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vendredi 30 octobre 2015

Blood family

Ce roman rappelle ce fait divers récent qui nous a tous choqué : ce petit garçon de 8 ans séquestré par son père dans un appartement sordide...

Edward a vécu 7 ans dans un appartement avec sa mère sous l'emprise de son père, un homme violent et alcoolique.

C'est grâce à une voisine que l'alerte est donnée : la police et les services sociaux vont les prendre en charge et découvrir l'horreur de ce qu'ils ont vécu.

Le père sera arrêté, la mère, détruite, physiquement et psychologiquement, sera hospitalisée et recluse dans une maison de convalescents.

Edward, lui, sera confié à une famille d'accueil puis adopté. Il va tenter de se reconstruire mais jusqu'à quel point ?

C'est un roman très dense et lourd que livre là à nouveau Anne Fine. En faisant témoigner tour à tour les protagonistes de cette histoire, qu'elle fait parler à la première personne, elle fait entrer de plain-pied le lecteur dans une réflexion presque chirurgicale-et même photographique, à l'image de la couverture- sur les mécanismes de la maltraitance et de la résilience : les liens du sang prévalent-ils lorsque l'affectif est rompu ? Comment un enfant peut-il se construire et avoir des repères dans ce cas-là ? L'amour du prochain suffit-il alors à lui donner une vie normale ?

Car c'est bien de la normalité familiale qu'aborde ce roman. Anne Fine excelle à dresser les ressorts psychologiques qui mène Edward à la déchéance la plus complète à l'adolescence. Toutes les meilleures intentions du monde ne peuvent pas toujours fermer les béances d'un traumatisme. La volonté ne suffit pas. Le passé finit par le rattraper et l'engloutir. Jusqu'à sa survie finale. Est-il pour autant tiré d'affaire ? Tout le long du roman, cette bombe à retardement est sous-jacente. Sournoise, tapie là où on ne l'attend plus, elle surgit pour dévaster Edward et son entourage, qui fait tout pour qu'elle n'explose pas mais qui en a la crainte. 

Un roman qui fait réfléchir à l'amour filial et parental, et qui éclaire d'une certaine façon le roman que j'ai chroniqué en début de semaine La révolte d'Eva.

Personnellement, je l'ai lu par petites tranches tant les confidences des gens qui l'habitent vous semblent si proches de la nature humaine.

Une lecture très psychologique et très dure.

Blood Family
Anne Fine
Ecole des loisirs
Médium

mercredi 28 octobre 2015

Jazz sous la lune

Des berceuses et standards jazz qui reviennent enchanter nos oreilles après le magnifique premier volume "Les plus belles berceuses jazz".
Des extraits là.

Du bleu velours pour une atmosphère intimiste, ce sont 14 morceaux jazzy des années 1950 et 1960 qui sont mis en valeur à travers les voix d'Ella Fitzgerald, Ninna Simone ou Ray Charles... 
Et quel bonheur !

C'est feutré, doux, enveloppant, un régal d'écoute !

Pour chaque chanson, son origine est décrite, l'interprète est présenté(e) en quelques lignes vivantes, et chaque morceau est traduit en français de façon très poétique, ce qui n'enlève rien à leur esprit d'origine.

Si on ajoute les illustrations pleines de douceur d'Ilya Green, dans les silhouettes, les expressions heureuses des personnages, leurs mouvements virevoltants, les couleurs choisies pour chaque morceau qui déploie alors son propre univers, cela donne un livre CD d'une qualité remarquable à offrir pour Noël par exemple. 

Et comme toujours chez Didier jeunesse, une pertinence d'ensemble au sommet de son art.
Allez donc faire un tour sur le catalogue musique.

Une très belle façon d'entrer dans cette bulle intimiste par des grands noms du jazz qu'on a tous entendu et qui sont ici mis en valeur avec talent.
Lumineux et sensuel !




Coup de cœur !

75éme album pour le Challenge je lis aussi des albums 2015

Retrouvez la chronique d'Un petit bout de bib pour le premier volume

Jazz sous la lune : berceuses et standards jazz
Misja Fitzgerald Michel et Ilya Green
Traductions de Valérie Rouzeau
Commentaires de Françoise Tenier
Didier jeunesse
Collection Un livre, un CD

lundi 26 octobre 2015

La révolte d'Eva

Un roman sur la maltraitance tiré d'une histoire vraie, qui a eu lieu il y a une vingtaine d'années.
Comme un fait divers qui n'en serait plus un.
Un fait divers déroulé sous vos yeux de lecteur avec ses tenants et aboutissants.
Sans faux semblants.

Eva.
Eva est battue par son père. Sa mère et ses autres sœurs aussi, sauf la petite dernière. Pour l'instant.
Eva, elle, est le souffre-douleur. Parce qu'elle supporte en serrant les dents.
Sa mère lui explique le plus naturellement du monde que c'est ça qui fait que le père s'acharne sur elle.
Toute la famille vit dans un coin isolé.
Ça facilite les choses.
Tout le monde sait ou se doute de la violence tyrannique de cet homme.
Et personne ne fait rien.

Eva a pourtant de beaux moments : le silence de la forêt qui la ressource, sa clairière qui l'apaise lorsqu'elle s'y promène avec le chien, l'amitié improbable d'une nouvelle de sa classe qui lui fait du bien et qui lui montre qu'une vie de famille normale existe.
Pourtant, personne ne fait rien.

Jusqu'au jour où le père s'en prend à la petite.
Lorsqu' Eva comprend, sa révolte prend le dessus et elle commet un acte que la justice des hommes se permet de juger.
Je m'arrête délibéremment là.

Ce texte a la sécheresse de la banalité, celle de la violence familiale pour mieux en souligner l'implacable mécanique dans l'isolement, dans l'habitude quotidienne de gestes imposés, dans la négation de l'amour filial et l'apothéose du mépris parental.
Il a aussi la sécheresse de la cruauté de certaines scènes, difficiles à supporter mais tellement réelles. Elles ne peuvent pas avoir été inventées.

C'est la force de ce roman : entrer dans l'intime de mécanismes insidieux et répétés mais que vivent pourtant beaucoup d'enfants, emmurés dans leur silence parce que dire cela leur est absolument impossible.

Il pose aussi la question du regard de la société sur ces maltraitances qui défraient parfois la chronique, qui mettent mal à l'aise, qui dérangent, qui font que le plus souvent on ferme les yeux même si on sait.

Une confession intense et forte portée par une voix d'adolescente qui pourrait être celle d'une jeune fille d'aujourd'hui.


La révolte d'Eva
Elise Fontenaille
Le Rouergue
Doado noir

vendredi 23 octobre 2015

Les billes font la course


Et voici la technique de l'ombro-cinéma appliqué à un livre jeu pour les plus petits et quel régal !

Qui n'a jamais joué aux billes ?

Une course de billes se déroule sous vos doigts : il suffit de déplacer le rhodoïd de plastique et hop, c'est parti ! 

Des billes bleues et des billes rouges s'affrontent dans une course effrénée : à chaque tourne de pages, on se dépêche de vérifier où elles en sont, une vraie course d'obstacles, dans les nouvelles mises en situations qu'elles rencontrent, par ici un tunnel, par là des virages, et attention ! Mais où vont elles ? Et lesquelles vont l'emporter ?
Le suspense est à son comble !

Comme dans une vraie course, il y a les supporters, les mécanos, les drapeaux, tout le long du circuit. On s'y croirait !

Crédit photo : Le monde en pyjamarama
Un plus petit format pour les petites mains, un tout-carton, un livre jeu très bien fait dans sa dynamique pour rendre hommage à ce jeu emblématique des cours de récréation.

Et apparemment, il y en aura d'autres...me souffle l'éditeur !

Un livre qui aura à coup sûr son petit succès auprès des petites mains.

La page Facebook Le monde en pyjamarama


Les billes font la course
Frédérique Bertrand et Michaël Leblond
Le Rouergue
Pyjamarama

mercredi 21 octobre 2015

Quelqu'un qu'on aime

C'est la quasi-omni présence de ce roman chroniqué sur les réseaux sociaux qui a aiguisé ma curiosité ...
Sur le coup, je me suis dit que j'allais attendre...et puis non, j'avais décidément envie de lire un roman lumineux sur l'humain.
Un petit tour chez mon libraire et hop, lu d'une traite !

Quelqu'un qu'on aime ne pouvait pas être un titre plus approprié pour ce roman qui est un cri d'amour d'un petit- fils à son grand-père atteint de la maladie d'Alzheimer.

Un voyage préparé dans les moindres détails, sur la route de cette tournée de concerts de l'idole du grand père Gary en 1958, celle de Pat Boone, rival alors d'Elvis Presley.

Sauf que le départ ne va pas se passer comme prévu : une petite fille de 18 mois tombée du ciel pour le petit fils Matt, une tempête qui empêche le décollage de l'avion et surtout une jeune femme et un jeune homme tombés eux aussi de nul part qui vont s'inviter le plus naturellement du monde dans la camionnette louée comme solution de rechange.

Tout ce petit monde part alors pour ce road trip d'un genre particulier et va au fil des kilomètres se confier, se soutenir, s'épauler au delà des liens du sang dans un seul objectif : permettre au grand père de ne pas se laisser avaler par la maladie, même si elle gagne inexorablement du terrain.

Dans un jeu de chat et de souris, le lecteur se régale de l'évolution des personnages, des liens qui se tissent entre eux, de leur profond respect dans leurs secrets intimes et de leur bienveillance mutuelle.

Comme une vraie famille qui ne s'est pas réellement choisie, ils vont vivre une aventure pleine d'humanité à la croisée de leurs chemins respectifs.

On se laisse emporter par cet élan de générosité et de vie comme un message universel qui fait du bien en ce monde.

Un roman rempli d'amour, simple et sincère, comme du bon pain.
Et ça fait du bien !

Retrouvez les avis de A lire au pays des merveilles et du blog 3 étoiles

Quelqu'un qu'on aime
Séverine Vidal
Sarbacane
Collection Exprim'

lundi 19 octobre 2015

Une île


Voici une fable écologique aux accents à la fois tragiques mais pleins d'espoir.

Un pêcheur et sa femme vivent sur une île assaillie par les flots. Un pacte a été passé avec la mer si imprévisible et tempétueuse : tant que des hommes fouleront le sol de cette île, elle promet de ne pas l'engloutir. Mais l'île se vide. L'espoir renaît un jour alors que la femme du pêcheur est enceinte. Ils espèrent enfin la relève avec un enfant robuste !  C'est une toute petite fille qui naît emportant dans sa naissance le dernier souffle de vie de sa mère.

Le pêcheur a bien du mal à s'y prendre avec elle : sur les conseils de la vieille femme accoucheuse de l'île, il accepte de lui transmettre tout son savoir. Mais il tombe malade. La relève n'étant pas assurée, la mer avale l'île toute entière. Ses derniers habitants croient leur dernière heure arrivée, mais c'est sans compter sur la volonté de vivre d'une toute, toute petite fille...

Un texte dense pour ce conte moderne sur l'écologie, mais surtout des illustrations d'une très belle beauté :  le mouvement, le cycle de la vie et le temps qui passe y sont perceptibles.

Il fait inévitablement penser à l'histoire de Poucette et démontre combien la petitesse n'est pas un handicap : les petits font souvent de très grandes choses. La nécessité de la transmission entre les générations y est aussi abordée avec l'urgence qu'on lui doit dans les cas extrêmes.

Une très belle surprise que ce conte qui m'a emportée dans son message fait de réflexion et de simplicité.

Et pour ce début de vacances, vous pouvez en gagner un exemplaire en laissant un commentaire sur ce blog ou sur sa page Facebook.

Ouvert à La France Métropolitaine.

Tirage au sort le 31 octobre 2015.          


C'est LAURE qui remporte le livre !

©Méli-Mélo de livres-Tirage au sort du 1er novembre


Une île
Fanny Michaëlis
Editions Thierry Magnier

vendredi 16 octobre 2015

De cape & de mots

Voici un premier roman qui m'a emportée dans son sillage avec jubilation ! 

A la cour du palais règne une reine tyrannique, un roi malade et affaibli, un secrétaire maléfique et des courtisans bien futiles. Et plein de petites gens, des lavandières aux cuisiniers, qui triment nuit et jour au service de cette noblesse.

Les demoiselles de compagnie se succèdent au service de la reine le plus souvent pas très longtemps tant ses caprices farfelus sont impossibles à satisfaire sur le champ.

Serine, une jeune fille au caractère bien trempé et à la langue bien pendue, décide d'y tenter sa chance sans le soutien de sa mère très critique à son égard mais surtout pour le soutien à ses petits frères.


Elle va découvrir un monde avec ses propres codes et ne va pas tarder à imposer les siens à travers un rôle qui lui est tombé dessus sans réfléchir, bien souvent au péril de sa vie...



Le moins que l'on puisse dire, c'est que Serine, il ne s'agit pas de la seriner !

Même si la fin du roman est plutôt attendue, ce n'est pas grave, cette fin on la savoure, tant les péripéties qui lui permettent d'aboutir sont truculentes à souhait.

Ce roman est une vraie gourmandise dans le maniement des situations, servie par des trouvailles langagières de premier choix (que l'auteure prend soin de nous expliquer dans un glossaire plus que sérieux à la fin) : ça croustille, ça voltige et ça déménage !

De l'espièglerie et de la fantaisie à la pelle dans ce roman imaginaire, pas situé historiquement, avec une héroïne intelligente et naïve à la fois, mais déterminée et pleine de ressources.

Une très belle réussite, vraiment !

A quand le prochain Mme Flore Vesco ?

Retrouvez l'avis tout aussi enthousiaste de Carole-3 étoiles et de Le cahier de lecture de Nathan, qui me l'ont recommandé.

Et je vais le recommander à mon tour...

Et hop ! Le prix Dimoitou dimanche dernier pour ce roman !
Et hop ! Le prix Saint-Exupéry catégorie roman hier !

Existe aussi en version numérique

De cape & de mots
Flore Vesco
Didier jeunesse

mercredi 14 octobre 2015

Au creux de mon arbre

©Méli-Mélo de livres
Tout commence l'hiver pour un réveil en douceur de M. Hibou au fil du temps qui passe.
Au creux de son arbre, il voit passer le défilé des saisons et les petits habitants de la forêt le réinvestir aux beaux jours ou le déserter à la saison froide.

C'est tout simple, tout doux, très coloré, avec des trous dans l'arbre, en creux, pour induire un peu de mouvement dans cette immobilité apparente de l'arbre majestueux, comme un veilleur dans la forêt.

Juste deux phrases en bas de chaque page pour suggérer ce qui se passe et laisser au petit lecteur le temps à lui aussi de contempler l'image et de s'en emparer.

Un album qui donne le temps de prendre le temps d'observer cette immobilité feinte de la nature, immuable, dans un éternel recommencement.

Ce n'est pas un album révolutionnaire en soi, mais il est beau, tendre, poétique, musical et humble dans son approche.

Je suis séduite une fois de plus par le travail de la grande Britta Teckentrup, dont je suis toujours l'actualité avec grand plaisir, dans la permanence de ce qu'elle propose, toujours avec autant de luminosité.

Une chronique que je dédie à mes copinautes du blog A l'Ombre du Grand Arbre, évidemment :)


Au creux de mon arbre
Britta Teckentrup
Hatier jeunesse

lundi 12 octobre 2015

Le jardin des ours

©Méli-Mélo de livres
"Pour papi et pépé".
Voici la dédicace de cet album.
En toute simplicité mais il ne pouvait en être autrement.

Sur le lien d'un tout-petit à ses grands-parents, je n'ai jamais rien lu d'aussi délicat, poétique et intimiste.

Un petit ours s'invente un jardin comme un refuge, comme un sanctuaire de ses souvenirs. 
Pour conserver la mémoire de ces instants de vie, faits de joies simples mais néanmoins essentielles de partage avec chacun de ses grands-pères.

Et ils reprennent vie aux yeux du lecteur, papi et pépé, chacun dans leurs habitudes, leurs passions, dans leur maison, leur jardin, leur cuisine.

Il se dégage de cet album un sentiment de plénitude délicieux malgré l'absence. 

Un jardin secret extraordinaire pour ce petit ours où il sait qu'il pourra y puiser la force nécessaire pour avancer à son tour sur le chemin de la vie, si bien symbolisé par le texte et la dernière illustration de cet album.

Ce qui renforce ce sentiment, c'est aussi l'objet livre :  ces pages crème assez épaisses qu'on prend plaisir à tourner et surtout enfin ce grand format qui donne toute la puissance des illustrations de Fanny Ducassé, à l'univers onirique si particulier, tous ces petits détails dessinés avec une infinie patience et ces couleurs chaudes.

Je ne suis pas une spécialiste des albums, j'en lis beaucoup certes, mais là, je tiens entre mes mains un GRAND album, de ceux qui vont compter.

Un album sur la célébration de la Vie par-delà la Mort.
Un album hommage aux êtres disparus qui nous sont si chers.
Un album sur la force des souvenirs et le bienfait qu'ils procurent.

Un album de littérature jeunesse au sens noble du terme.

Immense coup de cœur !

Je ne suis pas prête de le ranger dans ma bibliothèque, je le garde auprès de moi...en souvenir de mes grands-mères, toutes deux parties cette année.
Je leur dédie cette chronique.

Retrouvez le précédent album de cette auteure-illustratrice de talent

Le jardin des ours
Fanny Ducassé
Editions Thierry Magnier


vendredi 9 octobre 2015

Infernal Léo/Tendre Max

Une histoire de jumeaux, ce n'est pas pour me déplaire.
Et la collection Boomerang, ces romans courts recto-verso, s'y prête fort bien.

Des jumeaux aux caractères opposés, l'un à la casquette bleue (Max le gentil) et l'autre à la casquette rouge (Léo la terreur).

Mais un jour, ils décident d'échanger leur casquette et d'adopter du coup le comportement qui va avec, au prix de nombreux efforts, d'une réflexion intense et d'une bonne dose d'humour.

On touche là au fantasme du jumeau et des échanges qu'ils peuvent s'amuser à imposer à l'insu des autres.

Mais ces histoires vont plus loin : elles posent la question de l'étiquette qu'on affuble notre entourage sans vraiment prendre le temps de le connaitre. La couleur de la casquette est le symbole de ce déterminisme social et combien nos propres comportements induisent aussi ceux des autres.

Entrer dans la peau de l'autre, c'est aussi mieux comprendre ses raisons d'agir non ?

Ces jumeaux le découvrent pour leur plus grand plaisir, si bien qu'ils ont envie de renouveler l'expérience, même si leur maman n'est pas si dupe...

C'est bien fait, c'est drôle, pas moralisateur pour deux sous, c'est du Irène Cohen-Janca !

Dès 7 ans.

Infernal Léo/Tendre max
Irène Cohen-Janca
Le Rouergue
Collection Boomerang

mercredi 7 octobre 2015

Le loup venu

C'est un grand album qui attire immédiatement le regard par le foisonnement des illustrations de Marie Caudry. On est tenté de chercher les silhouettes cachées, nous observant, dans la luxuriance de la végétation, dont on entend les bruits et dont on sent les odeurs si caractéristiques de la forêt profonde. 

Un titre mystérieux aussi qui convient parfaitement à cette histoire énigmatique écrite par David Gauthier, le compagnon de l'illustratrice.

Kiki , une jeune fille, rejoint sa chère forêt et sa cabane en compagnie de son chien Nox, se souvenant de chaque détail. Un endroit qui la ressource par ses plaisirs simples en harmonie avec la nature. Et c'est vrai qu'elle fait envie cette cabane au fond des bois, avec son confort rustique et son atmosphère chaleureuse (mmmh ! Dormir sous la verrière avec les étoiles comme plafond !).

Mais un jour, Nox découvre une masse sombre dans la rivière. Kiki arrive tant bien que mal à la sortir de l'eau. C'est un loup ! Immense, noir, sauvage mais bien mal en point. A force de soins patients prodigués par la jeune fille, l'animal va s'en remettre. Au fur et à mesure de son rétablissement, la peur grandit de voir resurgir son instinct de prédateur. Mais chacun reste à sa place dans le respect de sa propre identité.

Un album bien mystérieux, entre ode à la nature et ses bienfaits, sur fond de présence animalière discrète mais néanmoins palpable, et métaphore de la peur du loup à travers cette masse imposante qui prend corps. La présence du canidé est remarquablement amenée par plans décalés dans les perspectives (l'image du loup sorti de la rivière est époustouflante) alors que le texte très poétique adapte sa longueur à ce qui est donné à voir et laisse la part belle à toute interprétation finale tant sa fin reste ouverte. Rêve ou réalité ?

Un album qui montre la petitesse de l'homme face au règne animal, à sa force et à sa solidarité. On en sort plein de questionnements mais aussi des étoiles dans les yeux devant la beauté des détails à apprécier dans ces pleines pages lumineuses et mystérieuses.

Un album envoûtant, qu'on prend plaisir à lire et relire pour se laisser emporter par l'harmonie qu'il procure.

Coup de cœur !

Retrouvez l'avis du Tiroir à histoires

70éme album pour le Challenge je lis aussi des albums 2015

Le loup venu
Texte de David Gauthier
Images de Marie Caudry
Editions Thierry Magnier

lundi 5 octobre 2015

On n'est pas si différents !

Après "On n'est pas des poupées" (2013) et "On n'est pas des super-héros" (2014), voici "On n'est pas si différents !", petit album bien réaliste sur le handicap afin de tordre le cou à toutes sortes d'idées toutes faites.

Ce que j'aime dans l'approche, c'est qu'elle se met à hauteur d'enfant pour engager le dialogue dans des situations de leur quotidien.

Le message est clair : qu'il soit né handicapé ou qu'il le soit devenu, un enfant est un enfant comme un autre, avec les mêmes aspirations, les mêmes envies, les mêmes défis.

Son handicap devient alors un atout à condition que les autres veuillent bien l'admettre et faire un pas aussi vers lui.

Pas de misérabilisme dans ces pages mais des situations en interaction avec les autres et une revendication finalement toute légitime d'être comme les autres : "On n'est pas si différents" car "On rit, on pleure, on joue, on aime...et tout ça, on peut le faire ensemble !".

Le moins qu'on puisse dire est que les illustrations de Claire Cantais accrochent le regard par leurs couleurs d'une relative froideur, comme pour mieux faire ressortir le texte de Sandra Kollender, dont c'est le premier album jeunesse. Des collages d'où ressortent des visages d'enfants heureux de vivre et lumineux, mis en valeur par cette blancheur incandescente de leurs traits , de leurs mains et de leur corps, pour les rendre essentiels à leur vie. Leurs regards sont pleins de vie : il y a de la gaieté à revendre là-dedans, une belle célébration de la vie malgré les mauvais tours qu'elle peut parfois nous jouer.

Un album qui interpelle, un album support à engager le débat, pas moralisateur mais très ouvert et qui invite à la tolérance.


On n'est pas si différents !
Sandra Kollender et Claire Cantais
La ville brûle

dimanche 4 octobre 2015

Appli coup de cœur # 12 : De l'autre côté

Une application ludique absolument bluffante !



Tirée de l'album paru en 2005 "De l'autre côté" d'Istvan Banyai, auteur hongrois, aux éditions Circonflexe, Collection Couleurs du monde.

Il est également l'auteur de Zoom et Re-Zoom, deux albums à l'approche très novatrice.

De l'autre côté.- Istvan Banyai, Circonflexe, couleurs du monde

Cette application en 3D vous étonnera par sa conception : en touchant les flèches de l'écran, les tableaux se retournent et dévoilent effectivement l'envers du décor de l'image précédente, et vice et versa.

Du coup, ça donne un peu le vertige et c'est bluffant ! 

Ajoutez à cela une bande son plus vraie que nature et le résultat final créé à chaque page la surprise et le mouvement.

C'est sans texte mais pas besoin de mots pour s'immerger dans ces tableaux.

 6 pages sont gratuites et 38 autres sont accessibles en achats intégrés pour 4,99€ au total.

Et franchement , on ne boude pas son plaisir !

Un prolongement du livre très bien réalisé.

De l'autre côté 3D
Mental Canvas
Appstore
Gratuit
Version totale pour 4,99€



jeudi 1 octobre 2015

Cinq minutes et des sablés

©Méli-Mélo de livres
Un album ode à la vie qui vous embarque dans un tourbillon virevoltant, on en sort la mine réjouie ...avec une envie irrésistible de cuisiner les sablés, dont la recette glissée malicieusement à la fin du livre nous met l'eau à la bouche !

Je ne me lasse pas de lire cet album depuis qu'il est arrivé sur mon bureau tant le texte de Stéphane Servant me touche : une petite vieille, qui ne voit plus personne, attend la mort. Il ne lui reste plus que ça. Tel un ouragan, la mort déboule un beau jour chez elle. Presque prête, la petite vieille lui propose un thé de Chine bien corsé...et puis, tiens ! Si elle pâtissait ses sablés pendant qu'elle y est, ils vont si bien ensemble !


De fil en aiguille, la gaieté va revenir dans cette maison : la petite vieille et la mort vont se régaler de jeux, de musique et de danse, avec des invités surprise,  car...

"Cinq minutes de plus ou cinq minutes de moins, quelle importance ?"


Une litanie-ritournelle carpe diem qui insuffle à cet album un élan de vie palpable et contagieux.

Les illustrations d'Irène Bonacina sont juste parfaites pour traduire ce tourbillon de vie qui emplit la maison de chaleur humaine. Sur fond crème au départ, juste esquissés comme des croquis timides qui refusent de prendre toute la place, les dessins prennent de l'épaisseur et des couleurs délicieuses au fil de l'histoire pour emplir la page entière de leur luminosité, en écho à cette joie de vivre retrouvée. Un ensemble au charme désuet qui touche en plein cœur.

Au milieu, il y a des sablés délicieux, nous les avons testé nous aussi...
Tout droit sortis du four...


©Méli-Mélo de livres

Une très belle réflexion sur le temps en filigrane, sur l'attention à porter à ceux qu'on aime tant qu'ils sont encore là.

Un album coup de cœur pour ma part, qui sort aujourd'hui en librairie.

68éme album pour le Challenge je lis aussi des albums 2015

Cinq minutes et des sablés 
Stéphane Servant
Irène Bonacina
Didier jeunesse


RESULTAT DU CONCOURS !



Il y avait un livre à gagner LA.
Un album Magnifique !

Vous avez été 20 à participer.
J'ai été très touchée par tous vos si beaux témoignages sur les mamans 
et ce qu'elles représentent pour vous.
MERCI !

La gagnante est : 

COLETTE

Un petit message par mail* avec tes coordonnées et le colis va bientôt arriver !
*voir le mail sur le blog
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