Pages

mercredi 27 juillet 2011

Mongol

Du théâtre pour enfants sur le thème des insultes, voire de la maltraitance à l'école. "Il m'a traité !", c'est une expression que j'ai découverte chez mes propres enfants et derrière elle, on ressent une souffrance palpable.
Karin Serres a adapté pour le théâtre ce récit écrit initialement sous forme de roman dans la collection neuf de l'Ecole des loisirs.

Ludovic est constamment insulté par Fabrice, le caïd de sa classe. Un jour, il va le traiter de "Mongol". Ludovic ne connait pas ce mot, alors il va chercher dans son dictionnaire, puis va élargir ses recherches à la bibliothèque de l'école. Il va prendre le mot au pied de la lettre et s'enfermer dans son imaginaire puis le vivre, au grand étonnement de son entourage (sa maman, son papa et sa sœur Nadia). Quant aux adultes de l'école et du centre aéré, ils sont complètement blasés, indifférents à ce que peut vivre Ludovic (du vécu pour certains d'entre vous ?...), celle qui décroche la palme dans le domaine, c'est bien sa maîtresse !  (espérons que ce n'est qu'une caricature...).

Au bout d'une semaine, Ludovic est épuisé...de vivre à l'heure mongole...jusqu'à ce qu'il découvre au détour d'une discussion provoquée par ses parents le vrai sens de l'insulte de Fabrice : mongol, c'est mongolien, et tout s'écroule pour lui...jusqu'à la scène finale où Ludovic devient un héros sur son cheval "mongol"...

On apprend beaucoup sur la Mongolie (ça tombe bien ! mon beau-frère est en vacances là-bas avec sa famille, je serai moins bête à son retour !) mais surtout on est témoin impuissant de cette soif de reconnaissance absolue propre à l'enfance. Ludovic désire tellement fort être accepté, qu'au détour d'un mot déjà mal interprété, il se jette à corps perdu dans une identification finalement encore plus néfaste pour lui. Il s'est cru valorisé aux yeux de ses camarades, a tout fait pour mais le sens lui échappe. Heureusement, ça finit bien mais est-ce toujours le cas ?

Voici un récit qui mériterait d'être abordé en classe (en cycle 3  et collège) : il permettrait l'amorce d'un dialogue sur un sujet bien tabou mais inquiétant dans les proportions qu'il peut prendre dans la société actuelle.

Phrase célèbre de Gengis Khan reprise par Ludovic
Mongol
Karin Serres
Ecole des loisirs
Collection théâtre
De 9 à 12 ans

Bravo pour le dessin de la couverture !

mardi 26 juillet 2011

Akissi : super-héros en plâtre

Voici le deuxième tome des aventures d'Akissi, "Super-héros en plâtre" que j'ai nettement préféré au premier "Attaque de chats".

Comme le premier, cette bande dessinée pour enfants est constituée de plusieurs petites aventures dans lesquelles, l'héroïne, Akissi, est toujours aussi intrépide et a toujours autant de caractère ! Des bêtises, que des bêtises, mais pas seule tout de même ! Pas de sexisme dans ces BD, au contraire : les garçons n'ont qu'à bien se tenir ! Cela fait du bien dans une littérature jeunesse encore stéréotypée... 

On retrouve aussi très bien l'Afrique, en particulier les quartiers d'Abidjan : les jeux des enfants dehors, l'école, la ville, le rôle important des femmes,...

Le quotidien n'y est pas souvent drôle. 
Du même auteur, j'ai été enthousiasmée par Aya de Yopougon  (BD ados-adultes en 6 tomes).
http://aya-de-yopougon.skyrock.com/ 




Akissi
Tome 1 Attaque de chats
Tome 2 Super-héros en plâtre
Marguerite Abouet
Dessins de Mathieu Sapin
Editions Gallimard
A partir de 6 ans

lundi 25 juillet 2011

Deux petits pas sur le sable mouillé

J'ai hésité au départ à lire ce témoignage, par peur de voyeurisme sans doute mais aussi parce que c'est toujours très bouleversant. N'importe quel parent redoute que son enfant parte avant lui. 
Pourtant, je l'ai lu d'une traite, sans éprouver le moindre besoin de m'arrêter : ce témoignage est tout simplement beau. On en sort paradoxalement gonflé de bonheur. Etre parent, c'est le "métier" le plus difficile du monde. Et on n'y est jamais assez préparé. Ce n'est pas ce récit qui dira le contraire. 

Tout réussit à Anne-Dauphine et Loïc dans la vie mais ils apprennent le jour des 2 ans de Thaïs qu'elle est atteinte d'une maladie orpheline très rare, dans sa forme infantile la plus grave. Leur petite fille n'a que quelques mois à vivre. Dans le même temps, la maman est enceinte de 5 mois : les parents savent que le futur bébé risque d'être porteur de la maladie aussi. Azylis naîtra mais pour lui donner toutes ses chances, elle va subir une greffe de moelle osseuse pour essayer de prendre de vitesse cette maladie. Le couple a un petit garçon de 4 ans, Gaspard ,d'une réflexion toute en finesse sur ce qu'il vit dans sa famille. Un sacré petit-grand bonhomme. Durant une année, entourés de leur famille et de leurs amis (et quel soutien magnifique !), le couple va porter leurs deux filles, leurs princesses : l'une vers la mort, l'autre vers un espoir de vie normale. Et on suit leurs doutes, leurs joies, leurs choix douloureux mais toujours dans la dignité et le respect de valeurs profondément ancrées, même si souvent tout est chamboulé. Les enfants apprennent à leurs parents à devenir parents et les parents apprennent à redevenir les enfants qu'ils ont été. Atteindre la souffrance de l'autre, essayer de la comprendre et de l'accepter en même temps que sa propre douleur : c'est magnifiquement évoqué.

Ce témoignage est un vrai récit d'Amour, sans pathos exagéré, bien au contraire.

Merci à vous cinq pour cette belle leçon de vie : "Il faut ajouter de la vie aux jours, lorsqu'on ne peut plus ajouter de jours à la vie". 
Anne-Dauphine Julliand a écrit ce livre pour présenter à Arthur, le petit dernier de la famille, la soeur qu'il n'a pas connue...

Deux petits pas sur le sable mouillé
Anne-Dauphine Julliand
Les Arènes

http://www.arenes.fr/spip.php?article2046

dimanche 24 juillet 2011

Le Ginkgo : le plus vieil arbre du monde

Pour en avoir deux à la maison (un qui a 16 ans et l'autre 5 ans), je partage la fascination pour cet arbre hors du commun, très original et très résistant.

Alain Serres, aux éditions Rue du monde, vient de consacrer un superbe documentaire à cet arbre millénaire dans la collection "Grands portraits". 




Quatrième de couverture : Le ginkgo a résisté au temps et à tous les cataclysmes. Il ne craint ni les radiations nucléaires ni la pollution des villes. Et ses feuilles, qui prennent en automne la couleur de l'or, dessinent des petits éventails inspirant bien des artistes...
Voici la fabuleuse histoire de l'arbre qui, depuis des millénaires, fascine les humains.

Le ginkgo est le seul arbre à avoir survécu à la bombe atomique d'Hiroshima ainsi qu'au tremblement de terre et tsunami de Sendaï. On l'appelle aussi l'arbre aux mille écus.
La première partie de ce livre nous raconte son histoire et la fin présente une partie documentaire.

Je vous cite la page 17 : "Une feuille presque en coeur, presque en éventail. Une feuille divisée en deux qui n'en forme qu'une, vert tendre en été, dorée en automne. Le Ginkgo biloba semble réunir l'instant présent et l'éternité, la douceur de la lune et la vigueur du soleil".
Si vous en avez l'occasion : allez à Strasbourg, place de la République, de magnifiques ginkgos vous offriront leur ombre. La nuit, avec l'éclairage, c'est magique !

Le Ginkgo : le plus vieil arbre du monde
Alain Serres 
Illustré par Zaü
Rue du monde
Collection Grands portraits


samedi 23 juillet 2011

Chi : une vie de chat

Je ne suis pourtant pas particulièrement fan de manga... (mais j'en lis quand même !).

Mais cette série a pour héros : 
-un chat (animal que j'adore !), 
-il se lit à l'endroit, 
-il est en couleurs,
-il n'est pas violent, 
-le papier est de bonne qualité (pas papier WC), 
-il peut faire l'unanimité chez les filles et les garçons (no comment...).
 
Bref, J'ADORE ! (^-^)

Chi est une petite chatte très attachante : dans le premier tome, elle perd sa maman et ses frères et soeurs au cours d'une promenade. Elle est recueillie par une famille adorable (papa, maman et un petit garçon nommé Yohei). Ils prennent un risque d'expulsion car les chats ne sont pas admis dans leur immeuble. Au cours des différents tomes, on suit les aventures de cette petite chatte dans sa découverte du monde. Pour celles et ceux qui ont un chat, vous reconnaîtrez parfaitement les traits de caractère de cet animal certes très indépendant mais aussi très attaché à ses habitudes.



Chi : une vie de chat (tomes 1-2-3-4-5-6-7...)
Konami Kanata
Glénat Kids

Chi, c'est trop MIGNON et je ne suis pas la seule à le penser !

 Alias Chi (dans la vraie vie !
non, non, ce n'est pas son vrai prénom !)
lit.. CHI !
Mais...c'est moi, non ?


Marre de l'amour

Pas mal, pas mal du tout ce petit roman ! 

Pierrot trouve franchement que ses parents s'aiment trop : toujours à se bécoter, à se papouiller, à se regarder...C'est énervant à la fin ! Surtout que dans sa classe, toutes ses copines et copains ont des parents divorcés et qu'ils ne s'en tirent pas si mal que ça ! Même sa maîtresse est divorcée, c'est dire...

Bref, notre petit héros trouve qu'il dénote dans le paysage et que ses parents ne sont vraiment pas normaux. Il va donc échafauder avec ses p'tits camarades des plans pour faire en sorte que ses parents divorcent...
Sauf que sa maman vient de trouver un travail et que les relations familiales deviennent du coup un peu tendues. Pas facile d'être la seule à faire bouillir la marmite, alors que son conjoint plane toujours dans ses rêveries...
Pourtant, elle va vite regretter la "vie d'avant", du temps où tous deux étaient insouciants et poètes. Pierrot aussi...

Je ne vous raconte pas la fin...
Lisez ce petit roman où les regards d'enfants sur le monde bien bizarre des adultes sont très affutés. Beaucoup d'humour et de légèreté filtre de ces pages mais  aussi beaucoup de profondeur sur les relations amoureuses. Certains passages sont absolument délicieux ! 

A lire à partir de 10-11 ans.


Marre de l'amour
Maud Lethielleux
Editions Thierry Magnier

jeudi 21 juillet 2011

Le slip de bain ou les pires vacances de ma vie

Je sais, il ne fait pas beau en ce moment, pas un temps à mettre un maillot de bain et pour certains l'été 2011 s'apparente aux "pires vacances de leur vie !".

Mais ouvrez ce petit bijou d'enfance....
C'est drôle, tendre, touchant, juste...
"J'ai presque huit ans, je m'appelle Michel et croyez-moi, c'est pas facile tous les jours de porter un prénom pareil". 
Michel part en vacances pour une semaine chez son papi et sa mamie pendant que ses parents préparent le déménagement. Son grand frère Martin, douze ans, ira lui en Angleterre chez son correspondant. C'est la première fois que Michel part sans sa maman, et son papi lui fait un peu peur...En plus, il partagera la semaine avec ses grands cousins, Jean, Edgar et Hector.
Bref, pas facile, beaucoup d'appréhension pour Michel...d'autant qu'il est de coutume dans la famille, l'été des huit ans, de plonger à la piscine du plongeoir de 3 mètres...mais Michel a un souci avec son "slip" de bain !

Voilà, le décor est planté : mais cet album, c'est plus que ça. C'est l'enfance à l'état brut, avec ses peurs et ses doutes qui paraissent insurmontables du haut de ses jeunes années. Et puis, finalement, c'est aussi s'apercevoir qu'en l'espace d'une semaine, on peut grandir beaucoup...

Un grand merci à Charlotte Moundlic et à Olivier Tallec pour ce concentré de bonheur....même si le temps n'y est pas, ça réchauffe le coeur !

Le slip de bain ou les pires vacances de ma vie
Charlotte Moundlic 
Illustré par Olivier Tallec
Père Castor

mardi 12 juillet 2011

Rien de plus précieux que le repos

"Rien de plus précieux que le repos" : en cette période de vacances, et pour celles et ceux qui ont la chance de pouvoir changer d'air (car ce n'est pas le cas de tout le monde, y compris pour des enfants), cette phrase titre doit résonner comme un état permanent...en attendant le retour aux contraintes de la vie quotidienne...
Pourtant, ce premier roman nous parle de tout autre chose : la valeur du peu de repos qu'il leur reste, ce sont des esclaves qui l'évoquent au temps de la guerre de Sécession. Leur vie est dure et inhumaine dans les plantations de coton. Les propriétaires terriens arrogants et avides d'argent. Pourtant, dans ce monde de brutes, Tommy, jeune esclave de 17 ans, va un matin croiser son destin...en la présence d'un chou sur son chemin. On assiste alors à la naissance du jeu de pied entre camarades d'infortune, à l'esprit d'équipe et à l'exhortation à la victoire. Les propriétaires vont tenter de tirer profit de cette aubaine, mais les esclaves vont grâce à ce jeu retrouver leur liberté de mouvement, leur liberté de penser et leur libre arbitre. La route vers la dignité leur est ouverte jusqu'à l'abolition de l'esclavage que deux d'entre eux vont vivre historiquement.

Cette fable sur la conquête de la liberté est magnifique, alternant tableaux dramatiques et humoristiques.
Je ne suis pourtant pas férue de football mais ce livre m'a poussée à faire des recherches sur ses origines.

Rien de plus précieux que le repos est le premier roman de Yamina Benahmed Daho. Elle a participé à l'ouvrage "Femmes et sport : regards sur les athlètes, les supportrices et les autres", également aux éditions Hélium, maison d'édition aux créations originales et que je vous recommande : http://nouvelles-des-livres-helium.blogspot.com/
L'illustration de couverture est signée Joëlle Jolivet.

Rien de plus précieux que le repos
Yamina Benhamed Daho
Ill. par Joëlle Jolivet
Editions Hélium


dimanche 3 juillet 2011

Départs d'enfants

Fin d'année scolaire et départs vers d'autres horizons : départs en vacances, déménagement, adieux pour certains,...La vie est remplie de départs, de séparations, de ruptures, qu'on espère toujours synonymes d'un ailleurs plus beau, plus riche, plus intense,....Mais ce n'est pas toujours le cas...certains départs sont définitifs, d'autres sont pleins de retrouvailles...
"Départs d'enfants" est un de ces livres, qui à travers une trentaine de petites situations vues à hauteur de plus ou moins jeunes enfants, trouve écho au plus profond de nous : c'est plein de rires, de larmes, d'émotions, de silences, de peurs, de vécu...

 Les illustrations de Gaëlle Charlot ajoutent sans conteste une note unique et sensible à ces textes et dialogues où chacun pourra se reconnaître.

J'ajoute que cette collection "En queue de poisson" aux éditions de L'Atelier du poisson soluble mérite une plus large audience. Et pourquoi pas une adaptation théâtrale ? (peut-être l'année prochaine, à suivre...)

Départs d'enfants
Nicolas Gerrier
L'atelier du poisson soluble
Coll. En queue de poisson

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...