Le jour où le grand chêne est tombé-Les animaux de l'arche

Deux lectures, un album et un roman, avec un point commun : les animaux aident les hommes.




  • Le jour où le grand chêne est tombé de Gauthier David et illustré par Marie Caudry.-Thierry Magnier
Voici un album aux accents indéniables de conte : le chêne immuable du village n'a pas résisté à la dernière tempête. Et c'est une communauté, femmes, hommes, enfants, animaux qui se trouve bouleversée à ce constat. Alors on relève ses manches, même les bêtes sauvages s"y mettent. C'est inconcevable de le laisser à terre, cet arbre qui fait le lien entre tous depuis des générations, qui est une mémoire. Mais rien n'y fait : l'arbre reste à terre. C'est alors qu'intervient le conte dans le conte : la vieille femme raconte la force de l'univers. Un élan nouveau emporte le lendemain toute la communauté au souvenir de cette légende transcendante : la vitalité des mots, de ce qu'ils résonnent en eux, les soudent comme un seul être pour sauver leur arbre. Et ils y arrivent enfin, et alors la joie éclate ! Ne reste de cet épisode que l'empreinte de l'arbre tombé dans le sol, les enfants y jouent désormais, pour ne pas oublier.

Que cette histoire de Gauthier David est belle ! Elle vous tient en haleine, vous émeut au plus haut point dans cette communion de vie pour sauver un symbole de vie et de mémoire !

Cet album recèle aussi une force incroyable dans les illustrations de Marie Caudry, (dont j'avais déjà beaucoup aimé l'album Le loup venu) pleines de mouvements, avec ces dégradés de vert dominants et presque irréels. Il s'en dégage une aura presque mystique.

Magique !


  • Les animaux de l'arche de Kochka et illustré par Sandrine Kao.-Grasset jeunesse
Une toute autre ambiance dans ce roman qui m'a profondément touchée : dehors, c'est la guerre, on n'entend que le bruit des rafales des armes et les habitants n'ont autre choix que de se protéger sous terre. Un semblant de vie s'organise, et comme toujours, la capacité de l'être humain est surprenante à s'adapter au pire. Tuer le temps est le plus difficile, surtout pour les enfants, alors Mademoiselle Razelle, ancienne institutrice, propose :  "Au lieu de trembler comme des feuilles et de rester terrés, que diriez-vous, Khalil, Nabil, Mourad, Princesse des mille et une nuits, si on refaisait ici la grande arche de Noé ? ".
Colle, peintures, agrafes, découpages, chacun s'y met dans un bel élan communicatif pour se découvrir des talents d'artistes. La peur s'éloigne alors le temps de cette trêve créatrice. Les animaux peints sur le mur prennent vie la nuit pour aider les humains à ré-enchanter ce monde dévasté.

Ce roman de Kochka (qui a grandi au Liban) est d'une écriture douce et bienveillante, les personnages nous touchent au plus haut point dans leurs relations et on ne peut s'empêcher de les admirer pour tant de dynamisme dans ces circonstances.

Les illustrations de Sandrine Kao subliment ce texte plein de poésie et d'altruisme, qui plus est, dans un livre à la présentation très soignée qui en constitue un fort bel écrin.

Touchant !

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