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mercredi 22 mars 2017

minute papillon !



C'est l'histoire d'une chenille...qui se prend pour un ogre !

On a un peu de mal à la croire vu sa taille mais ma foi, elle mange tout ce qu'elle trouve dans le jardin où elle se trouve. Elle prétend ne pas aimer du tout les légumes et les fruits de ce jardin, préférant manger des animaux. 

Des planches en regard page de gauche (comme celles de l'école primaire) donnent à voir dans leur encadré le légume ou le fruit en question mais aussi sa figuration suggestive de l'animal que la chenille aimerait bien manger.

De fil en aiguille, celle-ci prend des couleurs, celle des aliments ingurgités, tiens, tiens ! Et devinez ce qui arrive ? 
Mais où est passée la chenille que j'étais ?


Un album écrit et illustré par Gaëtan Dorémus, et franchement quel renouvellement dans l'approche de cette métamorphose !


J'ai beaucoup aimé la richesse de cette proposition dont le soin apporté à l'édition en fait vraiment un très bel objet. 

Ce qui me plait surtout, c'est la multiplicité des lectures que cet album permet : je me vois bien le lire à des petits comme à des plus grands.

Et chacun sait qu'on n'est jamais content de ce qu'on est : parfois, le changement n'apporte pas toujours l'espoir qu'on y mettait.

Et quelle belle découverte des fruits et des légumes !
Avec un titre comme un clin d’œil !

minute papillon ! 
Gaëtan Dorémus
Le Rouergue

lundi 20 mars 2017

Le groupe

Retrouver la plume de Jean-Philippe Blondel est toujours un plaisir.

Et cette fois, il nous parle d'écriture, du processus de l'écriture à travers un atelier qu'il imagine mis en place par un prof d'anglais (tiens tiens...) sous l'impulsion d'une prof de philosophie, sa collègue. Dix élèves de terminale répondent à l'appel. Durant quelques mois, ils se réunissent une fois par semaine dans une salle qui évoque le moins possible une salle de classe. À chaque fois, un exercice d'écriture est proposé avec ses contraintes. 

Le lecteur entre en quelque sorte en effraction dans l'intimité de cette salle où on s'observe dans un premier temps puis on apprend à se connaitre en se dévoilant. 

Un roman chorale où chacun expose finalement ce qu'il est, ce qu'il ressent, ce qui le révolte. La chute est superbement bien amenée par l'auteur. Les adultes jouent le jeu également et on découvre aussi leur fragilité, leurs doutes, leur propre jeunesse qui resurgit.  Les jeunes se projettent donc sur leur avenir alors que les adultes exercent une sorte d'introspection.

Un roman qui ne laisse pas indifférent : une communion de pensées qui abat les masques dans le plus grand respect et qui nous dit l'adolescence dans sa flamboyance.
Très émouvant. 

Et cela m'a donné diablement envie de me frotter aux exercices d'écriture proposés !

Existe aussi en version numérique

Le groupe
Jean-Philippe Blondel
Actes sud junior 

vendredi 17 mars 2017

Clair comme lune


Lola a peur du noir. Quand arrive le soir, il faut allumer toute la maison. Le jaune, elle aime bien. Cette lumière chaude qui en émane, ça la rassure. Comme le soleil. La maman a alors l'idée de lui faire apprivoiser les bruits de la nuit en la menant sur la balancelle sur la terrasse. Lola observe cette nuit qui lui fait si peur et elle s'aperçoit que la nuit est pleine de vie. Elle a sa propre lumière : celle de la lune qui éclaire, un peu plus pâle que le soleil. Mais elle veille sur la nuit. Lola s'apaise. Désormais, elle arrive à s'endormir sereinement.

Une histoire sur la peur du noir ici abordée d'une autre façon, assez poétique et tendre. Ce jaune qui envahit les pages contraste avec l'angoisse réelle de la petite fille. Pourtant, elle est entourée (des parents, un chien, une maison rassurante) mais la peur est la plus forte. La maman a alors l'intelligence de se mettre à sa portée et de prendre en compte ce désarroi. Une très belle relation mère/fille dans le dialogue et l'écoute.

Un album très réussi, qui amène les éléments un par un, pour laisser le temps d'observer, de découvrir et de finalement apprivoiser ce noir qui n'est plus aussi effrayant puisqu'il permet le retour du jour.

Apaisant.

Retrouvez l'avis du blog Littérature enfantine

Clair comme lune
Sandra V. Feder
Aimée Sicuro
Didier jeunesse

mercredi 15 mars 2017

Car Boy

Raphaël, dit Raph, attérrit dans la carrosserie de son père. A 14 ans, c'est le choc de le rencontrer et de surtout devoir désormais vivre avec lui. Finalement, ce décor de carcasses vides et cabossées de voitures convient tout à fait à son bouleversement intérieur. Heureusement, sa demi-sœur de 17 ans Mylen va l'aider à supporter le caractère bourru et froid de son paternel qui marmonne plus qu'il ne lui parle. Mais surtout, il y a Kathia, 8 ans , clouée dans son fauteuil roulant. Un vrai ange. Une lumière. Elle va l'ouvrir aux secrets du bonheur.

Voilà pour le décor. Mais il y a aussi dans ce roman les sentiments, les non-dits, les secrets, la pudeur, le souvenir, ....

Tout cela orchestré de main de plume par Anne Loyer, si attentive, si proche de ses personnages. Elle les décortique comme si on pelait une orange mais sans rien enlever de leur saveur.

Un roman magnifique sur les relations humaines, sur nos faiblesses, nos peurs, nos envies, nos entraves. la force de la parole aussi.

Je ne suis pas prête d'oublier ce Car Boy : une fin bouleversante qui me poursuit encore par sa beauté et son accent de vérité. 

Raph naît une deuxième fois sous nos yeux et c'est très émouvant que de le voir repartir sur son chemin de vie. Libéré. Mais sans oublier.

Car boy
Anne Loyer
Thierry Magnier




lundi 13 mars 2017

Le doudou des bois

C'est un drame bien connu de l'enfance : la perte du doudou chéri. C'est ce qui arrive à Georgette, la petite fille de cet album, partie se promener dans la forêt avec son ours gris à la main. Toute occupée par les sensations de ses découvertes dans les couleurs et les odeurs de cette nature automnale généreuse, elle s'aperçoit au moment du coucher qu'elle a oublié ours gris sur un lit de feuilles rouges dans l'immensité. Son doudou est seul. Elle aussi. Le lendemain, bien décidée à le retrouver, elle y retourne mais point de doudou. Volontaire, elle décide de s'en choisir un autre dans cette nature prometteuse : Une feuille ? Une chataîgne ? Une flaque d'eau ?

"Mais ça n'allait pas...Ça n'est pas un bon doudou pour Georgette."

Et puis, tout à coup, oui le voilà celui qu'il lui faut ! Elle le ramène dans sa chambre ...

"Au début, bien sûr, ça n'était pas encore habitué à ce nouveau métier de doudou, ça a voulu s'en aller. Mais Georgette l'a attrapé par un bout et gentiment, reposé là, sur ses genoux.
Ça sentait toujours aussi bon, c'était toujours aussi doux, alors elle le reniflait et frottait son nez et le mâchonnait comme, avant, elle faisait avec son ancien doudou gris."


Et à la dernière page de  dévoiler la nature de ce doudou pas comme les autres...

Angélique Villeneuve aborde là un sujet maintes fois rebattu il est vrai mais elle a su y ajouter une part de merveilleux indéniable qui fait que le lecteur se laisse embarquer par le flot des sensations, des odeurs et par l'alternance du dehors et du dedans, sans inquiétude mais au contraire un sentiment de sécurité protecteur, sans aucune présence d'adultes. Un texte très doux, très musical, très rassurant.

Cet effet est renforcé par les illustrations magnifiquement colorées et tout en contrastes d'Amélie Vidélo (que je découvre), des illustrations qui imprègnent le lecteur d'un certain surnaturel.

Un album qui se situe du coup aussi bien en petite enfance qu'en album pour un peu plus grand.

Le doudou des bois
Angélique Villeneuve
Amélie Vidélo
Sarbacane

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