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vendredi 30 septembre 2016

Le bain de Berk

Berk (le revoiloù !) porte vraiment bien son nom....Non, ce n'est pas un enfant mais un doudou, posé sur le rebord de la baignoire par son jeune propriétaire, le temps qu'elle se remplisse parce que bien sûr, vous l'avez deviné, c'est l'heure du bain.

Comme dans Le Mange-doudous, Julien Béziat s'amuse à faire rapporter l'histoire par l'enfant qui la tient du doudou lui-même et tenez-vous bien, quelle aventure !

Car... Berk est tombé dans l'eau : PLOUF !
Les autres jouets sur le rebord, affolés (et c'est peu dire ! ), ont tour à tour tout essayé pour le sauver car en plus, Berk s'exprime dans un galimatias indéchiffrable. Mais il semblerait qu'à chaque fois, il les prévienne d'un degré supérieur de sa noyade annoncée...

Je ne dirais rien de la chute absolument irrésistible qui va à coup sûr déclencher les fous rires des petits lecteurs !

Des pleines pages en gros plan sur les protagonistes, c'est comme si on y était, les tourbillons du siphon et les éclaboussures avec : drôle, malicieux, rafraîchissant !

Certaine que bien des doudous vont s'y essayer...

Quand le quotidien est croqué avec humour, on ne s'en lasse pas !

Retrouvez les avis d'A lire aux pays des merveilles et de La littérature enfantine


79 ème album/100 pour le Challenge je lis aussi des albums 2016


Le bain de Berk
Julien Béziat
Pastel

mercredi 28 septembre 2016

Jonas dans le ventre de la nuit

Un titre bien trouvé et qui renvoie à une seconde naissance pour ce jeune garçon en famille d'accueil :  Jonas qui s'est pris d'affection pour le vieil âne du voisin Sorgo. Pour le sauver de l'abattoir-son maître se résout à cette solution sans envie pourtant-Jonas part au crépuscule, sans réfléchir, la longe de l'animal à la main, geste qui s'impose à lui. En chemin, il rencontre aux abords de sa maison isolée Aloyse, ce garçon au prénom de fille, maladroit, moqué par ceux de sa classe. Jonas lui aussi est à part dans cette classe, montré du doigt par le comportement de sa mère, qui a craqué. C'est le début pour les deux garçons d'une longue ascension au cœur de la forêt, dans la montagne, alors que la neige commence à tomber. Il fait froid, la nuit enveloppe tout, mais cet atmosphère devient propice aux confidences avec pudeur. Ils apprennent beaucoup l'un sur l'autre. Aloyse sait où il va, c'est son secret et Jonas s'abandonne à ce choix sans retenue.

Ce que j'ai aimé ces pages ! Il y souffle une réelle humanité et complicité entre deux jeunes garçons qui se découvrent avec beaucoup de respect et une bonne dose d'humour malgré la peur qui les étreint et la volonté absolue d'arriver jusqu'au jour, en compagnie de cet âne qui les a réuni et dont la chaude et nonchalante présence les rassure.

Avec leurs mots, ils parlent de leurs maux, partagent leur souvenirs déjà lourds de sens et renaissent finalement à la vie en embarquant avec eux des adultes enfermés dans leur propre dignité.

Une écriture d'Alexandre Chardin toute en poésie et sensibilité.

C'est beau, touchant, sensible, presque irréel mais si réaliste à la fois.
Au bout de la nuit, une autre vie...


11/18 Challenge 1% Rentrée littéraire

Jonas dans le ventre de la nuit
Alexandre Chardin
Thierry Magnier
Existe aussi en version numérique

lundi 26 septembre 2016

Le joyeux abécédaire


Après l'excellent "Bric-à-Brac", revoici les collections de petits objets dénichés ça et là et franchement joyeux, il l'est cet abécédaire !

Comme tout abécédaire qui se respecte, l'alphabet est égréné lettre par lettre mais son originalité se situe dans la fantaisie des petits objets mis en scène avec des petits commentaires pour les décrire de façon succincte et humoristique, avec des associations d'idées bien trouvées. Des mises en scène différentes qui créent la surprise sur chaque page, c'est esthétique, ludique et instructif !

Le travail éditorial est remarquable, une bien belle présentation soignée, brillante, vitaminée et qui donne le relief aux objets : on pourrait presque les saisir entre nos dix doigts pour les ramener à la réalité et jouer directement avec ! On peut reprendre ce livre à tout moment et découvrir de nouvelles entrées, rien n'est figé.

 J'ai été heureuse des retrouver des objets de mon enfance et moi qui aime aussi arpenter les vide-greniers, je conçois tout à fait la joie de dénicher ces petites trouvailles.

Réellement "Un joyeux abécédaire qui sort de l'ordinaire" !


78 ème album/100 pour le Challenge je lis aussi des albums 2016


Le joyeux abécédaire
Maria Jalibert
Didier jeunesse


vendredi 23 septembre 2016

Songe à la douceur

Il bat des records médiatiques ce roman....et je m'en méfie toujours un peu. Et puis, Les Petites reines ne m'avaient pas convaincue...mais puisqu'il s'est retrouvé sur mon bureau presque par hasard au boulot, alors je l'ai embarqué le temps d'un week-end et j'ai été embarquée moi aussi ! 

Déjà remettre au goût du jour le roman de Pouchkine "Eugène Onéguine", écrit en strophes rimées, et mis en opéra par Tchaïkovski, il fallait y penser et surtout oser !

Un titre emprunté à L'invitation au voyage de Charles Baudelaire qui lui va à merveille, dans ses arabesques rouges toutes en rondeur et volutes. En plus.

Eugène et Tatiana se revoient dix ans après par hasard. ...Ils avaient 17 et 14 respectivement lors de leur première rencontre.
Et ils se retrouvent dans les affres de l'amour avec les doutes, les angoisses, la relecture des événements passés (parfois dramatiques) et leur vie respective à gérer avec leurs choix de vie (pour T) ou leur soumission à la vie (pour E) et ce que l'accueil d'un amour encore vivant pourrait bouleverser alors...

Romantique à souhait, d'une touchante beauté, ce roman est égayé de la verve si propre à l'auteure avec des scènes sur l'apport (ou non) des nouvelles technologies (SMS, Google, Skype,...) d'un humour décoiffant et si réaliste sur nos us et coutumes contemporains.

On pourrait dire que ce sujet a été maintes foi rebattu dans la littérature mais Clémentine Beauvais rappelle ici combien l'amour fait tourner le monde. Les adultes qui vont lire ce roman vont retrouver des situations vécues avec délice et les adolescent(e)s d'aujourd'hui aussi mais avec un bond en avant de ce qui pourrait les attendre et ma foi, des façons leur soufflant comment s'y prendre !

Mais la véritable prouesse de ce roman se situe dans sa présentation : des vers libres, une typographie particulière (quel travail éditorial !) qui rend le lecteur acteur des sentiments et des situations à un point jamais égalé. J'ai eu littéralement l'impression de sauter sur les mots tel un petit personnage invisible, prenant la voix de la narratrice qui vous interpelle à plusieurs reprises, et j'ai aimé danser sur cette dentelle de mots, en écouter le rythme, me mettre à son diapason, en ressentir chaque vague, tomber, me relever, m'étirer. C'était divin cette musicalité et ce mouvement induits par cette forme novatrice. On s'y sent lové comme dans une épaisseur douce et enveloppante. Sans cette forme audacieuse, le roman n'aurait pas la même originalité.

Et puis quelle histoire ! Légère, brillante, profonde, émouvante : On a plusieurs vies pour aimer et chacun y met ce qu'il y veut, même face à l'ennui, à l'usure du temps. Du moment qu'il soit heureux...

Une bien belle évasion, une gourmandise à savourer et à relire !




Songe à la douceur
Clémentine Beauvais
Sarbacane
Exprim'

mercredi 21 septembre 2016

Coup de vent

C'est l'automne !
Déjà !
Allons, essayons de lui trouver quelques attraits !

Voici un album qui célèbre le vent à travers une écharpe perdue et retrouvée qui n'est pas sans rappeler quelques contes randonnées...

Un ours perd son écharpe dans la neige et comme le vent souffle, elle s'envole !
Elle va rencontrer le chemin des animaux de la forêt qui tour à tour vont en faire usage chacun à sa façon : un turban, du saut à l'élastique, un saute-arbres, ...bref des usages assez incongrus souvent mais pourquoi pas ? Sauf que chacun va la vouloir à un moment donné pour lui seul et évidemment, elle ne va pas résister aux assauts bagarreurs de toute cette horde ! Une chute toute solidaire qui rabiboche tout le monde dans un bel élan de générosité. 

Ce que j'aimé dans cet album, c'est le mouvement très bien traduit dans le dessin de Matthew Cordell : une bonne dose d'humour et de dérision dans les attitudes des personnages, on entend presque les bruits qu'ils font puisque le seul texte se résume à l'alternance de "Perdu"/"Trouvé", ce qui laisse très largement la place aux illustrations de s'exprimer. Et puis, c'est un album qui permet d'entrer dans le jeu physique sans trop peiner, bien calé dans son canapé :)

Un album désopilant sur fond d'histoire classique et on ne boude pas son plaisir !


77 ème album/100 pour le Challenge je lis aussi des albums 2016


Coup de vent
Marsha Diane Arnold
Matthew Cordell
Didier jeunesse

lundi 19 septembre 2016

La vitesse sur la peau

J'ai eu envie de découvrir l'écriture de cette auteure Fanny Chiarello que je connaissais de nom seulement et son écriture est absolument remarquable, percutante, philosophique mais je vais y revenir.

Elina, 14 ans, a subi un choc un an auparavant qui lui a ôté toute envie de parler. Muette depuis la mort accidentelle de sa mère renversée par une voiture alors qu'elle circulait en vélo. Elina ne vit plus vraiment : sa vie quotidienne est devenue une suite d'automatismes qu'il faut bien se résoudre à accomplir par nécessité. Son seul refuge : le jardin des Plantes où elle végète parmi les végétaux et observe avec ironie les joggeurs. Un jour pourtant, Elina se met à courir et c'est là qu'elle va rencontrer Violette, une ancienne marathonienne en fauteuil roulant qui va peu à peu l'apprivoiser et lui redonner le goût de la vie, celle de la vitesse sur la peau, grisante de la course, celle de la musique et celle des mots. Sauf que Violette ne dit pas tout : son secret est plus que bouleversant. On devine chez elle une béance mais laquelle ?

La vérité éclate dans ce roman comme un boomerang. Roman de la résilience, du deuil, de la culpabilité, des tours mauvais que la vie s'amuse parfois à entortiller autour de personnes qui en ont déjà pas mal subi. Et la force du hasard aussi qui s'en mêle.

Non, je n'ai pas aimé cette fin trop abrupte. Ce roman, je l'ai perçu comme une démonstration de cette fin, comme s'il fallait à tout prix y arriver. De même pour les dialogues : j'ai été parfois gênée par la répartie et les réflexions d'Elina, qui ne sont pas celles d'une jeune fille de son âge. Des échanges philosophiques de haute volée qui ne collent pas toujours avec les situations et les personnages, malgré une écriture maîtrisée et superbe qui m'a littéralement bluffée dans ses à-coups, ses émotions à fleur de peau comme coupées à la serpe. Et cette symbolique de la course comme un nouveau souffle avec ses multiples trajectoires qui donne à la jeune fille comme un goût de résurrection, c'est fort, très fort.

Néanmoins, la thématique choisie est de celle qui pourrait bien arriver dans la vraie vie et bon sang que c'est triste !

Un roman à rapprocher d'un précédent que j'ai lu récemment : Tu ne sais rien de l'amour.

7/18 Challenge 1% Rentrée littéraire

Existe aussi en version numérique

La vitesse sur la peau
Fanny Chiarello
Le Rouergue
Doado

vendredi 16 septembre 2016

Ceci n'est pas un livre

Un petit cartonné qui annonce la couleur : pas un livre ?
Rien de tel pour aiguiser la curiosité...

Et effectivement, quand on tourne les pages, le lecteur est transporté non pas dans un imagier, mais dans un monde d'images ludiques, qui pour la plupart détournent l'objet pour l'utiliser comme leur propre support.

C'est assez bien fait et surprenant : par exemple, on peut ouvrir le frigo, ou se trouver devant son ordinateur, ou sous une tente, ou faire voler un papillon...puisque chaque côté de page sert à illustrer l'image.

Ce livre, qui n'en est donc pas un, devient le propre terrain de jeu des situations cocasses servies avec humour et sans suite logique.

Bref, me fais-je bien comprendre ?
Quelques images pour vous donner une idée !
(Imaginez bien le trait du livre au milieu)




En fonction du point de vue qu'on adopte, les images offrent une perception différente. Un trait minimaliste certes, parfois un peu tiré par les cheveux mais ma foi, on se laisse surprendre et on joue le jeu ! Il fallait y penser en tous cas.

Certaine que les petits sauront en trouver l'usage car ce non-livre favorise la manipulation et le sens de l'observation dans l'espace. C'est déjà ça de gagné !

Il existe aussi en anglais chez le même éditeur : This is not a book.



76 ème album/100 pour le Challenge je lis aussi des albums 2016

Ceci n'est pas un livre
Jean Jullien
Pahïdon


mercredi 14 septembre 2016

Génération K

Du fantastique et de l'action, Marine Carteron, l'auteure de la très célèbre trilogie les Autodafeurs, on peut dire qu'elle sait faire !
Mais où va-t-elle chercher tout ça ?

Trois destins qui vont se croiser : Kassandre, Mina et Georges. Des révoltés chacun à leur façon et qui possèdent des pouvoirs terrifiants. Leur union fera leur force. Encore faut-il que des redoutables puissances n'entravent pas leur course. Ils apprennent dans ce tome 1 qu'ils sont des Génophores : leur ADN a subi une mutation d'où leur chromosome commun en forme de K. Cette génération K, pour celui qui réussira à la réunir, possédera des pouvoirs extraordinaires, capables de transformer la face du monde. 
La Mafia napolitaine et une firme pharmaceutique Biomedicare rivalisent de manipulation pour les capturer. Mais sont-ils les seuls à posséder un tel pouvoir ? Quelque chose me dit que le deuxième opus nous donnera en partie les réponses car la génération K, ce sera aussi une trilogie. On n'est pas au bout de nos surprises !

Dans ce premier tome, l'auteure pose son histoire et ses personnages : les enjeux, les ramifications, les liens sont savamment instillés dans cette construction qui alterne les voix des trois adolescents. Et c'est vrai que c'est parfois agaçant d'en laisser un se débattre là où il est et de reprendre le fil de l'autre là où il en était au chapitre précédent ! On peut juste reprocher des personnages un peu caricaturaux, moins fouillés que ses précédents. Mais ce qui est certain, c'est que les tenants et aboutissants de cette histoire sont là encore mondiaux. J'ai eu parfois un peu de mal à m'y retrouver au début mais la construction choisie aide à la compréhension au fur et à mesure. Et on tourne les pages sans plus réellement habiter son corps et avoir la perception de ce qui se passe autour ! Le lecteur est vite embarqué dans ce monde qui n'est pas encore tout à fait le nôtre (quoique !) et qui est déjà celui dans lequel on vit.

Voilà de la littérature pour adolescents d'aujourd'hui efficace, rondement menée, sur la thématique des manipulations génétiques et ça fait froid dans le dos !

J'attends donc la suite pour trembler, m'interroger, me révolter avec la Génération K !

.
"Génération K." de Marine Carteron from Éditions du Rouergue on Vimeo.

6/18 Challenge 1% Rentrée littéraire

Existe aussi en version numérique

Génération K
Marine Carteron
Le Rouergue
Epik


lundi 12 septembre 2016

Le fils de l'Ursari

Ursari : fils de montreur d'ours. Ciprian et sa famille sont des gens du voyage. La vie est difficile. Chassés de partout, harcelés par la police. Jusqu'au jour où deux hommes en belle voiture, lunettes noires et pleins aux as, leur font miroiter la vie paradisiaque à Paris. Et c'est le départ....non pas pour le paradis, vous vous en doutez, mais pour un bidonville de banlieue où la vie est encore plus difficile car ils ont perdu ce qu'ils ont de plus cher : leur liberté. Arnaqués, volés, exploités, ils encaissent. Pas le choix. C'est le sort des habitants de la Zone sous la coupe d'hommes très peu recommandables.
Ciprian évolue dans ce monde avec les yeux de son âge. Sauf que dans son cerveau, c'est différent. C'est lorsqu'il découvre cette allée au jardin du Lusquenbour où des grandes personnes s'adonnent des heures entières à un jeu sur un plateau de bois avec des pièces aux formes incroyables que Ciprian va montrer ce qu'il sait faire. Une mémoire hors norme, une intelligence hors du commun.

Non, ne croyez pas qu'on va tomber dans le cliché. Non, ce roman est bien plus subtil. Et j'ai adoré ce voyage en compagnie de Ciprian, de son incroyable chance, de sa naïveté aussi, de ses raisonnements si justes face à la réalité de ce qu'il vit. Il en fait de bien belles rencontres, sait les susciter avec modestie et clairvoyance. 

C'est un roman qui montre une réalité : celle des exilés, celle des pauvres, celle du non partage, celle de l'injustice, celle des bons qui sont toujours du même côté et les méchants qu'on montre sans cesse du doigt, celle de la passion pour un jeu de quelques adultes mais aussi capables d'humanité, celle de l'illettrisme, celle du pouvoir que certains détiennent de par leur position sociale, celle de la police et de ses charges, celle des trafiquants,...une multitude de mondes s'ouvre sous les yeux du lecteur.

Une foule de sujets abordés qui mènent la réflexion, dans une bien belle écriture presque cinématographique.

Je ne dis pas tout de cette intrigue qui comporte plein de rebondissements. On ne peut plus lâcher, on a envie de prendre Ciprian par la main et de l'aider à tout prix.

Coup de cœur pour ce roman réaliste et attachant !


Le fils de l'Ursari
Xavier-Laurent Petit
Ecole des loisirs
Médium

samedi 10 septembre 2016

Un bisou tout là-haut

Vous avez vu leurs regards à ces deux-là ?
C'est plus que de la complicité !
De la gourmandise oui !

Voici un cartonné signé Emile Jadoul qui aborde avec justesse, malice et simplicité ces petits jeux corporels du quotidien entre bébé et parents, manifestation évidente de la tendresse qui les lie au fil des jours. 

Un bébé monte sur le pied, puis sur le genou, le dos et la tête de papa pour y quérir un bisou. C'est que cela relève de l'expédition ! Puis la descente s'amorce dans l'autre sens pour attérrir dans les bras de maman qui attend tout en bas, là où papa déposera à nouveau un bisou pour clore ce jeu qu'on devine rituel.

Un album qui a coup sûr plaira aux petites mains qui y reconnaîtront leur propre vécu. Ce sont souvent les papas qui sont associés à ce type de jeu-là un peu casse-cou !
Le seul risque après la lecture de ce livre : c'est de s'adonner à ce qu'il met en page ou vice-versa d'ailleurs ! En y ajoutant si on le souhaite la comptine de la p'tite bête qui monte, qui monte, qui monte !

Un album tendre, du quotidien, simple mais essentiel dans la perception du corps et de l'espace pour le tout-petit et dans l'accompagnement de cette découverte par l'adulte qui vit à ses côtés.


Un bisou tout là-haut
Emile Jadoul
Pastel

jeudi 8 septembre 2016

Le copain de la fille du tueur

Oui, j'avoue que je n'avais jamais rien lu de cet auteur, alors autant commencer par ce roman au titre aux accents de thriller.

Autant le dire de suite, ce n'est pas cet aspect du roman qui m'a le plus séduite.

Pour résumer, le lecteur est transporté dans un internat de luxe, l'Institut Daillange de "gosses de riches" en Suisse. Il y fait la connaissance de Charles, fils unique d'un poète Prix Nobel en fin de vie. Et de son copain Touk-E, fils d'un président d'une petite République d'Afrique de l'Ouest, rompu à la corruption. Un type complètement déjanté (et c'est peu dire !). L'histoire prend un autre tournant à l'arrivée de la mystérieuse Selma, fille d'un narcotrafiquant. Charles va tomber raide dingue de cette fille, sportive, intelligente mais qui ne se livre pas facilement.

C'est cet aspect-là du roman qui m'a plutôt plu, d'autant que c'est la voix masculine de Charles qui le porte à la première personne. On y découvre ses maladresses, ses sentiments qui émergent et qui le submergent, ses doutes, ses colères aussi...et enfin leur première nuit qu'ils ont voulu tous deux irréelle. De bien belles pages sensibles et sensuelles.

Après, la fin sous forme de thriller pour jouer avec les nerfs du lecteur, je conçois qu'elles aient été nécessaires pour l'histoire telle que l'a voulue l'auteur mais bon, je n'ai pas tellement adhéré à cet aspect. Mais je suis certaine que les adolescents vont beaucoup aimer.

Le style d'écriture est très abordable, ça se lit vite, c'est efficace et rondement mené, tout s'articule parfaitement.

Une lecture que je conseillerais aux adolescents avides de suspense et de romance dans un savant mélange.

3/18 Challenge 1% Rentrée littéraire


Le copain de la fille du tueur
Vincent Villeminot
Nathan
Existe aussi en version numérique


Cet article est le 1000 éme de ce blog !

Je vous propose donc de remporter ce roman 
en indiquant en commentaire ce qui vous donne envie de le lire...
Ouvert à la France Métropolitaine.
Résultat le jour de l'automne !
Merci !

mardi 6 septembre 2016

La légende de Momotaro

Je l'avoue, ce sont d'abord les magnifiques illustrations de Paul Etchegoyen, plus que le texte, qui m'ont attirées. 
Et quelles illustrations !
J'ai d'ailleurs beaucoup apprécié que la double page finale donne un aperçu de leur progression, c'est absolument fascinant que ces coulisses de l'album.

Plus qu'un album, nous voici transporté dans la construction du conte. Le titre d'ailleurs ne triche pas. Il s'agit là d'une légende japonaise, inspirée de Tom Pouce.

Un conte randonnée de Margot Remy-Verdier, dont la particularité se situe dans l'histoire écrite en vers, ce qui lui confère une bien belle musicalité et finit donc par accrocher l'oreille. 

Et là du coup, le classicisme de l'histoire est transcendé et donne aux illustrations, dans cette palette de verts et de bleus profonds, toute leur luminosité et leur aspect d'estampes japonaises. Des tableaux à elles seules.  Nous ne sommes plus dans un livre, nous sommes en voyage...dont on ne perd pas un seul moment dans les détails foisonnants. Un conte qui célèbre la fidélité et l'amour de sa famille malgré les épreuves de la vie.


Un album exotique et sublime signé Marmaille & Compagnie


74 ème album/100 pour le Challenge je lis aussi des albums 2016

La légende de Momotaro
Margot Rémy-Verdier
Paul Etchegoyen
Marmaille & Compagnie

dimanche 4 septembre 2016

Applis coups de coeur #22 : Chouette ! Copain ?

La réalité augmentée au service des jeunes enfants, voici ce que m'inspirent ces deux nouveaux titres de la collection "Histoires animées" chez Albin Michel jeunesse.

Un nom de collection bien trouvé, qui n'en dit ni trop peu ni pas assez.
Et de la belle qualité.

Le premier titre "Chouette !", j'ai suivi sa genèse et voilà le résultat : cette petite chouette qui trouve des lunettes lui permettant d'appréhender la nuit différemment, la voyant avec un autre filtre en recherchant le propriétaire.

Des couleurs chaudes, une histoire toute douce, c'est chouette !







L'approche de" copain ?" semble plus minimaliste mais très poétique. Avec une très belle chute qui donne à l'histoire une autre dimension.


Le plus de cette collection est qu'elle permet d'entrer dans la lecture de différentes façons : on peut lire comme les autres livres ou avec une tablette ou un smartphone.

Il suffit de télécharger gratuitement l'application "Histoires animées" (disponible sur l'App Store ou Google Play), de placer l'écran au-dessus de chaque page, de le tapoter et les éléments deviennent vivants ! On voit le relief, la page sort des limites du livre physique et on découvre plein de surprises.

"Chouette !"va davantage jouer sur les interactions en continuité avec l'histoire lue alors que "Copain ?" est assez bluffant car la réalité augmentée donne presque une autre histoire à lire où les couleurs apparaissent alors que les pages sont blanches à première vue :  l'arbre s'habille de différents atours et la chute est très belle dans sa surprise.
Le seul hic : c'est un peu répétitif. Par exemple, sur certaines pages, j'ai eu envie de souffler sur l'écran ou de le secouer pour faire disparaître les éléments. Mais on découvre des surprises nouvelles à chaque lecture !

De plus, pour les deux histoires, la narration est parfaite et la bande-son également. Pas de coupure non plus entre chaque page, beaucoup de fluidité, ce qui est très agréable.
Et les deux formes de lecture sont propices au partage avec son enfant, soit en lisant, soit en utilisant l'écran pour lire. 


J'ai particulièrement apprécié la qualité de ces propositions qui donne très largement envie de découvrir les deux nouveaux titres annoncés pour fin septembre : un de Magali Le Huche et un d'Edouard Manceau. Rien que ça !

Chouette ! de Léna Mazilu
copain ? de Charlotte Gastaut
Histoires animées
Albin Michel jeunesse
Application Histoires animées
Gratuit AppStore et GooglePlay

vendredi 2 septembre 2016

Les qualités d'un bon livre


Cet été, et comme tous les étés, on essaie avec le collectif de blogueurs de littérature jeunesse ALODGA dont je fais partie (avec un bonheur croissant je l'avoue !), de sortir de nos sélections thématiques et lectures communes et autres, pour vous proposer d'autres points de vue sur la littérature jeunesse.

Et j'ai décidé cette fois d'en faire un article sur mon blog, parce que franchement, comme dirait ma copinaute Chlop, "Y a du niveau !".

C'est justement Chlop qui a proposé le débat de cet été 2016 : 
Les qualités d'un bon livre

Et oui, tiens, la bonne question que voilà ! Qu'est-ce qui fait qu'un livre est bon ? (Pas à manger...quoique...mais je m'égare...). Plus sérieusement : pourquoi certains livres se démarquent-ils des autres ? Et pourquoi selon nous ? Et quand on est blogueur (euse), cette question, pour chroniquer, on se la pose !

Alors, on a cogité...Beaucoup....Certaines d'entre nous ont donc plongé dans l'exercice et je puis vous assurer (nos échanges en "off"en témoignent), que ce fût un plaisir inégalé que de tenter de répondre.

Nous n'avons nullement l'ambition de cerner totalement cette question, loin s'en faut, mais nos regards croisés sont complémentaires et souvent tirés de nos expériences de terrain ou de lectrices compulsives. Prenez le temps, si vous ne l'avez pas déjà fait, de lire-et relire, ces réflexions. J'ai eu beaucoup de plaisir moi-même à le faire.

Voici donc nos réponses à cette question ô combien existentielle, 
celle de notre été...

1. Un bon livre met en marche la pensée et l'intelligence de son lecteur
Article de Chlop 

2. Un bon livre donne envie de le relire encore et encore
Article de Pépita

3. Un bon livre procure des émotions fortes à son lecteur
Article de Sophie

4. Un bon livre bouscule son lecteur et le mène sur des chemins insoupçonnés
Article de Colette

5. Un bon livre contient des personnages qui font vibrer son lecteur
Article de Bouma

6. Un bon livre a un titre qui parle à son lecteur
Article de Carole
Son blog : 3 étoiles

7. Un bon livre transporte son lecteur par son style et sa poésie
Article de Solectrice
Son blog : Les lectures lutines

......Et plein d'autres raisons !


©ALODGA-Solectrice-Les Lectures lutines
Ce sont nos réponses, loin d'être exhaustives...

Et pour vous, c'est quoi, un bon livre ?
Allez jouez le jeu !

Juste en commentaire de cet article : votre raison !
(On s'est bien trituré les méninges nous....)

Merci ! :)

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