, se croisent et repartent, espèrent un jour (re)construire un nid....

Résumé de l'éditeur : 
« On peut considérer que ce fut grâce à son mari que madame Izarra rencontra le lieutenant Taïbo ». Car c’est lui, Gustavo Izzara, qui, revenant de vacances un soir d’octobre 1997, appelle la police pour qu’elle vienne constater que sa somptueuse villa de Villanueva avait été cambriolée. Un vol pour le moins étrange puisqu’aucun objet n’a été dérobé et que les intrus, apparemment familiers des lieux, se sont contentés d’habiter la maison en l’absence du couple. Vida Izzara va peu à peu sortir de son silence et dévoiler au lieutenant Taïbo la vérité : Paloma, sa fille unique de 18 ans, s’est évaporée du jour au lendemain avec Adolfo, un mystérieux (dangereux?) jardinier, et elle la soupçonne d’être revenue, par effronterie, insolence, nostalgie ? hanter la demeure familiale. Les vies d’oiseaux, ce sont celles que mènent ces quatre personnages dont les trajets se croisent sans cesse. Chacun à sa manière, par la grâce d’un nouvel amour, est conduit à se défaire de ses anciens liens, conjugaux, familiaux, sociaux, pour éprouver sa liberté d’exister. Sans plus se soucier d’où il vient ni de là où la vie le mène. Avec Des vies d’oiseaux, Véronique Ovaldé continue à explorer les rapports qui lient les hommes et les femmes.

Un roman magnifique, que je vous recommande !

Mon prochain sera le dernier Delphine de Vigan : "Rien ne s'oppose à la nuit".


Des vies d'oiseaux
Véronique Ovaldé
Editions de l'Olivier

mercredi 26 octobre 2011

Les aventures de Tintin

EPOUSTOUFLANT !
Indiana Jones a du souci à se faire....
L'adaptation par Spielberg du "Secret de la Licorne" est géniale : il se trouve que c'est mon titre préféré (ça tombe bien) et franchement, ce film garde bien l'esprit de la BD. On a le sentiment de tourner les pages du livre même si le réalisateur a pris certaines "libertés" (ma fille me l'a bien fait remarquer !). Le rythme du film tient en haleine du début à la fin. C'est truffé de clins d’œil à d'autres titres ("Le crabe aux pinces d'or", "On a marché sur la lune", "Au pays de l'or noir",...) et à Hergé lui-même. De très beaux effets techniques et l'animation des personnages (Motion Capture) est très convaincante. Je n'ai pas souhaité le voir en 3D et franchement, c'est très chouette comme ça ! Vivement la suite...
Tonnerre de Brest !

Ipad : les applis pour les petits

En ce moment, je teste les applications Ipad pour les tout-petits...
Et je me régale ! 

Mes applis préférées :
-Premières découvertes Gallimard : 
"La coccinelle".
Un chouette prolongement au livre.
 -Toujours chez Gallimard jeunesse :
"Les trois petits cochons" en 3D.
Il y en a d'autres sur ce conte "best-seller" des enfants mais cette appli est de loin la plus réussie ! En plus, elle est pleine d'humour, ce qui ne gâche rien ! Très interactif (on peut souffler en même temps que le loup qui a une dégaine d'enfer !).
-Chez Gründ , les Imagidoux : La ferme et les transports. Très  réussis. J'ai testé "La ferme" en accueils de classe l'année dernière avec des maternelles (de la PS à la GS) et ça fonctionne très bien. Les transports, qui viennent de sortir, séduiront aussi.

 
 








-En petites histoires, "Renversant" et "Fli Fli et Flo Flo" sont également très attrayantes : mais là, il s'agit de supports uniquement numériques puisque le complément livre n'existe pas.



-Chez Hatier et Nathan jeunesse, les applis concernent les premières lectures : 

"Touche pas à mon coussin" avec  la fameuse Thérèse Miaou chez Hatier : un peu statique à mon goût. Je ne vois pas vraiment l'intérêt de cette application par rapport au livre qui se suffit à lui-même.

    Chez Nathan, il s'agit d'une application qui s'appuie sur la collection "Premières lectures" (celle avec les bulles !). Pour les enfants qui apprennent à lire, je la trouve très intéressante. Plusieurs titres sortis récemment : La Tour Eiffel a des ailes, Les animaux de Lou : vole petit galop, Que la vie est belle, J'adore le jus de rat et Vive les mariés !

-En matière de loisirs créatifs : pour le dessin "Didou" et en gommettes "Plic Ploc Wiz ".
Amusant !


 


-Mais le best-seller en la matière est bien "Un livre-un jeu" chez Bayard jeunesse : je vais le tester en petite enfance en janvier prochain en partant du livre d'abord. Succès garanti !

Ces applications sont soit gratuites soit à acheter sur l'App store entre 2,99€ et 4,99€.


Pendant que j'y étais,  j'ai fait un petit tour du côté des livres numériques (ibooks, Numilog,...) : on peut télécharger des extraits selon ses choix. Le confort de lecture est évident (luminosité graduelle : on peut lire en pleine nuit sans gêner l'autre, choix du caractère et de sa grosseur, tourne des pages très aisée, plus de poids du livre dans les poignets,....). Par contre, la différence de prix n'est pas significative (heureusement pour les libraires !) et les critères de recherche pas toujours faciles à manipuler. Et on sent bien qu'on a entre les mains un objet commercial. 
Somme toute, cet outil est vraiment intuitif et agréable. On peut s'instruire en s'amusant. Un gadget pour certains, un incontournable pour d'autres ? 
Vivre avec son temps n'est déjà pas si mal : en être curieux et choisir en fonction de ses réels besoins, une nécessité.

dimanche 23 octobre 2011

Dessine-moi un rêve

"Il était une fois une petite fille qui adorait dessiner"...
Un album comme un bloc à dessins. 
Avec seulement trois couleurs : blanc, noir et rouge.
Une histoire toute simple : la petite fille rêve ce qu'elle dessine et dessine ce qu'elle rêve.
Du coup, c'est comme si on dessinait avec elle...et le monde se transforme.
C'est ça le plaisir de dessiner comme celui d'écrire : la page blanche qui se remplit au fur et à mesure de son imagination.
L'explication de l'auteur avec son portrait (!) à la fin le rend très sympathique.

Un petit album qui sort bien des sentiers battus !

Dessine-moi un rêve
Renato Moriconi
Actes sud junior


mardi 18 octobre 2011

Créer pour raconter aux jeunes enfants

Je viens de suivre une formation Petite enfance sur quatre jours où nous avons chacune (et oui ! peu d'hommes pour les tout-petits) fabriqué, collé, découpé, cousu, inventé des supports en feutrine ou kamishibaï simplifié, à partir d'un répertoire de comptines de notre choix.


Petit à petit, les idées ont pris forme au bout de nos doigts et nous nous sommes toutes lancées dans cette formidable aventure de raconter sans support livre et cela a donné des moments bien sympathiques. Nous sommes reparties avec des nouvelles idées, des envies de faire, de refaire pour en faire profiter les petits que nous accueillons dans nos structures, crèches, bibliothèques ou à domicile pour les assistantes maternelles. Il suffit de retrouver son regard d'enfant et de prendre son temps : pas toujours facile !

Maman cane et ses petits
Voici en photos mon tableau de feutrine, qui va servir pour deux comptines : "La maman cane et ses canetons" et "Le poisson au fond d'un étang".
Le poisson au fond d'un étang

samedi 15 octobre 2011

Les 100 portes secrètes

Un roman sur les livres et les bibliothèques palpitant, rondement mené, plein d'imagination, au suspens grandissant !
Peter, jeune garçon de 11 ans, vit dans un musée avec sa mère et son grand-père. Son père a disparu dix ans auparavant et personne ne sait ce qu'il est devenu. Enfin, presque...
Peter est très proche de son grand-père : il lui a montré tous les recoins du musée et Peter s'y sent comme chez lui. Il sait qu'un jour, il succèdera à son grand-père comme gardien. Sauf qu'en grandissant, il aimerait bien savoir pour son père. Il pressent qu'on lui cache quelque chose...jusqu'à ce fameux soir où dans la bibliothèque, il rencontre une vieille femme étrange qui va lui remettre un livre "Comment vivre sans fin" en lui disant qu'il ne faut surtout pas le lire. Peter ne tient pas sa promesse : il va être emporté dans un monde parallèle où les livres décèlent bien des secrets...

On se laisse emporter très rapidement par cette histoire :  j'ai préféré à Harry Potter ! (je n'ai pas réussi à aller jusqu'au bout !). Ce n'est certes pas d'une très grande qualité littéraire, mais on passe un bon moment. Et qui n'a jamais imaginé qu'une bibliothèque prenne vie ?

A partir de 11 ans.

Les 100 portes secrètes
Colin Thompson
Albin Michel
Collection Wiz

mercredi 12 octobre 2011

Le ventre de ma maman : toi dedans, moi devant


Un album sur la naissance qui renouvelle tendrement bien le genre.
"Le ventre de maman : toi dedans, moi devant"nous parle de l'attente de la grande sœur devant le ventre de sa maman qui s'alourdit de la présence du bébé. Page après page, des tranches de vie d'attente vue à regard d'enfant et à regard de ventre. La page de gauche représente le ventre qui s'arrondit jusqu'à envahir celle de droite et dedans, une petite fenêtre à ouvrir (différente à chaque fois !) pour "voir" le petit...La page de droite est réservée à la grande sœur qui livre ses émotions de petite fille : 


"Pour fabriquer un bébé, il faut neuf mois. 
C'est long neuf mois sans toi.
Alors pour patienter je te dessine.
Ta bouche, ton nez, tes yeux,
ta petite frimousse...
Je t'imagine".
 

Jusqu'à la naissance et la joie qu'elle apporte dans toute la maison.
C'est tout simple, beau et frais, il fallait juste penser à cette façon-là d'aborder le mystère de la vie. Une façon très positive, sans jalousie, ni inquiétude.
A offrir ! à qui vous savez...

Le ventre de ma maman : toi dedans, moi devant
Jo Witek et Christine Roussey
De La Martinière jeunesse


dimanche 9 octobre 2011

L'envol

Un petit album passé plutôt inaperçu mais qui vaut vraiment la peine d'être ouvert : "L'envol" nous parle de l'émancipation du petit, quand il faut quitter le nid et c'est difficile ! Ce petit oisillon veut rejoindre ses parents et ses amis et il doit apprendre à voler. Après quelques tentatives bien infructueuses, il s'aperçoit que ses ailes, portées par le vent, peuvent le mener très loin. Des illustrations toutes douces, sur fond blanc, portées par un texte très simple, aux ritournelles enfantines, avec juste ce qu'il faut de poésie pour accompagner ce petit être bien fragile.
Un petit bijou.

L'envol
Texte de Catherine Leblanc
Illustrations de Yating Hung
Chan-Ok
Collection Petits matins

lundi 3 octobre 2011

Mon royaume est un cheval

"Pour les héros de ces quatre nouvelles, un cheval, c'est plus qu'un cheval.
C'est la vie !"

Quatre nouvelles dans ce roman autour du cheval mais comme on n'a guère l'habitude de voir cet animal. En fait, il n'est qu'un prétexte. Des histoires drôles, originales, profondes, avec des chutes inattendues et qui régalent !
Elles touchent de plus, à travers le cheval, à des thèmes comme l'amour, l'amitié, la différence, le regard des autres avec un point commun : accepter de grandir.
Mais avec des auteurs comme Yann Coridian, Susie Morgenstern, Christian Oster et Brigitte Smadja, on ne peut être que séduit ! J'ai eu un faible pour la première histoire particulièrement touchante. Cela m'a donné envie de lire d'autres textes de cet auteur, Yann Coridian, que je connais peu.

Voici un court résumé de chaque nouvelle, pour vous mettre l'eau à la bouche...

1.Jouer le cheval, à l’occasion d’une représentation théâtrale ? C’est une chance d’être seul en scène, ou presque, pour la première fois avec l’élue de son cœur. 
2.Ne pas vouloir se séparer de son cheval ? C’est marquer son originalité, occuper sa place et, bientôt, transmettre à quelqu’un qui le mérite son bien le plus précieux.
3.Monter à cheval, lentement mais sûrement ? C’est, pour un escargot de conte, la seule façon de grandir, de voyager loin et de se faire un ami, un vrai, à la vie, à la mort. 
4.Voir passer, sur une plage, un cheval rebelle au galop ? C’est le déclic qui manquait à une adolescente pour décider d’être elle-même et d’affirmer son goût pour les choses absurdes et merveilleuses, comme les versions latines. 

A lire de 9 à 120 ans...

Mon royaume est un cheval
Textes de : Yann Coridian, Susie Morgenstern, Christian Oster et Brigitte Smadja
Ecole des loisirs
Coll. Neuf

samedi 1 octobre 2011

Loin de la ville en flammes

Résumé de l'histoire : Elizabeth, Karli et Mutti, leur mère, employée au zoo, habitent à Dresde. Leur père, mobilisé, n'est toujours pas rentré. La plupart des villes allemandes ont été bombardées et le directeur du zoo annonce à ses employés que lorsque viendra leur tour, il leur faudra tuer tous les animaux pour éviter qu'ils ne se dispersent. Mais Mutti s'est attachée à Marlène, l'éléphante qu'elle a vue naître, et elle décide de la recueillir dans son jardin. Quand le 13 février 1945, les premières bombes sont lâchées, Mutti, Marlène et ses enfants prennent la fuite pour se réfugier chez des parents à la campagne. Mais ils trouvent la ferme abandonnée et découvrent alors un aviateur qui se cache dans la grange, un soldat ennemi, Peter, dont la jeune Elizabeth tombe amoureuse. Bientôt, il leur faut fuir de nouveau, car Peter est recherché, aller vers l'Ouest. Ils reprennent leur longue marche dans l'hiver glacé. 

Lorsque j'ouvre un livre de Michael Morpurgo, je sais toujours que je vais être touchée par son histoire et cette fois-ci encore, c'est le cas : ce qui n'est pas dit dans le résumé ci-dessus, c'est que c'est Elisabeth, Lizzie, devenue une vieille dame hospitalisée qui raconte ses souvenirs à son infirmière. Elle s'est prise d'affection pour son jeune garçon, Karl, qui lui rappelle son petit frère Karli. Tout le monde la prend pour une sénile car elle prétend voir une éléphante dans le jardin ....seul Karl la prend au sérieux. Et elle se met alors à raconter d'une traite ses souvenirs de ce bombardement de Dresde qui a bouleversé se vie à jamais.

Michael Morpurgo a ce don rare chez un écrivain de toucher à la fois les enfants et les adultes. Avec des thématiques aussi universels que la générosité, la solidarité, la tolérance et l'amour, il emporte son lecteur dans les évènements historiques mais avec cette pointe d'humanité qui lui est très personnelle : avec des mots simples, des héros et héroïnes comme vous et moi, il ajoute toujours cette petite part de merveilleux à travers un animal. Et décidément, il doit avoir un faible pour les éléphants (ça tombe bien, les enfants sont aussi fascinés par cet animal !) puisque dans son précédent roman "L'enfant de la jungle" (que je vous recommande), il s'agit non pas d'une éléphante mais d'un éléphant !
Un roman du côté des vaincus, qui donne une lecture différente des évènements mais prouve combien la guerre, de quelque côté que l'on soit, ne véhicule que souffrance et désolation.

A lire dès 10 ans.

Loin de la ville en flammes
Michael Morpurgo
Gallimard jeunesse


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