Songe à la douceur

Il bat des records médiatiques ce roman....et je m'en méfie toujours un peu. Et puis, Les Petites reines ne m'avaient pas convaincue...mais puisqu'il s'est retrouvé sur mon bureau presque par hasard au boulot, alors je l'ai embarqué le temps d'un week-end et j'ai été embarquée moi aussi ! 

Déjà remettre au goût du jour le roman de Pouchkine "Eugène Onéguine", écrit en strophes rimées, et mis en opéra par Tchaïkovski, il fallait y penser et surtout oser !

Un titre emprunté à L'invitation au voyage de Charles Baudelaire qui lui va à merveille, dans ses arabesques rouges toutes en rondeur et volutes. En plus.

Eugène et Tatiana se revoient dix ans après par hasard. ...Ils avaient 17 et 14 respectivement lors de leur première rencontre.
Et ils se retrouvent dans les affres de l'amour avec les doutes, les angoisses, la relecture des événements passés (parfois dramatiques) et leur vie respective à gérer avec leurs choix de vie (pour T) ou leur soumission à la vie (pour E) et ce que l'accueil d'un amour encore vivant pourrait bouleverser alors...

Romantique à souhait, d'une touchante beauté, ce roman est égayé de la verve si propre à l'auteure avec des scènes sur l'apport (ou non) des nouvelles technologies (SMS, Google, Skype,...) d'un humour décoiffant et si réaliste sur nos us et coutumes contemporains.

On pourrait dire que ce sujet a été maintes foi rebattu dans la littérature mais Clémentine Beauvais rappelle ici combien l'amour fait tourner le monde. Les adultes qui vont lire ce roman vont retrouver des situations vécues avec délice et les adolescent(e)s d'aujourd'hui aussi mais avec un bond en avant de ce qui pourrait les attendre et ma foi, des façons leur soufflant comment s'y prendre !

Mais la véritable prouesse de ce roman se situe dans sa présentation : des vers libres, une typographie particulière (quel travail éditorial !) qui rend le lecteur acteur des sentiments et des situations à un point jamais égalé. J'ai eu littéralement l'impression de sauter sur les mots tel un petit personnage invisible, prenant la voix de la narratrice qui vous interpelle à plusieurs reprises, et j'ai aimé danser sur cette dentelle de mots, en écouter le rythme, me mettre à son diapason, en ressentir chaque vague, tomber, me relever, m'étirer. C'était divin cette musicalité et ce mouvement induits par cette forme novatrice. On s'y sent lové comme dans une épaisseur douce et enveloppante. Sans cette forme audacieuse, le roman n'aurait pas la même originalité.

Et puis quelle histoire ! Légère, brillante, profonde, émouvante : On a plusieurs vies pour aimer et chacun y met ce qu'il y veut, même face à l'ennui, à l'usure du temps. Du moment qu'il soit heureux...

Une bien belle évasion, une gourmandise à savourer et à relire !




Songe à la douceur
Clémentine Beauvais
Sarbacane
Exprim'

Commentaires

  1. Comme je suis d'accord... si brillant ce roman ! :)

    RépondreSupprimer
  2. Ton billet est très enthousiaste et j'aime tes mots pour le décrire.
    Pour autant, je ne me sens pas attirée par ce roman, d'autant que tu dis que la narratrice nous interpelle, et je n'aime pas ce procédé.
    A voir si le hasard me l'amène ;-)
    Bonne journée!

    RépondreSupprimer
  3. Une lecture vraiment vivifiante ! J'ai adoré !

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Votre p'tit avis, c'est ici...merci !

Ce que vous avez aimé sur le blog...

La vache de la brique de lait

La loi du Phajaan

P'tite Pousse

Colorado train