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mercredi 29 juin 2011

Le livre qui fait aimer les livres même à ceux qui n'aiment pas lire !

Alors là ! si après ce livre, il y a encore quelqu'un qui n'aime pas lire ! mais après tout, c'est son droit !

Grâce à l'humour bien décalé et impertinent de l'auteure, ce livre (parce que c'en est un aussi !) donne des raisons fort justes à tous les récalcitrants (les zenfants et les zadultes d'ailleurs !) d'ouvrir au moins une fois dans leur vie cet amas de pages : lire, ça rend intelligent, ça fait grandir plus vite, ça ne fait pas grossir, ça aide à être bon en orthographe, ça améliore le vocabulaire, ça masse l'imagination, ça ne tombe jamais en panne (pas comme l'ordi), pas besoin de télécommande (pas comme la télé), c'est bourré d'émotions et c'est bon pour le moral,...bref, en ce temps de crise, LISEZ !!! 

Comme toute bibliothécaire jeunesse soucieuse de communiquer le plaisir de lire à la jeune génération, j'ai décidé de faire trôner fièrement ce livre sur le bureau d'accueil de l'espace jeunesse : on verra bien si après ils ne liront pas !

Mais pour qu'un enfant lise, il faut qu'autour de lui, on lise aussi : ça y  est ! je continue le livre ...qui fait aimer les livres ! Mme l'auteure, vous l'avez oubliée cette raison-là !

Le livre qui fait aimer les livres même à ceux qui n'aiment pas lire !
Françoize Boucher (texte et illustrations)
Editions Nathan 
Hors collection


lundi 27 juin 2011

Dans la mer il y a des crocodiles

Ce livre relate l'histoire vraie d'Enaiatollah Akbari, jeune garçon afghan d'à peine dix ans que sa mère abandonne au Pakistan pour le protéger des Talibans. Commence pour lui un périple de cinq ans pour rejoindre l'Italie, en passant par l'Iran, la Turquie et la Grèce. C'est là que l'auteur, éducateur, l'a rencontré et bouleversé par son récit, il décide d'écrire ce livre à deux voix et quatre mains.

Bouleversés, vous le serez aussi : ce petit bonhomme, balancé dans la vie malgré lui, va faire preuve d'une incroyable faculté d'adaptation, d'un espoir sans faille et d'une maturité étonnante. Sans doute est-ce cela l'intelligence. Il aura aussi de la chance....mais qu'est-ce-que la chance quand on est réduit à s'en remettre à elle seule ?

Les dialogues entre Enaia et Fabio donnent parfois ceci :
-"McDonald's ? 
-Oui, McDonald's. 
-C'est drôle. Parfois, tu dis des choses comme il n'était pas plus haut qu'une chèvre, mais d'autres fois tu fais des comparaisons avec McDonald's ou le base-ball.
-Pourquoi c'est drôle ?
-Parce que ces choses appartiennent à des cultures différentes, à des mondes éloignés. Du moins, il me semble.
-Même si c'était vrai, Fabio, maintenant ils sont tous les deux en moi, ces mondes."
C'est ce qui est emblématique de ce récit : on se dit que le monde est pourtant grand mais il parait si petit aussi...
Un récit en tout cas très émouvant, parfois dur, mais aussi magnifique sur la faculté de l'être humain à survivre.

Dans la mer il y a des crocodiles
Fabio Geda
Liana Levi

mercredi 22 juin 2011

Pas de pitié pour les baskets

Un album ...sur les baskets...pourquoi pas ?

Joseph fantasme sur les baskets Mike Air repérées au centre commercial. Seulement voilà : il faut attendre que les autres soient usées (ça, c'est sa maman qui le dit : vous vous reconnaissez ?...) et Ô miracle, un mardi, à la récréation, une des baskets capitule à la faveur d'un match de foot très disputé. Joseph jubile...sauf que sa maman ne lui rapporte pas du tout, mais alors pas du tout, les baskets de ses rêves !!! A l'école, il le sait, ce sera "trop la honte !", sauf que ces baskets vont se révéler plutôt "magiques"...

Je n'en dis pas plus : cet album est très drôle, le ton et les illustrations sont impayables, on voit que c'est du vécu !
Pour un premier album, c'est très réussi.

Pas de pitié pour les baskets
Joy Soman et Olivier Tallec
Hélium

mardi 21 juin 2011

Diapason

En ce jour de la fête de la musique, voici un "livre" qui lui rend hommage...

"Diapason" est un leporello (définition : technique de pliage des pages d'un livre), un livre accordéon de 50 pages...

Un livre qui se déploie comme les ailes d'un oiseau, au rythme d'un petit chef d'orchestre perché sur de grands arbres. La fin : un clin d'oeil...

Comme disait Nietzsche : "Sans musique, la vie serait une erreur". 

Ouvrez ce chef-d'oeuvre et vous entendrez la musique dans le bruissement des ailes des oiseaux...

 
     Cet hymne à la nature est tout simplement grandiose !


Laëtitia Devernay
La Joie de lire

samedi 18 juin 2011

Supermoyen-Elliot peut mieux faire

Fin juin approche et sa ribambelle d'examens....synonyme de stress !
Deux romans jeunesse qui abordent chacun à leur façon la confiance en soi et la résistance aux pressions parentales...


Le premier, pour les plus jeunes, nous parle d'Alexandre, un petit garçon pas vraiment sûr de lui puisqu'il se trouve "supermoyen" en tout. Il aimerait bien se distinguer un peu du lot, au moins arriver à la tête des moyens de sa classe. Pas si facile...jusqu'au jour où une "CHOSE" arrive dans son appartement, offerte par son parrain. Cette chose a des touches noires et blanches et elle va lui changer la vie...
Ce roman de Susie Morgenstern et illustré par Claude K. Dubois aborde avec finesse et sensibilité l'estime et l'affirmation de soi. Car il ne faut pas croire : nos chères têtes blondes sont aussi soumises à cette pression.

C'est justement ce thème de la pression parentale qu'aborde "Elliot peut mieux faire" : Elliot est un garçon en classe de CM2, paralysé par la pression de son père. Celui-ci reporte sur son fils sa propre frustration de ne pas avoir pu être médecin. Il lui impose donc un rythme infernal sans se rendre compte qu'il obtient exactement le contraire : Elliot perd tous ses moyens, est partagé entre la peur de décevoir son père et l'envie d'être un garçon comme les autres. Heureusement, un enseignant remplaçant va mettre le doigt sur cet engrenage : il découvre le talent d'Elliot en dessin et au détour d'un atelier bande dessinée en classe va permettre à Elliot de faire admettre à son père qu'il se trompe.
Un roman réaliste où bon nombre d'enfants et j'espère de parents vont se reconnaître.

Sélectionné dans le Prix Bois Fleuri catégorie Lecteur en herbe (10-12 ans).



Supermoyen
Susie Morgenstern
Ecole des Loisirs coll. Neuf

Elliot peut mieux faire
Chantal Cahour
Oskar jeunesse

lundi 13 juin 2011

Rien qu'un jour de plus dans la vie d'un pauvre fou

Il devait surveiller sa petite soeur au square, mais à dix-sept ans comment résister lorsqu'une jolie femme vous demande gentiment de l'aide. Au retour, Elise a disparu... Dix ans plus tard, à l'autre bout de la France, Laura, treize ans, disparaît à son tour. Jean-Alain, " le pauvre fou " dit Linlin, est le coupable désigné, obnubilé qu'il est par les jupes, les shorts ultra courts et les décolletés plongeants de la jeune fille. Jamais, jamais, la vérité n'est aussi simple qu'elle paraît, les pauvres fous le savent, mais qui les entend ? 




Biographie de l'auteur

Jean-Paul Nozière a enseigné pendant deux ans l'histoire-géographie aux filles dés classes de première du lycée Malika-Gaïd de Sétif (Algérie), ce qu'il n'est pas près d'oublier ! Il a été longtemps documentaliste dans un collège de Côte-d'Or. Il est l'auteur d'une cinquantaine de titres pour adolescents et de treize romans policiers pour adultes.

J'ai terminé ce roman difficilement : c'est assez frustrant quand on a tout deviné de l'intrigue rapidement et  d'être "obligée" de finir le livre pour voir si on a tout juste !
J'ai trouvé aussi que ce roman contient beaucoup de longueurs : je me suis donc ennuyée à sa lecture. Spontanément, j'ai envie de me mettre du côté de Freddy car sa souffrance et sa culpabilité sont si lourdes à porter alors qu'il était si prêt du but ! Je sais que moralement, ce n'est pas louable comme prise de position mais je ne sais pas comment je réagirais dans la vraie vie si une telle histoire me tombait dessus ! J'ai trouvé aussi certains dialogues peu crédibles, beaucoup de caricatures, de jugements à l'emporte-pièce.
Bref, vous l'avez compris, je n'ai pas été emballée par ce dernier Jean-Paul Noziére.

Mais il n'y a rien de plus subjectif que la lecture, non ?

Rien qu'un jour de plus dans la vie d'un pauvre fou
Jean-Paul Nozière
Editions Thierry Magnier


Comme thriller psychologique, je conseille plutôt :

Le tueur à la cravate
Marie-Aude Murail
Ecole des Loisirs coll. Médium

Excellent !

samedi 11 juin 2011

Le monde de Marcelo

Marcelo (ça se prononce comme Marcel en ajoutant le o) est un jeune adulte autiste, atteint du syndrome d'Asperger. Il développe donc des "passions particulières" dans lesquelles il excelle. C'est lui qui raconte l'histoire : intégré dans une école spécialisée où il est sur le point de devenir le responsable des poneys (cette école pratique l'hippothérapie pour enfants autistes comme lui) et où il a fait toute sa scolarité, sa vie est sur le point de basculer au cours de l'été qui arrive. Son père, Arturo, avocat de grande renommée dans un non moins grand cabinet de Boston a du mal à accepter la différence de son fils. Pour l'été, il lui propose donc un deal : afin de confronter son fils au "monde réel", ce qu'il estime être grand temps de faire, il lui propose de travailler dans son cabinet d'avocat, ô combien impitoyable, au service courrier avec Jasmine. Si tout se passe bien, il pourra poursuivre à Paterson (l'école spécialisée) ou si cela se passe mal, Marcelo sera obligé de poursuivre son année dans un lycée dit "normal". Marcelo hésite mais il n'a guère le choix. Il accepte. Mais sa confrontation avec le monde réel va le faire évoluer dans un sens que lui-même et surtout son père n'auraient pas soupçonné...
Ce personnage est très attachant : on suit ses hésitations, ses raisonnements très pertinents, le cheminement avec Jasmine, son regard sur le monde réel dont il dit p. 365 : "Toutes les souffrances dont j'ai été témoin à Paterson ne sont rien comparées à celles que les hommes s'infligent dans le monde réel".
C'est un roman touchant, optimiste et plein d'humanité.

Le Monde de Marcelo
Francisco X. Stork 
Gallimard jeunesse

jeudi 9 juin 2011

Tu verras

Envie de lire un peu de littérature adultes....

"Tu verras" n'est pas un livre gai mais un livre profond : un père divorcé vient de perdre son fils de 12 ans dans un accident incompréhensible de métro.
On assiste, impuissant mais touché, à cette absence intolérable mais aussi aux regrets que le père exprime : regrets d'avoir loupé certaines choses avec son fils, pourtant son bien le plus précieux au monde, et de se rendre compte qu'il reproduit les erreurs de son propre père. Cette mort est pour lui le révélateur de ses propres échecs, de ses choix de vie, de ses amours ratées. La douleur l'assomme mais il va jusqu'au bout de son introspection : il veut analyser, comprendre jusqu'à ce qu'il s'aperçoive, au détour d'un voyage en Afrique, qu'il n'y a rien à comprendre. Une femme, témoin de l'accident, va entrer en relation avec lui et va finalement l'aider à accepter. Je n'irai pas plus loin. Le livre, guère plus, d'ailleurs.
L'écriture de Nicolas Fargues est magnifique. Toute en retenue mais aussi très détaillée. Des phrases très longues qui reflètent parfaitement l'état d'esprit de ce père perdu sans son fils. 

Tu verras
Nicolas Fargues
P.O.L
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