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mercredi 30 avril 2014

Adam et Thomas

"Aie confiance. Tu connais la forêt et tout ce qu'elle contient".

Ce pourrait être une phrase tirée d'un conte.
Ce pourrait être une phrase tirée d'un roman initiatique.

C'est la dernière phrase qu'a entendu Adam de sa maman lorsqu'elle le conduit dans la forêt en lui promettant de venir le chercher le soir. Une forêt qu'il connait certes bien puisqu'il y est venu souvent avec ses parents s'y promener et s'y ressourcer.

C'est le seul endroit qu'a trouvé sa maman pour le protéger des rafles du ghetto mais il ne le sait pas encore. Le seul endroit qu'elle a trouvé pour lui éviter d'être déporté. Le seul endroit pour le sauver. Le cœur de la forêt.

Le premier jour et la première nuit, il est seul. Le deuxième jour, il retrouve Thomas, un garçon de sa classe, amené aussi là par sa maman. Un garçon qu'il ne fréquentait pas trop jusque là : trop intellectuel, trop solitaire. La force des évènements va les réunir là quelques mois, dans une survie difficile, faite de débrouillardise, de peur, de chance, de solidarité de quelques personnes, comme Mina, une autre petite fille de leur classe au sort moins heureux ou ce paysan croisé au détour d'un chemin. Ils vont aussi être témoins d'hommes poursuivis dans la forêt et entendre à maintes reprises des coups de feu. Il y aura aussi Miro, le chien d'Adam qui va les retrouver, avec lequel le jeune garçon entretient un lien tout particulier. Et puis l'attente de la délivrance par l'Armée Rouge. Et puis l'espoir de retrouver leurs parents...

Leurs caractères bien différents mais complémentaires va leur permettre de surmonter les épreuves : un optimisme sans faille, un soutien mutuel de tous les jours, des discussions aussi, très fortes, sur le sens de la vie, sur la foi, sur la haine, sur l'amour. Curieusement, dans ce climat d'insécurité permanent, on les sent là en sécurité. Et eux aussi.

Il y a dans ces pages tant de tolérance, de solidarité et d'humanité malgré la folie des hommes. Le tout porté par les illustrations pleine page ou encartées de Philippe Dumas qui apportent à ce texte réalisme et poésie à la fois.

Ni un conte, ni un roman. Mais un témoignage d'enfant auto-biographique par un monsieur devenu vieux mais qui veut transmettre cette confiance absolue propre à l'enfance.
Une leçon de vie et de courage.

-A lire  :  un entretien avec l'auteur sur le site de l'Ecole des loisirs qui éclaire ce livre bien mieux que je ne pourrais le faire moi-même.

-Retrouvez l'avis de Céline-QLF


Adam et Thomas
Aharon Appelfeld
Ecole des loisirs

mardi 29 avril 2014

Ma mère à l'ouest

©Méli-Mélo de livres
Un très joli paquet plein de belles attentions.

Un roman d'Eva Kavian dont nous avons déjà partagé ensemble plusieurs lectures LA.

Un roman détonnant, en plein dans l'actualité et qui aborde un aspect de la société actuelle. 

Un roman qui ne laisse pas indemne comme se plait non sans franchise crue à avertir l'auteure dans une note au début du livre.

Un roman à la construction en tranches et qui renvoie chacune à une mère du moment : les tranches de vie de Samantha, entrecoupées par quelques pages sur ce qu'elle vit, du choix qu'elle à faire. Une grossesse non désirée et la peur de faire vivre à son enfant ce qu'elle a vécu elle. Cela donne au roman un autre éclairage et permet de suivre son évolution. S'ajoutent des références à des moments historiques rapportés à des moments vécus par l'héroïne, une façon de monter que nos petites histoires personnelles se vivent en parallèle de la grande Histoire.

Elle est la fille de Betty, débile mentale. Et voilà. Le mot est lâché. Une grossesse non désirée là aussi. Jusque l'âge de six ans, elle va vivre avec sa mère. Une vie remplie de gestes appris à la lettre, une vie pourtant remplie de l'amour d'une mère à sa fille. Seulement, il y a le regard de la société. Et la société a un regard qui ne s'accommode pas de la différence pour le soi-disant bien-être de l'enfant. Samantha va donc être retirée du jour au lendemain à sa maman, sans explication pour l'une et l'autre, ou si peu. Quand les petits arrangements avec sa conscience sont les plus forts. A partir de ce jour et jusqu'à son émancipation à 16 ans, Samantha va être ballotée de familles d'accueil en familles d'accueil. Elle n'est qu'un paquet qu'on prend, qu'on laisse selon ses envies du moment. Elle va même vivre des choses très affreuses où son intégrité de personne n'est même plus respectée. Elle va finir par se forger une carapace, se réfugier dans les études, se perdre dans une sexualité effrénée. Jusqu'aux retrouvailles avec sa maman qui vit dans un centre, où elle a trouvé un équilibre renforcé par sa fille enfin là. Samantha va recoller les morceaux de sa vie, accepter cette vie qui grandit en elle et toucher du plus profond de son être à l'essence même de l'amour maternel. Une question lancinante néanmoins : pourquoi ne les a-t-on pas accompagnées ensemble, elle et sa maman ?

Un roman qui dévoile un tabou de notre société : le handicap mental et comment on le cache et comment on le nie. De quel droit la société s'arroge-t-elle le droit de quantifier l'amour d'une mère ? C'est un roman sans concessions, qui dit les choses, parfois crûment mais qui les dit. Avec une belle dose de dérision sur la nature humaine mais aussi d"humanité sur des personnes certes différentes mais qui ont le droit d'être respectées.

Me sont revenus des visages lors de cette lecture : ils se sont superposés à ceux des personnages. Dans un poste précédent, j'intervenais avec une ergothérapeute en hôpital psychiatrique toutes les semaines où j'apportais des livres et nous avions mis en place un atelier de lecture à haute voix. J'ai vécu là des moments extraordinaires, de vraies rencontres, de partage, de sourires, par-delà la souffrance toujours palpable. Des priorités différentes aussi.

Merci à Betty et à Samantha, et merci à vous Mme Kavian. Et merci Céline.

Ma mère à l'Ouest
Eva Kavian
Mijade

dimanche 27 avril 2014

Est-ce que ça arrive à tout le monde ?

Voici un documentaire au poil !
Déjà, le titre annonce la couleur, puisque sous forme d' une question qui nous a tous taraudé à l'adolescence et qu'on s'est tous posé et qu'on se pose encore !
Implicitement, il y a la question de la normalité : est-ce normal tout ce qu'il se passe dans ce corps que j'ai du mal à reconnaître ? C'est pareil pour les autres, ceux que je côtoie au quotidien ?

Un documentaire épatant qui pose 70 questions de filles et de garçons sur l'amour, le baiser, la sexualité, les sentiments, sans aucun tabou, puisque ces questions, on se les pose tous sans oser forcément les formuler. Les réponses sont très claires et décomplexées. Il en émane également beaucoup de respect et de dédramatisation. Les photographies qui mettent en scène les trente jeunes sont bourrées d'humour et apportent une note de fraicheur que nos ados ne bouderont pas !

Un documentaire qui permet le dialogue parent/ jeune en toute décontraction : chez nous, on a testé, on a bien rigolé mais aussi bien appris. Puis retrouvé le livre sur la table de chevet de nos enfants à tour de rôle, mine de rien...Comme quoi !

Rarement un livre sur le sujet suscite autant l'adhésion. 
Au poil, je vous dis :)

Est-ce que ça arrive à tout le monde ?
Jan von Holleben
Antje Helms
Syros

samedi 26 avril 2014

Là où naissent les nuages

"Là où naissent les nuages", c'est au fin fond de la Mongolie. Et c'est là que va naître une Amélia différente.
Pourtant, ce type de voyage, c'est pas vraiment son truc à Amélia. Elle comble le vide en elle en mangeant à longueur de temps des sucreries. C'est plus fort qu'elle. Et elle ne sait pas pourquoi. Fille unique dans une famille très aisée sans problème : un père chirurgien, qu'elle admire pour son aisance sociale. Une mère avocate, qu'elle admire aussi mais d'une autre façon. Elle reste énigmatique à ses yeux. Trop lisse. 
Ce type de voyage, c'est plutôt le truc de sa mère. Dans sa jeunesse et au début du mariage avec son père, elle a embarqué son couple dans des aventures humanitaires, dont une en Mongolie. Un beau matin, une lettre de l'Association qu'elle aide toujours financièrement arrive. La famille décide de s'y rendre durant leurs congés d'été. Mais un imprévu de taille de dernière minute et ses parents sont forcés de rester. Amélia part donc seule. Et là, c'est le grand saut. Elle va se retrouver dans un autre monde, à mille lieux de ce qu'elle pouvait imaginer. Elle va devoir prendre beaucoup sur elle : travailler dans une association qui oeuvre pour des enfants en grande difficulté, c'est déstabilisant pour la jeune fille. Elle va finalement apprendre beaucoup sur elle-même mais surtout sur le passé de sa propre mère et peut-être sur le mystère de sa naissance.

Sur le coup, j'ai vu venir l'intrigue à grands pas. Je me suis dis, non, pas ça. Mais... Annelise Heurtier a su donner à cette histoire une autre dimension. Certes, on peut parler de roman initiatique. Mais cette histoire va plus loin que cela pour moi. Elle montre que dans la vie, on fait des choix, qu'ils nous façonnent, mais qu'on renonce aussi à d'autres par compromis, par confort personnel, par les circonstances. Amélia apprend à ne pas juger sa mère. Elle essaie de comprendre. Difficile à son retour de la revoir. Elle qui a perçu tant de choses durant son voyage sans qu'on lui apporte des réponses. Peut-être s'est- elle trompée. Elle a la conscience aiguë qu'elle a le pouvoir de provoquer un tsunami familial. Ce voyage l'a changée. 

J'ai beaucoup aimé l'écriture : sobre, efficace, profonde. Par moments, lorsque les émotions de la jeune fille sont trop fortes, il n'y a plus de ponctuation. Les mots arrivent à la suite. Vite. Trop vite. Ce procédé met le lecteur dans une position d'acteur de sa lecture. Il la vit. Ce roman décrit également très bien les sentiments contradictoires d'Amélia, son évolution, ses doutes, ses craintes mais aussi la confiance en elle qui arrive. Elle m'a par moments épatée. Et j'ai trouvé l'ouverture de la fin très belle, pas convenue du tout, moi qui avait craint cet aspect au début de la lecture. C'est à la fois un voyage intérieur, la découverte d'un pays magnifiquement bien rendue, et la re-naissance d'une jeune fille qui décide de prendre sa vie en main. Adulte. 

De la même auteure, chez le même éditeur, j'avais aimé Sweet Sixteen.

Retrouvez les avis de La littérature de jeunesse de Judith et Sophie et de Le tiroir à histoires

Et un très gentil mot de l'auteure sur ma chronique. Merci, vraiment.

Là où naissent les nuages
Annelise Heurtier
Casterman

jeudi 24 avril 2014

Mon monstre

Quatrième de couverture :
"Je n'y peux rien si ce monstre-là me pousse tout le temps à faire des bêtises ! Marie Sellier et Jean-Luc Buquet se sont bien trouvés. Elle sait raconter sans façon et à la perfection des histoires simples et profondes. Il compose des images fragiles et puissantes à la fois."

Voilà, tout est dit : un album efficace, sur du beau papier crème bien épais, où tout est dans la suggestion habile et bien menée.

Que voulez-vous...avoir un monstre chez soi, pas si facile ! Une histoire de doudou-lapin malmené par un petit maître autoritaire ? Il faut lire entre les lignes.

Une approche dans laquelle bon nombre d'enfants vont se reconnaître et qui fera sourire les adultes. De quoi apaiser certaines tensions face à certaines bêtises ! L'univers enfantin y est parfaitement rendu, sous forme de ces dessins presque inachevés. 

Un album délicat, sensible. Juste et beau.


Il compte (26/60) pour le challenge "Je lis aussi des albums" chez Hérisson



Mon monstre
Marie Sellier et Jean-Luc Buquet
Editions Courtes et longues

mardi 22 avril 2014

Casseurs de solitudes

Les nouvelles, j'aime ça et je ne m'en cache pas. J'aime particulièrement ce moment quand à une tourne de page, on quitte une histoire pour entrer dans une autre. Exercice intellectuel stimulant s'il en est...On découvre alors une autre intrigue, d'autres personnages, un autre univers. On se dépouille de la précédente pour s'habiller de la suivante et on  alors l'impression de vivre mille vies et c'est délicieux.

Dans ce recueil de nouvelles, 9 histoires.
9 histoires d'adolescents confrontés à un moment banal de leur vie à un choix.
Un choix dont ils pressentent qu'ils ne pourront pas y échapper.
Un choix décisif.
Un choix de grand.
Un choix citoyen.

Face à une situation difficile le plus souvent.

9 histoires de vies qui basculent à un moment donné comme ces lignes invisibles qu'on suit sans les voir. Des chemins qu'ils ne croyaient être jamais capables de prendre.

L'écriture d'Hélène Vignal est un pur régal de précision, de justesse dans les sentiments, de description des situations, des cas de conscience pour certains, des rencontres décisives pour d'autres et des fins de chaque nouvelle souvent surprenantes. On retrouve dans certaines les mêmes adolescents, comme autant d'échos heureux ou malheureux qui se recoupent et qui s'éclairent les uns les autres.

Un excellent moment de lecture à la qualité très égale entre chaque histoire.  
Franchement, n'hésitez pas !

Sortie le 2 avril en librairie.

Casseurs de solitudes
Hélène Vignal
Le Rouergue
Doado

dimanche 20 avril 2014

Joyeuses Pâques !

Chez nous, on aime les lapins...
On aime les poules aussi...
Cet album, je l'ai lu mille fois à mes enfants petits.

Catastrophe ! Le lapin de Pâques est introuvable cette année : c'est pourtant lui qui cache les œufs tous les ans...
Comment faire ? Et si Fenouil le remplaçait ?

Un album coloré, gai, fourmillant de petits détails comme les enfants les aiment tant. A chaque lecture, de nouvelles découvertes et l'impression de le lire pour la première fois.

Un album qui permet l'attente du jour J où eux-mêmes iront à la chasse aux œufs. Un moment tant attendu !



Du coup, il me semble bien qu'on a eu un lapin qui s'est aussi appelé Fenouil...Et cette année, ce sont nos mamans poules qui viennent tout juste de nous donner des petits, qui font aussi la joie d'enfants devenus grands...

Passez de belles fêtes !
Et gare aux indigestions...pas d’œufs mais de chocolat, quoique...

Joyeuses Pâques Fenouil !
Eve Tharlet
Brigitte Weniger
Mijade, 2012
Nord-Sud, 2014 en broché

vendredi 18 avril 2014

Le préau des Z'héros

Ratée sa rentrée dans sa nouvelle école. Ou plus exactement "la première heure du premier jour". Benjamin ne comprend pas pourquoi il est relégué au préau des z'héros avec ce nom de Tête-de-hareng. Non, il ne voit pas. Pour les trois autres dans le même cas, peut-être. Quoique. ça le dérange de penser comme les caïds. Un peu. Il ne les connait pas vraiment les trois autres. Mais quand même, il trouve qu'ils ont mérité leurs sobriquets de Ampoule man, Dents de vache et Mange poubelle. Tête-de-hareng, non, il ne voit pas. Même pas dans sa glace.

Heureusement, il y a les vacances en Bretagne. Chez Tatie. Et elle, elle comprend (alors que son grand frère et sa mère ne voient pas qu'il souffre). Et ça lui fait un bien fou à Benjamin. Surtout que l'amoureux de Tatie, de toutes les saisons cette fois, a une fille, sympa en plus. Il revient gonflé à bloc. Enfin, pas tant que ça tout de suite. Et puis, la solidarité se met en place entre les z'héros qui deviennent enfin des héros.

Un roman bien sympathique qui rend très bien le quotidien à l'école : méchanceté gratuite et harcèlement insidieux que certains peuvent vivre dans l'indifférence générale. Beaucoup de sensibilité à fleur de peau chez ce personnage, bien proche de la réalité. Des chapitres courts, des illustrations toniques, un ton enlevé mais aussi beaucoup de profondeur.
Touchant. 


Fait partie de la sélection Prix Tam-Tam 2013-2014

 Retrouvez aussi les avis de :
-Les lectures de kik
-A lire aux pays des merveilles


Le préau des z'héros
Estelle Billon Spagnol
Alice jeunesse
Primo

mercredi 16 avril 2014

Panache l'écureuil

Il y a un écureuil dans mon jardin...
Ou peut-être plusieurs... 
Difficile à savoir.

Rapide, vif, aérien...
Je n'arrive pas à le prendre en photo...
Alors, j'ai lu "Panache l'écureuil" pour en apprendre plus sur ses habitudes et le saisir, un peu...



Quel plaisir de lecture que cette collection "Le roman des bêtes" aux éditions Père Castor Flammarion !  C'est avec nostalgie et bonheur que je me replonge dans ces histoires plus vraies que nature.

On suit un couple d'écureuils qui va fonder une famille de quatre petits, dont Panache au caractère bien trempé. On les suit sur une saison et on en apprend beaucoup sur leurs us et coutumes. Saviez-vous que faire bouffer sa queue pour un écureuil est absolument vital ? C'est ce qui détermine son agilité à sauter d'arbre en arbre. D'ailleurs, Panache va l'apprendre à ses dépends, lui qui la néglige trop souvent !

Mais le plus plaisant dans ces histoires, outre l'aspect documentaire qu'elles constituent sur les animaux, c'est la richesse du vocabulaire employé et la beauté des illustrations.  Une collection qui n'a pas pris une ride et qui plait autant aux enfants d'aujourd'hui.

Les albums de la collection "Le roman des bêtes" sont parus entre 1934 et 1939. Panache l'écureuil sera suivi de sept autres titres.

Allez donc faire un tour sur ce blog plein d'écureuils
Et bientôt une sélection de ce petit animal sur A l'Ombre Du Grand Arbre

             Il compte (25/60) pour le challenge "Je lis aussi des albums" chez Hérisson

Panache l'écureuil
Récit de Lida 
Dessins de Rojankovsky
Père Castor Flammarion
Coll. Le roman des bêtes


lundi 14 avril 2014

Ma tempête de neige

Zacharie n'a que 19 ans, il est encore étudiant et pourtant...
C'est avec émotion qu'il se livre dans ces pages : il va devenir père.
Et c'est pour lui un acte fondateur de sa toute jeune vie.
Il remonte le fil du temps : sa rencontre avec Katell, de cinq ans son aînée, leur rupture puis la joie de leurs retrouvailles. 
Et cette évidence : c'est avec elle qu'il va franchir ce pas. Faire un enfant.
Le test de grossesse positif, il s'adresse directement à lui ou elle. Il lui confie son immense joie du bonheur à venir, ses doutes et ses craintes aussi, ses rires, ses pleurs mais surtout cet amour incommensurable qu'il ressent déjà pour ce petit être déjà vieux de quelques semaines.
C'est aussi l'annonce aux amis, aux parents et affronter dans leurs regards leur surprise ou leur joie pour le jeune couple.

C'est un texte qui m'a absolument bouleversée. Une vraie tempête intérieure. J'ai dû le relire une deuxième fois tant la sensibilité qui émane de ses lignes m'a empêchée à la première lecture de me détacher des mots. Les sentiments de ce jeune homme sont tellement justes, tellement forts, tellement proches du réel quand on va devenir parent. Tellement de maturité et de pudeur mêlées. De l'impatience et cette envie d'arrêter le temps là maintenant.

Un texte qu'on lit d'un souffle, délicatement, de peur de rompre sa fragilité et sa beauté.

Un texte qui donne envie de lire d'autres titres de cette collection qui porte très bien son nom (et en plus quel sobre esthétisme) et je ne vais pas me priver.


Ma tempête de neige
Thomas Scotto
Actes sud junior
Collection D'Une seule voix

dimanche 13 avril 2014

43, rue du vieux cimetière (4) : le fantôme hante toujours deux fois

Un quatrième tome épistolaire de cette série qui tient la route !

Où, cette fois, "Le fantôme hante toujours deux fois".

Où il est question de la fin du courrier, de la fermeture de la poste de Livid City et de son remplacement par une machine soi-disant révolutionnaire "le Vexto". 

Où la grippe rôde et va clouer au lit notre petit héros en culotte courte Lester mais qui, de son lit d'hôpital, va résoudre l'origine de lettres anonymes pour le moins mystérieuses.

Je n'ai pas boudé mon plaisir à retrouver cette série dont un cinquième tome est sorti fin février : 


 "ça tourne (mal) à Hollywood !".


Nos trois héros sous le feu de la rampe...
Paillettes, strass, succès. 
Un cocktail détonant !
Vont-ils garder leur âme ?
A suivre donc...

Mes chroniques des :

43, rue du vieux cimetière
Le fantôme hante toujours deux fois
Kate & M. Sarah Klise
Albin Michel jeunesse
Witty

samedi 12 avril 2014

Prix Sorcières 2014

Affiche signée Sara cette année

Parmi trente titres (cinq dans chaque catégorie),
 47 libraires et 46 bibliothécaires ont élu cette année (28ème édition) :

Catégorie Tout-petits

Le jour, la nuit, tout autour

de Julie Safirstein

Editions Hélium
Un livre d'artistes destiné aux tout-petits : 
des pop-up à ouvrir pour apprendre les premières notions.
Très fragile et un format pas si évident pour les petites mains.
Demande un accompagnement certain.


Catégorie Albums

La petite fille en rouge

d’Aaron Frisch et Roberto Innocenti

traduction de Catherine Gibert

Editions Gallimard jeunesse

Le petit chaperon rouge revu avec une modernité étonnante 
puisque transposé dans la ville. 


 Catégorie Premières lectures


Il était une fois…
Contes en haïku

d’Agnès Domergue et Cécile Hudrisier

Editions Thierry Magnier
 Pas moins de vingt contes se cachent derrière ces haïkus. Superbe !
Mais est-ce vraiment une première lecture ?...

  Catégorie Romans Juniors


Le rêveur

de Pam Munoz Ryan et  Peter Sis

traduction Pascale Houssin

Editions Bayard jeunesse
 L'enfance du grand poète chilien Pablo Néruda.
 Chroniqué ICI


  Catégorie Romans Ados

Calpurnia

de Jacqueline Kelly

traduction Diane Ménard

Editions L’Ecole des loisirs
 La vie d'une jeune fille entomologiste à l'aube du XXème siècle.
Chroniqué ICI

 Catégorie Documentaires


C’est ta vie !
L’encyclopédie
qui parle d’amitié,
d’amour et de sexe
aux enfants

de Thierry Lenain et Benoit Morel

Oskar éditeur
Une encyclopédie bien plus large que l'apprentissage de la sexualité.


 PRIX SPECIAL

Tomi Ungerer
pour l’ensemble de son œuvre.

Les prix sont remis aujourd'hui même 12 avril au 

vendredi 11 avril 2014

Le petit pompier

"Au feu les pompiers, la maison qui brûle ! ..."

Voici un classique de la littérature américaine publié en 1938, édité en France grâce au travail remarquable de Loïc Boyer pour cette collection Cligne-Cligne tout aussi remarquable des éditions Didier jeunesse.

L'histoire d'un grand pompier et d'un petit pompier, l'un avec un grand chien et l'autre un petit, un grand camion et un petit camion. La sirène se met à hurler dans chacune des casernes, la grande et la petite ! Chacun des pompiers se met en route pour éteindre un grand ou un petit incendie ?

Un album pour les petits étonnamment moderne dans sa mise en page très géométrique et ses couleurs très vives et contrastées. Une symétrie aussi dans le langage dans les opposés grand/petit et une belle note d'humour à la fin pour ne pas que le petit lecteur s'y habitue trop.
Etre grand, être petit, finalement, cela n'a pas tant d'importance. Chacun d'entre nous peut réaliser de grandes choses à son petit niveau.

Un album qui na pas pris une ride et qui va plaire aux petits français autant qu'il a pu plaire à des millions de petits américains.

Un grand album, assurément.

             Il compte (24/60) pour le challenge "Je lis aussi des albums" chez Hérisson


Mes autres chroniques de cette collection :

Le petit pompier
Margaret Wise Brown
Illustré par Esphyr Slobodkina
Didier jeunesse
Cligne- Cligne

mercredi 9 avril 2014

Le parfum du voyage

Humez ! Humez ! 
Vous le sentez, le parfum du voyage ?
Un petit format pour cet album comme un carnet qu'on pourrait glisser dans sa poche pour y noter ses impressions. La jaquette nous y invite d'ailleurs : elle se déplie au début comme un carnet de bord et à la fin, deux cartes postales du bout du monde à découper.

Un petit personnage nous parle de sa vie et surtout de son besoin de partir et de partager ses découvertes. Il a beaucoup d'animaux et prépare son prochain voyage avec eux : une bande de chats (avec leurs lubies), un crocodile empaillé (pas encombrant), un coq et une musaraigne. Tout ce joyeux monde repart pour une nouvelle destination. Ils sont déjà allés à bien des endroits ! Un beau tour du monde.

Et puis, il y a le retour à la réalité...qu'on met à profit pour préparer la prochaine aventure !

Cet album oscille entre rêve et réalité : ces voyages sont-ils seulement le fruit de l'imagination de ce personnage à l'enthousiasme communicatif ? Puise-t-il sa source dans les livres qui le font voyager par procuration ? Ou s'est-il vraiment rendu à toutes ces destinations ?
Cette histoire joue là-dessus : le lecteur ne sait plus vraiment, mais là n'est finalement pas l'important. On est embarqué aussi, que ce soit vrai ou pas. Je l'ai perçu comme tel, à double niveau.

Du bleu, beaucoup de bleu dans ces pages : la couleur de l'évasion ? Et malgré le petit format, les tableaux des pays visités (ou pas ?) sont pleins de grandeur. Le texte, assez simple, permet de goûter, au sens propre comme au figuré, aux sensations éprouvées devant la beauté du monde. Voyager, c'est cela aussi : manquer de mots, écarquiller juste les yeux et se remplir de cette nouveauté.

Une expédition pleine de vie, de poésie, de rêverie et de fantaisie...
"Où irons-nous la prochaine fois ?..."

Cet album sort aujourd'hui en librairie.

           Il compte (23/60) pour le challenge "Je lis aussi des albums" chez Hérisson


Le parfum du voyage
Anne Bouin
Vincent Bourgeau
Autrement

mardi 8 avril 2014

Escale du Dimanche...

J'ai pu me rendre à l'Escale du livre hier à Bordeaux...

Une littérature jeunesse moins bien représentée que les années précédentes semble-t-il...

Mais toujours une bonne ambiance, un salon à taille humaine, un très bon accueil (sauf la restauration cette année ? Pas grand chose de bien ou bien trop cher !) et des auteurs jeunesse rencontrés toujours aussi charmants, à l'écoute, souriants, et qui se plient en quatre pour leur public.

J'avoue être restée en jeunesse, je m'y sens trop bien !






La journée a débuté par un one man show littéraire d'Olivier Ka : "Histoires malpolites" : des histoires éclectiques, des musiques et des chansons de sa création qu'il accompagne lui-même à l'accordéon ou à l'Hapi drum (instrument de percussion aux très jolis sons).
©Méli-Mélo de livres



Un très bon moment de rires, d'impertinence, de bruits divers et gutturaux, pour le plus grand plaisir des enfants à partir de 5 ans ! 
Et aussi celui des plus grands...







J'ai aussi rencontré une blogueuse Livres et merveilles au pays de Ly Lan, que je suis depuis un peu et on a échangé sur nos parcours, nos blogs, nos enfants : un peu rapide mais sympathique ! C'est toujours agréable de mettre un visage sur un pseudo et un blog ! Son article sur cette journée LA.



Puis tournée des libraires pour de belles dédicaces :
-Isabelle Simler qui vient de sortir un nouvel album "Des vagues" (magnifique !). On a acheté "Tête-à-Tête avec mon chat", on adore cet album publié par les Editions courtes et longues.

©Méli-Mélo de livres
©Méli-Mélo de livres

-Olivier Ka et Martine Perrin pour "L'Arbre à secrets" aux Editions les grandes personnes. Ils étaient pour la première fois réunis pour une dédicace commune, un album que j'ai acheté au Salon du livre de jeunesse de Montreuil en fin d'année dernière. Coup de cœur !

Un sacré duo ! ©Méli-Mélo de livres

-Erik L'Homme : que mes filles étaient ravies de rencontrer. Très sympathique moment d'échange pour elles autour du Quenya (une langue elfique) et de son dernier roman chez Sripto-Gallimard jeunesse : "Le regard des princes à Minuit". Une prochaine lecture !



-Puis, bien d'autres, comme Ilya Green, Thierry Lenain, Pascale Maret, Jean-Claude Mourlevat, Juliette Vallery, Thierry Laval, Elise Fontenaille, Jean-Paul Mongin, Annette Tamarkin... et impossible des les citer tous !

J'ai assisté dans l'après-midi à un moment de rencontre avec Valérie Cussaguet, fondatrice il y a un an tout juste de la maison d'édition "Les fourmis rouges". Un échange passionnant sur son parcours, sur la création de sa maison, sur sa ligne éditoriale, sur ses choix d'éditrice, sur les albums déjà parus,...

©Méli-Mélo de livres
 Une carte postale des Fourmis rouges l'été dernier sur le blog A l'Ombre Du Grand Arbre.

Je comptais y rester un peu plus  mais les rendez-vous prévus étaient souvent en retard (au moins 30 minutes) et devoir de maman oblige, on a dû rentrer (oraux du bac pour l'un, examens de musique pour les autres, devoirs à terminer,...). Et puis, compter le temps de la route...

Une belle journée de rencontres où je n'ai pas boudé mon plaisir en famille !

A l'année prochaine ?


lundi 7 avril 2014

La fille seule dans le vestiaire des garçons

Réfléchir aux conséquences de ses actes, tel pourrait être le sous-titre de ce roman.

Un baiser, tout commence par un baiser d'Enzo, le beau gosse du collège. Toujours accompagné de sa bande, il tente de séduire Marion, toujours aussi maladroite avec les garçons. Il lui semble répéter la malchance de sa propre mère : un mari qui l'a quitté sans prévenir au bout du monde et qui, depuis, multiplie les mauvaises rencontres. Une fatalité pour les filles de la famille ?

Mais l'histoire ne s'arrête pas là : un baiser volé et un coup de pied mal placé en réponse va faire de la vie de la jeune fille un enfer. Enzo a promis de se venger. Et la vengeance va prendre le visage d'un coup monté dans lequel la jeune fille va tomber les yeux fermés. Une vidéo compromettante va circuler dans tout le collège. Marion a la rage. Une rage sourde, qui gonfle, qui enfle, qui la submerge. Contre elle d'abord et puis les autres. Ceux qui lui ont fait ça. Elle se retrouve dans le vestiaire des garçons pour un plan pas très glorieux et dont les conséquences risquent d'être terribles pour elle. Heureusement, il y a la guitare au Conservatoire, son don pour le chant, et son petit frère Barnabé si bavard mais si perspicace. Le seul garçon qui trouve grâce à ses yeux (et on la comprend !). Sauf que sa propre vengeance risque de se refermer sur elle comme un étau...

Un roman fort sur le harcèlement entre adolescents : plus on avance dans la lecture et plus on suffoque. On se dit que non, ce n'est pas possible, ça va s'arrêter là. La tension n'en finit pas de monter. On assiste impuissant à cette dérive, au gouffre psychologique dans lequel tombe Marion, jusqu'à ce niveau de haine sans retour possible ? Le paroxysme est atteint très peu de pages avant la fin du roman où la bêtise laisse la place à la violence gratuite pour une question d'honneur, comme dans les faits divers dont on entend parler. Sauf que là, on  le vit vraiment de l'intérieur et ça fait froid dans le dos. Délibérément, je ne dirais rien sur la fin.

L'auteur montre très bien ces mécanismes de harcèlement entre adolescents mal dans leur peau, incapables de trouver chez les adultes l'aide dont ils auraient besoin. D'emblée, je me suis placée du côté de Marion, même si son désir de vengeance m'a aussi beaucoup effrayée. Quand rien ne semble pouvoir arrêter l'escalade : poignant et terrifiant.


Retrouvez l'avis de A lire aux pays des merveilles

La fille seule dans le vestiaire des garçons
Hubert Ben Kemoun
Flammarion

vendredi 4 avril 2014

Pépix !


C'est toujours émouvant d'avoir entre les mains les nouveaux-nés d'une toute nouvelle collection.
La collection "Pépix", née début mars,  vise la tranche d'âge des 8-12 ans avec comme objectif de faire rire, de faire réfléchir, de donner envie de lire des romans plein de fraîcheur et de fantaisie.

Et franchement, pari gagné avec les deux premiers titres "Sacrée souris" et "L'ogre au pull vert moutarde", concoctés par de jeunes auteurs français (et pas n'importe lesquels !) et des illustrateurs aux coups de crayon en noir et blanc absolument irrésistibles. En bonus, des chapitres-conseils sous forme de "leçons", des schémas, de l'interactivité avec le lecteur. 

Bref, du pep's à revendre, de l'impertinence mais pas d'irrévérence, on en redemande M. Sarbacane !



  • Sacrée souris de Raphaële Moussafir et Caroline Ayrault : le moins qu'on puisse dire, c'est que oui, Léonore est bien une sacrée souris...Vous allez tout savoir sur l'origine de la petite dent sous l'oreiller. Il y a de l'action là-dedans, de la tendresse, de la trahison, de l'ingéniosité, foi de petite souris ! Et un glossaire à se tordre de rire ! Par l'auteur de "Du vent dans mes mollets". (Chut ! C'est celui-ci que mes filles ont préféré).



  • L'ogre au pull vert moutarde de Marion Brunet et Till Charlier : un ogre devient le veilleur de nuit d'un foyer pour enfants, ces enfants dont personne ne veut. Abdou et Yoan, qui y vivent, vont connaitre l'aventure la plus terrifiante de leur vie mais découvrir aussi beaucoup sur leurs ressources. On rit, on tremble, on se laisse emporter par ce tourbillon et on est content que ça finisse bien (enfin, pas pour tout le monde...). Par l'auteur de "Frangine". Marion Brunet connait bien les foyers pour enfants pour y avoir travaillé et on sent que ce qu'elle dépeint est bien proche de la réalité. (Chut ! C'est celui-là que j'ai préféré...).


Une très belle réussite que cette nouvelle collection et je me réjouis qu'elle s'adresse à cette tranche d'âge.
Les prochains, c'est pour quand ?

Pour en savoir plus sur la genèse de cette collection :
-Interview de Tibo Bérard par Le cahier de lecture de Nathan

Sacrée souris
Raphaële Moussafir
Caroline Ayrault

L'ogre au pull vert moutarde
Marion Brunet
Till Charlier

Sarbacane
Collection Pépix
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