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mercredi 24 août 2016

Tu ne sais rien de l'amour

Un nouveau roman de Mikaël Ollivier, je ne pouvais pas louper ça !

Roman initiatique, oui, mais bien plus que cela.
Pour moi, il s'agit d'un roman sur la force et les ravages des secrets bien gardés dans les familles, plus par choix que par volonté de nuire. Il y a ceux qui savent et qui ne disent rien et ceux qui ne savent pas que les autres savent. D'ailleurs, doit-on toujours tout dire ? Mais surtout, c'est un roman sur les mystères et la force de l'amour, sur comment on le sublime ou au contraire on le maltraite.

Nicolas et Malina : ces deux-là se connaissent depuis l'enfance. La jeune fille a perdu sa mère, à l'âge de 7 mois, renversée par une voiture A l'adolescence, leurs sentiments évoluent. Pour tous, c'est déjà un couple promis au mariage. Au début, on se dit : oui, ok, et... ? Puis peu à peu, le roman prend une autre épaisseur. Et quelle épaisseur !

A 16 ans, Nicolas va pourtant affronter la vie, bien malgré lui. Lui qui a toujours suivi le mouvement, tout accepté sans savoir s'imposer, ce qu'il regrette, mais il ne sait pas faire autrement. Faut dire que la vie bien réglée de ses parents à la boulangerie, avec ce qu'elle comporte comme contraintes, ne l'aide pas beaucoup. L'imprévu va pourtant surgir : son père boulanger va être rattrapé par une récidive de cancer. Il va surprendre sa mère avec un autre homme dans un restaurant. Il va peu à peu découvrir la face cachée des adultes qui l'entourent et ces révélations découvertes peu à peu vont lui permettre de prendre sa vie en main. 

Un roman bouleversant à bien des égards : dans une écriture sobre mais soignée, dans une construction en flash-backs, l'auteur réussit à englober toutes les facettes de l'amour : sa flamboyance, sa fidélité, ses silences, ses compromis, ses non-dits, ses souffrances, ses trahisons, son caractère inopiné ...Il nous dit surtout de ne pas confondre désir et amour et qu'on a le droit d'aimer plusieurs fois dans une vie à condition d'être honnête avec soi et les autres.

C'est un des aspects le plus intéressant de ce roman : une invitation à écouter son cœur et à la tolérance des sentiments, toutes générations confondues, du moment que l'autre est respecté. On n'est plus dans le fantasme, on est dans le vécu de ce qu'on ressent pour un ou une autre. Avec ce questionnement : sait-on seulement ce qu'aimer signifie ?

A travers ce cheminement, Nicolas va pouvoir accepter ses propres choix et surtout décider de sa vie avec les envies qu'il a, à ce moment de sa vie.

Ce roman, c'est aussi une chute qui boucle la boucle, sur cette révélation finale à laquelle je ne me suis pas du tout attendue mais que j'ai comprise pour l'histoire, pour éclairer cette relation qu'on pense au final assez malsaine entre les deux adolescents mais que j'ai trouvé limite manipulatrice tout de même !

Certains passages sont bouleversants, notamment la mort prématurée du père, non pas vécue comme une fatalité, mais comme un lien indéfinissable malgré la mort grâce à l'accompagnement du fils et de la mère, au-delà des mots prononcés. Cet aspect-là du roman, sur le choix de vie qu'il induit alors pour Nicolas, je l'ai trouvé particulièrement fort, réaliste et quasi sublime.

Un roman qui se déroule à Chartres et sa banlieue, ce n'était pas pour me déplaire, puisque j'y ai vécu 20 ans. C'est toujours agréable de reconnaître des lieux, on s'y balade d'autant mieux.

Un roman pour grands ados et adultes tout de même...et qui englobe avec maestria les enjeux de l'amour sans clichés et surtout sans donner de leçon.

Tu ne sais rien de l'amour
Mikaël Ollivier 
Thierry Magnier

lundi 22 août 2016

Le bateau rouge d'Oscar

Oscar a eu un bien beau bateau rouge pour son anniversaire. Evidemment, c'est le plus beau et ils partagent bien de bons moments de jeux au square. Puis les vacances à la plage arrivent et là, la mer donne une autre dimension à leurs échanges ludiques. Il y a des envies d'évasion vers l'inconnu dans l'air sauf qu'Oscar décrète qu'ils sont bien trop petits. De peur de le perdre, il s'attache à son petit bateau (au sens propre). La fin des vacances va pourtant permettre à Oscar de prendre une décision capitale : en grandissant durant l'été, il accepte de laisser "son" bateau partir vivre sa vie...

Quel bel album pour aborder la possession et la séparation dans leur va-et-vient ambivalent propre à l'enfance !

Le propos écrit par Jo Hoestdlandt est amené progressivement pour permettre au petit lecteur de vivre la situation de l'intérieur et de s'y identifier. Car tout enfant connait ce sentiment-là à un moment donné, que ce soit vis-à vis d'un objet chéri ou d'un animal par exemple. 

Un album rassurant aussi puisque les parents adoptent une attitude bienveillante et laissent suffisamment d'espace au petit garçon pour prendre seul sa décision de grand, au milieu de la fratrie, avec le grand frère et la petite sœur, ce qui a aussi toute son importance dans cette histoire.

Le tout dans des illustrations d'Amandine Piu d'une belle fraîcheur, et qui traduisent le mouvement avec beaucoup de réalisme et des couleurs profondes dans l'alternance des pages, mises en scène différemment.

L'apprentissage de la liberté au quotidien.
Et des décisions, il n'y en a pas que des petites. Surtout à hauteur d'enfant.
Un album idéal en cette fin de vacances !

Coup de cœur ! 



69 ème album/100 pour le Challenge je lis aussi des albums 2016

Le bateau rouge d'Oscar
Jo Hoestdlandt et Amandine Piu
Père Castor


BONUS

Moi aussi, j'ai vu un bateau rouge...mais volant !

©Méli-Mélo de livres

vendredi 19 août 2016

PAL de vacances #6


Je ne sais pas pourquoi mais ces deux romans de la rentrée littéraire jeunesse de fin août ne m'ont pas du tout embarquée...

Trop lents, trop introspectifs, même si je leur reconnais à chacun une certaine singularité : celui de gauche pour le parallèle entre le jeu et la famille où chacun tient un rôle, le tout étant de savoir qui gagne ou perd au final, et celui de droite pour sa force imaginaire. Quelque part, ils se rejoignent.


Sans doute passée à côté...cela arrive....je leur ai pourtant laissé à chacun une seconde chance en les reposant et les reprenant, mais non, la rencontre ne s'est pas faite, tout simplement...

Mauvais joueurs/Julien Dufresne-Lamy (que je remercie pour la dédicace) 
et Le récif /Seita Vuorela.-Actes sud junior

Du coup, j'ai plongé dans celui-ci, lu presque d'une seule traite...
Une bien belle écriture, très philosophique, un roman sur la résilience, la culpabilité, sur ce que nous donne et reprend la vie, sur le deuil, sur les relations aux autres.
Des thématiques très riches, une histoire bouleversante.
Je donnerais un avis plus complet dans une chronique en préparation, il me faut du temps parfois pour trouver les mots...car tout ne m'a pas convaincue non plus dans cette lecture.

La vitesse sur la peau/Fanny Chiarello.-Le Rouergue


Ma PAL de vacances a bien fondu...

Voici mes prochaines lectures :






Des romans que je voulais lire depuis longtemps...







Les chroniques reprennent dès la semaine prochaine !

mardi 16 août 2016

PAL de vacances #5

J'arrive bientôt au bout de ma PAL (déjà !)...mais j'ai plein d'albums à chroniquer et à relire du coup...et de bien belles lectures à suivre...

Celui-ci, ça y est je l'ai terminé et je le chroniquerais donc à sa sortie mi-septembre.
Pas facile d'en parler tant l'histoire se révèle assez complexe et foisonnante !
Un mélange de mythologie, d'eugénisme et d'écologie...rien que ça !
Un peu de mal au début à m'y plonger vraiment mais la fin prend de l'épaisseur et du coup, j'ai bien envie de découvrir la suite ! 

A suivre donc !



Génération K/Marine Carteron.-Le Rouergue.-Epik


Du rouge, encore du rouge, pour une toute autre histoire...qui m'a tourneboulée !
Roman initiatique sur les secrets de famille, sur l'acuité de quitter l'adolescence pour le monde des adultes plein de compromis et de paradoxes, sur la mort et le deuil.
Un roman d'une rare profondeur dont je reparlerais fin août.
La chronique est en cours d'écriture et j'y pèse chaque mot tant la retenue et la sincérité affleurent de ce roman et j'ai envie de les retranscrire au mieux.

Tu ne sais rien de l'amour/Mikaël Ollivier.-Thierry Magnier


Du coup, je replonge dans le bleu avec ce roman que j'avais commencé puis laissé tomber...Assez énigmatique à première vue...
Pas trop envie de lire au début de mes vacances, trop fatiguée, mais c'est reparti !

Le récif/Seita Vuorela.-Actes sud junior

samedi 13 août 2016

PAL de vacances #4

Une PAL de vacances qui grandit avec de l'imprévu, ce n'est pas pour me déplaire :)


J'avais lu ce roman "Hors de moi" il y a quelque temps....et j'avais alors découvert qu'il était la suite de "L'été où je suis né ". Et je m'étais alors dit qu'à l'occasion, je le lirais pour avoir un éclairage complet sur cette histoire de maternité non désirée, d'accouchement sous X menée avec beaucoup de sensibilité par l'auteure Florence Hinckel. Et l'occasion s'est présentée lors du troc du Breiz Bookcamp.

Et j'ai beaucoup aimé découvrir Léo qui, en tombant amoureux, ressent cette béance d'amour liée à l'inconnu(e) de sa naissance. Beaucoup de sensibilité et de retenue. Et je ne suis pas mécontente de les avoir lu dans cet ordre-là.

L'été où je suis né et Hors de moi/Florence Hinckel
Gallimard.-Scripto et talents hauts.-Ego


Après Sally Jones, j'ai commencé la trilogie de la fameuse Marine Carteron ( l'auteure de la série "Les Autodafeurs) , cette fois dans la collection Epik : Génération K. Je n'en suis qu'au début mais déjà, l'auteure n'a pas son pareil pour vous embarquer dans des mondes parallèles bien construits. Pour l'instant, elle campe ses personnages et sème des éléments de son intrigue et je sens bien que je ne suis pas au bout de mes surprises. Même si je trouve l'écriture un peu trop facile...et ce que c'est "agaçant" cette rupture induite par l'alternance des chapitres pour suivre un personnage à la fois ! 
Mais bon, on sent bien que c'est fait exprès !


Génération K/Marine Carteron
Le Rouergue.-Epik
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