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lundi 30 septembre 2013

Tabou

Je ne connaissais pas Frank Andriat avant de connaitre Céline du blog Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait Livresse. Suite à son interview de l'auteur sur le blog collectif A l'Ombre du Grand Arbre dont nous faisons partie toutes deux (avec d'autres copinautes :)), elle m'a gentiment envoyé deux livres de cet auteur : un dont je ne parlerais pas (La remplaçante), tout simplement parce que je n'ai pas réussi à le terminer (ça commence bien cette chronique, allez-vous penser !).

Par contre, Tabou, oui. Je l'ai lu pendant mes vacances d'été et pour n'en parler que maintenant, c'est signe qu'il m'a marquée.

Tabou sur un tabou de moins en moins tabou. Mais on s'aperçoit qu'il y a bien du chemin à faire. Tabou parle d'homosexualité chez les adolescents. A un âge déjà pas facile pour ce qui est de la sexualité, se découvrir homosexuel peut se révéler comme un mal-être incommensurable.

Tout commence avec le suicide de Loïc. Qui surprend tout le monde. Sauf Philippe. Lui savait et il n'a rien fait. Au poids de la différence qui émerge s'ajoute celui de la culpabilité. C'est une fille, Elsa, et son oncle André, qui vont l'aider à accoucher de lui-même et à s'accepter. La mort de Loïc va agir comme un révélateur.

Ce roman alterne les points de vue de trois adolescents : chacun sa vérité, chacun sa souffrance face à ce geste de leur ami. Et puis la vie continue. Passée la consternation vient le temps des questions et enfin, de l'acceptation. Vient la réalité de la vie : chacun a droit à ses différences. Chacun a droit d'aimer. C'est une part tellement intime de chaque être humain qu'elle en est sacrée.  L'important est de ne pas juger. Mais ce n'est pas facile, loin de là. J'ai trouvé ce roman très juste dans cette dimension-là : l'auteur décortique tous les préjugés et leur met un baume de tolérance salvateur. Dans le renversement social des rôles pré-établis, il arrive à mener le lecteur dans une réflexion très large sur la responsabilité de chacun dans l'accueil de l'autre.

"Accepte ce que t'offre la vie, a répondu André, et même si ce n'est pas toujours facile, va où ton cœur te mène".

Que rajouter d'autre ?

(Juste que ce roman est paru en 2008...).

Tabou
Frank Andriat
dit Monsieur Bonheur
Mijade

dimanche 29 septembre 2013

Evasion...

Tiré à part des éditions Motus extrait de l'album "Dans mon oreille" de Philippe Annocque pour les textes et d'Henri Galeron pour les illustrations. Un grand merci pour cet envoi (via participation FB).

Une nouveauté sortie le 13 septembre dernier : un livre prometteur sur la poésie qu'inspire déjà ce bel aperçu.

Et voici la couverture :

samedi 28 septembre 2013

Collection Fiction nature-Hélium

Le superbe été indien de ces derniers jours donne une énergie bienfaisante, la nature vibre et enchante avant la venue des mauvais jours où elle sommeillera pour mieux se renouveler.  Le magistral roman chroniqué hier m'a fait penser à ces deux romans naturalistes, qui viennent de sortir chez Hélium.
Une toute nouvelle collection (pari risqué ?) dont l'objectif est : " Se passionner pour la lecture au travers de l'aventure animale et des enjeux écologiques".

Deux titres sortis :


  • Le chant de la grande Rivière : un jeune campagnol intrépide, Sylvan, ne rêve que de découvrir la grande rivière Sinéthis...Mais attention ! Les prédateurs veillent, surtout un...



  • L'incroyable destin de Quentin Libellule : Quentin, toute jeune libellule rouge, découvre le monde avec volupté malgré les dangers qui le guettent à chaque instant. Son seul but : trouver la libellule de ses rêves...

La présentation est impeccable, les couvertures superbes, le marque-page toujours présent mais...je n'ai pas accroché à ces histoires et je le regrette vraiment. J'ai décroché pour l'un à la moitié et l'autre au quart. Le concept est original, servi par des spécialistes dans leurs domaines (un zoologiste pour le premier et un entomologiste pour le second, auteur du magnifique Chroniques de la Pampa). Les histoires sont soit trop longues, soit trop versées dans un registre pseudo-écolo-scientifique qui a fini par me faire lâcher ces lectures. Les métaphores sur la vie m'ont lassées...

Je ne suis pas certaine que cette collection trouve son public. En tous cas, je le lui souhaite sincèrement ! J'apprécie trop les productions de cette maison d'édition aux propositions souvent surprenantes.
Ou alors, il y des livres comme ça, ce n'est pas le bon moment pour les lire...

Le chant de la grande rivière 
Tom Moorhouse

L'incroyable destin de Quentin Libellule
Gwénaël David 

Hélium
Fiction nature

vendredi 27 septembre 2013

Calpurnia

Calpurnia Tate a presque douze ans mais pas encore. Nous sommes au Texas, près d'Austin, dans une plantation de coton créée par son grand-père et maintenant dirigée par son père. Calpurnia est la seule fille parmi six frères. En 1899, à l'aube du nouveau siècle, ce n'est pas une mince affaire, surtout dans une famille comme les Tate où il faut tenir son rang. La maman règne sur sa tribu. Beaucoup de règles à suivre mais aussi assez de liberté malgré tout. Et dans la chaleur étouffante de l'été, Calpurnia s'adonne à sa passion : observer la nature, surtout les insectes. Elle observe, note tout dans un carnet de cuir offert par son grand-frère adoré, avec un enthousiasme communicatif.. Sa passion va prendre un autre tournant quand elle va pouvoir la partager avec son grand-père, devenu naturaliste de renom, ayant fréquenté les plus grands savants de l'époque. Et ensemble, ils vont vivre des moments de complicité inoubliables. Calpurnia est aussi confrontée au fait d'être une jeune fille de bonne famille devant savoir coudre et cuisiner pour rendre son futur mari heureux. Au fond d'elle-même, ce n'est pas ce qu'elle souhaite devenir mais comment s'affirmer à travers la science à l'aube du XXème siècle ? Et si c'était un chemin vers la liberté ?

Quelle pure merveille que ce roman ! Quels personnages ! Quel talent d'écriture ! On se laisse emporter par ce caractère de jeune fille époustouflant d'intelligence, de spontanéité, de lucidité ! La relation avec son grand-père est absolument magnifique : ces deux-là n'ont pas besoin de beaucoup se parler et à deux générations d'écart, le même anti-conformisme les caractérise. Ce roman constitue également une peinture très intéressante des mœurs de l'époque et de l'avancée fulgurante des sciences (téléphone, automobile, botanique, entomologie, ...).  Beaucoup d'humour également dans les relations de frères à sœur, de rivalités vites oubliées et de profond respect, chacun dans ses différences de caractère.

On sent néanmoins qu'il faudra beaucoup de courage à cette jeune fille pour faire fi des conventions sociales et mener son propre destin. Son grand-père ne l'y aide finalement pas beaucoup en la confortant dans sa soif d'apprendre : je préfère penser qu'il fait confiance à son caractère plus que déterminé pour s'épanouir dans sa vie de femme.

Un roman exceptionnel et passionnant, très bien traduit, qui rappelle combien les femmes ont dû et doivent lutter pour affirmer leur rôle à part entière dans la société. Combat d'hier et d'aujourd'hui...

Calpurnia
Jacqueline Kelly
Traduit par Diane Ménard
Ecole des loisirs
Coll. Médium

mercredi 25 septembre 2013

Valeurs sûres

Trois albums, trois nouveautés, trois auteurs jeunesse reconnus... et de loin !

  • Bonjour le monde ! de Catharina Valckx : Nine est une petite fille et Mo son petit canard. Et ils partent tous deux dire "Bonjour" au monde : à l'arbre dehors, au pont, à une mouche (un peu mal polie), à la mer, aux poissons, ...et reviennent à la maison le soir pour enfin saluer la cheminée. C'est une habitude chez eux. Une philosophie de vie. Un album tout simple mais qui en dit long à travers les lignes, comme souvent chez cette auteure dont j'apprécie toujours l'approche particulière de ses albums. Saluer les choses du quotidien, c'est apprécier de vivre une belle journée, de les accueillir telles qu'elles sont , dans la simplicité ordinaire de ce qui nous entoure et auxquelles nous ne faisons pas toujours attention. C'est aussi prendre soin des autres et entretenir l'amitié. Enfin, être prêt à recommencer le lendemain sereinement mais sûrement, en étant partie prenante de l'univers. Un joli message à faire passer aux enfants sur le savoir-vivre et le savoir-être.


  • A la pêche : un nouveau Poka & Mine de Kitty Crowther, impossible de passer à côté ! Poka et Mine vont cette fois à la pêche. On retrouve cette présentation très agréable : le texte dialogué à gauche et à droite, l'illustration foisonnante pleine page. Ils s'installent au bord de l'eau et bien sûr, il faut attendre. Tandis que Poka pique un petit somme, Mine va être emportée par un poisson et faire une rencontre extraordinaire dans un monde sous-marin merveilleux. Poka va vite retrouver sa petite fille. Y retourner demain ? Cela ne  semble ne pas être tout à fait du goût de Poka, du moins pas tout de suite... Un très, très bel album hommage à l'imagination des enfants et à la relation adulte/enfant, que j'aime tout particulièrement dans cette série (Il en existe déjà 6).


  • ça sent bon la maman : et pour terminer, un Emile Jadoul et Claude K. Dubois, qu'on ne présentent plus ! Le titre parle de lui-même : c'est un album tendresse, tout chaud, tout doux sur le rituel du soir. La lecture d'un livre par maman Taupe avant de s'endormir. Vient le câlin. Sauf que pour petite taupe, ce moment-là n'est jamais assez long...Maman le laisse seul dans son petit coin du terrier :  la nuit est là. Elle fait peur. Taupinou se lève et insiste. Maman Taupe lui donne alors son foulard...qui sent bon la maman ! Et tout va bien alors. Tout le monde peut dormir tranquille. Rien d'extraordinaire direz-vous ? Une histoire classique sur les difficultés de l'endormissement. Peut-être. Mais il se dégage de ces pages une telle tendresse qu'elle ferait fondre n'importe quel cœur ! Une situation de déjà-vu pour les petits qui vont être rassurés à la lecture de cet album. ça arrive à d'autres aussi...Et une petit taupe qui a peur du noir, c'est pas banal ! Comme toujours les illustrations de Claude K. Dubois donnent à voir l'essentiel et servent parfaitement la mise en situation réaliste et juste de l'auteur. Parce que oui, la tendresse a une odeur...

Trois albums, trois nouveautés, trois auteurs jeunesse reconnus... et trois livres qui font grandir !

Bonjour le monde !
Catharina Valckx 
Ecole des Loisirs

Poka & Mine : A la pêche
Kitty Crowther
Pastel

ça sent bon la maman
Emile Jadoul & Claude K. Dubois
Pastel

lundi 23 septembre 2013

43, rue du vieux cimetière

Troisième tome de cette série : Jusqu'à ce que la morsure nous sépare, dont j'ai beaucoup apprécié les précédents. Je ne suis pourtant pas une fan des séries...mais celle-ci tient la route ! Un peu sur ma faim néanmoins pour ce troisième volet et apparemment, il y en aura un quatrième...Pas convaincue qu'il faille aller au-delà...

Une nouvelle aventure au 43, rue du Vieux cimetière : Livid City va vivre au rythme des énigmes de feu Placid MacAbbey, excentrique millionnaire dont les deux enfants ne cessent de se chamailler et sa mort ne va rien arranger...Mais c'est sans compter sur Lester, ce jeune garçon finalement adopté par Adèle I. Vranstock et Ignace Bronchon au fameux manoir Vranstock. Seulement, il s'est mis en tête de recueillir Secret, le chien du vieil homme en dépit du refus affiché de ses parents adoptifs...Cela va les entrainer dans une aventure menée de main de maître par le vieux MacAbbey qui, même mort, fait encore des siennes...

L'originalité des aventures de cette série est d'être construite uniquement sur les correspondances des protagonistes et du journal de Livid City. On y retrouve les personnages des tomes précédents ainsi que des nouveaux pour les besoins de ce nouvel opus. J'avoue m'être lassée un peu du procédé cette fois et que l'écriture est trop petite ! Un vrai arrache-yeux ! 

Mais une série qui tient ses promesses pour la tranche d'âge visée et qui plaira sans aucun doute à de petits lecteurs comme à des plus avertis. 

Les deux autres tomes :

43, rue du vieux cimetière 
Jusqu'à ce que la morsure nous sépare
Kate et M. Sarah Klise
Albin Michel jeunesse

Coll. Witty

dimanche 22 septembre 2013

MP

Je teste...
Des essais de marque-pages maison pour mes prochains goûters-lecture pour les 8/12 ans : propositions en collage de tissus, ou découpage de revues et collage de textes ou les deux à la fois. Ils seront plastifiés pour une meilleure solidité.

Des propositions simples qui permettent aux enfants de laisser libre cours à leur imagination et à leur créativité. 
Et je me dis que c'est bricoler utile, un bon moyen de faire connaissance à la première séance en se passant la colle et les ciseaux...
Un outil fait de leurs mains qui accompagnera les futures lectures échangées...

©Méli-Mélo de livres

Merci à la Bibliothèque de Chlop pour l'envoi des tissus et rubans !

samedi 21 septembre 2013

Pas assez pour faire une femme

C'est un roman terminé depuis quelques jours déjà. 
Un roman qui m'a submergée. 
Un roman sur lequel j'ai du mal à mettre des mots.
Une résonance personnelle à fleur de peau.

C'est l'histoire d'une jeune femme et de sa métamorphose : dans les années 70, Judith devient étudiante en lettres et échappe avec soulagement au très pesant carcan familial. Dans un amphithéâtre, elle tombe amoureuse d'un jeune homme, Alain, rien que de le voir en action et de l'entendre parler. C'est un meneur. 68 n'est pas loin. Il défend avec d'autres étudiants leurs conditions de travail dans cette Université délabrée. Judith sent qu'il va lui ouvrir des portes insoupçonnées. Elle ne cherche même plus à comprendre pourquoi elle se retrouve dans son lit, chez lui, à l'aimer et à partager des idées nouvelles. C'est ainsi que le lecteur la découvre, dès les premières pages. Judith se déploie : physiquement, charnellement, sensuellement, elle écoute son corps et le découvre à travers et grâce à l'autre. Intellectuellement, sa soif avide de lectures politiques semble toujours inassouvie. Elle trouve écho à sa propre vie dans ses propres lectures. Elle va se découvrir autre et s'épanouir. Elle s'affranchit aussi de la terrible emprise de son père tyrannique, prend conscience avec réalisme de la soumission éperdue de sa mère et du sacrifice sous-entendu de sa grande sœur. Il faut qu'elle se sauve. Cela en devient une urgence vitale. Ces aspects-là du roman, avec leur lots de mauvais souvenirs qui s'y rattachent, atteignent une profondeur psychologique hors du commun. 

Tel un papillon, sa chrysalide s'ouvre et elle prend possession du monde. Une lenteur et une impatience à la fois. Le style d'écriture de Jeanne Benameur sert admirablement le désir intense de liberté qu'elle incarne. Dans son "je" se mêlent à la fois la jeune fille qu'elle quitte et la jeune femme qu'elle rencontre. Avec étonnement et lucidité. Ce roman illustre à merveille la célèbre phrase de Simone de Beauvoir : "On ne nait pas femme, on le devient". Comme une autre naissance, une re-naissance. Et je puis l'affirmer, dans une vie de femme, cela advient plus d'une fois..."Pas assez pour faire une femme", un chemin, un cheminement, une route escarpée et lumineuse, un roman si personnel pour moi que je ne peux que dire : Merci Mme Benameur !

Et comme en écho à ma lecture tout juste terminée, voici un dessin de ma fille réalisé le 12 septembre dernier : Tout est parti de l’œil gauche sur la page blanche...
Nous le dédions à toutes les femmes !
Visage de jeune fille en devenir ...©Méli-Mélo de livres
Pas assez pour faire une femme
Jeanne Benameur
Thierry Magnier


Ce roman compte pour le Challenge 1% rentrée littéraire du blog  
 

vendredi 20 septembre 2013

Revendications

Hier soir, je me suis apportée une flopée de petits romans comme souvent...intercalés dans ma lecture du moment. Parmi eux, deux d'entre eux qui abordent le même thème et comme souvent, ça m'arrive comme ça, dans les mains, par hasard :) Et en plus, rouge tous les deux !

L'étendard collégien est levé ! Dans la collection Court-métrage chez Oskar jeunesse. Un court texte (comme le veut cette collection que j'apprécie), d'une auteure apparemment qui connait bien son sujet (prof en collège donc entourée d'ados à longueur de journée). Juliette a quatorze ans, elle est en 3ème et s'ennuie à mourir en vacances chez papi et mamie dans un trou perdu. Plutôt bonne en français, elle décide de coucher sur le papier en un après-midi 10 points. Ou plutôt 10 idées stupides ...des parents en général (et des siens en particulier) car ils ont oublié qu'ils ont eux aussi été des ados. Et ça décape ! Tout y passe : le collège est décortiqué dans toute sa splendeur, les pendules remises à l'heure, on rit jaune. J'ai particulièrement retrouvé le même discours que mes propres ados...Une mise au point musclée. On sent que fallait que ça sorte ! La rentrée est déjà passée, les emplois du temps enfin définitifs, les premières notes tombent, les remarques exaspérantes des parents sans doute aussi...Soyons attentifs, parents ! Attention, l'étendard est levé ! Un petit roman au ton acerbe, enlevé, pas du tout dénué de vérité(s) et carrément impertinent.

Retrouvez l'avis de A lire aux pays des merveilles

Demain, la révolution ! La directrice bien-aimée de l'école a eu un accident. Tombée dans les escaliers de l'école. Coma. C'est la cata. Arrive un directeur remplaçant, et là, c'est la cata de la cata ! Il remet tout en question, critique tout, fait peur (surnom : l'ogre des écoles). Il terrorise même les maîtresses. ça ne peut plus durer. Les enfants décident de ne pas rester les bras croisés. Il faut faire la révolution ! Facile à dire, mais on fait ça comment la révolution ?
Un roman bien sympathique où solidarité rime avec action politique (ça fait du bien !). Les enfants s'organisent, se prennent en main à l'insu des adultes, se répartissent les rôles, découvrent que d'autres ont fait des révolutions avant eux, mobilisent et passent à l'action ! Chacun se découvre sous un jour différent. Leur révolution va -t-elle réussir ? Que du positif dans ce petit roman (à part le directeur !), un sujet prétexte pour l'auteure de montrer que la démocratie, c'est au quotidien qu'elle doit s'exercer. Et que les enfants ne sont pas les derniers dans le domaine...

Qu'on se le dise : la relève est assurée !

L'étendard collégien est levé !
Gwladys Constant
Oskar jeunesse
Court-Mértrage

Demain, la révolution !
Valérie Zénatti
Ecole des loisirs
Neuf

jeudi 19 septembre 2013

Les sentinelles du futur

Un roman science-fiction qui pourrait ne pas être si fictif que ça sous certains de ses aspects. Je me suis aisément laissée emporter par cette lecture. Mais l'auteure est une  maitre du genre : Carina Rozenfeld.
Mais une lecture qu'il n'est pas facile de résumer...

Nous sommes en 2359. La Terre n'est plus que ruine : climat étouffant, pluies acides,...Les habitants survivent. Reste l'Académie : là où est formée l'élite, des jeunes cadets. On y fait la connaissance d'Elon (au don de prescience), Gérème (le spécialiste botaniste), Phoebe et Micko. Leurs généraux leur inculquent que l'Espoir est là. Que l'avenir de l'humanité existe. En 2659. 300 ans plus tard. Les sentinelles du futur qui passent régulièrement dans le vortex reliant les deux mondes le savent. Leurs descendants ont réussi. Sauf que la guerre éclate dans ce monde devenu idyllique. Elle vient de nulle part...On y fait la connaissance de Nuts, jeune fille rescapée. Son destin et celui d'Elon vont se rejoindre à trois siècles d'intervalle...La Terre sera-t-elle finalement sauvée ?

Si le style d'écriture ne m'a pas toujours convaincue, le scénario de cette histoire est rondement mené : on croit avoir tout deviné et puis, non, de nouveaux éléments apparaissent. J'ai facilement imaginé certaines scènes, été très sensible à l'approche écologique de ce roman (tout ça parait bien plausible à certains égards malheureusement...), et beaucoup aimé la psychologie de certains personnages.

Un bon roman de science fiction dès 12 ans : une fable écologique convaincante mais pas moralisatrice.

Les sentinelles du futur
Carina Rozenfeld
Syros 
Soon 

Ce roman compte pour le Challenge 1% rentrée littéraire du blog  
 
 

mercredi 18 septembre 2013

Méli mélodie

Avouez que s'il y a bien un titre que Méli-Mélo de livres se devait de chroniquer, c'est bien celui-là !
Et quel régal, quel régal !

Un Ovni littéraire comme je les aime !

Sur le principe de la gamme de notes (do-mi-si-la-do-ré), cet album joue sur les images et y associe à chacune quelques notes. Ainsi, les double pages se répondent dans un va-et-vient de jeux de mots associés à la musique. Comme un alphabet musical. Et c'est jubilatoire ! ça chante, ça fait des clins d’œil, ça met de bonne humeur ! Musicalité et jeux linguistiques se mêlent dans une joyeuse succession. Lire la musique de cette façon, c'est si fa si le !


S'il y a des références que les tout-petits ne peuvent pas encore comprendre (et loin de là ! ), ce n'est pas grave ! L'adulte qui le leur lit s'amuse et la joie est alors communicative. La performance va jusqu'à donner la partition de la mélodie à la fin ! La musicienne amatrice que je suis est très sensible à cette approche.


Une très belle réussite, un livre hors-norme, pour les grands et les petits !
Un livre cartonné qui sort aujourd'hui ! Si ! Si !

Méli Mélodie
Henri Meunier et Martin Jarrie
Le Rouergue

mardi 17 septembre 2013

Petit beignet rond et doré

Cette collection "A petits petons" de Didier jeunesse est une vraie merveille, que dis- je ? Une gourmandise qui s'applique fort bien au dernier-né, qui sort aujourd'hui  :"Petit beignet rond et doré".
Qui va se faire manger ? 

"Petit beignet rond et doré, viens par ici, j'veux te manger !"

C'est l'heure du goûter. Mais petit beignet ne l'entend pas de cette façon. Il échappe au garçon, au chaton, au dindon, au mouton et arrive devant le cochon...rusé l'animal ! Qui va le croquer à moitié...Un petit beignet en bien mauvaise posture ?
Vous aurez la chute finale en le lisant !

Cette histoire enlevée fait invariablement penser à Roule galette et au Petit bonhomme de pain d'épice.
C'est une collection qui permet aux tout-petits d'entrer de plain-pied et avec gourmandise dans le monde des contes. On s'amuse avec la ritournelle des mots et la surprise de la fin.

On ne présente plus Praline Gay-Para pour laquelle l'oralité est primordiale. J'ai par contre moins accroché aux illustrations de Rémi Saillard.

Une collection qui a fait ses preuves et qui continue autant à plaire !

Petit beignet rond et doré
Praline Gay-Para
Rémi Saillard
Didier jeunesse
A petits petons

lundi 16 septembre 2013

Apprentissage amoureux

Deux romans, différents, mais qui traitent de l'apprentissage amoureux avec un point commun : vu du côté des garçons. C'est ce qui m'a plu.

L'amour ? C'est mathématique !  de Davide Cali, court roman mais perspicace et drôle : 
"C'est le moment de plonger, mais si ça brûle maintenant, je ne peux même pas imaginer comment ça va brûler après, si elle dit non." Etre amoureux de trois filles en même temps, ça devient aussi compliqué qu'un exercice de maths et quand on est nul en maths, c'est la cata. Le héros de cette histoire passe son temps à tergiverser sur les probabilités qu'ont ces trois filles de sortir avec lui. Encore faudrait-il qu'il le leur demande. Il prend conseil auprès de trois de ses copains qu'il estime être des experts en la matière, ...Un roman génial sur l'affirmation de soi dans les sentiments amoureux, au ton unique.

Un lézard amoureux va plus loin : ce roman d'Alex Cousseau tout juste sorti aux éditions du Rouergue aborde la première fois d'un garçon, Tobias, amoureux fou de Zoé. Seulement il n'est pas le seul. Mais son rival, qui n'est autre que son meilleur ami, a l'intelligence de s'incliner. Et Tobias va vivre sa première fois, dans les bras de celle qu'il aime, guidé avec amusement et indulgence par la jeune fille.
Un roman unique aussi dans la façon d'aborder ce thème : le parallèle constant avec la nature, où tout est dans l'ordre des choses -de la chaîne alimentaire jusque dans le renouvellement des espèces-contraste avec les hésitations du jeune homme, pour lequel ce passage n'est pas si évident même si le désir le submerge. La pudeur masculine (relations père/fils) y est abordée également avec beaucoup de naturel.

Deux coups de cœur que ces deux romans : drôle et tonique pour l'un, sauvage et profond pour l'autre. Avec un point commun : l'amour, c'est compliqué...et simple à la fois.

L'amour ? C'est mathématique !
Davide Cali
Sarbacane

Un lézard amoureux
Alex Cousseau
Le Rouergue
DoAdo

Le deuxième roman compte pour le Challenge 1% rentrée littéraire du blog  

dimanche 15 septembre 2013

Les enfants loups

Une fois n'est pas coutume, un peu de cinéma : nous nous sommes régalés à suivre le destin d'Ame et Yuki, deux enfants loups. Un film de Mamoru Hosoda, sans aucun doute la relève de Miyazaki (On est fans !).

Hana est une jeune fille réservée, étudiante sérieuse. Sa vie va changer lorsqu'elle va rencontrer et tomber amoureuse d'un homme-loup. Ils auront deux enfants-loups...La vie devient donc compliquée avec ce secret à garder. Pour l'épanouissement des enfants, la vie à la campagne sera le choix qui s'impose. En grandissant, Ame et Yuki vont devoir choisir leur vie...

Bien sûr, on peut se dire : Que de beaux sentiments ! et oui, mais ça fait du bien, non ? 

Ce film a tout pour plaire : une belle mise en scène, de très beaux paysages, des personnages bien campés, une très belle musique,...et de belles valeurs.

De quoi même verser sa petite larme...


Les enfants loups
Mamoru Hosoda
Kazé

samedi 14 septembre 2013

Récits extraordinaires

Ce sont réellement trois récits extraordinaires que Jean-François Chabas, avec tout son talent, offre là dans un registre fantastique où l'enfant de chaque nouvelle va vivre une expérience hors-norme avec des animaux ou des êtres hors du commun, ce qui va le faire grandir à ses yeux, mais aussi des autres.

Rien que la couverture, signée Séverin Millet, emblème de la dernière histoire, fait rêver. Contrairement à d'autres avis, je n'ai pas eu besoin d'autres illustrations dans le corps des histoires, les mots de l'auteur et l'imagination qui en découle ont fait leur travail. E cela a suffisamment nourri ma lecture.


  • La première, "Dans la neige profonde", on fait la connaissance d'une petite fille qui a la phobie de la neige, à tel point qu'elle refuse de sortir. Le prenant à la longue pour un caprice, son père l'oblige à venir pelleter la neige tombée en abondance sur le toit de la maison. Il n'a jamais autant neigé que cet hiver-là. Telle Alice au pays des merveilles, elle va chuter dans un souterrain où elle va rencontrer des êtres qui vont lui insuffler une grande force d'esprit. A son réveil, elle ne sera plus la même.
  • La seconde, "Le tribunal des corbeaux" met en scène un jeune garçon qui découvre avec stupeur, dès l'âge de trois ans,  qu'il a le don de comprendre le langage des oiseaux quand il les regarde. Il découvre alors un monde avec ses codes, ses mesquineries, ses cruautés qui n'a finalement rien à envier à celui des hommes. 
  • La troisième, "L'ours-lumière", est proche de la magie : en pleine nuit, un garçon croit apercevoir "l'ours-lumière" (celui de la couverture) et n'en croit pas ses yeux. Il a entendu parler de la légende. Il se décide à aller voir Nmi, la sorcière du village, qui va lui apprendre plus qu'il n'osait espérer, ce qui va sceller son destin.
Ces histoires sont troublantes mais envoûtantes. Elles se prêtent fort bien à une lecture silencieuse ou à une lecture à haute voix et se situent dans le registre du conte initiatique. J'ai passé là un très bon moment de lecture hors du temps.
Sorti le 29 août 2013.

Retrouvez aussi l'avis de : Céline-Qu'importe le flacon  pourvu qu'on ait LIVREsse

Récits extraordinaires
Jean-François Chabas
Couverture de Séverin Millet
Ecole des loisirs
Collection Neuf

   Ce roman compte pour le Challenge 1% rentrée littéraire  du blog Délivrer des livres
(plutôt le 2% !)

vendredi 13 septembre 2013

Brigitte fait peur aux frites

Qui dit rentrée dit aussi cantine...et souvent, c'est pas la joie...

Ce sont les frites qui sont peureuses ou Brigitte, la dame de cantine, une vraie terreur ?
Avec elle, il faut tout finir dans son assiette, même le gras du jambon, beurk !
Pour Simon, c'est un vrai calvaire...

"On est en Octobre, depuis presque deux mois maintenant je suis à la table de Brigitte. Deux mois, c'est long. Surtout avec Brigitte à la cantine. J'ai calculé : au moins trente-deux repas. Trente-deux supplices de gras du jambon, de viande molle et de mayo orange".

Et franchement, on compatit :) 
Mais c'est sans compter avec l'arrivée d'un nouveau : Thomas, qui va vite devenir l'ami de Simon. Forcément, entre non-mangeurs, on est solidaires. Et Thomas, lui, il a une solution : faire la grève, la grève de la cantine. Son père syndicaliste, c'est ce qu'il fait. Des revendications, préavis de grève et tout. Les enfants font comme les grands. Et Brigitte les prend comme des grands...

Un petit roman qui, mine de rien, pose de vrais problèmes et montrent combien les enfants savent trouver les solutions à leurs petits tracas du quotidien. Des adultes intelligents en face d'eux, leur imagination galopante qui fait le reste (que de fantasmes sur cette ogresse !). Les illustrations de Bruno Heitz font mouche, ce qui ne gâche rien. C'est drôle sans être moqueur, tolérant sans être moralisateur.

Une fin en forme de clin d’œil bien dans le ton !
Bref, un bon moment de lecture qui réjouira les petits et les grands sur un sujet souvent sujet à discussion.
Sortie le 12 septembre 2013.

Bon, vous avez fini la lecture de ce billet au moins ?

Brigitte fait peur aux frites
Chritine Avel
Bruno Heitz
Ecole des loisirs
Collection Mouche

jeudi 12 septembre 2013

Albums coups de coeur de la rentrée

En cette rentrée, deux albums coups de cœur que je ne me lasse pas de lire et relire depuis leur réception :

Un nouveau "Devine combien je t'aime" où on retrouve Grand lièvre Brun et Petit lièvre Brun dans quatre nouvelles histoires réunies sous ce même volume : et que d'aventures ! Intitulé "Ici, là-bas et partout ", le lecteur les suit dans des endroits extraordinaires : l'Arbre à cachette, la Montagne dans les nuages, le Champ lointain et de retour à la maison. Ces histoires-là, véritable hymne à la nature, où sont données à voir la douce bienveillance du papa, la curiosité du petit dans une belle complicité, ont un charme fou. Des illustrations pleine page, comme des paysages, des dialogues d'où se dégage infiniment de tendresse, pour un bel apprentissage de la vie, tout en douceur. Et quel est le meilleur endroit finalement ?
A vous de le découvrir...
Franchement, on ne boude pas son plaisir de les retrouver ces deux-là !


Un nouveau Komako Sakaï, ça ne se refuse pas non plus ! Et quelle merveille ! "Réveillés les premiers !" en est une à plus d'un titre. A sa lecture, j'en ai été profondément émerveillée de par cette faculté à entrer dans le monde de l'enfance : petite Anna se réveille en pleine nuit. Tout le monde dort. Sauf le chat Shiro. Ils vont vivre tous deux leurs petits instants, s'octroyer ces petits moments fugaces de bonheur volés à la nuit, sans crainte aucune. C'est magique ! Tout y est : les postures, celles de la petite et du chat, l'ambiance d'une maison endormie, la prise d'autonomie d'une enfant avec la présence rassurante de son animal de compagnie, comme une petite victoire, la beauté de la nuit. Il se dégage de ces pages une profonde et bienfaisante sérénité. Rien n'est mis au hasard dans la mise en page, qui de par ses séquences sous forme de petits tableaux arrondis par page ou en pleine page, participent pleinement à la douce progression de l'histoire. On tourne les pages sans faire de bruit et on chuchote presque. Quant aux illustrations...superbes !

Ces deux albums sortent aujourd'hui même en librairie.

Devine combien je t'aime Ici, là-bas et partout
Sam McBratney
Pastel

Réveillés les premiers !
Komako Sakaï
Ecole des Loisirs

mercredi 11 septembre 2013

Après l'été

Après l'été, je me suis dit que c'est maintenant et maintenant, c'est l'envie de partager un coup de cœur pour cette petite merveille d'album du même nom : une découpe, une forme, une couleur et une histoire apparait, un hymne au cycle des saisons, c'est toute la magie des livres de Lucie Félix !

Et la magie opère : à chaque tourne de page, on se laisse surprendre par l'inventivité, la simplicité (mais il fallait y penser), la poésie qui se dégagent de ces pages souples et cartonnées à la fois. Le récit se construit au fur et à mesure : des cerises, une échelle, des pommes, les oiseaux, un panier,...jusqu'au petit nid où ...

Après 2 yeux ?, (dont on ne compte plus les prix qu'il a reçu), l'auteure confirme son talent et son originalité dans l'approche de ce qu'elle donne à voir aux petits pour leur plus grand régal et celui des grands. Une très belle approche de la nature, sereine, magnifiée jusqu'à son renouvellement perpétuel.

Un livre précieux et unique.

Sorti le 29 août 2013.

Après l'été
Lucie Félix
Les grandes personnes

mardi 10 septembre 2013

La bonne farce

Qui n'a jamais jubilé intérieurement à l'idée de faire une farce ? Hein ? Levez la main ! :)

Dans ce nouveau Eric Battut, qui sort aujourd'hui même, on retrouve la petite souris espiègle des précédents opus (Le secret, Veux-tu être mon ami ? Oh ! La belle lune et La noisette ) : cette fois, elle a décidé de faire une farce à ses amis...en leur faisant croire qu'elle a vu...un loup bleu. Elles les appelle tour à tour, à la cantonade, et évidemment, l'oiseau,  l'écureuil et la tortue se font prendre. Ils vont ensuite s'allier pour faire la même farce à l'autre, c'est tellement plus drôle à plusieurs :

"Souris grise, l'oiseau et l'écureuil éclatent de rire.
-Ha ! Ha ! La bonne farce ! On t'a bien eue, la tortue !
Un loup bleu, ça n'existe pas !
-Ah...dit la tortue."

Sauf que...ce n'est pas si sûr...

La chute de cet album est irrésistible : le clin d’œil final aussi. Une farce dans une farce ! Je vois déjà l'inquiétude se lire sur les visages des petits au début de l'histoire avec l'élément de la crainte du loup, puis l'effet de répétition avec chaque animal pris offre une pause, et enfin la surprise finale : éclats de rire assurés !

Sous une apparente simplicité, voici un album terriblement efficace, drôle et malicieux : minimaliste, où la page blanche prend toute sa place au début, pour se remplir au fur et à mesure des éléments de l'histoire. La formule qui revient à chaque fois sur la farce donne un sentiment de déjà-entendu pour l'enfant et lui permet d'intégrer le nouvel arrivant. Le format donne déjà l'accès aux tout-petits à de plus grands albums. La mise en page, très soignée, comme les autres volumes, rend cette série absolument incontournable. 

Une très belle réussite aux éditions Didier Jeunesse.

La bonne farce
Eric battut
Didier jeunesse

lundi 9 septembre 2013

La conséquence de mes actes

Le héros de ce livre (je ne dirais pas son prénom...) vit un double drame : le premier, je n'en parle pas (non plus !) pour ne pas tout dévoiler d'entrée de jeu,  mais le second, qui découle du premier, devient malheureusement banal : la séparation de ses parents. Pour l'adolescent, c'est une perte de repères totale. Un jugement sans appel du comportement de ses parents. Et on lui demande, à lui, de réfléchir à "la conséquence des ses actes" pour sauver son année scolaire désastreuse, afin de passer dans la classe supérieure à la prochaine rentrée. Un pacte entre son père et sa prof de français...qui n'est autre que la maman de Sophie, la fameuse héroïne de Premier chagrin, le précédent roman de la même auteure, qui aborde avec beaucoup de tact la fin de vie.

Le ton de ce roman est beaucoup plus désinvolte et j'avoue que, malgré le sérieux de la situation que vit ce garçon, j'ai beaucoup ri mais aussi beaucoup aimé l'acuité avec laquelle il analyse cette nouvelle vie qu'on lui impose, surtout ces vacances désastreuses dans un trou perdu, sans internet et surtout twitter dont il est totalement addict. La fin du roman surprend également par son tournant et l'éclaire différemment, même si ce procédé déstabilise le lecteur. Du coup, je me suis dit : mais que suis-je finalement en train de lire ?

L'adolescence y est abordée avec beaucoup de justesse : son arrogance, son intransigeance, sa geekmania, son jugement sans appel des autres, son questionnement face à la sexualité, sa difficulté de communication mais aussi sa fragilité et sa culpabilité. Ses contradictions grandeur nature. Ce qui devrait à coup sûr plaire et parler aux ados...L'auteure y va sans ambages, au diable les tabous, jetés à la corbeille, ce qui rend l'ensemble du roman très naturel.

J'ai regretté que le personnage de Sophie, très beau personnage du précédent roman, ne soit pas plus présent dans ces pages. Mais j'ai beaucoup aimé ce personnage de garçon révolté, capable de se remettre peu à peu en cause, et de mettre les adultes de son entourage face à leurs responsabilités car eux aussi devraient  réfléchir aux conséquences de leurs actes....

C'est un roman d'une apparente légèreté mais qui aborde des thématiques ados/adultes bien d'aujourd'hui.
En ce temps de bonnes résolutions de rentrée, pensez-y aux...conséquences de vos actes :)

Je remercie Céline du blog Qu'importe le flacon, pour vu qu'on ait LIVREsse pour cette découverte, dont voici son avis.

La conséquence de mes actes
Eva Kavian
Mijade 
Zone J

samedi 7 septembre 2013

l'imagier

Je l'ai enfin entre les mains et qu'il est beau, qu'il est beau, qu'il est beau !!!

l'imagier de Delphine Chedru publié chez cette nouvelle maison d'édition Marcel & Joachim : un imagier, allez vous dire...encore un ! Oui, mais celui-là, c'est l'imagier ! 

Il dépoussière en effet magnifiquement bien le genre : il allie en effet imagier "classique" au sens d'un mot se rapportant à une image et vice et versa. Un esprit "vintage" (pour utiliser un mot très à la mode) : découpes de tissu liberty, couleurs vives, formes modernes, alternance graphique des pages. Mais le plus, le plus ? C'est d'avoir intégré les éléments présentés dans de courts textes qui créent la surprise. Au premier, ayant compris le principe, on continue à feuilleter en essayant d'imaginer ce qu'on pourrait nous aussi bien inventer à partir des mots et des images et c'est chouette comme tout ! On peut s'amuser à en créer d'autres, un champ de possibles infini, comme la dernière image nous y invite ! Plus de 100 mots y sont illustrés et ils en mettent plein les mirettes : le quotidien des petits est revisité avec beaucoup de poésie.
J'adore, j'adore, j'adore ! 

Un petit format pour les petites mains, pour les sacs à mains des mamans, des filets à poussette, à emporter dans la salle d'attente du médecin, en voyage, dans son lit avant de s'endormir,... comme un compagnon qui agit comme un miroir et reflète la beauté du monde qui nous entoure, ce quotidien à apprivoiser pour les tout-petits. Et c'est tout un apprentissage...

J'attends avec impatience la suite de la production de cette maison d'édition prometteuse...

Coup de cœur absolu !




Retrouvez l'avis de : Les lectures de Kik

l'imagier
Delphine Chedru
Marcel & Joachim

vendredi 6 septembre 2013

Lumières : l'encyclopédie revisitée

Couverture de Serge Bloch
Il y a 250 ans était publiée "L'Encyclopédie : Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers" sous la seule volonté d'un homme Denis Diderot, philosophe éclairé du Siècle des Lumières. Pas moins de 25 ans pour que cette cette œuvre titanesque voie le jour : 28 volumes ( 17 de textes et 11 de planches) , pas moins de 150 savants et 1000 ouvriers qui ont apporté leur pierre à l'édifice.

C'était en 1713.

En 2013 parait "L'Encyclopédie revisitée" et c'est un travail tout aussi extraordinaire que nous donne là la formidable maison d'Editions L'Edune. Sous la direction de Romain Galissot et Philippe Lesgourgues, Franck Prévot aux textes, ce ne sont pas moins de 11 illustrateurs qui apportent leur contribution, souvent facétieuse, à l'ouvrage.

11 thèmes d'origine sont revisités à leur manière, en les actualisant, ou en y ajoutant des articles de fiction, le tout servi par les illustrations de chacun avec leur personnalité. Une cohérence est respectée dans l'articulation textes/images, la qualité graphique est absolument irréprochable. L'esprit de l'origine, au service de la vulgarisation des connaissances, est magnifiquement mis en scène. Diderot lui-même en serait fier !

On ne se lasse pas de le feuilleter, de s'arrêter, de s'émerveiller, d'apprendre, de naviguer dans ce livre au format parfait et étonnamment moderne à l'heure du numérique. Une œuvre de visionnaire à laquelle ce livre rend hommage d'une façon unique.

La préface de la conseillère scientifique, Aline Beilin, rend l'approche très vivante. Avec la contribution de Martin Jarrie, Réjis Lejonc, Charles Dutertre, Jean-François Martin, Julia Wauters, Tom Schamp, Clotilde Perrin, Rascal, Vincent Pianina, Albertine et Janik Coat.

Publié avec le soutien du CRDP Champagne -Ardennes et la Mairie de Langres, ville natale du philosophe.

Cet ouvrage est sélectionné dans la catégorie OVNI des Pré-Pépites du salon du livre de jeunesse de Montreuil.

Le site des Editions L'Edune

Le n°415 de la Revue Lire de mai 2013 consacre son numéro à Diderot. 


Lumières 
L'Encyclopédie revisitée
Editions l'Edune

jeudi 5 septembre 2013

Je suis sa fille

C'est un premier roman. Celui d'un libraire : Benoît Minville, que Tibo Bérard, directeur de la collection Exprim' a contacté, suite à la lecture d'une de ses chroniques sur un site d'avis de livres.


On y fait la connaissance de Joannie, jeune fille de 16 ans, élevée seule par son père, mais sans avoir coupé totalement le lien avec sa mère. Insidieusement, elle assiste, mais sans trop se rendre compte sur le moment, de la descente aux enfers de son père adoré. Broyé par le système. Un boulot écrasant où il n'est qu'un numéro. Où il n'est plus rien. Puis le chômage. C'est la crise. Oui, mais pas pour tout le monde. Quand il va être au bout du désespoir (je ne révèle pas quoi), pour Joan, c'est le déclic. C'en est trop. Il faut stopper ce système. Elle se met donc en tête d'aller abattre un patron à Nice. L'accompagne Hugo, son meilleur pote, haut rescapé de la vie, dans un road-trip pour le moins mouvementé sur la Nationale 7. Ils vont rencontrer Blanche. Lumineuse. La vie ne l'a pourtant pas épargnée.

J'arrête là. J'ai souvent le sentiment d'en dire trop. Mais les mots me rattrapent. Faut que ça sorte de ma tête...

J'ai eu envie de lire ce roman parce que :

-Les mots de Tibo Bérard dans cette interview réalisée cet été par une copinaute sur A l'Ombre du Grand Arbre m'ont touchée.
-Au même moment, je venais de lire "La vie est belle" de Christophe Léon, un roman qui traite du même sujet mais il l'aborde très différemment.
-Je ne connais pas bien cette collection, sans doute à tort.
-Ce fait de société me heurte, étant concernée dans mon entourage proche. 
-J'ai un faible pour les libraires :)

Autant de raisons qui ont aiguisé ma curiosité de lectrice.

Comment dire ? A cette lecture, je me suis retrouvée dans une situation paradoxale : une lecture à la fois agaçante  et envoûtante.
J'en attendais plus. Mais j'ai eu quand même. 
Je n'ai pas du tout trouvé le personnage de Joan crédible. Les premières pages vont trop vite. Le sujet n'est pas assez bien posé. Cette révolte, je la conçois mais je l'ai perçue trop... enfantine. Trop capricieuse. Trop. Et en fait aussi pas assez. 
Par contre, le personnage de son ami Hugo m'a complètement convaincue ainsi que Vasco son frère et son amie Djib. Les dialogues, là, sont pleins de piquant, de verve, de réalisme. Et j'ai adoré Blanche. Quel personnage ! Quel équilibre elle apporte à cette histoire ! Sans pathos mais avec justesse.

Par moments, le livre me tombait des mains et à d'autres, je me suis régalée de belles fulgurances. 
Par contre, bien trop de gros mots... Je veux bien être dans l'air du temps de comment les jeunes parlent, mais là, franchement, c'est trop...

Un avis mitigé donc mais une lecture que je ne regrette absolument pas.
Roman sorti ce 4 septembre 2013.

Je suis sa fille
Benoît Minville
Sarbacane 
Collection Exprim' 


               Ce roman compte pour le Challenge 1% rentrée littéraire  du blog Délivrer des livres
Je suis plutôt en route pour le 2% ! 


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