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lundi 29 juin 2015

Ses griffes et ses crocs

Un roman à la couverture envoûtante, sur fond de légende indienne, dans une nature hostile, montagne noire et imposante, forêt profonde et mystérieuse.

Pourtant, ce sera le lieu que deux familles ont choisi pour passer leurs vacances d'été , dans ce chalet restauré par l'une d'entre elles. Ce qui les réunit, ce sont la passion du deltaplane des deux pères mais aussi leurs enfants. Dans l'une, les propriétaires, des jumeaux garçon-fille très brillants et un frère aîné trisomique. Dans l'autre, une grande sœur Lia et Marcus, atteint de TOC, qui lui empoisonnent la vie ainsi que celle de son entourage.

Marcus a tout de suite peur dans cet environnement. C'est trop pour lui. On a beau lui faciliter l'apprentissage de cet inconnu, il sent  bien qu'il est un poids. Et ça ne loupe pas. Au bout de quelques jours, c'est le clash. Ses parents décident de renoncer à ces vacances. Mais avant leur départ, les adultes décident de s'octroyer tout de même une journée de rando en laissant les enfants au chalet avec leurs recommandations.

Sauf que : un livre trouvé par Marcus dans la bibliothèque "Ses griffes et ses crocs" qui relate une légende indienne sur une bête effroyable dans la montagne qui se réveille quand on l'offense, va se révéler bien pire que ses cauchemars les plus atroces...

Voilà une histoire fantastique aux accents initiatiques qui prend un tournant réaliste de film catastrophe.
C'est efficace, on tourne les pages avec avidité, on veut connaître le dénouement, on ne s'attend pas du tout, mais alors pas du tout, à la tournure des événements en chaîne. Néanmoins, des ficelles un peu grosses ( quid de l'acide ................. ????) auraient méritées d'être évitées car elles enlèvent de la crédibilité à cette histoire somme toute bien ficelée.

L'auteur est scénariste et réalisateur, cela explique sans doute cela.

Mais enfin.... Quels parents sains d'esprit pourraient accepter d'emmener leur progéniture dans un endroit pareil en connaissant  pertinemment le danger encouru ?
Perplexe je suis sur la base même de cette histoire.

Pour amateurs de sensations fortes.


Ses griffes set ses crocs
Mathieu Robin
Actes sud junior

vendredi 26 juin 2015

Ouh là là !

Ouh là là ! Me suis-je dit ! Je n'ai jamais chroniqué les titres précédents de ces contes revisités sans texte et là, celui-ci, je me demande s'il n'est pas mon préféré.

Un mélange de contes, et dans le cas présent le loup et l'ogre fomentent un mauvais coup : les trois petits cochons et le Petit Poucet jouent tranquillement aux cartes. Les deux amateurs de viande fraîche les regardent par la fenêtre. Bien évidemment s'ensuit une cavalcade de qui-proquos que les deux compères vont vivre à leurs dépends....empêtrés dans leur corps imposant, leur bêtise et leur impatience.

Il y a dans ces pages un humour qui vous saute  à la figure  avec délectation, pas besoin de mots pour ça...On se réjouit des expressions, du jeu induit par ce décor minimaliste (une fenêtre, une porte, une table et des bancs), les pages participent elles -mêmes dans leur découpe à la vivacité des scènes et du retournement de situation.

Et si je vous dis que les titres précédents sont du même acabit, alors précipitez vous pour prendre une bonne part de franche rigolade dans ces contes revisités comme vous ne les avez jamais vu !
Une belle collection à se constituer car l'unité graphique a été respectée (Tralalère et Bouh !).
Et vous ne direz qu'un seul mot : Ouh là là !

En tous cas, ici, on adore et il était temps de vous le dire !

Retrouvez les avis d'A lire aux pays des merveilles et de La bibilothèque de Chlop


46/60 Challenge je lis aussi des albums 2015

Ouh là là !
Francois Soutif
Kaléidoscope

mercredi 24 juin 2015

Comme une envie de voir la mer

©Méli-Mélo de livres
Du jour au lendemain, Ludivine décrète à son entourage que désormais on doit l'appeler Ludi. Cela l'amuse plus que cela ne l'interpelle. Et pourtant...Ludi vit une révolution intérieure et pour cause.

16 ans, le bac tout juste en poche, Ludivine est brillante. On l'a bien formatée pour ça il faut bien le dire. Elle s'est conformée à ce que ses parents surtout attendaient d'elle. Née pour la perfection. Tout le contraire de son grand frère Mat, handicapé, aux angoisses imprévisibles, placé dans un Institut les Oiseaux bleus.

Et puis, ce jour où l'insouciance aurait due être au rendez-vous, ce soir où elle a fêté sa réussite avec ses amis, et surtout le beau Miguel, tout bascule pour elle. Un message laissé sur son portable. Une révélation va lui faire l'effet d'un tsunami...
Alors, elle fuit, Ludi, emportant avec elle son grand frère, comme pour s'excuser de lui avoir pris sa place, comme si elle avait aussi besoin d'avoir un témoin de son désarroi. Elle cherche quelqu'un qui pourrait lui expliquer le secret qu'elle vient tout juste d'apprendre. 
Et elle part, sans réfléchir, au bord de la mer. D'où ce titre comme une invitation à se ressourcer, à se trouver, enfin. Avec ce frère qu'elle connait finalement si peu et qu'elle redécouvre.
Puis vient la confrontation avec les parents qui ont enfin compris mais trop tard. Ils sont très touchants dans cet abîme où ils sont emportés car ils réalisent qu'ils l'ont eux-mêmes creusé. L'amour peut-il tout ? C'est leur excuse, elle est toute recevable bien sûr mais pas suffisante. Ce secret n'aurait pas du en être un...

Le personnage de Ludi m'a bouleversée. En quelques pages, l'auteure Anne Loyer a su poser les enjeux de cette histoire terrible mais qui existe malheureusement dans la vraie vie.

Elle pose les questions essentielles qui tournent autour de chaque secret familial : doit-on protéger absolument ceux qu'on aime, à tout prix, quitte à leur cacher la vérité sur leur origine ? L'amour peut-il tout excuser ? Et quand tout le monde sait, sauf le principal intéressé, danger il y a de l'apprendre par une tierce personne et là, c'est foudroyant. Vaut-il mieux se taire alors et faire comme si ?

Cette histoire en donne une réponse claire et évidente. L'amour est souvent égoïste et fabrique des bombes à retardement. Ludi va aborder ce tournant comme une seconde naissance, rassembler les pièces du puzzle, comprendre, se construire avec ce passé qui lui manquait pour avancer, et peut-être un jour, pardonner. 

Un roman très juste, très bien construit, qui dit l'essentiel sans larmoyer, et qui pose les choses sans jugement pour chacun des protagonistes. On a tous un ressenti différent face à nos propres choix et à ceux des autres.
Une tranche de vie comme il en existe bien plus qu'on ne le croit.


Comme une envie de voir la mer
Anne Loyer
Alice jeunesse
Tertio

lundi 22 juin 2015

Des livres à petits points !



            La collection Petite Poche chez Thierry Magnier...  

                          
Elle a refait peau neuve...
Elle a laissé au vestiaire ou sur la patère ses robes multicolores pour revêtir ces points multicolores, dont le sens varie sur chacun des opus.

Ce que je vois, c'est une solidité renforcée (parce que les pages mal encollées qui partent dès le premier feuilletage, plus que bof...), mais surtout une vraie tranche qui fait un peu plus livre et bien plus visible en rayonnage !
48 pages qui abordent des sujets de société, pour petits et plus grands lecteurs. 

Et puis un petit prix, tout petit...
De quoi s'en mettre plein les poches !

Voici les cinq derniers titres parus.
Je les ai lus ?

 "La gelée d'été, j'assure ! Mais non, elle ne fait pas partie des trois caramels capitaux ! Mais attention au Terrible effaceur ! Pas de problème ! ...j'assure aussi. Trop fort Victor !"

Oui, je les ai lus !

Et ils sont trop bien ! 

Et ils existent aussi en version numérique...
Trop fort Thierry Magnier !

Collection Petite Poche
Thierry Magnier

vendredi 19 juin 2015

Trouve-moi

©Méli-Mélo de livres
Que de légèreté dans ce roman très plaisant à lire qui m'a révélé un Christophe Léon différent, joyeux, drôle dans une histoire sautillante, pleine d'humour, mais où ses thèmes de prédilection sont savamment instillés tout du long (écologie, mal-bouffe, solidarité, ....).

On y fait la connaissance de deux familles : les Franchart et les Archambault. Voisins à la campagne. Tout les différencie. Pourtant, ils ont appris à se tolérer tant et si bien que cette année, ils partent en vacances ensemble, en camping, à Saint-Tropez . Et alors là tous les clichés y passent, avec un réalisme qui frôle le vécu, mais sans méchanceté aucune. Des pages d'anthologie !

Dans la famille Franchart, je demande le fils : Charles-Louis ( et oui....). C'est lui le narrateur et quelle verve ! Immédiatement sympathique au lecteur qui le suit dans ses joies et ses déconvenues. Il lui en faut une tonne de patience à ce jeune garçon pour ces vacances mémorables dignes du film Camping ! Sauf que ...il va découvrir l'amour , le grand, en la personne de Mireille, une jeune personne grande lectrice, mystérieuse, solitaire et solaire avec un secret familial bien gardé.
Trouve-moi....

Un roman comme un soleil, au ton enjoué, incisif, joyeux, aux personnages hauts en couleur qui prennent corps facilement dans votre imagination de lecteur.
Et que c'est chouette de découvrir une autre facette d'un auteur dont on a déjà lu des romans bien plus sombres.

Un régal de lecture !

Et pour tout savoir sur la lecture de Mireille Un cargo pour Berlin de Fred Paronuzzi, ma chronique !
Un roman que je vous recommande également !

Trouve-moi
Christophe Léon
Oskar
La vie

mercredi 17 juin 2015

Yellow Yellow

©Méli-Mélo de livres
Un album aux sonorités chantantes, comme une sorte de bonjour enjoué et qui revient dans un écho (Yellow-Hello !), du jaune, du noir et du blanc, un foisonnement de détails à l'intérieur à vous couper le souffle ! Déjà la couverture, quand on l'ouvre en grand à plat, donne un bel aperçu : une histoire à elle toute seule !

Un petit garçon trouve par hasard dans une décharge et au hasard de ses pérégrinations en ville un casque jaune qui se trouve lui aller à merveille. Content de sa trouvaille, il l'embarque dans ses jeux, au fil de son imagination, au fil de ses envies dans cette ville américaine grouillante de vie. Sauf qu'il rencontre son propriétaire et doit lui rendre son bien. Qu'à cela ne tienne, de retour chez lui, il se dessine un chapeau de papier jaune unique qui lui va comme un gant, évidemment....

La mise en scène de cet album est époustouflante : véritable ode à l'imaginaire, non seulement dans l'histoire pourtant toute simple, mais surtout dans ces illustrations noires et blanches dans lesquelles les yeux du lecteur s'attardent tant le foisonnement des détails est impressionnant. A chaque lecture, de nouvelles découvertes. On peut s'amuser à tourner le livre dans tous les sens et toujours votre regard sera interpellé. Il y a aussi beaucoup à lire dans ces pages, des jeux sur les perspectives, sur les polices de caractères, sur les objets du quotidien insolites et détournés. Et ce jaune bien pétant qui en met plein la vue, comme une sorte de fil non pas rouge, mais qui crée un contraste attirant et fait le lien jusqu'au bout.

Une belle balade dans cet album foisonnant qui été édité en 1971 et qui est réédité aujourd'hui en France.

Un album intemporel et très original que je suis heureuse d'avoir entre les mains aujourd'hui.


Yellow Yellow
Texte de Franck Asch
Illustrations de Mark Alan Stamaty
Actes sud junior

lundi 15 juin 2015

Comment je me suis débarrassé de ma mère

Un titre provocateur s'il en est qui rend parfaitement bien l'atmosphère de ce qui est donné à lire dans ces cinq nouvelles.

1. Une mère si possessive qu'elle éloigne toutes les petites amies de son fils tout en harcelant ses propres conquêtes en le prenant à témoin,
2. Une mère prête à tout pour que sa fille devienne championne de tennis à tout prix,
3. Une mère qui pollue le mur Facebook de son fils et lui fait un chantage pas possible,
4. Une mère dont le fils a honte de l'apparence physique et de la mollesse,
5. Une mère accusée de maltraitance par son petit garçon et où on retrouve les protagonistes des quatre histoires précédentes et qui se disent que peut-être...


Dans tous les cas, les adolescents se débarrassent effectivement de leur mère et franchement, on ne peut s'empêcher de les comprendre même si pour certains, c'est assez radical et sans retour. J'ai trouvé particulièrement terrible la quatrième histoire où est pris qui croyait prendre.

Ce sont des nouvelles, et comme le genre l'impose, ce sont des histoires courtes, ramassées, à la chute qui tombe comme un couperet et qui laisse le lecteur un peu groggy de tant de cruauté entre des êtres censés s'aimer pour le meilleur et pour le pire. A la fin de chacune, on fait une petite pause en se disant "Non, mais c'est pas vrai !" et puis on repart dans l'histoire suivante, pour savoir ce qui nous y attend.

Des histoires qui montrent combien l'adolescence peut être impitoyable, mais qui révèlent aussi le pouvoir que certaines mères immatures peuvent exercer sur leur progéniture pour leur pourrir la vie. Mais ça, c'est plus tabou et l'adolescence, cet âge ingrat, a souvent bon dos.

A ne pas lire comme un manuel de sociologie à la vérité crue mais comme le révélateur de situations parfois conflictuelles au sein de la cellule familiale, que personne ne s'est finalement choisie.

Et les parents, ça ne vous ait jamais arrivé de vouloir vous débarrasser de vos enfants ?

Comment je me suis débarrassé de ma mère
Gilles Abier
Actes sud junior 

samedi 13 juin 2015

Injonction à vivre !

Deux albums...
Qui ont en commun du rose...
Un point d'exclamation dans leur titre...
Injonction à profiter de la vie !





  • Compte comme MOI ! Non, ce n'est pas un énième livre à compter pour les petits mais un album à l'approche philosophique. Il recense, à partir des éléments du corps humain, des facultés métaphysiques essentielles en les extrapolant par une assertion et son contraire :


J'ai deux yeux
Comme toi
L'un pour regarder
L'autre pour voir...

Au final, il rappelle l'universalité de notre condition humaine : nous sommes tous fait pareil, nous avons les mêmes possibilités au départ, encore faut-il savoir s'en servir mais surtout avoir envie de faire éclore cette part d'humanité.

L'album joue aussi sur le contraste des couleurs : chaque double page en présente une nouvelle, presque une sur deux invite le lecteur à ouvrir un volet supplémentaire, comme pour lui donner le temps de réfléchir à trouver sa propre réponse.

Un album de très belle qualité.

Retrouvez l'avis de Sophie-La littérature jeunesse de Judith et Sophie.





  • Tiens ! part d'une expérience concrète puisque Ramona Badescu a pris ces photos une semaine d'avril 2014 à Grenoble dans des structures accueillant de jeunes enfants.

Des attitudes du quotidien dans leurs jeux, les moments qui rythment leurs journées, avec un focus tout particulier sur les mains, comme un lien solide tout du long. Chaque photo est soulignée d'une bande de couleur qui accueille une courte phrase, juste pour suggérer ce qui s'y joue.

C'est plein de soleil, de partage, de joie, de tendresse. A la fin, une poésie pour clore ce voyage intimiste.
Que c'est chouette !

Un album qui donne du baume au cœur.

43 et 44/60 Challenge je lis aussi des albums 2015

Compte comme moi !
Atiq Rahimi et Olivier Charpentier
Actes sud junior

Tiens !
Ramona Badescu
les grandes personnes

jeudi 11 juin 2015

La pyramide des besoins humains

Pour un premier roman, quelle claque !

Mettre en parallèle la vie d'un jeune ado fugueur, devenu SDF dans le Chinatown de Londres et un jeu de télé-réalité, avec la manipulation qu'il sous-entend, le vide des réseaux sociaux pourtant plein de monde à l'affût du dernier scoop, où chacun met en scène sa propre vie, ouaaah, il fallait le faire !

Je n'ai pas arrêté de corner les pages de ce roman tant certains passages sont d'une telle justesse dans ce parallèle.







Tout part de cette pyramide, celle de Maslow, qui classe les besoins humains en cinq catégories comme décrites ci-dessous.


Et donc de ce jeu de télé-réalité qui suscite immédiatement l'engouement et auquel Christopher, le héros de l'histoire, va participer, comme ça, sans grande conviction, plus pour tuer le temps et presque par hasard. Candidat : 12 778 sur 15000 inscrits. Le principe du jeu est de passer les différentes étapes de la pyramide, en postant sur son profil la preuve qu'on a bien rempli l'étape demandée. Le pseudo ChristopherScott54 va vite défrayer la chronique et arriver en finale.

L'auteure mêle avec brio le passé de Christopher et sa vie actuelle. Le lecteur renoue peu à peu les fils de son histoire personnelle d'une tristesse absolue. Car quand on vit dans la rue, après une fugue du domicile familial à 15 ans, la réalité a un autre visage : celle de l'alcool, de la drogue, du carton à même le sol dans la rue, la mendicité, la saleté, la perte de repères et la peur de mourir. 

Car ce qui est intéressant, c'est vraiment ce parallèle entre la fulgurance de son ascension virtuelle et celle de sa déchéance sociale réelle.
Comment un être qui n'a et qui n'est absolument plus rien peut-il parler de réalisation de soi ? Toute l'absurdité de la question réside dans ce décalage.

Une démonstration de la vacuité de nos vies, de la manipulation des médias et de notre soif de sensationnel,  qui pose le sujet de l'accomplissement de soi.

Un roman très fort mais qui aurait parfois mérité plus de profondeur même si la mise en abîme est assez vertigineuse dans ce qu'elle nous dit de notre perception des êtres et de la représentation de soi.

En tous cas, une auteure à suivre !

Une interview de l'auteure sur le site Lirado

Retrouvez l'avis de mon copinaute Nathan

La pyramide des besoins humains
Caroline Solé
Ecole des loisirs

mardi 9 juin 2015

Tu grimpes drôlement bien aux arbres !

©Méli-Mélo de livres
Quel joli titre qui tranche avec le contenu de cette histoire d'une réalité toute contemporaine : parce que son papa est au chômage et qu'il vient de trouver enfin du travail en ville, le petit garçon réalise qu'il va devoir déménager et quitter sa chère campagne. Un déchirement pour lui. Dans cette ville inconnue, il ne reconnait rien, il se sent comme un étranger, il n'a plus ses repères, beaucoup de bruit, beaucoup de choses qui vont trop vite, beaucoup d'odeurs différentes. Tous les jours, il se poste à la fenêtre de l'appartement pour observer ce nouvel environnement qui lui fait si peur. Un jour, il décide pourtant de sortir, attiré par les mouvements d'un cirque qui s'installe sur la place, en bas de son immeuble. Une petite fille qui joue au cerf-volant lui demande alors de l'aider pour décoincer son jouet, prisonnier dans un arbre :

"Tu grimpes drôlement bien aux arbres !"

Une phrase comme un baume au cœur, une phrase déclencheur de son appartenance au monde, une phrase qui fait le lien entre son passé et sa nouvelle vie, et qui va permettre à ce petit garçon d'accepter d'apprivoiser ce nouvel environnement et d'y vivre enfin, sans renier pour autant d'où il vient.

Un album qui serre le cœur tant les sentiments de tristesse et d'ennui de ce petit garçon vous prennent à la gorge. Du vécu, beaucoup de réalisme mais en même temps de la poésie qui s'introduit dans le quotidien et qui dit qu'avec le temps, on finit par grandir intérieurement en capacité à accueillir l'inconnu.

Les illustrations pleine page et double page, dans ces tons chauds à l'aquarelle, un peu délavés, au charme un peu désuet comme des gravures, donnent une force à ce si beau texte qui suggère en même temps qu'il explique.

Il s'agit du premier album jeunesse de la genevoise Silvia Hërri et l'illustratrice Cristina Pieropan est italienne.


Pour en savoir plus sur cet album : le site des Editions Notari, que je remercie pour cet envoi.



Tu grimpes drôlement bien aux arbres !
Silvia Hërri
Cristina Pieropan
Editions Notari

dimanche 7 juin 2015

Applis coup de coeur # 9 : invasion de dinosaures !

Pour cette neuvième rubrique numérique, 
partons à la rencontre des dinosaures...parce que :

Editions kaléidoscope


C'est à cette enquête que va s'atteler Hippolyte Résoutout, détective hyper fortiche, champion incontesté du Rubik'cube depuis la maternelle.  Il va donc enfourcher son tricycle et muni de sa loupe, avec l'aide de son assistante Gladys,  file pour résoudre ce mystère...

Voici un livre-application farfelu, hyper bien fait : un mélange de rétro et de modernité, une narration fluide, des interactions originales, à la durée parfaite, des clins d’œil au cinéma, une bande son très chouette, bref, ce n'est pas pour rien qu'elle a remporté ce prix : Trophée Wouap doo App jeunesse de la meilleure application innovante dans la catégorie fiction en 2014. Une réussite signée une fois encore par cette maison d'édition numérique très prometteuse Audois & Alleuil.

Seul bémol : la fin trop rapide et qui ne nous dit pas vraiment si l'énigme est résolue...


Et pour compléter vos connaissances sur ces animaux réellement disparus, voici cette application sur les dinosaures chez Gallimard jeunesse, issue de la très célèbre collection "Mes premières découvertes", très complète, très interactive et très pédagogique. Vous serez incollables sur la question ! 

SOS Dinos en détresse
Juliette Saumande et Claire Chavenaud
Audois & Alleuil
Disponible sur Appstore et Google Play
4,99€

Le dinosaure
Gallimard jeunesse
Disponible sur Appstore
4,99€

jeudi 4 juin 2015

Les Filouttinen tome 3 : Le guide des guides

Gagnante du bluff de la grande fête des bandits l'année passée, Liisa va faire une incroyable découverte : elle tombe presque par hasard sur une lettre écrite il y a plus d'un siècle par le père de tous les bandits et qui dévoile le lieu où est caché le précieux Guide, celui que toutes les bandes de bandits recherchent ! 

Et c'est reparti ! Tambour battant...Notre petite troupe s'organise (et pour ça, ils sont super-fortiches) pour mener à bien cette chasse au trésor...
Moins de braquages mais un seul objectif en déjouant les autres bandes mais en faisant fonctionner le jeu des alliances.

Un tome plein de rebondissements mais surtout une histoire qui prend une autre dimension pour Liisa puisqu'elle va apprendre bien des choses sur ses propres origines. Une Liisa au meilleur de sa forme entourée de cette nouvelle famille qui lui convient bien plus que l'officielle.

Une fois de plus, l'auteure nous embarque dans une histoire bien ficelée, aux ingrédients savamment amenés, et une chasse au trésor, qui résiste ? Je vous le demande !

Néanmoins, j'ai regretté le démarrage un peu lent de l'intrigue ainsi que cette vie rocambolesque autour des braquages. Et que ces noms scandinaves sont difficiles à retenir !
On s'y perd un peu parfois...Heureusement, il y a la présentation du début !

De la bonne humeur, de l'humour, de la solidarité, de l'action : un bon moment de lecture !
Quand on part en vacances par ici, on rêve de les rencontrer ces Filouttinen !

En librairie ce 3 juin.

Mes chroniques des tomes précédents :

Les Filouttinen : tome 3
Le guide des guides
Siri Kolu
Didier jeunesse

Existe en version numérique

mardi 2 juin 2015

Ode à la nature

Deux petits albums infiniment précieux, bucoliques, à la narration apaisante, aux illustrations toutes en délicatesse...

Coups de cœur !


©Méli-Mélo de livres

Bonjour est un album singulier : il allie l'évocation de la journée du matin au soir dans ses gestes quotidiens à une description des éléments naturels dans leur simplicité et leur fonction de base. Le tout donne une belle cohérence,  toute en douceur, sur ce fond de papier blanc, avec ces illustrations colorées et qui rappellent la peinture sur soie. On est d'emblée situé dans la vie, dans ses transformations, aussi bien biologiques que séquentiels. Il s'en dégage une sérénité, l'impression de faire partie de ce tout comme une évidence. Un petit format idéal : on a presque envie de chuchoter ce qui se joue dans ces pages. C'est superbe et très original !

La drôle de fleur
se situe dans un registre différent : fond blanc également, plus grand format, couleurs pastels mais message très fort. On est plus dans l'implicite. Une fleur blanche se désole de ne pas être comme les autres. Blanche, on ne la remarque pas. Elle se prend alors à rêver en empruntant les attributs de la nature qu'elle aurait tant aimé posséder ! Et si sa valeur était ailleurs ? Une fin très poétique sur le thème de la différence.
Un album magnifique, de très belle qualité mais venant de la maison d'édition Marcel & Joachim, ce n'est pas une surprise. 

Leur point commun : du suggestif, de la poésie, de l'artistique, par petites touches incroyablement bien amenées.


Bonjour
Anne Brugni, McCloud Zicmuse
Les requins marteaux

La drôle de fleur
Géraldine Renault et Naomi katsu
Marcel & Joachim

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