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vendredi 30 septembre 2016

Le bain de Berk

Berk (le revoiloù !) porte vraiment bien son nom....Non, ce n'est pas un enfant mais un doudou, posé sur le rebord de la baignoire par son jeune propriétaire, le temps qu'elle se remplisse parce que bien sûr, vous l'avez deviné, c'est l'heure du bain.

Comme dans Le Mange-doudous, Julien Béziat s'amuse à faire rapporter l'histoire par l'enfant qui la tient du doudou lui-même et tenez-vous bien, quelle aventure !

Car... Berk est tombé dans l'eau : PLOUF !
Les autres jouets sur le rebord, affolés (et c'est peu dire ! ), ont tour à tour tout essayé pour le sauver car en plus, Berk s'exprime dans un galimatias indéchiffrable. Mais il semblerait qu'à chaque fois, il les prévienne d'un degré supérieur de sa noyade annoncée...

Je ne dirais rien de la chute absolument irrésistible qui va à coup sûr déclencher les fous rires des petits lecteurs !

Des pleines pages en gros plan sur les protagonistes, c'est comme si on y était, les tourbillons du siphon et les éclaboussures avec : drôle, malicieux, rafraîchissant !

Certaine que bien des doudous vont s'y essayer...

Quand le quotidien est croqué avec humour, on ne s'en lasse pas !

Retrouvez les avis d'A lire aux pays des merveilles et de La littérature enfantine


79 ème album/100 pour le Challenge je lis aussi des albums 2016


Le bain de Berk
Julien Béziat
Pastel

mercredi 28 septembre 2016

Jonas dans le ventre de la nuit

Un titre bien trouvé et qui renvoie à une seconde naissance pour ce jeune garçon en famille d'accueil :  Jonas qui s'est pris d'affection pour le vieil âne du voisin Sorgo. Pour le sauver de l'abattoir-son maître se résout à cette solution sans envie pourtant-Jonas part au crépuscule, sans réfléchir, la longe de l'animal à la main, geste qui s'impose à lui. En chemin, il rencontre aux abords de sa maison isolée Aloyse, ce garçon au prénom de fille, maladroit, moqué par ceux de sa classe. Jonas lui aussi est à part dans cette classe, montré du doigt par le comportement de sa mère, qui a craqué. C'est le début pour les deux garçons d'une longue ascension au cœur de la forêt, dans la montagne, alors que la neige commence à tomber. Il fait froid, la nuit enveloppe tout, mais cet atmosphère devient propice aux confidences avec pudeur. Ils apprennent beaucoup l'un sur l'autre. Aloyse sait où il va, c'est son secret et Jonas s'abandonne à ce choix sans retenue.

Ce que j'ai aimé ces pages ! Il y souffle une réelle humanité et complicité entre deux jeunes garçons qui se découvrent avec beaucoup de respect et une bonne dose d'humour malgré la peur qui les étreint et la volonté absolue d'arriver jusqu'au jour, en compagnie de cet âne qui les a réuni et dont la chaude et nonchalante présence les rassure.

Avec leurs mots, ils parlent de leurs maux, partagent leur souvenirs déjà lourds de sens et renaissent finalement à la vie en embarquant avec eux des adultes enfermés dans leur propre dignité.

Une écriture d'Alexandre Chardin toute en poésie et sensibilité.

C'est beau, touchant, sensible, presque irréel mais si réaliste à la fois.
Au bout de la nuit, une autre vie...


11/18 Challenge 1% Rentrée littéraire

Jonas dans le ventre de la nuit
Alexandre Chardin
Thierry Magnier
Existe aussi en version numérique

lundi 26 septembre 2016

Le joyeux abécédaire


Après l'excellent "Bric-à-Brac", revoici les collections de petits objets dénichés ça et là et franchement joyeux, il l'est cet abécédaire !

Comme tout abécédaire qui se respecte, l'alphabet est égréné lettre par lettre mais son originalité se situe dans la fantaisie des petits objets mis en scène avec des petits commentaires pour les décrire de façon succincte et humoristique, avec des associations d'idées bien trouvées. Des mises en scène différentes qui créent la surprise sur chaque page, c'est esthétique, ludique et instructif !

Le travail éditorial est remarquable, une bien belle présentation soignée, brillante, vitaminée et qui donne le relief aux objets : on pourrait presque les saisir entre nos dix doigts pour les ramener à la réalité et jouer directement avec ! On peut reprendre ce livre à tout moment et découvrir de nouvelles entrées, rien n'est figé.

 J'ai été heureuse des retrouver des objets de mon enfance et moi qui aime aussi arpenter les vide-greniers, je conçois tout à fait la joie de dénicher ces petites trouvailles.

Réellement "Un joyeux abécédaire qui sort de l'ordinaire" !


78 ème album/100 pour le Challenge je lis aussi des albums 2016


Le joyeux abécédaire
Maria Jalibert
Didier jeunesse


vendredi 23 septembre 2016

Songe à la douceur

Il bat des records médiatiques ce roman....et je m'en méfie toujours un peu. Et puis, Les Petites reines ne m'avaient pas convaincue...mais puisqu'il s'est retrouvé sur mon bureau presque par hasard au boulot, alors je l'ai embarqué le temps d'un week-end et j'ai été embarquée moi aussi ! 

Déjà remettre au goût du jour le roman de Pouchkine "Eugène Onéguine", écrit en strophes rimées, et mis en opéra par Tchaïkovski, il fallait y penser et surtout oser !

Un titre emprunté à L'invitation au voyage de Charles Baudelaire qui lui va à merveille, dans ses arabesques rouges toutes en rondeur et volutes. En plus.

Eugène et Tatiana se revoient dix ans après par hasard. ...Ils avaient 17 et 14 respectivement lors de leur première rencontre.
Et ils se retrouvent dans les affres de l'amour avec les doutes, les angoisses, la relecture des événements passés (parfois dramatiques) et leur vie respective à gérer avec leurs choix de vie (pour T) ou leur soumission à la vie (pour E) et ce que l'accueil d'un amour encore vivant pourrait bouleverser alors...

Romantique à souhait, d'une touchante beauté, ce roman est égayé de la verve si propre à l'auteure avec des scènes sur l'apport (ou non) des nouvelles technologies (SMS, Google, Skype,...) d'un humour décoiffant et si réaliste sur nos us et coutumes contemporains.

On pourrait dire que ce sujet a été maintes foi rebattu dans la littérature mais Clémentine Beauvais rappelle ici combien l'amour fait tourner le monde. Les adultes qui vont lire ce roman vont retrouver des situations vécues avec délice et les adolescent(e)s d'aujourd'hui aussi mais avec un bond en avant de ce qui pourrait les attendre et ma foi, des façons leur soufflant comment s'y prendre !

Mais la véritable prouesse de ce roman se situe dans sa présentation : des vers libres, une typographie particulière (quel travail éditorial !) qui rend le lecteur acteur des sentiments et des situations à un point jamais égalé. J'ai eu littéralement l'impression de sauter sur les mots tel un petit personnage invisible, prenant la voix de la narratrice qui vous interpelle à plusieurs reprises, et j'ai aimé danser sur cette dentelle de mots, en écouter le rythme, me mettre à son diapason, en ressentir chaque vague, tomber, me relever, m'étirer. C'était divin cette musicalité et ce mouvement induits par cette forme novatrice. On s'y sent lové comme dans une épaisseur douce et enveloppante. Sans cette forme audacieuse, le roman n'aurait pas la même originalité.

Et puis quelle histoire ! Légère, brillante, profonde, émouvante : On a plusieurs vies pour aimer et chacun y met ce qu'il y veut, même face à l'ennui, à l'usure du temps. Du moment qu'il soit heureux...

Une bien belle évasion, une gourmandise à savourer et à relire !




Songe à la douceur
Clémentine Beauvais
Sarbacane
Exprim'

mercredi 21 septembre 2016

Coup de vent

C'est l'automne !
Déjà !
Allons, essayons de lui trouver quelques attraits !

Voici un album qui célèbre le vent à travers une écharpe perdue et retrouvée qui n'est pas sans rappeler quelques contes randonnées...

Un ours perd son écharpe dans la neige et comme le vent souffle, elle s'envole !
Elle va rencontrer le chemin des animaux de la forêt qui tour à tour vont en faire usage chacun à sa façon : un turban, du saut à l'élastique, un saute-arbres, ...bref des usages assez incongrus souvent mais pourquoi pas ? Sauf que chacun va la vouloir à un moment donné pour lui seul et évidemment, elle ne va pas résister aux assauts bagarreurs de toute cette horde ! Une chute toute solidaire qui rabiboche tout le monde dans un bel élan de générosité. 

Ce que j'aimé dans cet album, c'est le mouvement très bien traduit dans le dessin de Matthew Cordell : une bonne dose d'humour et de dérision dans les attitudes des personnages, on entend presque les bruits qu'ils font puisque le seul texte se résume à l'alternance de "Perdu"/"Trouvé", ce qui laisse très largement la place aux illustrations de s'exprimer. Et puis, c'est un album qui permet d'entrer dans le jeu physique sans trop peiner, bien calé dans son canapé :)

Un album désopilant sur fond d'histoire classique et on ne boude pas son plaisir !


77 ème album/100 pour le Challenge je lis aussi des albums 2016


Coup de vent
Marsha Diane Arnold
Matthew Cordell
Didier jeunesse

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