Jusqu'ici tout va bien

J'avoue que ce titre m'a un peu "perturbée" pour avoir beaucoup aimé un autre roman du même titre à une virgule près.

J'aime l'écriture de Marie Colot : juste, concise, efficace.

Ce récit lui permet aisément de mettre à profit toutes ces qualités. Mais je trouve que ce récit la hisse à un autre niveau.

Elle fait entrer le lecteur dans la tête d'un jeune délinquant de 15 ans vivant dans une cité avec son lot de petits trafics (surtout de drogue et de vols à la tire).

24h : c'est le temps qu'il lui faut pour raconter cette journée remplie de péripéties en cascade. Il faut dire que Jozef n'en manque pas une !  Le lecteur suit ses déboires, ses questions-réponses, sa souffrance, ses élans, sa tendresse aussi, ses calculs, ses misères, les pièges qu'il s'est parfois tendu lui-même. Il en rit parfois, a envie de lui dire "stop !", devient grave souvent. Et puis surtout, on découvre grandeur nature la vie dans la cité : violence, sexisme, pauvreté, déterminisme, cruauté.

Il y a une charge émotionnelle intense à entrer dans la tête de ce petit voyou qui devient quasiment sympathique et le rend terriblement humain. Il risque cette fois le centre éducatif fermé, il le  sait mais lutte jusqu'au bout. Surtout revoir la belle Amel. Et ne pas décevoir sa petite sœur Ludmilla.

C'est tellement réel jusque dans le dénouement qu'on se croirait dans un film. Du coup, cette fin force l'admiration de ce jeune garçon qui opte enfin pour une bonne décision pour lui. Et le réconcilie aussi avec les autres.

Une écriture cinématographique qui colle parfaitement à ce récit-confession.
C'est à des années-lumière de ma vie mais j'ai beaucoup aimé pour le souci de vérité sans morale.

Pour lire mes autres chroniques de Marie Colot.

Jusqu'ici tout va bien
Marie Colot
Alice jeunesse
Tertio

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