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jeudi 31 octobre 2013

3 contes cruels

Pas de sorcières, ni de monstres, ni de fantômes,...
Pas de balais facétieux, d'antres obscurs et de châteaux hantés !
Pour ce 31 octobre,  je vous emmène au...potager !
Et il s'en passe des choses chez les poireaux et les carottes !

3 contes cruels met en scène ces légumes bien naïfs mais ni plus ni moins que nous-mêmes les humains...
Dans le premier, les poireaux se font embobiner par une vache de ...Noël, dans le second, les carottes se fichent de la tête des poireaux mais pour finir dans les pattes des lapins de...garenne. Quant au troisième conte, ce n'est ni plus ni moins que Roméo et Julotte, un poireau amoureux d'une carotte qui sème la zizanie dans le potager. Tout ce petit monde, après s'être bien étripé, va finir en...soupe ou croqué.

On ne peut s'empêcher de rire aux éclats en lisant ces petits contes plein de vérités sur la nature humaine : quand le groupe fait la loi, plus de réflexion individuelle possible, plus personne ne s'écoute, tout se déforme, on fantasme sa vie au lieu de la vivre pleinement, on croit le premier venu qui vous emballe, bref, ça fait grincer des dents !

La mise en page qui alterne texte et bulles, le tout bien rythmé, donne à ces contes une vérité crue, déjantée et très réaliste et moderne.

Je n'ai pas pu m'empêcher de les faire lire à mon entourage et partout, le même enthousiasme ! 

Comme quoi rire de soi-même ou de ses contemporains, même à travers de simples légumes du potager, permet encore et toujours de prendre la mesure de la condition humaine...

Des contes bien tournés, où il faut lire entre les lignes, à l'humour décapant.

3 contes cruels
Matthieu Sylvander
Perceval Barrier
l'Ecole des loisirs

mardi 29 octobre 2013

L'ogre et l'orthodontiste

Ma petite dernière a la bouche pleine de dents (que dis-je ? Il n'y a pas si longtemps, c'étaient des crocs !) et de bagues qui font leur œuvre...Alors, quand j'ai vu cet album dont la couverture est plus qu'explicite, je n'ai pas pu résister. 
Une autre bonne raison de l'ouvrir : une de mes copinautes du blog A l'ombre du grand arbre est une spécialiste dentaire (aussi bien dans la vraie vie que dans son blog où elle réserve régulièrement des articles sur dents et dentistes). D'ailleurs, elle a aussi parlé de ce livre-là pas plus tard qu'hier là.

Il s'agit donc d'un ogre mais avec un appareil dentaire...Déjà, ça intrigue. Et puis, dès les premières pages, le lecteur se laisse gagner par cette histoire qui débute comme un conte : "Il était une fois..."...

Un ogre qui n'avait plus un seul enfant à se mettre sous la dent dans son pays puisqu'il les avait tous dévoré. En quête de chair fraiche comme tout ogre qui se respecte, il tombe sur un petit homme certes bien malingre mais que voulez-vous, il fera bien l'affaire ! S'apprêtant à le dévorer tout cru, le petit homme, qui n'est autre qu'un orthodontiste à la conscience professionnelle bien développée même en cas de coup dur, s'effare de l'état de la bouche du géant...et le convainc de porter un appareil dentaire durant quelques mois...L'ogre se laisse soigner, se met au régime végétarien et plus encore. A chaque contrôle, l'orthodontiste repousse sans cesse le traitement pour obtenir le meilleur résultat, dit-il à son patient devenu bien docile. Jusqu'à ce que...

Cet album est un régal de drôlerie : le texte, très bien écrit, et les illustrations en pleine page, lui donnent un charme désuet certain. Pas de morale en filigrane pour les enfants sur le lavage de dents et tout le reste, mais un ogre qui devient plus humain, enfin presque. On se prend d'affection pour lui. Pourtant, au fur et à mesure qu'on avance dans la lecture, on se dit que cet ogre va bien finir par réveiller l'ogre endormi en lui, ce n'est pas possible ! La chute au goût de revanche fait grincer des dents, foi d'ogre !

Un album qui va plaire aux enfants par le décalage qu'il met en scène d'une façon intelligente et humoristique.


L'ogre et l'orthodontiste
Jean-François Dumont
Père Castor

dimanche 27 octobre 2013

Le garçon de l'intérieur

Jules est devenu sourd à 15 ans suite à une bêtise d'adolescent pour se faire remarquer de la belle Camille. Passé le choc pour sa famille et pour lui, il a intégré un centre spécialisé pour sourds où il réapprend à mettre de nouveaux repères dans sa vie.

Ses parents lui proposent de passer les prochaines vacances en Alsace dans une famille où il pourra rencontrer Rémi, un jeune homme de son âge, mais sourd de naissance. Jules prend sur lui. Difficile d'affronter le monde extérieur. Mais à son arrivée, il découvre que Rémi a une grande sœur qui s'appelle Camille...

Il va cependant se prendre d'amitié pour Rémi, qui va lui faire découvrir la beauté des vignes alsaciennes, lui faire partager son amour de la terre. Il va le secouer aussi sur son statut de sourd, lui faire accepter que ce n'est pas une fatalité, qu'il doit communiquer et non pas se renfermer, même si on perçoit, et Jules aussi, des failles chez cet ado.

Et quand l'histoire bascule dans une enquête criminelle sur fond de secrets de famille, Jules va révéler aux autres une autre facette de lui-même : son obstination à découvrir la vérité qu'il sent toute proche malgré les obstacles et le jugement des autres. Et si cela le menait tout simplement sur le chemin de la confiance en soi et de l'amour ?

Benoît Séverac livre là un roman intéressant sur le monde de la surdité, un univers à part entière avec ses codes et sa dureté. Il a passé pour cela quelques temps dans une unité de jeunes sourds et on sent qu'il maitrise parfaitement le sujet. J'ai cependant un peu regretté le côté trop didactique dans le roman. Quant à l'enquête, elle apporte une autre dimension à l'histoire, bienvenue et bien menée, même si parfois il manque quelques rouages dans l'écriture pour la rendre plus palpitante. Néanmoins, le lecteur ne peut que se réjouir du bienfait de ces vacances pour ce garçon qui vient de l'intérieur au sens propre comme au figuré.

J'avais déjà chroniqué un roman qui aborde la surdité Freak City, sélectionné dans les Pépites 2013 du Salon du livre de jeunesse de Montreuil, catégorie Roman ado européen. Voir là.

En cours de chronique, un autre roman sélectionné dans la même catégorie : La double vie de Cassiel Roadnight.
A suivre donc...

Le garçon de l'intérieur
Benoît Séverac
Syros 
Rat Noir

vendredi 25 octobre 2013

Drôle de planète !

Vous connaissiez les martiens ? Et bien les Glatifusiens sont peut-être leurs cousins qui nous observent du fin fond de la galaxie...Et pour eux, nous sommes de drôles d'énergumènes !
Et aujourd'hui, à l'école des Glatifusiens, le sujet de cours porte sur l'être humain, et plus particulièrement sur les signes distinctifs entre filles et garçons. Et tout y passe ! Même à des années-lumière, les clichés ont la vie dure...jusqu'à ce que la bonne réponse fuse...Evidente !

Je ne pouvais pas ne pas chroniquer cet album qui a remporté le concours Lire Egaux 2012 : écrit par une classe de CE1 et illustré par Gwen Keraval.

C'est tonique, pétillant, pertinent  et ça remet bien les choses à leur place ! Les illustrations sont sympathiques tout plein, ce qui ne gâche rien !

Et quelle belle idée que d'adopter ce point de vue...

Un album qui tord le cou à bien des idées reçues et que cela vienne d'enfants de 6-7 ans, ça met du baume au cœur !

Avec le soutien d'Amnesty International.

Drôle de planète !
Collectif (23 enfants et leur maîtresse)
Talents Hauts

mercredi 23 octobre 2013

Les ailes de la sylphide

Fille unique, adoptée, Lucie est passionnée de danse. Elle a intégré le Conservatoire de Lyon et elle s'adonne à cette passion corps et âme. Avec beaucoup d'exigence et de rigueur. A tel point qu'elle passe souvent pour trop sérieuse. D'abord par sa cousine, étudiante en première année de médecine, et qui partage son appartement. Et puis par les garçons. Même par ses parents. Elle se cache souvent derrière les contraintes de son choix de vie. Plus encore lorsqu'elle apprend que cette année, son cours va monter en spectacle son ballet préféré parmi tous : la Sylphide ! Elle espère décrocher le premier rôle...jusqu'à ce que des petites ailes poussent dans son dos...

Je me suis laissée emporter par ce personnage aérien, fragile, presque transparent, sans me poser de questions sur le fantastique et le merveilleux dans lesquels cette histoire entraine avec hypnotisme le lecteur. La lectrice que je suis s'est  pourtant bien doutée que l'apparence cache un terrible secret, une souffrance incommensurable, que je tairais, bien sûr.  

Et ça tombe comme un couperet. L'imaginaire salvateur contre la réalité sordide. Encadrée par deux policiers, sur son lit d'hôpital, Lucie ne peut plus échapper à la vérité qu'elle doit dire.
Et ça dit que couper les ailes d'un enfant, c'est lui saper à jamais son innocence...Tôt ou tard, ça revient comme un boomerang. Encore faut-il que la parole puisse trouver la force de se libérer d'un poids trop lourd afin de pouvoir prendre, enfin, son élan.

C'est un roman bouleversant, remarquablement bien mené et écrit, comme un pas de danse maintes fois répété. Pascale Maret ne triche pas : elle connait parfaitement bien le milieu de la danse classique. La métaphore qu'elle y a induite sur le traumatisme apporte à cette histoire une dimension psychologique menée de main de maître.

Tout y est pensé dans le moindre détail : de la sublime couverture jusqu'au petit personnage ailé découpé dans la quatrième de couverture en bas à gauche...Comme si, en refermant ce livre, tous les démons étaient enfin remplacés par des anges...

Un roman qui vous coupe le souffle, vous laisse littéralement en apnée...et qui en dit long sur ce que souvent le corps nous dit, par devers-soi. Et que la parole finit toujours par trouver son chemin.

Retrouvez l'avis de  :
- Carole-3 étoiles


Les ailes de la sylphide
Pascale Maret
Thierry Magnier

lundi 21 octobre 2013

Zelda la rouge

Zelda, 16 ans, est en fauteuil roulant...
A 10 ans, une voiture folle la percute et le conducteur prend la fuite. Sa grande sœur Julie, dite Jules (un vrai garçon manqué mais pas que...) la protège de tout depuis. Son obsession : se venger de celui qui a à jamais abîmé sa petite sœur, qui ne remarchera plus jamais. Si on ajoute que les deux sœurs n'ont pas connu leur père, que leur mère s'est jetée sous un train, lasse de la vie et de ce que lui ont fait subir les hommes, qu'elles ont vécu de belles années avec Mémène, leur grand-mère adorée mais pas éternelle, malgré le combat à mener pour Zelda, vous avez une petite idée pas très gaie il est vrai, mais seulement une petite, de ce que vous allez lire dans ce roman.

Quand on l'ouvre, Zelda vit sa vie de lycéenne, entourée de ses amis, Selim et Alix. Des amis choisis. La jeune fille a développé un sens aigu de l'auto-dérision sur son handicap et la vie tout court, et n'a pas franchement la langue dans sa poche. Zelda la rouge...Elle se destine à la politique. 
Quant à Julie, c'est une écorchée vive : depuis la mort de leur grand-mère, elle se démène, prend tout en charge jusqu'à en oublier sa propre existence. Faut dire que travailler dans un hospice, ça ne rend pas forcément optimiste. Pour essayer de s'en sortir, elles ont ouvert leur maison laissée en héritage à une colocataire, Kathy, la cinquantaine. Une femme qui en a vu elle aussi. Bientôt un autre locataire, SDF, va les rejoindre : Jojo. Une bonne pioche. Il y a aussi Paul, le très vieux voisin, peintre amateur et philosophe à ses heures. Puis, très vite, Baptiste, un beau et ténébreux jeune homme va faire son apparition.

Je m'arrête là pour planter le décor de ces tranches de vies que Martine Pouchain, l'auteure, a un don évident de rendre très vivantes : elle prend le temps de camper ses personnages, dans toutes leurs facettes, si bien qu'ils deviennent très vite familiers, voire indispensables, au lecteur. Les dialogues sont très relevés, percutants, tous les points sur les i sont là, pas de demi-mesure, ni de faux-semblant.  Cet aspect-là du roman m'a réellement séduite : beaucoup d'humanité s'en dégage malgré la noirceur des situations. Il n'y a ni mièvrerie ni grossièreté. 

La construction y est pour beaucoup : les chapitres portent les voix de Zelda et de Julie, mais pas d'alternance entre les deux. L'auteure les laisse dire ce qu'elles ont à dire. Un style d'écriture très personnel, où des mots sont même inventés, où les phrases sonnent sans fioritures. Martine Pouchain va à l'essentiel. On dirait qu'elle n'a pas le temps. La vie est trop courte pour ça. Et elle nous mène loin :  les deux sœurs évoluent l'une par rapport à l'autre, différemment, mais toujours dans ce respect de l'amour fraternel. Si l'une a soutenu l'autre pour lui permettre de se reconstruire, c'est au tour de l'autre, dans une maturité étonnante, de l'aider à passer le cap du pardon. Car c'est bien de ça qu'il s'agit : le lecteur est finalement comme Julie, il veut savoir qui a fait ça. L'auteure arrive très bien à assouvir cette part de voyeurisme que nous avons chacun au fond de nous. Soyons honnêtes. Mais Zelda va plus loin : "Je tâche juste qu'elle y voie un peu plus clair entre la haine qui fausse tout et l'amour qui enjolive tout" (p. 241). Elle ne dit pas que le pardon est facile, elle dit que c'est possible. L'acceptation de son handicap, même si certains aspects la laisse encore sans réponse sur l'avenir, lui a permis d'ouvrir au fond d'elle ce chemin intérieur qu'elle cherche à tout prix à partager avec sa sœur qui l'a tant soutenue, comme un juste retour des choses.

C'est un roman sur le tourbillon de la vie, sur l'acceptation que rien n'y est jamais acquis d'avance et que malgré tout, il faut avancer. Un beau roman aussi sur des relations humaines franches, sincères et solidaires. Se dire les choses aussi quand il faut les dire...

J'espère seulement que Zelda existe dans la vraie vie, parce que j'aimerai bien la rencontrer...

Une très belle lecture qui donne simplement confiance en la vie...

Zelda la rouge
Martine Pouchain
Sarbacane
Collection Exprim'

samedi 19 octobre 2013

La bande à Grimme et les magiciens du monde

On retrouve dans ce deuxième tome cette bande de huit gamins des rues, recueillis par le magicien Gazame, dans une nouvelle aventure, suite de la première bien sûr, mais qu'on peut lire tout de même indépendamment sans perdre le fil. 
Bien que savonnés, ventres repus et richement habillés, la bande n'oublie pas la supercherie du puissant et riche Henry Harrings...
Lors du grand concours mondial de magie, ils concoctent avec l'aide des plus grands magiciens du monde une revanche à hauteur de leur imagination mirobolante...Ce sera en comptant sur l'aide d'un nouveau venu qui les impressionnera haut la main par son sens de la tromperie. Il y gagnera en affection rendue au centuple !


Ce deuxième tome est bien plus relevé que le premier : très rythmé, à la gouaille bien tournée, on ne s'ennuie pas une minute et on se surprend à sourire de certaines réparties de ces joyeux lurons unis comme les doigts de la main. Toujours autant de débrouillardise, de solidarité, de gourmandise et un sens de la justice à faire pâlir même le plus honnête des hommes ! D'y avoir introduit ces ingrédients de magie confère à ce tome une dimension de merveilleux qu'on ne boude franchement pas.

Le style d'Aurélien Loncke, sur le mode du conte, est un pur régal de sonorités. Une fois qu'on l'a rencontrée cette bande-là, on n'a qu'une envie : la retrouver dans de nouvelles aventures ! Et j'ai comme l'impression qu'un troisième tome ne serait pas de trop ! 

Une très, très belle lecture qui séduira à coup sûr les 9-10 ans !

Retrouvez ma chronique sur le 1er tome

La bande à Grimme et les magiciens du monde
Aurélien Loncke
Ecole des loisirs
Collection Neuf

jeudi 17 octobre 2013

Ana Ana

Ana Ana est la petite sœur de Pico Bogue. Déjà, on se dit, chouette ! Et puis, la ressemblance est frappante ! A tous points de vue : physique et caractère impertinent.

Deux tomes sortis pour l'instant et réjouissants à souhait !

  • Douce nuit : Ana Ana est en train de lire un livre passionnant ! Sa troupe de six doudous, eux, aimeraient bien dormir. Mais lorsqu'elle consent à enfin éteindre la lumière, ils font une java du diable. Renversement de situation : Ana Ana se fâche à son tour...Pardon mutuel et hop ! Tout le monde s'endort...enfin, après s'être souhaité bonne nuit !

  • Déluge de chocolat : se mettre en tête de faire un gâteau au chocolat avec une bande de six doudous aussi facétieux les uns que les autres relève de l'exploit ! La cuisine s'en souvient encore...Mais le faire vraiment ensemble, c'est mieux et quel régal de le partager ensuite. Bon appétit !
Ces deux tomes, à mi-chemin de la BD et de l'album, sont un régal de lecture : la candeur, la polissonnerie, la gaieté qui les caractérisent ne font pas oublier les messages qu'ils véhiculent : respect de l'autre (ne pas faire aux autres ce qu'on aimerait pas qu'ils nous fassent...) et solidarité (faire les choses ensemble et partager).
La mise en page colorée, l'alternance des pages pleines et des petites vignettes avec ou sans bulles, en font déjà une approche de la bande dessinée pour les jeunes enfants à partir de 4-5 ans.

Eclats de rire garantis et toujours autant de plaisir à chaque relecture : un signe infaillible !

Retrouvez les avis de  :
-Le tiroir à histoires
-Un petit bout de Bib(liothèque)

Ana Ana
Tome 1 : Douce nuit
Tome 2 : Déluge de chocolat
Alexis Dormal
Dominique Roques
Dargaud

mardi 15 octobre 2013

La cuisine autour du monde


Pour célébrer cette nouvelle édition de La semaine du goût, voici un livre que j'ai gagné récemment sur le blog Les lectures de Liyah à l'occasion des 40 ans de la maison d'édition Usborne et que je compte offrir à un petit bonhomme de 7 ans, globe-trotter et cuisinier en herbe.


La cuisine autour du monde offre un panorama de ce qui se fait de plus traditionnel en matière de cuisine mondiale : des recettes toutes simples de plus de vingt-cinq pays différents. 
L'origine de chaque plat est expliqué dans un vocabulaire accessible puis chaque recette se déroule étape par étape : coloré et didactique, c'est plus qu'un livre de cuisine. Un périple gastronomique pour éveiller les papilles et voir que cuisiner est un rituel important dans chaque partie du monde puisque chaque pays est détenteur de ses traditions culinaires ainsi que des ingrédients qui s'y rattachent.

Sur le blog A l'ombre du grand arbre, mes copinautes et moi-même avons concocté toute une semaine  à cet éveil au goût...

Un proverbe chinois dit que :   "Bien manger, c'est atteindre le ciel".

Alors bonnes découvertes culinaires autour du monde !

La cuisine autour du monde
Usborne

lundi 14 octobre 2013

La machine de Michel

Michel est un as de l'invention. Il est invité à la fête d'anniversaire d'Alice et il cherche ce qui lui ferait vraiment plaisir. Contrairement à Marcus et Darius, qui n'ont guère d'imagination en matière de cadeaux. Alors, il se met au travail. Il se remet plusieurs fois à la tâche. A chaque fois, ses copains débinent sa nouvelle invention. Qu'à cela ne tienne, il persévère. Jusqu'au jour J : où les copains n'ont pas bougé d'un iota concernant leur projet de cadeaux envers leur amie et ils découragent Michel...mais Alice est touchée droit au cœur par son intention et elle lui fait savoir au-delà des espérances du petit bricoleur...Un cadeau unique au monde ! ça mérite récompense !


Voilà un album bien plaisant sur l'acte gratuit, la débrouillardise et l'obstination : Michel est un as de la bricole, il cherche, calcule, et a de l'or au bout des doigts. Contrairement aux copains, ce n'est pas l'épat qu'il cherche, offrir pour offrir mais faire vraiment plaisir. Et il  a raison ! 

On retrouve là l'univers décalé et assez philosophique de Dorothée de Monfreid.

Un album positif qui tord le cou au découragement !

La machine de Michel
Dorothée de Monfreid
Ecole des Loisirs

samedi 12 octobre 2013

L'ogre qui n'avait peur de rien

Un ogre et une petite fille se rencontrent...La petite fille passe son chemin, elle est très pressée. L'ogre n'en revient pas ! On ne lui a jamais faite celle-là ! Sait-elle seulement qui il est ??? Il insiste donc. Et ils se mettent tous deux à comparer leurs peurs. Evidemment, ils n'ont peur de rien ! C'est sûr Monsieur l'ogre ? Vraiment peur de rien ?

Un petit album, tout rikiki...qu'on prend plaisir à relire...
Impertinent et drôle mais pas du tout irrespectueux. Et qui remet les choses à l'endroit ! Non mais ! Foi de petite fille, pas si petite et peureuse que ça !
Les illustrations de Soufie, on les reconnait bien. L'ogre n'est pas toujours représenté comme un gros bonhomme mais plutôt à égalité avec la petite, à l'inverse de la couverture. J'ai bien aimé cette mise en perspective car il y a comme un jeu qui s'installe entre les deux personnages, dans une surenchère très bien rendue par les dialogues de Sandrine Beau.

Est pris qui croyait prendre et pas celui qu'on croit !
Quand un petit bout de bonne femme mène un gros bonhomme par le bout de son nez, ça donne cet album que les enfants vont très certainement plébisciter !

L'ogre qui n'avait peur de rien
Texte de Sandrine Beau
Illustrations de Soufie
Editions des Braques

vendredi 11 octobre 2013

Arti show

J'ai un faible pour l'artichaut...Sa délicatesse, sa saveur, sa sensualité (pourquoi pas ? déshabillez-moi...).

Voici un livre ovni qui célèbre les légumes du quotidien : en piste les artistes ! Attention show devant !

La mise en scène colorée et la mise en page ludique subliment ces légumes et les métamorphosent : défilé de mode, photographies, magie, cirque, peinture, un très  bel hommage aux arts !

L'ensemble donne un jeu très visuel sur les couleurs, les ombres, les textures, la surprise pour les yeux à chaque page. La conception du livre en lui-même met remarquablement en valeur ce travail d'artiste puisque trois grands dépliants s'ouvrent  comme des grands tableaux. Le texte joue aussi de ces mises en scène et apporte juste ce qu'il faut pour accompagner le lecteur ébloui dans cette découverte.

A l'approche de la semaine du goût (du 14 au 20 octobre), un ouvrage superbe qui magnifie ces légumes souvent détestés. 

Un festival pour les sens, un feu d'artifice édité par Les Grandes personnes, ça vous étonne ?

Arti show
Claire Dé
Les grandes personnes

jeudi 10 octobre 2013

Apprendre à ronronner

Albin est triste. Il vient de déménager. Il se sent seul dans sa nouvelle école. Il se sent différent. Ses parents lui offrent pour son anniversaire une petite boule de poils : un chaton ! Et là, ça change tout : Son chat ronronne, il ne fait que ça. Albin remarque que cela lui fait du bien, que cela l'apaise. Qu'à cela ne tienne : il se met au défi d'apprendre à ronronner lui aussi ! Il commence par vivre comme un chat : à dormir en boule, à laper du lait, faire sa toilette avec la langue, manger des croquettes et tout le reste. Se comporter comme un chat, comme le disent les spécialistes dans les livres, ce n'est pas si facile et ronronner encore moins. Miauler à l'école lui a au moins permis de se faire des amis. Mais apprendre à ronronner est un échec pour Albin. Dur à avaler. Léane s'en aperçoit. Elle est dans sa classe : ils se sont déjà parlés tous les deux mais l'histoire de son amie, très triste, encore plus que la sienne, paralyse Albin. Il ne sait pas comment l'atteindre. Et puis, finalement, il comprend. Parfois, les mots sont dérisoires. Ils ne servent à rien. Seuls les actes comptent. Et il se jette à l'eau. Et il se sent mieux. Son chat et son ronronnement lui ont appris ça. Chacun  sa façon de communiquer, l'essentiel est de se comprendre et de se faire du bien mutuellement.

Quel petit roman splendide et positif ! Ce que l'on prend pour une boutade, voire une lubie d'un enfant devient très vite un sujet très sérieux, que les adultes aussi ne prennent pas à la légère et respectent. Ce jeune garçon, avec sa réflexion à hauteur d'enfant, force l'admiration et est touchant de sincérité. Le lecteur se prend au jeu de cette histoire où l'auteure arrive à mettre scène ce que peut représenter l'altruisme pour un enfant. Et combien il se décarcasse pour aller au bout de son désir plus urgent que n'importe quel autre, là, maintenant, dans sa vie. 
"J'apprendrai à la réconforter à ma façon maladroite, j'apprendrai à faire ronronner mes mots".

C'est un fort joli roman que voilà, à l'écriture simple mais envoûtante, et qui procure un réel sentiment de sérénité, comme un chat qui ronronne...

J'attends les suivants...avec impatience !

Le blog de Coline Pierré

Et la ronronthérapie, ça existe vraiment : un café des chats vient d'ouvrir à Paris...

Apprendre à ronronner
Coline Pierré
Illustré par José Parrondo
Ecole des loisirs
Mouche

mercredi 9 octobre 2013

Un jeune loup bien éduqué

Un jeune loup (et le mot a son importance !) a une terrible faim de loup (normal...) mais il a le truc en plus :
"Un jeune loup, à qui ses parents ont appris les bonnes manières, part chasser dans la forêt, seul, pour la première fois".

Il n'empêche, éduqué, il l'est : il rencontre et attrape plusieurs victimes successives qui font marcher la corde sensible de la politesse, le titille là où il faut, et au compère de repartir à chaque fois dans sa maison exaucer la dernière volonté de son repas, comme le lui ont enseigné ses parents.
ça le barbe, mais c'est comme ça. D'aucuns se seraient dit : mais au diable ! Tu es un loup ! et bien non !
Sauf que notre petit loup se fait avoir à chaque fois : sa victime en profite pour prendre la poudre d'escampette...Qu'à cela ne tienne, le jeune loup résiste, rester poli, c'est respecter son éducation !

Jusqu'à ce qu'il tombe sur un jeune garçon aussi poli que lui (si ce n'est plus...) et ça donne une fin truculente à souhait, prévisible à l'avant-dernière page...la politesse oui, mais jusqu'à un certain point ! Et puis, la faim excuse le reste non ?

Le tandem Jean Leroy et Matthieu Maudet fonctionne à merveille dans cet album qui aborde un sujet qui fâche et je me dis que ce n'est pas si souvent qu'il est traité avec autant d'humour.

La mise en page, entre album et BD, est remarquablement bien faite, elle sert très bien les va-et-vient successifs de ce jeune loup, exaspéré mais obéissant. La répétition des scènes met du coup en valeur la fin, prétexte à bien des discussions...sur la valeur de la parole donnée et les principes éducatifs.

Un album drôle et rythmé, pour les petits et pour les grands...car la politesse a souvent besoin qu'on se souvienne d'elle.

Un jeune loup bien éduqué
Jean Leroy et Matthieu Maudet
Ecole des loisirs

lundi 7 octobre 2013

Mahboul le sage

Une nouvelle collection chez Didier jeunesse Contes et voix du monde : impossible de passer à côté et l'occasion de saluer le tout nouveau site de la maison d'édition (que je me demandais même s'il n'avait pas disparu...).

Le premier titre Mahboul le sage et autres contes marocains est d'une saveur exceptionnelle : c'est Halima Hamdame qui les a écrits et qui les racontent avec sa verve habituelle. Ce sont trois histoires "La bonne purée", "Moummou et l'ogresse" et "Mahboul le sage" issues de la littérature orale marocaine qui sont données au lecteur dans un mélange savamment orchestré des langues puisque l'arabe se mêle parfois au français. Chaque histoire se termine par une comptine bilingue, y compris dans l'écriture. La particularité du conte dit de randonnée étant la répétition, on finit très vite par apprendre des mots et à se régaler de la musicalité qui se dégage de ce va-et-vient judicieux.

Si je vous dis que les illustrations sont signées Nathalie Novi, vous avez alors une idée de la beauté de cet album : des illustrations pleine page alternent avec des plus petits cadres aux bords arrondis, voire des plus petites vignettes intercalées entre le texte, aux couleurs chatoyantes et au style fondu propre à l'illustratrice. Des phrases écrites en arabe apparaissent en filigrane. L'ensemble procure un sentiment d'évasion qui fait vibrer le corps tout entier tant par les mots, la musique et les images.

Un Cd accompagne le tout, ce qui ne gâche rien : toujours très bien fait, il contient des comptines traditionnelles issues du livre-Cd "A l'ombre de l'olivier" (Collection Comptines du monde qui est excellente !), déjà illustrée il y a plus de 10 ans par Nathalie Novi. 

Une très, très belle réussite, un pur régal pour les yeux et les oreilles avec plein de bonus, mais ça, je vous laisse les découvrir !

Pour écouter des extraits, c'est .

Mahboul le sage et autres contes marocains
Halima Hamdane
Nathalie Novi
Didier jeunesse
Contes et voix du monde

samedi 5 octobre 2013

La couverture : une histoire en petits carreaux (de tissu)

C'est une histoire qui m'a tourneboulée dès sa première lecture.
C'est une histoire qui rejoint pour beaucoup tous mes thèmes de prédilection : le souvenir, la transmission, le partage, la mémoire, la lecture.

C'est l'histoire d'une couverture en petits carreaux de tissu pas comme les autres : une couverture qui en dit long sur chacun de ces morceaux qui la composent puisque chacun relate et contient une histoire qui rappelle une anecdote familiale. Et c'est la grand-mère qui les a transmises et qui, à sa mort, a transmis ce tissu vivant du patrimoine familial. Sauf que chacune des tantes la veut pour elle seule : il est décidé que chacune l'aura un mois à tour de rôle. Et au jeune garçon de l'histoire, quand elle est chez lui,  de couvrir son lit avec ce souvenir ô combien symbolique de sa grand-mère et d'y remplacer les bouts de tissu usagés par ses propres petits bouts à lui afin de perpétrer l'histoire familiale.

J'ai particulièrement apprécié le rythme des mots : l'histoire elle-même est assemblée dans la progression patiente de la lecture, comme un ouvrage de couture qui se construit peu à peu. Y est mêlée la parole de la grand-mère tenancière de la mémoire familiale. Pas besoin de livre pour se laisser bercer le soir. Ce bout de tissu, qui a grandi peu à peu, est bien plus qu'une couverture : il est vivant, nourricier, affectif et olfactif puisque s'y mélangent aussi les odeurs. Et le tout forme un tout où tout est intimement lié.

Les illustrations sont gaies et forment comme un joyeux tourbillon comme ces anecdotes familiales qui sont finalement le sel de la vie. J'ai moins accroché aux couleurs choisies par goût personnel.

En tous cas, c'est un petit bijou signé les Editions Notari, que je garde au fond de ma mémoire, comme un trésor partagé et à partager.

La couverture : une histoire en petits careaux (de tissu)
Isabel Minhos Martins
Yara Kono
Editions Notari

vendredi 4 octobre 2013

Benjamin et ses copains

Une semaine rouerguesque ! 
Et ça me plait bien !

Un livre anniversaire qui regroupe trois romans des aventures de Benjamin : Tu parles, Charles ! La chauffeuse de bus et Jean-Débile Monchon et moi. 
Qu'on pourrait résumer ainsi en quelques mots.

Quand l'amitié nait là où on s'y attend le moins...

C'est drôle, enlevé, parfois acerbe, avec une pointe de poésie.
A part quelques g... mots en trois lettres commençant par la troisième lettre de l'alphabet...ça, ça m'énerve un peu... bref.

  • Dans la première histoire, Benjamin est désigné par la maîtresse pour apporter les devoirs à Charles, qui a eu un accident l'obligeant à rater l'école pour un petit bout de temps. Sauf que Charles...euh, comment dire ? Il n'est pas franchement le plus marrant...Petit à petit, les deux jeunes garçons vont se découvrir autrement.
  • La deuxième nous parle du bus de l'école, ou plutôt de celle qui le conduit. Poil au menton, pas commode du tout, elle a tout d'une ogresse. Un matin, Benjamin s'endort dans le bus et il doit rester avec elle. Il va vivre la plus belle journée d'école de sa vie et une belle complicité va naître entre ces deux-là.
  • La dernière met en scène ces deux ennemis jurés : Benjamin et Jean-Christophe Monchon ne peuvent pas se blairer. Tout le monde le sait sauf leurs deux mamans. Qui ont l'excellente idée de les réunir dans la même chambre une nuit pendant qu'elles vont au concert en copines. Et alors quelle aventure ! Monchon se révèle bien au-delà de sa réputation...

J'aime bien Vincent Cuvellier : de l'air de celui qui n'y touche pas, il aborde des sujets sensibles avec désinvolture et enthousiasme mêlés. Ce sont des histoires où forcément, la tranche d'âge visée va se retrouver. On avale ces pages avec plaisir : éclats de rire garantis ! 
Une collection ZigZag bien aérée grâce aux illustrations en noir et blanc pour permettre aux jeunes lecteurs de rentrer de plain-pied dans la lecture des romans.
Et c'est une très bonne idée de les avoir regroupés pour ces 20 ans de la maison d'édition. 

Benjamin et ses copains
Vincent Cuvellier
Aurélie Grand
Le Rouergue
Collection ZigZag

jeudi 3 octobre 2013

Cent grillons

Un livre culte du Rouergue hier et un autre aujourd'hui...dont j'ai été absolument charmée du début à la fin ! Une lecture jubilatoire !
Volontairement, je ne mentionne pas le sous-titre pour aiguiser votre curiosité...

Cet album reprend sept contes, très connus, en s'inspirant pour certains de contes d'autres origines, et les détournent d'une façon très originale et unique, à la sauce contemporaine.
On est agréablement surpris par la forme dès le début : le conte est annoncé sous forme de rébus et je vous assure que très vite, on se prend au jeu et on devine, parfois pas de suite, et on se refuse de tourner la page tant qu'on n'a pas trouvé ! On lit ce recueil le sourire aux lèvres et en grinçant des dents de régal. Le ton monte crescendo dans le cynisme et la critique en filigrane de la société actuelle, notamment de la politique. La langue utilisée est celle des contes, assez précieuse mais dans le bon sens du terme. C'est remarquablement bien écrit. C'est bourré de clins d’œil très engagés. L'objet livre en lui-même est assez sobre , avec juste pour chaque conte la page de rébus et une illustration pleine page à la Gustave Doré (gravures), qui contraste avec la richesse du vocabulaire employé.

Un très, très agréable moment de lecture qui m'a rappelé l'excellent "Les aventures d'Alexandre le Gland" de la même maison d'édition.

Et je ne peux m'empêcher de penser que les enfants d'aujourd'hui ont bien de la chance qu'on leur écrive des textes pareils et que ce serait dommage aussi que les adultes s'en privent...
En allant plus loin, c'est un texte presque plus pour les adultes que pour les enfants... Ils y prendront ce qu'ils pourront et le reliront en y comprenant d'autres allusions...en grandissant.

Cent grillons.......
Henri Meunier
Le Rouergue

mercredi 2 octobre 2013

Lola

Lola la vache est la petite-fille de Jojo la mâche...


Un album culte  paru en 1993, point de départ de la collection jeunesse des Editions du Rouergue.

A 20 ans d'intervalle, les deux vivent le même destin : grandir, vivre sa vie, puis tout perdre peu à peu quand vient le temps de la vieillesse. Et enfin, s'envoler dans la voie lactée...Une métaphore de la vie qui est un éternel recommencement. Les pattes sur le plancher et les cornes dans les étoiles.

Un album surprenant : des jeux de couleurs sur trois tons uniquement, sur fond blanc et bleu, des jeux de mots qui font chanter la langue et vibrer les oreilles, une mise en page très graphique, bref, du Olivier Douzou !

La déstructuration-restructuration-réincarnation-disparition de l'animal dans la symbolique du lait, symbole nourricier par excellence, va très loin dans sa subtilité : un album qu'on lit presque en chantant, je sens que c'est ce qui va m'arriver ! 

Qui veut du lolo de Lola ? :)

Un livre anniversaire dont on reparlera dans 20 ans ?

Fin octobre sortira chez Opixido l'application numérique "Lola", tout comme pour l'album "Fourmi".

Des albums intemporels en tous cas, à l'image de leurs deux héroïnes à quatre pattes.

Lola
Olivier Douzou
Le Rouergue
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