D'une seule voix...

Cette collection publiée chez Actes sud junior, à l'initiative de Jeanne Benameur et Claire David,  se lit d'un seul souffle.

Des textes qui subliment la langue, les sentiments et les émotions dans une mise en page et une présentation sobres et belles à la fois.

Les deux derniers textes publiés m'ont laissée sans voix et invitent à une réflexion profonde.



Deux choix de vie de deux jeunes femmes

  • Cheval océan de Stéphane Servant : "Parfois, quand le danger est trop grand, la fuite est le meilleur moyen de résister" (p.53). S'il est une phrase que je retiens de ce roman, c'est bien celle-ci. Angela le sait plus que tout. Elle aurait voulu tenir sa promesse faite à la mort de sa grand-mère dans d'autres circonstances. Elle y va seule, rendre visite à cet océan, dont la force fougueuse va soit l'emporter, soit la réveiller à elle-même. Il y a un tel réalisme dans la souffrance que vit cette jeune femme dans ces pages. On aurait pu toutes être à sa place. Certaines l'ont sans doute été. Stéphane Servant a ce don dans ses romans, tout comme dans Le coeur des louves, de toucher au plus intime de la force des femmes, alors qu'elle passe pour de la fragilité. J'ai été touchée au cœur par cette histoire qui vous emporte comme un tourbillon et qui vous engloutit : on s'y noie, on ne respire plus, on refait surface, on suffoque, on respire à nouveau et on n'a plus de mots pour dire ce que ces mots-là ont remué en vous.
  • Au moins un d'Irène Cohen-Janca : Marie vient de décrocher un boulot en télémarketing. Le nirvana ? Pas pour elle, qui rêvait de devenir coiffeuse. Elle y laisse peu à peu son âme jusqu'à se perdre. Définitivement ? Non. Il lui reste encore quelque chose de son humanité. Les mots vont la raccrocher à la vraie réalité. Elle va pouvoir enfin devenir elle-même. Une jeune femme très attachante, décidée à vivre pleinement sa vie, au fi des conventions et des faux-semblants. Irène Cohen-Janca aborde là une problématique de société forte : jusqu'où peut-on aller par conformisme ?
Comme dans le précédent roman, c'est l'enfance qui sauve ces jeunes femmes. L'enfance qui va les aider à faire leur choix de jeune vie.  A trouver leur chemin. A travers d'autres figures féminines qui ont marqué leur existence (sa grand-mère pour Angela, une professeure de français pour Marie), elles décident de leur avenir. Seules mais fortes.

Des romans à lire absolument pour réfléchir, pour s'émotionner, pour goûter les mots au-delà de ce qu'ils disent.

Retrouvez l'avis de Le cahier de lecture de Nathan
 
Cheval océan
Stéphane Servant
Au moins un 
Irène Cohen-Janca
Actes sud junior
D'une seule voix

Commentaires

  1. Je viens de découvrir Au moins un d'irène Cohen Janca, c'est un petit livre puissant qui invite à la réflexion sur la liberté et sur le pouvoir du langage, sur la nécessité de résister à tout chemein tracé, toute place assignée, sur les pouvoirs de la poésie aussi

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