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lundi 31 octobre 2016

vendredi 28 octobre 2016

Quand la nuit tombe...

Changement d'heure devenu rituel, la nuit entre davantage
 dans nos vies en cette saison.
Voici des albums tout nouveaux tout beaux
qui l'abordent avec justesse et sérénité.
Que des COUPS DE CŒUR !

*********



Bonne nuit/Mary Lyn Ray et Christopher Silas Neal.-Circonflexe

Un album enveloppant comme une douce couverture bleutée : un parallèle judicieux  en va-et-vient est opéré entre la chambre de la petite fille qui s'apprête à aller se coucher et ce qui se passe dans la nature.  Les animaux alentour se préparent eux aussi au sommeil. Puis la lumière éteinte par papa, un câlin de maman et tout s'endort paisiblement pour atteindre le pays des rêves.

Une approche en douceur pour une nuit non pas angoissante mais rassurante, qui rappelle quelque peu le très remarquable Bonsoir Lune, dans sa succession d'au-revoirs aux objets quotidiens. Il me donne en tous cas très envie de le lire aux enfants...




Quand il fait nuit/ Akiko Miyakoshi.-Syros

Un petit lapin, content de sa journée, est blotti dans les bras de sa maman sur le chemin du retour vers sa maison. Il fait nuit dans la ville. L'occasion de voir, à travers les fenêtres illuminées, que chacun s'affaire à ses occupations à l'approche de ce voile noir. Dans un demi-sommeil, une fois dans son lit, son imagination galope au gré des bruits entendus dans la rue.
Mais  quelle pépite ! Un regard sur un aspect de la nuit et ses lumières qui brillent rendues extraordinairement vivantes par les illustrations en formes de petits tableaux arrondis. Les jeux d'ombres et de lumières sont magnifiques, quasi-réels. Et qui n'a jamais essayé d'imaginer ce qui se passe le soir derrière ces lumières allumées ? Une présentation quasi-cinématographique très réussie.

Une approche en douceur, curieuse mais respectueuse de l'autre et si rassurante car raccrochée à la vie.


Fais dodo bébé souris/Jeongwan Park.-Didier jeunesse

Entrez dans la douceur de cet album qui se lit comme une berceuse, en chuchotant.
"Quand sur le toit bleu de ma maison, La nuit descend,Mon bébé va se coucher tout doucement."
Plusieurs niveaux de lecture sont offerts au regard, plusieurs fils à attraper, à dénouer, à reprendre, une souris doudou comme lien rassurant, on se sent plonger dans les bras du sommeil. Des illustrations au charme désuet avec des collages, une mise en page toute en arrondis, aux tons pastels  : un album pour la petite enfance douillet comme un édredon moelleux. Le lien texte/image se complète à merveille !
Retrouvez l'avis du blog Littérature enfantine


Bonne nuit tout le monde/Chris Haughton.-Thierry Magnier

Où l'on reconnait les couleurs chatoyantes de Chris Haughton, un univers bien à lui : Petit ours n'a pas du tout sommeil. Pourtant, tout le monde a sommeil dans la forêt et baille à qui mieux mieux. Petit ours veut encore jouer mais les petits d'animaux sont trop fatigués. A son tour, Petit ours se met à bailler et hop ! Au lit ! Bonne nuit tout le monde !

Sous une apparente simplicité, cet album rend fort bien ce petit moment entre activité et presque sommeil : on a tous besoin de dormir, le sommeil fait partie de la vie. Les pages découpées permettent d'avancer dans l'histoire et les pages de fin referment une à une ces pages ouvertes. Les petits vont se régaler à souhaiter une bonne nuit à tout ce petit monde pour mieux profiter de ce moment de lâcher-prise après une journée bien remplie.

Un album doux et tonique à la fois, avec des animaux expressifs aux paupières lourdes et des attitudes pleines de tendresse.



BONNE NUIT ! 


lundi 24 octobre 2016

Petites lectures réjouissantes

Voici cinq lectures de romans pour plus jeunes, des nouveautés 
(oui j'aime ça !) que j'ai tout particulièrement appréciées et qui sont idéales à bouquiner en vacances mais pas que...


Quel régal que de retrouver la famille Cerise !
Cette fois, ce sont les vacances mais elles vont être bien mouvementées avec cette course en bateaux comme un défi à relever. 

On retrouve comme dans le tome 1, une aventure pleine de péripéties, des personnages plein de ressources, mais en plus une grand-mère tombée du ciel qui va donner un sacré coup de main à toute cette équipée. 

C'est impertinent, renforcé par les dessins de Maurèen Poignonec pleines de petits détails truculents. Bref, ça décoiffe !

La famille Cerise : la course des guignols/Pascal Ruter et Maurèen Poinonec.- Didier jeunesse, collection Mon marque-page.




Avoir des parents hyper-protecteurs, ça va bien un peu ! Nine, 10 ans et demi, n'en peut plus. Alors quand sa maman trouve un travail, enfin, de l'air ? Dans la précipitation, ses parents embauchent un baby-sitter un peu particulier : aucune expérience avec les enfants, motard, étudiant. Mais Anil va savoir se faire accepter et apporter à Nine la bouffée de liberté à laquelle elle aspire tant. Ce ne sera pas une mince affaire !

Un premier roman très bien vu sur les relations parents-enfants, très bien mené sur les enjeux de l'amour maternel et paternel. J'ai particulièrement aimé sa façon d'amener toutes les raisons des personnages qui les poussent à agir comme ils le font. Et le lâcher-prise qui arrive non sans mal mais avec beaucoup de tact.

Baby-sittor/ Isabelle Renaud.-Thierry Magnier, collection En voiture Simone !


Nathan adore sa grand-mère : elle vit désormais seule dans un petit appartement et passer le week-end chez elle, alors que ses parents partent en amoureux, il aime bien ! Elle a cette façon bien à elle de le faire sortir de son quotidien, de lui parler comme à un grand, de lui préparer mille et une attentions. 

Je vous conseille vivement les romans de Yann Coridian : il a cette façon bien à lui de toucher du doigt avec infiniment de justesse les relations familiales avec ce je ne sais quoi en plus, mais qui appartient toujours à des souvenirs ou des situations que le lecteur a pu rencontrer.

Un petit roman plein de finesse , très agréable à lire.

Mon week-end chez grand-mère /Yann Coridian.- Ecole des loisirs, collection Mouche.





Tanee a 8 ans et elle vit en 2054.
Ce monde ressemble au nôtre, sauf des évolutions technologiques de taille, comme se téléporter ou remonter le temps. Tanee commence à apprendre à lire et c'est trop fastidieux pour elle. C'est en explorant la zone interdite-Lequartier-avec son amie C@ro, qu'elle va faire une découverte qui va lui changer la vie, un drôle d'objet de l'ancienne bibliothèque.

Quel plaidoyer original en faveur de la lecture ! Marie-Aude Murail n'en est pas à son coup d'essai dans le domaine. L'idée de projeter cet acte de lecture dans le futur, avec ces nouvelles technologies envahissantes, peut amener les enfants de 2016 à s'interroger sur la présence de l'acte de lire dans leur quotidien mais surtout s'interroger sur ce que cela peut leur apporter d'essentiel, voire de vital.

Zapland/Marie-Aude Murail.-Ecole des loisirs, collection Mouche.



La maman de Max a décidé d'être famille d'accueil durant les vacances d'été. Alors quand Rachid débarde de sa banlieue en pleine campagne, le moins que l'on puisse dire, est que ça fait des étincelles ! Les deux garçons de 10 ans se toisent, s'affrontent et pas un pour faire le premier pas. La réconciliation pourrait bien venir de Fanny, la voisine, une dame un peu âgée mais qui a les mots pour rassembler.

Un roman qui, en très peu de pages, pose la question de l'accueil de l'autre et tord le cou aux préjugés. Il rappelle aussi combien l'entente ne se décrète pas et qu'il faut un minimum de dialogue. 
C'est bien vu, c'est du Anne Loyer !


Max et Rachid/ Anne Loyer et Morgane David.- Kilowatt


21-25/18 Challenge 1% Rentrée littéraire

vendredi 21 octobre 2016

Contes au carré

Dans mon quotidien de bibliothécaire, je suis souvent à l'affût de nouvelles formes, et plus particulièrement en ce qui concerne les contes.
Car force est de constater que c'est un genre en perte de vitesse, et c'est bien dommage. A part quelques classiques, les enfants d'aujourd'hui ont une vision très partielle de ces récits fondateurs.

Avec ce recueil "Contes au carré", je me régale !
Le principe est extra : 40 contes connus ou moins connus du patrimoine et déjà le sommaire donne une idée puisque chaque conte est représenté par un pictogramme-symbole.
Puis chaque conte est développé sur une page en quatre carrés : une trame légère mais qui permet de retrouver l'essence même du conte en question et une double lecture offerte puisque chaque carré permet de s'affranchir des mots grâce aux symboles sur lesquels peuvent s'appuyer la narration. C'est malin, ludique, expressif, mais surtout cela permet une appropriation sur plusieurs tranches d'âges. Les dessins, très abordables, comme des dessins d'enfants, permettent une appropriation immédiate.

On peut dans un premier temps cacher le texte et essayer de découvrir ou reconnaître le conte juste par les quatre vignettes de dessins, puis lire le texte. Cela donne du coup envie de découvrir les versions intégrales. 



Contes au carré de Loïc Gaume, Editions Thierry Magnier, en librairie le 5 octobre 2016 from Editions Thierry Magnier on Vimeo.

Une lecture en toute liberté, pour se balader avec curiosité et envie dans ce patrimoine si riche et qui favorise sa transmission de façon fort audacieuse et intelligente.

Coup de cœur ! 

Le blog de l'auteur Loïc Gaume

Contes au carré
Loïc Gaume
Thierry Magnier

mercredi 19 octobre 2016

La recette des parents

J'avoue qu'il fallait y penser ! 
Tout le monde (ou presque) connait la recette de fabrication des enfants...
Mais les parents ?

Dans un temps très ancien, le monde était peuplé uniquement d'enfants. Aucun adulte. Les enfants travaillaient dur pour subvenir à leurs besoins : se nourrir, se vêtir,...Mais un jour, une petite fille nommée Olga en eût assez de toutes ces tâches, elle voulait tout simplement jouir de la vie qui s'offrait à elle : alors elle décida de cuisiner une créature. La maman était née. Pour l'accompagner, ce fut au tour du papa d'être créé. Tous deux remplissaient alors le rôle que les enfants venaient de quitter. Cependant, ce monde-là n'était pas encore satisfaisant. Beaucoup de tristesse en émanait. Alors, les enfants se concertèrent et s'essayèrent à toute sorte de recettes jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée qui satisfasse tout le monde.

Sous la forme d'une fable, Martin Page renverse là les rôles éducatifs et par là même renvoie à chacun des protagonistes son propre miroir inversé. Le procédé est drôlement efficace. Mais le message en filigrane nous dit que rien ne sert de choisir pour l'autre, de l'enfermer dans un rôle. Que la meilleure recette est celle qui est concoctée avec une bonne dose de tolérance et un soupçon de liberté et de fantaisie. 

Une façon très originale de revoir la création à sa propre sauce et j'ai particulièrement apprécié le ton employé qui permet la distance : à la fois très imagé et concret, cela donne envie de faire sa propre tambouille. Et on se dit :  pourquoi pas ? On adhère totalement à cette version.

J'avoue que je suis moins fan des illustrations de Quentin Faucompré, plus par goût personnel que total rejet : je leur reconnais ce caractère complètement décalé, quasi-fantastique. Mais plus je feuillette ces pages, plus je m'y habitue. Très colorées, surprenantes, elles participent indéniablement à l'optimisme qui se dégage de cet album.

Un texte à lire à haute voix pour en apprécier toute la subtilité.


83ème album/100 pour le Challenge je lis aussi des albums 2016




La recette des parents
Martin Page
Quentin Faucompré
Le Rouergue

lundi 17 octobre 2016

Frères d'exil

"Il y a des moments dans la vie où ce qu'on croyait solide s'effondre... Où que la vie t'emmène, Nani, n'oublie jamais d'où tu viens, mais va !"
L'île où tout un peuple a construit sa vie et sa culture est envahie par les eaux. Il faut partir pour sauver sa vie !
Nani, petite fille de 8 ans, part donc avec ses parents Janek et Youmi mais ils doivent laisser grand-père Enoha (dit Ipa) cloué sur sa chaise roulante et Moo la grand-mère.

En route, le couple va adopter Semeio, jeune garçon de 8 ans, qui vient de perdre sa seule famille en son grand-père.

Ipa a écrit et confié des lettres à sa petite fille, comme autant de petits cailloux blancs semés sur ce long parcours. Des mots qui vont lui mettre du baume au cœur et lui permettre de surmonter les difficultés avec espoir. 

Et c'est le début d'un long voyage en bateau puis l'arrivée sur la terre de France. Et le début d'une nouvelle vie faite d'apprentissages nouveaux.

Quel magnifique roman ! Il met à hauteur d'enfant ce que peuvent vivre d'autres enfants dans le monde, une réalité quotidienne, presque devenue banale pour nous Occidentaux dans le flux des médias. Le plus bouleversant réside dans la permanence du lien avec ses racines que l'auteure Kochka a su parfaitement insuffler à travers ce va-et-vient entre la réalité de ce que vivent ces déracinés, non par choix mais par nécessité, et ce qu'ils sont vraiment : des êtres humains avec leur histoire, leur langue, leur culture.
Cet effet est renforcé par les onze lettres d'Ipa que Nani partage en lecture avec Semeio devenu son frère par les circonstances dramatiques, mais aussi par le fait que même loin de leur pays, le besoin se fait ressentir pour ces femmes et ces hommes de conserver sa mémoire à travers ses légendes et ses chansons.

Pour moi, ce roman atteint la perfection dans ce message de tolérance et de solidarité des peuples. Et il est écrit en littérature jeunesse, ce qui me réjouit.

Un roman construit en trois parties, comme un journal de bord qui relate les événements. Les illustrations en double page, les couleurs choisies froides et chaudes  en même temps, la mise en page renforcent le sentiment d'humanité qui s'en dégage.

Coup de cœur ! 

Frères d'exil
Kochka
Flammarion jeunesse

Existe aussi en version numérique

vendredi 14 octobre 2016

Le mensonge

Un album très intéressant sur l'arrivée anodine d'un mensonge dans la bouche d'une petite fille. Oh, pas bien grave, n'est-ce pas ? La vie continue...Sauf que le mensonge est toujours là, qu'il amplifie, qu'il harcèle, qu'il prend une dimension disproportionnée, qu'il enferme celui qu'il l'a proféré au point qu'il a le sentiment de ne plus pouvoir en sortir, qu'il étouffe et puis, pof ! Vient le temps de la vérité qui soulage....C'est aussi simple que cela !

Un album qui pose de vraies questions :

"Est-ce que , après un mensonge, les gens ne vous croient plus ?"

"Est-ce que , après un mensonge, les gens ne vous aiment plus ?"

Le plus remarquable dans cet album, outre le texte qui pose très bien la situation et ses conséquences, ce sont les illustrations : le mensonge est matérialisé par un point rouge qui grossit et qui se multiplie. On dirait presque une maladie. Ce symbolisme rend le sujet très matériel pour les enfants alors que le fait de mentir se situe du côté invisible : ça ne se voit pas quand on ment. Ou du moins fait-on en sorte que ça ne ne se voit pas. D'ailleurs, on ne sait pas de quel mensonge il s'agit dans cette histoire, ce n'est pas ce que l'auteure a voulu aborder me semble-t-il, mais plutôt le ressenti de l'individu avec ça.

Un album vraiment singulier et intéressant sur un sujet très peu abordé à ma connaissance.
On pourrait néanmoins lui objecter le fait qu'il banalise le mensonge mais je pense que ce n'est pas là le propos. Ce n'est pas un album moralisateur du genre mentir, c'est mal, ou du genre tout le monde ment, même les adultes, alors...
Non, il se situe ailleurs : il pose le sujet tel qu'il est et ce que cela peut représenter pour un enfant qui y est confronté. 


82ème album/100 pour le Challenge je lis aussi des albums 2016


Le mensonge
Catherine Grive
Frédérique Bertrand
Le Rouergue

mercredi 12 octobre 2016

Louis Pasteur contre les loups-garous

En voilà un roman jeunesse qui décoiffe !
Un rythme endiablé, des personnages très affirmés, de l'humour à la pelle, des rebondissements à n'en plus finir et surtout de la science à gogo !

Où l'on découvre Louis Pasteur, étudiant boursier de première année à l'Institution royale de Saint-Louis et un jeune homme plus que passionné et passionnant pour les sciences. Mais l'école va être le théâtre de meurtres horribles. Avec l'aide de la jeune Constance, il va élucider ce mystère entre éprouvettes, expériences, coups d'épées, coups bas, et même un complot à déjouer !

On ne s'ennuie pas une seconde à cette lecture : d'emblée, le lecteur est emporté dans le tourbillon de l'intrigue menée tambour battant. A-delà de l'histoire, c'est aussi l'occasion de découvrir la genèse des recherches scientifiques de ce chercheur visionnaire et ce que c'est bien documenté ! 

Voici un deuxième roman de Flore Vesco (j'avais déjà beaucoup aimé le premier : De cape et de mots) palpitant avec un mélange savant d'histoire, de science-fiction, de romantisme et de fantastique.

Coup de cœur !

Euh....et à quand l'équivalent, par exemple, avec Marie Curie ou Camille Claudel ou... ?




Louis Pasteur contre les loups-garous
Flore Vesco
Didier jeunesse


lundi 10 octobre 2016

Sally Jones : la grande aventure

Le roman "Sally Jones" a été, et de loin, mon coup de cœur de l'été.
Ce récit d'aventures de cette gorille femelle, mécanicienne de bateaux hors-pair, m'a procuré un sentiment de dépaysement total, en plus d'une belle leçon d'humanité.

Eh bien cet automne est sorti le préquel du roman !
Du coup, on apprend tout sur ce qui est arrivé avant , depuis la naissance dans la jungle de la petite gorille jusqu'à sa rencontre avec son bienfaiteur marin Koskela.

Et quelle histoire ! Quelle grande aventure ! On retrouve le même récit en cascades dans le fonds-et que de péripéties !-que dans le roman mais la forme est bien différente : l'album nous raconte cette histoire avec une aventure par page, sublimée par l'illustration pleine page qui s'y rapporte. C'est vraiment superbe ces illustrations en forme de gravures ! 

On est embarqué à travers le monde dans un rythme effréné, on tourne les pages sans s'en rendre compte, on veut savoir...Cela donne furieusement envie de prendre son atlas et de suivre ce voyage unique. Ce récit est également évocateur d'une époque de récits d'aventuriers qui ont bercé ma jeunesse comme Jules Verne, Tintin, Salgari, Kessel, Hémingway,...

Pour ma part, je suis ravie d'avoir retrouvé Sally Jones et de tout savoir de son histoire. Car on s'attache à cette gorille femelle fidèle, intelligente et à la vie hors-norme sur fond d'intrigues crapuleuses.


Sally Jones - La grande aventure, en librairie le 5 octobre from Editions Thierry Magnier on Vimeo.


Sally Jones : la grande aventure
Jakob Wegelius
Thierry Magnier 

samedi 8 octobre 2016

Mon grand-frère tombé du ciel

Pour Vicky, 10 ans, fille unique, apprendre du jour au lendemain qu'elle a en fait un grand frère du côté de son papa, avant elle, et qu'en plus il va débarquer avec femme et bébé, c'en est trop !
Le lecteur assiste alors à son désarroi, son sentiment de trahison et de colère. Puis arrive très vite le sentiment d'abandon puisque son père ne va plus faire attention à elle comme avant.
Evidemment, la cocotte minute familiale va exploser et ce sera salutaire pour tous d'autant que ce frère tombé du ciel va savoir se faire accepter avec diplomatie et intelligence.

On peut dire que Sandrine Beau n'a pas son pareil pour traiter de sujets proches des enfants, avec infiniment de tact et de sensibilité. Elle arrive à merveille à balancer entre les différents sentiments des protagonistes sans jugement mais une bonne dose de recul très réaliste. On se prend d'emblée d'affection pour cette jeune fille dont l'univers vacille sur un secret de famille bien gardé et amené de façon bien peu délicate.

C'est une nouvelle fois très bien vu et bien nombre d'enfants, j'en suis certaine, y trouveront là un réconfort dans ce qu'ils ont peut-être déjà vécu.
Une fin positive qui n'entache en rien à la profondeur de ce qui est exprimé, bien au contraire et une sorte de "mise en garde" aux adultes dans leurs façons de faire souvent bien maladroites.



Mon grand frère tombé du ciel
Sandrine Beau
Alice jeunesse
Deuzio

jeudi 6 octobre 2016

Tu t'appelles qui ?

Tout est dans le titre : une recherche de son identité.
Comment trouver son nom quand on ne le connait pas ?
C'est ce qui arrive à un jeune enfant. Alors il part pour le rechercher. Il interroge les minéraux, les éléments naturels et les animaux qu'il croise. Mais aucun d'eux ne peut le nommer. C'est sur un banc dans une ville qui lui fait peur qu'il va trouver son identité dans l'altérité, un autre que lui-même et ensemble ils vont se re-connaître et se nommer dans un jeu subtil de masculin/féminin.

Voici un album atypique, qui invite à une introspection de l'ordre du rêve et qui laisse une empreinte quasi-originelle. Le lecteur se laisse porter par ce qui est dit et a le sentiment de revenir à l'essentiel.

Le remarquable réside dans les illustrations (mais s'agit-il encore d'illustrations ?) de Françoise Pétrovitch, dont c'est le premier album jeunesse : des tableaux pour la plupart travaillés à partir de taches diluées à l'eau, d'encre de chine ou en superposition, avec des couleurs vives, et des visages surtout surprenants de beauté et en transparence qu'on pourrait presque prendre entre nos mains avec tendresse tant leur relief est palpable.

Un album très original, inclassable, remarquable qui fait partie de la singulière collection Les Décadrés.


Tu t'appelles qui ?
Claudine Galéa
Françoise Pétrovitch
Thierry Magnier

mardi 4 octobre 2016

Tant que mon cœur bat

"Tant que mon cœur bat" : un titre qui dit la vie, qui dit la vibration, l'emportement, la passion...
Aimer vaut-il tous les sacrifices ?
Et d'ailleurs, qu'est-ce aimer ?
Juste vibrer ? 
Ou se consumer ? 
Se perdre ?
Se cogner ?
Endurer ?
Ou choisir ?
Quelle est la limite ?


Deux histoires courtes mais intenses, sans concession, qui pourraient être celles de jeunes filles croisées dans la rue.



  • Dans la première "Moi, une marionnette", c'est la passion destructrice d'un manipulateur qui fait sombrer la jeune Esra. Une rencontre fortuite dans un bar et c'est l'engrenage. Une descente aux enfers. On tremble pour elle, on a envie de lui crier d'arrêter mais non, on se laisse happer par les mots, on laisse les larmes couler,...et puis je n'ai presque plus eu la force de rouvrir le livre. Coup de poing.

  • Dans la deuxième "Et grandir maintenant", c'est le désespoir sans espoir de vouloir vivre d'une jeune fille qui n'est pas aimée en retour, sur fond de drame personnel qui vous malmène le cœur, mais aussi en même temps et paradoxalement vous apaise presque. Car comment vivre après un tel mépris et déni de la personne ?Re-coup de poing.

L'écriture toujours aussi précise de Madeline Roth vous fracasse, vous creuse au-dedans pour exprimer les ressentis des âmes, les souffrances des corps, mais aussi revendiquer des choix assumés à l'adolescence à s'en brûler les ailes, de ces deux jeunes filles non pas idéalistes mais entières dans leur relation à l'autre, en l'occurrence le masculin, montré là sous son jour le plus noir, car lâche et profiteur.

"Tant que mon cœur bat", comment être une jeune fille et aimer aujourd'hui ?

Deux histoires qui font mal dans leur réalité crue.



Existe aussi en version numérique

Tant que mon cœur bat
Madeline Roth
Thierry Magnier

dimanche 2 octobre 2016

Coup de coeur numérique #23 : Ma rentrée colère

©La souris qui raconte
Le 16 septembre dernier est sorti chez l'éditeur numérique La souris qui raconte le conte "Ma rentrée colère", écrit par Eric Sanvoisin, illustré par Anna Obon et lu par Robin Sevette. 

Ce conte numérique aborde la trisomie 21 à travers Loïc qui va faire sa rentrée en CP. Aller à l'école pour lui est une fête. Mais le regard des autres est souvent ce qui fait le plus mal. Ce sera sa "rentrée colère".
Une histoire très touchante qui s'attache à montrer que ce n'est pas une maladie la trisomie 21 mais juste une anomalie. 
L'histoire est lue par Robin Sevette, jeune adulte lui-même trisomique.

J'ai beaucoup apprécié cette approche de la différence : pas de chichis, elle dit les choses avec naturel et beaucoup d'humour. La voix du narrateur apporte beaucoup d'émotions à la réalité du vécu de Loïc et beaucoup de profondeur. 

©La souris qui raconte
Une bien belle réalisation : pleine d'humanité.

Si vous voulez en connaitre davantage, voici une interview croisée très intéressante sur le blog de La Souris qui raconte.

Ce conte sera bientôt disponible sur le site Carte à lire et sera très certainement édité en livre papier.

Pour lire le conte en partie, c'est ICI
Pour s'abonner, c'est LA.

Ma rentrée colère
Eric Sanvoisin 
Illustré par Anna Obon
Lue par Robin Sevette
La souris qu raconte-François Prêtre

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