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dimanche 31 mai 2015

Mon tout petit












Un album dans un joli écrin épais aux motifs végétaux
 qu'on ouvre délicatement.
Ne vous y trompez pas : 
Mon tout petit est un GRAND album.

De ceux dont on sait qu'il va vous mener loin et vous dire ce que jamais vous n'auriez été capable de formuler.
Il invite à une caresse intimiste, celle de la déclaration d'amour d'une mère à son enfant qui en grandissant le lui rend bien.

Du papier crème léger comme la soie, des illustrations fragiles comme la vie, sous le trait si reconnaissable d'Albertine. Et un texte de Germano Zullo qui va à l'essentiel de cette bouffée d'amour incommensurable.

L'attrait de ce qui est dit là est aussi dans la figuration : une mère d'abord imposante qui accueille et tient son petit au creux de ses bras aimants, un petit devenu grand qui l'entoure à son tour de ses bras forts et protecteurs. Et le tourbillon des jours passés ensemble dans cet amour pas assez grand pour eux deux.  Et le besoin de se toucher, de se sentir, de se câliner, de se blottir pour ne pas se séparer. Il y a là la naissance, la jeunesse, l'âge mûr et la vieillesse rassemblés et incroyablement traduits. Puis, les rôles s'inversent dans cette prise d'autonomie du petit qui grandit. La mère disparaît au profit d'un jeune homme tout étonné d'en être déjà là, lui aussi. Mais au milieu de ces pages, j'y ai vu la rencontre : la rencontre amoureuse, celle du couple, par lequel tout a finalement commencé. L'histoire de la Vie et de l'Amour.




Un album qui me va droit au cœur, maman de quatre petits devenus grands aussi.

Un album que je vais garder tout près de moi tant il me tient chaud et me comble dans ce qu'il raconte de cette histoire avec cette belle simplicité et tellement de délicatesse.

Un album que je vais offrir à des futures mamans pour leur dire combien l'aventure de la maternité est une étincelle fulgurante qui passe à toute allure, mais une étincelle pleine d'étincelles qui n'ont jamais fini de vous éblouir.

Pour en savoir plus sur ce couple d'auteur-illustratrice, c'est par LA.

Merci aux Editions La joie de lire pour ce magnifique moment de lecture.
De l'émotion à l'état brut.
Vraiment.

En ce jour de Fête des Mères, je dédie cette chronique à mes quatre tout "petits".

BONNE FETE A TOUTES LES MAMANS !

39/60 Challenge je lis aussi des albums 2015

Retrouvez l'avis de A lire aux pays des merveilles

Mon tout petit
Germano Zullo et Albertine
La joie de lire

vendredi 29 mai 2015

Pas encore au dodo ?

Eh ! Eh ! Vous le reconnaissez ? Ce petit loup bien coquin et bien goguenard ?
Le revoiloù dans ce troisième album et quel régal !

Comme le titre l'indique, il s'offusque que les enfants ne soient pas encore couchés. Et évidemment, il menace de les croquer ...s'ils n'ont pas mis leur pyjama, ne se sont pas brossés les dents, avec cette désinvolture qui le caractérise si bien.


Toujours ce jeu de questions réponses entre le petit loup et le narrateur qui permet à la fois une distance ludique et une proximité bienvenue. La quatrième de couverture participe elle aussi de l'histoire. On va vraiment au bout de l'idée.


Et comme toujours...une chute où est pris qui croyait prendre.


Suite des deux précédents, j'ai vraiment un faible pour ces trois albums : quel plaisir de les raconter à deux voix !  Les petits ne s'y trompent pas : ils s'y reconnaissent avec humour, le loup y est considérablement démystifié, leurs petits travers décortiqués de la sorte permettent de constater qu'ils sont universels et remis à leur juste valeur.

Bref, j'adooooore !

Et quelle dégaine irrésistible il a ce petit loup, vous ne trouvez pas ?

Mes chroniques des deux précédents :


Pas encore au dodo ?
Alex Sanders
Ecole des loisirs
Loulou & Cie

mercredi 27 mai 2015

Amour, quand tu nous tiens !

Deux romans très forts sur le sentiment amoureux mais au dénouement bien différent avec , 
dans l'un, le point de vue du jeune homme 
et dans l'autre celui de la jeune fille, 
sur cette difficulté à formuler ses sentiments pour l'autre.

Même pas peur : on pourrait penser que le titre signe l'audace, l'envie d'aller au-delà de ses limites. D'une certaine façon, oui.
Deux garçons et une fille : Stephan et Phil et surtout la belle Mica. Imprévisible et mystérieuse.

Sur cette Ile d'Yeu sauvage où ils passent depuis longtemps leur été ensemble, la jalousie de Stephan vis-à-vis de Phil l'enserre tel un étau. Il s'imagine que Mica et Phil sont amoureux, et que lui va rester à l'écart, alors qu'il brûle d'un amour flamboyant pour elle, depuis longtemps, sans jamais avoir osé le lui dire. Il se met en danger en permanence, se lance des défis sportifs comme pour mieux étouffer ce désir qui le ronge et le dépasse.

A travers Stephan, le lecteur est plongé dans le désarroi du sentiment amoureux qui n'ose dire son nom, dans cet espace difficile à vivre du non-dit et de la souffrance qu'il engendre. On est tous passé par là à un moment de notre vie : avoir peur du trop tard. La dimension est encore plus aiguë à l'adolescence, ce territoire de tous les possibles.
Un roman très juste et qui pour une fois nous fait vivre ce dilemme du point de vue masculin.


Un grand merci à Ingrid Astier pour sa si belle dédicace.


A ma source gardée : un titre qui va comme un gant à cette histoire d'une sensualité et d'une sensibilité qui vous laisse sous le choc dès la lecture terminée.

Jeanne, lycéenne, passe tous ses étés dans le village de sa grand-mère. Elle  y retrouve une bande d'amis qui a ses habitudes et en grandissant, l'envie de se confronter aux sentiments qui affleurent et se devinent entre eux. Et puis, il y a  Lucas qui s'est joint au groupe. Le beau Lucas. Jeanne et Lucas ont la même sensibilité à fleur de peau, une nostalgie au bord des lèvres. Et là, Jeanne tangue, tombe, glisse avec délice dans le bonheur des corps en harmonie. Sans que rarement un seul mot ne soit prononcé entre eux. Elle n'en attend que deux, Jeanne, mais ils ne viennent pas. L'été suivant, elle comprend ou plutôt elle ne comprend pas. C'est la béance d'un amour qui se perd avant même d'avoir pu s'épanouir.

Je ne dis pas tout de l'intrigue. J'ai envie de rester à la fois à la lisière et à la profondeur des sentiments décrits par une plume si sensible, si réaliste, si juste, si forte.

Un roman sur le point de vue d'une jeune fille sur la naissance de son premier amour mais non-partagé, celui qu'on n'oublie jamais car il vous ouvre les portes de cet inconnu, beau et terrible à la fois. 

Un très beau texte, plein, entier, où tout est dit, sans fioritures sur ce qu'il y a de plus intime.

De cette auteure-libraire, j'avais déjà beaucoup aimé : L'été de Léa.

Même pas peur
Ingrid Astier
Syros
Existe en version numérique

A ma source gardée
Madeline Roth
Thierry magnier

lundi 25 mai 2015

Cache-cache

Une fois n'est pas coutume, voici une pièce de théâtre que j'ai eu envie de lire pour sa thématique très actuelle.

Et je sors du week-end théâtre de mes quatre enfants et quels chocs émotionnels ils m'ont procuré !

Imaginez un monde où vous êtes constamment surveillé, traqué, où tout peut basculer pour un rien.
L'œil de Moscou est symbolisé par la Gorgone, une organisation infiltrée dans toutes les strates de la vie quotidienne. Votre voisin ou même un inconnu peut être un délateur. Un système implacable.

Un monde où des caméras enregistrent chacun de vos gestes, même jusqu'à détecter la moindre de vos respirations.

Un monde où chacun a laissé ses traces via les réseaux sociaux, internet, les smartphones. Autant de perches pour faire de vous une proie facile.

"Il y a quelques années, c'était l'inverse, on paradait avec nos blogs, nos sites, nos réseaux sociaux, nos milliers de photos en ligne. Maintenant, on rêve d'être sans visage. Sans empreinte. Sans trace."" (p. 52).

Comment s'en sortir ? En devenant invisible . Une gageure.

C'est ce qu'expérimentent les douze adolescents (six garçons, six filles) dans ce jeu de cache-cache où ils posent avec justesse le pourquoi de leur condition actuelle : comment les adultes n'ont-ils pas pu être plus vigilants ? Pourquoi leur laisser ce monde en perdition en héritage ?

Un huis-clos étouffant, que le lecteur vit aussi de l'intérieur. 
Une pièce qui pose de vraies questions sur le monde actuel et ses dérives incontrôlables à terme.
Un texte pessimiste, sans une lueur d'espoir.

Sans doute pour provoquer la réflexion et une certaine forme de sursaut.

On s'y voit comme dans un miroir qu'on nous force à regarder malgré soi.

Et comme ces personnages, on sent la peur, le doute, la crainte monter.
On a aussi envie de se cacher pour ne pas regarder en face cette triste réalité.

Et on ne peut s'empêcher de penser : et si c'était déjà en train de se produire ?

De cet auteur,  j'ai déjà lu ce roman que je vous recommande aussi : LA

Cache-cache
Eric Pessan
Ecole des loisirs
Collection Théâtre

vendredi 22 mai 2015

Un ours dans la bergerie

©Méli-Mélo de livres
J'ai eu envie de lire ce roman déjà pour sa si belle couverture signée Mélanie Rutten.

Et c'est plus qu'un roman : il aborde un sujet qui revient souvent à la une des médias. Celui de l'introduction des ours dans les Pyrénées. Un sujet sensible.

Le père d'Elias est éleveur de moutons. La colère gronde. Régulièrement, des moutons sont tués par le mammifère. Une oursonne a d'ailleurs été abattue. Elias arpente souvent la montagne. Il va y découvrir un ourson blessé, sans doute le bébé de l'oursonne. Que doit-il faire ? Le laisser et le mener à une mort certaine ou le sauver ?

Il fera le second choix, tout en mesurant les conséquences que ce choix implique, surtout vis-à-vis de son père. Enfin, presque. Il va être vite dépassé par la situation. Etre tiraillé entre sa loyauté filiale et son amour des animaux.

Ce roman n'a pas à proprement parler une intrigue surprenante. Mais le lecteur se trouve transporté dans cette belle nature exigeante et confronté à la réalité du terrain : dilemme de l'écologie et des contraintes de l'élevage en milieu hostile.

La relation qui naît entre le jeune garçon et cet ourson est très touchante. Elias va savoir prendre au fil du temps ses responsabilités, non seulement vis-à-vis de l'animal mais aussi vis-à-vis de son entourage. Ce coup de projecteur sur cette histoire la rend terriblement réaliste et pleine d'humanité.

Un roman qui s'empare avec justesse d'un sujet de société, sans leçon à donner, sans parti-pris, dans une nature époustouflante de beauté mais aussi de dangers.
Sans doute est-ce la seule "leçon" à retenir.

Un ours dans la bergerie
Quitterie Simon
Thierry Magnier

mercredi 20 mai 2015

Peintres, qui êtes-vous ?

©Méli-Mélo de livres

Voici un magnifique documentaire qui nous prend par la main pour nous faire découvrir pas moins de 18 peintres de Léonard de Vinci à Picasso.

Le principe en est simple : page de gauche, le peintre lui-même s'adresse directement au lecteur autour de l'un de ses tableaux le plus connu (qui est cité et re-contextualisé), où il nous fait part de sa propre vision de son art et ce qu'il a voulu y transmettre.
Page de droite, un portrait du peintre en question avec quelques lignes sur sa biographie.

Le tout dans un grand format et une présentation très soignée.

Cela donne à l'ensemble une belle unité et surtout une approche vivante de la peinture : ces peintres ont encore et toujours des choses à nous dire, leur vision du monde n'a pas pris une ride, ils nous rendent témoins de la beauté du monde. Un message plus qu'universel.
En bonus, une très belle exergue en introduction : "Les peintres font des signes. Regardons-les..."...

Dans cette collection Qui êtes-vous ? est déjà sorti "Poètes, qui êtes-vous ?,  tout aussi séduisant.

A l'automne prochain est attendu : Ecrivains, qui êtes-vous ?

Des albums qui sauront sans aucun doute trouver leur public par leur souci de vulgarisation et leur injonction à prendre le temps de regarder, de contempler, d'écouter, de lire ce que les artistes nous ont laissé en héritage.

Peintres, qui êtes-vous ?
Jean René et Marcelino Truong
Editions Bulles de savon

Que je remercie chaleureusement pour cet envoi.

lundi 18 mai 2015

Le cœur en braille : quatre ans après

Quel bonheur de retrouver Victor et Marie-José !
Et surtout la langue si vivante de l'auteur.

Quatre ans après : et oui, ils ont bien grandi. Les années collège sont déjà un lointain souvenir, de la nostalgie aussi dans l'air.

Victor vient de passer son bac. L'été s'étire devant lui. Retrouver Marie-José, dont les sentiments à son égard sont plus vifs que jamais (aucune équivoque là-dessus !), au cinéma est un de ses plaisirs favoris. C'est lors d'une de ces séances, où il décrit avec délectation les scènes de western (et pour le lecteur aussi !) à Marie-José, qui a perdu la vue (voir Le cœur en braille 1), qu'il pense avoir reconnu sa mère en l'actrice Sally Marshall.

Evidemment, il va se mettre en tête de la retrouver : d'abord convaincre son père et la principale intéressée.
S'ensuit un été-test pour le trio reformé. Pour le meilleur ou pour le pire ?

On y croise aussi Haïçam dans un tournoi international d'échecs, son propre père, l'oncle Zak, la soeur Etoile, le CPE du collège, bref, un joyeux petit monde qui emplit de vie la maison de nos deux hommes solitaires pendant sept longues années.

C'est plein de rebondissements, de réflexions sur la vie, avec ses petits riens, ses gros beaucoup, mais surtout une saga familiale très attachante, nostalgique juste ce qu'il faut et pleine d'espoir.

Pascal Ruter a le don d'emporter le lecteur avec lui dans cette histoire racontée avec un humour assez pince-sans rire bien à lui. 

On avale les pages, on a le cœur qui pince, le sourire aux lèvres, parfois les larmes aux yeux : un tourbillon d'émotions comme la vie elle-même et on se réjouit de cette fin où la boucle est bouclée, pour ainsi dire, même si c'est une nouvelle vie qui s'annonce pour les protagonistes. Il leur reste à en écrire les plus belles pages. Mais ça va, on est rassuré sur leur sort, on leur fait confiance. Même si on est un peu triste de les quitter, on se réjouit de les savoir bien entourés.

Et 17 ans, quel bel âge !

Retrouvez mes chroniques des précédents tomes :
-Du bonheur à l'envers (rebaptisé Le cœur en braille  : trois ans avant)

Le cœur en braille : quatre ans après
Pascal Ruter
Illustration de couverture d'Anne Montel
Didier jeunesse

Existe en version numérique

BONUS

Des photos de Pascal Ruter 
lisant des extraits de ses romans :
Quelle ré(i)ga(o)lade !



©Méli-Mélo de livres

vendredi 15 mai 2015

Les plus belles comptines d'Europe

Une très belle invitation à un voyage à travers toute l'Europe et ses sonorités ! 

30 comptines d'Europe en 13 langues y sont présentées, chantées par des enfants.

Les pays sont regroupés pour une immersion totale : on a le temps alors de se familiariser avec ces sonorités avant de passer à un autre pays. 

Et que de découvertes ! 

Par exemple, les comptines des pays de l'Est (Roumanie, République Tchèque, Slovaquie) qu'on n'a pas l'occasion de beaucoup entendre, d'autres aux sonorités plus proches (Espagne, Portugal, Italie) et celles qu'on connait davantage : Allemagne, Angleterre, France.

Elles proviennent toutes de la tradition orale et c'est ce qui fait incontestablement leur richesse.

De belles illustrations en donnent aussi un avant-goût avec beaucoup d'humour et d'espièglerie.

A la fin de l'ouvrage, un dossier très complet en explique les origines et donne des conseils sur leur utilisation.

On s'aperçoit alors que culturellement, ces comptines sont assez proches et qu'elles ont leur équivalent  ailleurs.

J'ai beaucoup aimé ce voyage depuis mon canapé...
Beaucoup de poésie.

C'est aussi une façon fort agréable d'initier les enfants aux langues étrangères.

Pour en écouter des extraits, c'est LA.

Les plus belles comptines d'Europe
Collectif
Didier jeunesse
Collection Les petits cousins

mercredi 13 mai 2015

Cucu

Quatrième de couverture

Je m'appelle Lilas Fleury, j'ai onze ans, j'entre en sixième et je ne suis plus un bébé.
J'ai un grand frère un peu fleur bleue, une soeur qui s'habille d'un tutu et des parents qui se chicanent; à la maison ce n'est pas toujours joli-joli.
Je suis amoureuse en secret de Clovis Buzenval, le fils de la gardienne, mais je ne suis pas du tout gnangnan.
J'ai des amies à épater, et je vais organiser en février un dîner de classe exceptionnel qui changera ma vie sans chichis.
Parce que les choses doivent changer. Parce que je vais grandir. Alors surtout, surtout, n'allez pas croire que je sois cucu.




Lilas voudrait tant s'affranchir de l'image désuète que renvoie sa famille ! Car elle perçoit bien que la vie n'est pas aussi rose que cela...Ses parents ne s'entendent plus très bien, avec ses amies, ce n'est pas toujours la super entente et on sait bien que c'est toujours mieux chez les autres ! Si on ajoute un amoureux qui vous tombe dessus et qui vous laisse coite d'admiration, sa réputation à entretenir dans le monde impitoyable de l'école...et bien, voilà, la vie de Lilas est loin d'être un long fleuve tranquille ! Mais bon, tout finit toujours par s'arranger.

Un roman qui démarre plutôt bien puis il se met à ronronner mais la fin est largement à la hauteur. Cucu ? Vous êtes sûrs ?

Un roman qui aborde avec justesse cet âge charnière : celui où on quitte l'enfance avec appréhension mais aussi envie de grandir et de se confronter aux autres en s'affirmant soi- même.
Rose bonbon, plein de bons sentiments mais aussi du tourbillon qu'offre la vie avec ses joies, ses peines, ses petites et grandes victoires.

À hauteur d'enfant, c'est toujours très instructif.
La plume de Claire Castillon est toujours pleine de retenue et d'une grande sensibilité.

J'avais déjà beaucoup aimé un autre de ses romans : c'est LA

Cucu
Claire Castillon
Ecole des loisirs
Collection Neuf

lundi 11 mai 2015

Mon grand-père

Des albums sur les liens grands-parents/enfants, il en existe oui.
Mais quand j'ai lu celui-ci, j'ai été très touchée par son approche.

"Mon grand-père,
C'est un grand,
Un très grand-père".

Ainsi commence la première page avec en regard une illustration montrant en effet un très, très grand-père et un tout petit enfant, le narrateur.

Et au petit d'homme d'énumérer tous ces instants de douce complicité passés en compagnie de ce grand-père aux mains si grandes, aux si grandes oreilles, à la si grande bouche, au si grand nez, au si gros ventre alors que lui, il est encore tout petit et trouve toujours un bel avantage à cette grandeur qui l'aide à grandir.

Je ne dévoilerais pas la fin qui va jusqu'au bout de cette relation comme l'est la vie...

Un album très touchant qui rapporte à hauteurs de yeux d'enfant tous les bénéfices de cette relation à première vue déséquilibrée. C'est plein de poésie et de tendresse, de corps à corps caressants et insouciants et en plus, ça parle au masculin, ce qui n'est pas toujours le cas.

Les illustrations décrivent bien les situations, même si on pourrait regretter leur manque d'originalité.
Cependant, l'ensemble donne un album parfait pour le message qu'il délivre.

37/60 Challenge je lis aussi des albums 2015

Mon grand-père
Christine Schneider et Gilles Rapaport
Seuil jeunesse

samedi 9 mai 2015

Bloganniversaire(s) !

©Méli-Mélo de livres

MELI-MELO DE LIVRES 
FETE AUJOURD'HUI SES







ANS !







780 chroniques, 174 000 pages vues,
 presque 450 fans sur Facebook plus tard...

Mais les chiffres, ça ne compte pas...

Ce qui compte, c'est cette passion toujours vivante 
autour de cette belle littérature jeunesse.

Alors, merci aux auteurs, illustrateurs, éditeurs 
et lecteurs de la faire vivre !

Et Merci pour votre fidélité à ce petit blog 
qui est ma petite bulle de partage.

**********

Et comme un bonheur n'arrive jamais seul...

J'ai le plaisir de participer aussi à une aventure bloguesque collective avec le blog 
A l'Ombre Du Grand Arbre 
qui fête ses 3 ans aujourd'hui...


Pour l'occasion, nous avons crée le premier prix ALODGA
et voici les lauréats :

Cliquez sur l'image pour accéder à mes chroniques

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vendredi 8 mai 2015

Ronde comme la lune

Un titre poétique qui cache une autre réalité.

Saskia est gourmande : boulimique de lecture mais aussi...de nourriture. Elle le sait, elle s'est laissée aller, elle a grossi et cela devient un handicap dans sa vie sociale. Mais c'est plus fort qu'elle de se jeter sur ses chips préférées. Elle devient la cible de moqueries, voire de harcèlement. Elle a un regard très lucide sur sa situation. Elle affronte ces difficultés avec un courage exemplaire. Il y a aussi la belle et parfaite Claire, amie et confidente, sorte de bouclier protecteur.

Mais la carapace se fissure quand un garçon commence à s'intéresser à elle avec sincérité. Que sa meilleure amie s'éloigne en même temps avec son amoureux, copain avec ses harceleurs. Elle n'a plus ses repères. Ses parents tentent de l'aider maladroitement. Leur fille devient une énigme. Au lieu de s'en sortir, elle s'enfonce dans le déni. Il lui faudra une fugue et des paroles dures venant de l'extérieur pour créer l'électrochoc et lui permettre enfin d'accepter son image et de faire un effort pour la modifier.

Ce roman aborde avec justesse un sujet tabou dans notre société : les rondeurs. Acceptées chez une petite fille, elles le sont bien moins à l'adolescence, soumise au diktat de l'apparence.
Comment s'accepter quand on est différent ? Quand votre corps et votre volonté vous échappent ? Que les autres vous étouffent au lieu de réellement vous aider ? Car l'affectif peut aussi inhiber.
Les mécanismes seraient les mêmes en ce qui concerne l'anorexie.


Un roman très réaliste, à l'écriture sans concession, qui montre la difficulté de s'aimer et de se faire aimer quand on n'a pas les codes. Un roman qui montre aussi la beauté de l'amour qui fait fi des apparences et ne regarde que la beauté intérieure. Le jeune homme Erik, amoureux de Saskia, est de ce point de vue très touchant dans son attente et le respect qu'il a de celle qu'il aime. 

Une très belle leçon de vie assurément, que Saskia résume fort bien à la fin du livre en ces termes :
"Je savais que le monde est fait de gens qui ne ressemblent à personne d'autre qu'à eux-mêmes. De toutes sortes d'hommes avec leurs défauts, leurs erreurs de calcul, leur perfection approximative.[......]. Nos défauts n'empêcheraient pas la vie et tout ce qu'elle contient. Alors, on peut toujours tenter de s'améliorer, d'être plus mince, beau, grand, moins prévisible..., l'image qu'on renvoie de soi dépend de nous et ne doit pas priver les autres de nous connaitre. Envers et contre tout." (p. 170).

A méditer...

Un grand merci à l'auteure pour l'envoi de ce roman.

Ronde comme la lune
Mireille Disdero
Seuil

Existe en version numérique

mercredi 6 mai 2015

Les autodafeurs tome 3 : Nous sommes tous des propagateurs

Voilà, ça y est, une trilogie qui se termine et quel feu d'artifice !

Un mélange de James Bond 007, d'Indiana Jones, de Retour vers le futur, d'Agatha Christie , de Jules Verne et que sais-je encore !

Tellement passionnant ce troisième volume qu'on essaie quand même de faire durer le plaisir de la lecture mais non, on y arrive pas...On avale les pages comme un assoiffé et toc ! ça y est on a déjà fini !

Les Autodafeurs sont encore plus machiavéliques qu'on ne peut l'imaginer : un plan d'enfer pour mener le monde à sa perte en utilisant les dernières avancées technologiques et ça fait frémir...Et réfléchir sur nos données personnelles et le sens qu'on donne à tout ça pour l'avenir.

Un troisième volume avec les mêmes personnages que les précédents mais aussi de nouvelles têtes, bien faites elles aussi.

Un troisième volume uniquement basé sur les adolescents, très peu d'interventions des adultes. Ils prennent leurs décisions avec ce mélange de gravité due aux événements et de désinvolture propre à leur âge.

Mais laissons donc parler les deux principaux protagonistes : 

GUS : "Bon, oui, je sais, je ne suis pas au meilleur de ma forme...faut dire aussi qu'on ne me facilite pas la tâche hein ! Et je sais, je suis un idiot, c'est assez répété là mais j'assume. Après tout, le principal, c'est d'avoir gagné non ? Et puis, hein, maintenant, je vais me reposer un peu..."


CESARINE : "Quand je vous dis que c'est un idiot...Il aurait pu vous donner envie de lire nos aventures. Je suis contente car je me suis fait un ami, j'ai réussi à détruire la pieuvre noire qui enserre ma tête, les Autodafeurs aussi mais bon, ça c'est plutôt normal, j'y suis quand même pour beaucoup. Et puis surtout, j'ai appris une chose importante : prononcer le verbe aimer.
Donc: 
1. Ne jamais désespérer
2.Ecouter son cœur."

Un Gus en effet égal à lui-même, une Césarine encore plus touchante : ce contraste apporte à l'ensemble une très belle dynamique.

C'est efficace, drôle, tourbillonnant, ingénieux. 
A quand un film ?
Et peut-être un quatrième tome, juste pour le plaisir...Il reste tout de même une question en suspends !

Alors si vous n'avez pas encore succombé à ces aventures, vous avez de la chance, les trois sont sortis et vous pourrez les lire à la suite ! Ne vous en privez pas !

Ce roman parait aujourd'hui.

Mes autres chroniques sur les précédents volumes :
-Les autodafeurs tome 1 : Mon frère est un gardien
-Les autodafeurs tome 2 : Ma sœur est une artiste de guerre

Les autodafeurs tome 3 : Nous sommes tous des propagateurs
Marine Carteron
Le Rouergue
Doado

Existe en version numérique

lundi 4 mai 2015

Le lutin du cabinet noir

Parents, avant de jeter votre progéniture dans le placard à punitions, réfléchissez bien !

Edgar, lui, sait de quoi il parle. Il vient d'emménager dans un appartement bon marché avec ses parents et sa grande sœur Géronima, et pour cause : ils apprennent rapidement que les précédents locataires sont tous partis en courant !

Qu'à cela ne tienne : la petite pièce au fond du couloir fera bien l'affaire pour punir Edgar et le faire réfléchir à ses nombreuses bêtises. Ses parents sont comme ça : à cheval sur les principes et un tantinet obstinés.

Sauf que dans ce cabinet bien noir, Edgar va rencontrer un lutin mais pas n'importe lequel...Un lutin comme jamais vous n'auriez pu imaginer.

Un roman bien jubilatoire que voilà !

Signé Jean-Francois Chabas, très bien écrit, drôle à n'en plus finir, avec des trouvailles dignes des meilleurs livres de magie et de fantastique, vous ne serez pas au bout de vos surprises tant les rebondissements vont crescendo. 

On y croise de drôles de personnages, des objets du quotidien qu'on ne voit plus de la même façon après, mais surtout on rit de cette aventure loufoque et déjantée, du décalage entre les situations vécues et la perception qu'en ont les personnages, ah ! lecteur, témoin privilégié et heureux de l'être !

Un roman qui va plaire aux enfants tant ses ingrédients sont savamment dosés entre une plume alerte et un humour décoiffant.

J'ai passé un moment de lecture à marquer d'une pierre blanche lors de ce 1er mai pluvieux !
Du coup, j'ai contaminé toute la famille...

Coup de cœur !

Le lutin du cabinet noir
Jean-François Chabas
Ecole des loisirs
Neuf

dimanche 3 mai 2015

Appli coup de coeur # 8 : Les jeux du livre des bruits (et +)

Attention les oreilles ! Va y avoir du bruit !

Toutes sortes de sons du quotidien sortent de cette application tirée du non moins fameux petit cartonné du même nom.

Quatre jeux à disposition, tous déclinés avec différents niveaux progressifs :

1. A la découverte reprend le livre.
2. A la suite est un jeu de mémorisation (pas toujours facile d'ailleurs !)
3. Memory : le fameux jeu de mémorisation associant non seulement l'image mais aussi le son
4. Le rap des bruits : à vous d'essayer de créer soit une cacophonie ou une symphonie  !


Et pour compléter le tout, l'application peut se faire aussi "in english" (en haut à droite), une façon d'habituer les petites oreilles à d'autres sonorités.



C'est signé Soledad Bravi : c'est gai, coloré, efficace, et les petits adorent ! 





Et pour compéter le tout, il existe aussi le Domino des bruits : un jeu (avec là aussi deux niveaux) où les joueurs doivent imiter ou mimer le bruit de l'objet ou de l'animal représenté. Fous rires garantis !

©Méli-Mélo de livres

Une belle panoplie qui joue sur la complémentarité des supports : un livre, une appli, un jeu ! 

De quoi faire Cui-cui, Huuueeee ! Cot ! Cot ! Pin-Pon pin ! sans couacs ...
Pour apprivoiser les bruits du quotidien et inventer d'autres prolongements. 



Le livre des bruits
Domino des bruits
Soledad Bravi
Ecole des loisirs

Les jeux du livre des bruits
Europa-Apps
Appstore
2,99€
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