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mercredi 30 janvier 2013

Le rêve de Solo



"Sur la plage en mer du Nord où il se sent si bien près du phare son ami, Solo écoute les bruits venus d'ailleurs, hume les odeurs sucrées, inconnues, portées par le vent... Il se prend à rêver de pays lointains... et le voilà parti pour un nouveau voyage, autour du monde cette fois, sur les ailes du vent. Longues dunes de sable sec et brûlant, jungle verte et humide, banquise glacée : le cœur gonflé, il retrouvera ensuite avec bonheur son rivage bien-aimé, près du phare son ami".

Après "Le voyage de Solo", publié en 2008, Miriam Koch revient avec ce gentil mouton rayé de rouge et de blanc.
Souvenez-vous...
Différent des autres, il avait trouvé cette plage suffisamment à son goût pour s'y installer. 


On le retrouve donc, près de son phare, et cette fois, Solo nous emporte dans sa rêverie, celle d'un long voyage sur les ailes du vent...

Ces albums sont magnifiques : le format à l'italienne favorise l'immersion du lecteur dans ces paysages marins : il y est, il sent les embruns, il court sur la plage, il part avec Solo...
Des belles illustrations pastels avec juste ces petites touches de couleurs en rouge et blanc. Une sobriété parfaite pour souligner la poésie du texte.

Une très belle évasion et des albums de très belle qualité.

Le Rêve de Solo
Le voyage de Solo
Miriam Koch
Sarbacane   

Cet album (3/30) compte pour le Challenge "Je lis aussi des albums 2013" chez Hérisson

mardi 29 janvier 2013

Papa, c'est quoi un homme haut sèkçuel ?

Je me suis dit que dans le débat actuel, un album jeunesse, qui pose directement cette question, méritait qu'on s'y penche un peu, histoire de se mettre à hauteur d'enfants.

Tinig est un petit garçon qui interprète au pied de la lettre toutes les expressions que les grandes personnes disent de son papa et ça le fait beaucoup rire : son papa n'est vraiment pas comme les autres, sa vie est hors norme puisqu'il est tout à tour "uranien"(il vient d'une autre planète),"socratique" (philosophe), "gai" (joyeux), etc...
Un tas d'expressions y passent et j'avoue avoir considérablement enrichi mon vocabulaire. 
Jusqu'au jour où son papa lui apprend qu'un homosexuel, c'est quelqu'un qui aime les messieurs. Dans l'album, une allusion est faite aussi au cas inverse : quand une femme aime une autre femme.

Cet album date de 2007 : il a le mérite de poser le sujet tel qu'un enfant pourrait se le poser et y répond tout simplement. Les enfants se font souvent des idées sur des mots dont le sens leur échappe ou les déforment et les utilisent sans le savoir. Et se font avoir.
Cet album porte un regard critique sur les adultes qui ont du mal à dire les mots tels qu'ils sont et utilisent donc ces métaphores pour ne pas dire...On est proche de la moquerie, voire de la médisance. L'homophobie n'est pas loin.

Un album tout simple, en rouge, noir et blanc, des illustrations qui s'intercalent entre les pages blanches avec l'essentiel du texte, les paroles du jeune garçon.
Tout est dit.
A hauteur d'enfant. 
Et c'est bien là l'essentiel.

Papa, c'est quoi un homme haut sékçuel ?
Anna Boulanger
Zoom éditions
Collection Gros béguin

Cet album (2/30) compte pour le Challenge "Je lis aussi des albums 2013" chez Hérisson

 

lundi 28 janvier 2013

Les lions ne mangent pas de croquettes

Alors là, attendez-vous à sourire, à faire fonctionner vos zygomatiques à plein régime ! A sortir vos mouchoirs pour des larmes de rire ! 

"Pas de chien, ni de chat !" ont déclaré papa et maman. Comme Clémence est une petite fille obéissante, elle a donc amené un lion à la maison". 

Le ton est donné dès la première page...
Avoir un lion comme animal de compagnie ne présente en effet que des avantages : pas besoin de croquettes, il se sert tout seul...Dans les parties de cache-cache surtout...et que ces parents sont bien ennuyeux !

A chaque page, une surprise aussi désopilante que l'autre, que du second degré, on se demande bien jusqu'où cela va nous mener...

Et bien, jusqu'à une chute irrésistible, la boucle est bouclée !

Les illustrations de cet album vont à merveille avec le texte, ce lion a un air blasé qui lui sied comme le Roi qu'il est...Et quel jeu de langue !

A lire et relire, pour les petits et les grands, rires garantis !

Savoureux !


Les lions ne mangent pas de croquettes
André Bouchard
Seuil jeunesse 


Cet album (1/30) compte pour le Challenge "Je lis aussi des albums 2013" chez Hérisson



dimanche 27 janvier 2013

Qui est le roi des animaux ?

Un très beau tableau en feutrine pour déterminer le top 20 des animaux en littérature jeunesse réalisé par Babélio.

Pour tout savoir sur l'étude, c'est

samedi 26 janvier 2013

Libres !

Libres ! Nouvelles pour la défense des droits de l'homme.

Ce livre ne laisse pas indifférent : 12 nouvelles écrites à partir des articles de la Déclaration Universelle des Droits de l'homme.

Chaque histoire, d'un auteur différent et de nationalité différente (et quels auteurs ! : Eoin Colfer, Michaël Morpurgo, David Almond, Jacqueline Wilson,...) se déroule et à la fin, comme un couperet, l'article en question. Et lu comme ça, à partir de situations concrètes, la portée de cette Déclaration prend un sens plus fort encore et mène à une réflexion plus profonde. L'intégralité de la Déclaration se trouve à la fin du livre.

Ces histoires rappellent combien ces situations difficiles, d'exclusion, de maltraitance, de racisme, de guerre, d'oppression existent toujours et que le combat n'est pas terminé, même 60 ans plus tard. Des millions de personnes sont encore aujourd'hui privées de ces libertés, et notamment des enfants.

Ce livre a reçu le soutien d'Amnesty International.

C'est un livre, dont le principe me rappelle celui écrit par un collectif d'auteurs sur notre devise nationale : 12 histoires de Liberté, Egalité, Fraternité publié par Escabelle (voir ma chronique).

Je ne peux m'empêcher de penser que ce genre de livres devrait être utilisé au collège en cours d'instruction civique. 

Un livre fort et d'actualité.

Cette chronique compte pour le challenge "Lire sous la contrainte: 4ème session" dont la consigne est de choisir un seul mot dans le titre (participation jusqu'au 3 février).
Pour tout savoir, c'est  !

Libres !
Collectif d'auteurs
Bayard jeunesse
Millézime

vendredi 25 janvier 2013

La planète maths

Mathilde, gauchère contrariée, a un problème avec les maths. Est-ce que ceci explique cela? Sans doute. On la suit dans sa scolarité, du CP à la sixième. Elle fait part de sa difficulté à assumer ces différences par rapport aux autres. Ses mains ne la comprennent pas. Ses parents non plus. Et elle, elle ne comprend rien aux maths...Comme beaucoup d'enfants, elle voue une admiration sans bornes pour ses enseignants. Elle a son amoureux aussi. Ils se marieront, c'est sûr...

Sous certains aspects, ce roman est touchant. La solitude de Mathilde est évidente, elle s'en accommode pourtant. Ce personnage est délicat et fragile. Elle fait preuve parfois d'une volonté tendue à l'extrême très vite anéantie par un manque de confiance en soi. On sent pourtant qu'elle va finir par s'épanouir en grandissant.

Malgré tout, je n'ai pas été convaincue. Trop de longueurs. Trop de passivité. Je l'ai terminé parce que je voulais juste connaître la fin. Un petit clin d’œil bienvenu qui arrive dans les dernières lignes.  Dommage car l'écriture de Gisèle Bienne est agréable, toute en retenue,  et le sujet intéressant. L'auteur a sans doute plongé dans ses propres souvenirs d'école ? C'est le sentiment qui s'en dégage en tout cas.

Pour tout savoir sur Gisèle Bienne

La planète maths
Gisèle Bienne
Ecole des loisirs
Collection Neuf

jeudi 24 janvier 2013

Maisons poèmes

Voici une petite merveille de poésie...
sur les livres 
et qui aurait parfaitement convenu à l'invitation de QLF-Céline :

"Il est un monde où il suffit d'ouvrir un livre pour habiter quelque part,
un monde où chaque matin apporte une jolie surprise. 
Lire, c'est partir en balade,... 
....pas à pas de pages en pages".

Page de gauche, le poème et page de droite de très belles illustrations de livres comme des maisons qui s'ouvrent, des mondes à inventer...

Une sobriété qui va droit au cœur pour tous les amoureux des livres...

L'auteure, plasticienne, illustratrice, formée aux arts appliqués est passionnée par le dessin et les mots. Et ça se voit !

Son blog ici

Maisons poèmes
Valérie Linder
Grandir

mercredi 23 janvier 2013

Victor et Philomène

Quel chouette petit roman ! Et Victor et Philomène ! Ces deux-là étaient faits pour se rencontrer !
Le crabe et l'escargot : tels sont leurs surnoms à l'école.

Le premier (Victor) à cause d'une malformation à la main et la deuxième (Philomène) à cause de sa timidité.

Victor est bien seul : son handicap l'isole mais il s'en accomode avec lucidité. Il préfère ne pas se mêler aux autres. Il est heureusement bien soutenu par ses parents et sa fratrie si nombreuse (7 frères et sœurs). Quelle famille ! 

Jusqu'à ce qu'une nouvelle arrive un jour dans sa classe. Elle va attérir à côté de lui. Il va la prendre sous son aile. Et Philomène n'a pas du tout le même regard que les autres sur sa main. Et ça, ça change tout.  Pourtant, l'approche est difficile : cette fille-là ne dit rien d'elle. Victor va s'accrocher pour découvrir le secret de son amie...

Ce roman est d'une délicatesse infinie et ces deux personnages hauts en couleur. On ne peut rester indifférent aux sentiments qu'ils s'expriment peu à peu, aux attentions l'un envers l'autre. Victor surtout : quelle maturité, quelle auto-dérision, quel regard sur le monde, quel amour du prochain et quel humour ! Philomène se laisse apprivoiser peu à peu par ce garçon pas comme les autres. On peut aussi rendre hommage à l'esprit de solidarité qui se dégage de cette histoire.

Un roman magique, tendre et doux sur des thématiques lourdes : le handicap et la monoparentalité.

Une belle bouffée d'air frais ! 

C'est le premier roman de Claire Reanaud à l'Ecole des Loisirs, chapeau !

Quelques éléments sur Claire Renaud

Victor et Philomène
Claire Renaud
Ecole des loisirs
Collection neuf 

 

lundi 21 janvier 2013

L'armoire

Anne Cortey, dont j'apprécie beaucoup les albums, signe là un petit roman qui aborde le sujet du deuil sous un angle différent : celui de l'héritage.

Adèle aime bien sa grand-mère. Pourtant, quand elle va lui rendre visite, elle est impressionnée par cette vieille dame, entourée par tous ses souvenirs. Ce sont aussi d'autres odeurs, le temps qui n'a pas la même valeur. 

Mais un jour, sa grand-mère n'est plus. Adèle pressent bien du haut de ses 9 ans que plus rien ne sera comme avant. Jusqu'au jour où l'armoire normande arrive dans sa chambre. Adèle en hérite bien à son insu. On ne lui demande pas son avis. Cette armoire va bouleverser son quotidien....

Cette histoire aborde avec finesse les non-dits dans une famille autour des personnes disparues à travers leurs objets qui restent aux vivants. Adèle ressent une hostilité de cette armoire qui la lui rend bien. Les enfants prêtent bien souvent une vie aux objets inanimés, a contrario des adultes pour lesquels ils rappellent des souvenirs et des personnes. Les enfants sont dans l'instant, les adultes dans la nostalgie.

J'ai beaucoup aimé la simplicité avec laquelle cette petite fille exprime son ressentiment, la justesse des ses propos et la solution finale trouvée ! Le format original de ce petit roman, ainsi que ses illustrations, en font un très bel objet.

C'est très juste et émouvant.
Une belle lecture !

L'armoire
Anne Cortey
Illustré par Claire de Gastold
Grasset jeunesse

samedi 19 janvier 2013

Je participe aussi à...

 

Challenge "Je lis aussi des albums 2013" 
 organisé par le blog Délivrer des livres

Je lis beaucoup d'albums, je n'ai pas toujours le temps de les chroniquer, 
ce sera une façon de le faire régulièrement...

Bouma , qui y participe déjà, m'a donné envie de me lancer...

Je me suis inscrite dans la nouvelle catégorie de cette année : 
Challenge Libre où je peux choisir le nombre d’albums à lire
 entre le 1er janvier et le 31 décembre 2013.
Probablement entre 20 à 30.

Pour tout savoir sur les modalités de ce challenge, c'est

Je participe à...


Lire sous la contrainte : 4ème session 
 à l'initiative de Philippe

C'est grâce à Céline du blog Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait Livresse que j'ai fait connaissance de ce challenge et c'est la troisième fois que je participe.                 

challenge Lire sous la contrainte

Cette fois, la contrainte est la suivante :


challenge Lire sous la contrainte


ça y est, j'ai mon roman et je l'ai fini hier soir. Il s'agit de nouvelles d'un collectif d'auteurs autour de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme : LIBRES ! 
Publié par Bayard jeunesse dans la collection Millézime

Un billet bientôt...la date limite pour participer étant le 3 février.




(: Ce blog a dépassé les 25000 vues cette semaine : MERCI ! :)

vendredi 18 janvier 2013

La petite fille dans la tête...

...où l'on comprend qu'on peut avoir cinq ans toute sa vie.

Les lecteurs de ce blog savent combien je suis profondément attachée à cette collection Trimestre et ce numéro 7 est à nouveau un petit concentré d'émotions.

En exergue, Thierry Lenain, directeur de cette collection avec Benoît Morel, explique que ce texte a été "fondateur" pour Marie-Aude Murail : "Que c'est après l'avoir terminé qu'elle a décidé que son écriture serait dédiée aux enfants". Pour le plus grand bonheur de ses petits et grands lecteurs. 


Il s'agit d'un texte déjà édité en 1993 sous le titre "Son papa est le roi". 
Un texte magnifique qui nous exhorte à garder notre âme d'enfant.

"Il y a une petite fille qui vit dans la tête d'une grande personne" (p.7), ainsi commence ce texte...
Et c'est vrai : la tête de la grande personne, vieille grande personne, est habitée par une petite fille qui entend par ses oreilles, voit par ses yeux et attend...son papa le roi, sa maman la reine. Elle est la princesse...

Le lecteur attend comme elle, souhaite aussi pour elle cette délivrance qui va subvenir, à la fin, une chute que l'auteure amène subtilement à accepter. Et c'est beau. ça ne peut pas être autrement. C'est la vie tout simplement. Sauf qu'entendre avec ses yeux d'enfant, voir avec ses yeux d'enfant, être capable d'attendre comme un enfant, rêver à son château,  tout cela est souvent occulté une fois devenu adulte.

N'oubliez pas l'enfant que vous avez été, choyez-le, entretenez-le, la vie ne sera que plus belle et aboutie. 

Je me dis qu'en ce début d'année, c'est un beau message à rappeler !

Les illustrations de Benoît Morel sont très épurées, nul besoin d'en rajouter en effet. Une belle couleur d'encre à l'ancienne, ce violet un peu désuet. Pas mal du tout.

Bref, vous l'aurez compris, un texte parfait pour cette collection qui célèbre les émotions.

L'avis de Les livres de Dorot

La petite fille dans la tête
où l'on comprend qu'on peut avoir cinq ans toute sa vie
Marie-Aude Murail
Oskar jeunesse
Collection Trimestre

mercredi 16 janvier 2013

Collection Papagayo

Une nouvelle collection de premiers contes chez Rue du monde qui vaut vraiment le détour !
Il s'agit de Papagayo, la petite bibliothèque des contes du monde, riche de huit titres pour l'instant.
De très beaux livres, où tout est pensé dans le moindre détail, comme toujours chez cet éditeur.

Le principe : un conte issu d'un pays (Russie, Mexique, Japon, Maghreb, Laponie, Turquie, Sénégal et Chine) et en fin d'ouvrage, on trouve le carnet Papagayo contenant des informations sur la vie quotidienne, la culture et les traditions du pays en question. Sous formes d'encarts documentaires où l'essentiel est abordé, avec de belles illustrations.

L'approche est très convaincante et accessible pour les enfants dès 5-6 ans. A chaque fois un auteur et un illustrateur différent, ce qui ne gâche rien puisque cela apporte une grande diversité dans les univers proposés. 

A la fin du conte, on y trouve ceci et j'y suis très sensible : "Ce conte, comme tous les contes, a traversé les siècles de bouche en oreille, de souvenir de grands-parents en parole de conteur. Il a croisé bien d'autres contes, parfois venus d'ailleurs et s'est ainsi changé au fil des années...Avant que votre mémoire de lecteur ne le transforme encore quand, à votre tour, vous la raconterez".



Une collection que je suivrai pour sa qualité évidente. Une très belle façon de faire entrer les plus jeunes dans les contes des autres cultures, qui sont aussi un peu la nôtre.

Je vous invite à aller faire un tour sur les deux liens suivants, très intéressants, à l'usage des professionnels du livre : 
-A qui s'adresse le conte ?
-L'adaptation d'un conte

Collection Papagayo
La petite bibliothèque des contes du monde
Rue du monde 
 

lundi 14 janvier 2013

Oublie-moi un peu papa !

Si seulement j'avais lu ce roman en 2012, sûr qu'il aurait eu une bonne place dans ma liste de coups de cœur !
Une petite merveille que cette Naomi, qui malgré la séparation de ses parents, trouve les ressources pour surmonter tout ça ...

Une petite grande fille de 10 ans, bien d'aujourd'hui, en CM2, avec sa copine de toujours, Valentine, des amoureux réels ou supposés, des fêtes d'anniversaire, un animal de compagnie, bref une petite vie d'enfant déjà bien remplie avec ses propres repères, mais surtout un sens de l'à-propos à vous laisser béat d'admiration ou mort de rire !

Le jour des 10 ans de sa meilleure amie, les parents de Naomi lui annonçent leur séparation...
Naomi a bien d'autres choses en tête mais elle encaisse. Sa vie va peu à peu se transformer en agenda bien vérouillé, surtout du côté de son papa, qui en fait des tonnes sans doute par maladresse ou par peur de perdre son amour. La moindre parcelle de temps libre est  occupée, même en vacances...au bout d'un moment, n'en pouvant plus, Naomi explose ! Elle a besoin de s'ennuyer. L'annonce est un peu abrupte pour son papa mais finalement, il va comprendre peu à peu les réels besoins de sa fille et apprendre à devenir un papa, ce qu'il n'avait jusqu'ici pas pris le temps de faire vraiment, trop occupé par son travail de chercheur en mathématiques.

Brigitte Smadja signe là un roman très positif sur la séparation vue par une enfant à la maturité étonnante : Naomi serait sûrement passée à côté de son papa et lui aussi...Ils s'apprivoisent et c'est touchant. "Les parents devraient se séparer plus souvent, on les connaîtrait mieux." dit-elle.

Le ton du roman est absolument impayable, de belles vérités assénées sur le monde des adultes, très justes, comme souvent les enfants savent si bien faire.

Une très belle façon de dédramatiser cette situation pas toujours facile à vivre, dans la vraie vie. 
Les livres, ça sert aussi à ça, non ? 

Pour tout savoir sur l'auteure

L'avis Les livres de Dorot 

Oublie-moi un peu papa !
Brigitte Smadja
Ecole des Loisirs
Collection Neuf

samedi 12 janvier 2013

Les monstres de là-bas

Je m'aperçois que je n'ai pas souvent chroniqué les petits romans de cette collection "Petite poche" chez Thierry Magnier et c'est un tort. Je les lis pourtant presque tous, je les conseille très souvent car ces textes sont de très bonne qualité littéraire en très peu de pages et ça, pour les petits lecteurs, c'est le must !
Des textes aux thématiques très actuelles sans illustrations, déjà une centaine de titres (voir ).

Le dernier que je viens de lire, je l'ai trouvé excellent. Il s'agit d'un texte d'Hubert Ben Kemoun (qu'on ne présente plus !):  "Les monstres de là-bas" où le monstre n'est pas celui qu'on croit...



Présentation de l'éditeur : 

Nelson est tout content de prendre le bateau pour rejoindre et enfin rencontrer sa correspondante étrangère. Fubalys est encore plus jolie que sur les photos échangées, ses parents sont très accueillants et le planning des sorties qu’on lui propose des plus alléchants. Alors pourquoi se sent-il mal à l’aise dans ce pays, pourtant si proche du sien ?
Nous sommes toujours les monstres de quelqu’un et cette jolie parabole en est une illustration toute simple, finement décrite.

C'est un texte fort sur la différence, sur les préjugés, sur l'apparence qui "ne fait pas le moine", sur le regard qu'on peut porter sur l'autre à première vue et finalement sur la normalité.

Je ne m 'attendais pas à cette chute-là (je lis beaucoup de romans, ils ne sont pas tous chroniqués sur ce blog par manque de temps) et j'aime être encore surprise...ce qui est souvent le cas avec cette collection.

Un petit texte très bien construit, qui peut être la base de débats fort intéressants avec les jeunes d'aujourd'hui. 

Les monstres de là-bas
Hubert Ben Kemoun
Thierry Magnier
Petite poche


jeudi 10 janvier 2013

Colin Fischer : un garçon extraordinaire

Ce billet est en suspends depuis quelques semaines, j'ai pourtant beaucoup apprécié ce roman mais il est tellement dense que je ne sais pas trop par où commencer. C'est un roman qui ne laisse pas indifférent, surtout au regard de l'actualité récente. 

Le titre est tout à fait juste : Colin Fischer est bel et bien un garçon extraordinaire. Il est atteint du syndrome d'Asperger, ce qui est une forme d'autisme, qui se manifeste de façon différente selon les individus concernés. On peut penser à Rain Man. 

Colin développe lui aussi des capacités particulières. Chez lui, ce sont des facultés d'observation et de mémorisation absolument phénoménales. Il note tout dans son carnet, se repère grâce à ses fiches d'expressions faciales. Il a du mal dans ses relations avec les autres, ne supporte pas qu'on le touche et déteste le bleu. Il va se trouver mêlé malgré lui à une enquête autour d'un pistolet qui a fait feu dans la cafétéria du lycée mais sans grave conséquence heureusement. Pourtant, cette première rentrée au lycée s'annonce mal pour lui. Souffre-douleur de certains, incompris par beaucoup, c'est un véritable challenge pour Colin. Ses parents s'en inquiètent mais lui font confiance, malgré la jalousie bien compréhensible de son frère Danny. Colin va se découvrir un talent incroyable pour le basket (les passages avec le prof de gym sont géniaux), va sortir malgré lui de sa coquille car il va se mettre bille en tête de découvrir ce qui s'est réellement passé ce jour-là, en dépit des conclusions hâtives fournies. Il va du coup éviter une terrible injustice...

Le lecteur est alors transporté dans l'univers de Colin, dans son monde de déductions, dans ses peurs et ses angoisses. Chaque chapitre débute par ses notes dans son carnet sur les sujets qui le passionnent (et tout y passe !) et qui auront un lien avec ce qui suit.

Les deux auteurs Ashley Edward Miller et Zack Stentz signent ici leur premier roman : ils travaillent de concert à Hollywood depuis de nombreuses années, en tant que producteurs et consultants créatifs (Ils ont travaillé sur les films : X-MEN : Le commencement et Thor).

J'avoue avoir été assez gênée dans ma lecture par toutes les notes en bas de page, qui n'apportent pas toutes un éclairage indispensable au roman.

C'est un roman intéressant et très bien construit : une belle intrigue policière, où tout se recoupe à la perfection comme une belle mécanique.
Un roman émouvant : on s'attache beaucoup à Colin. On est ému comme ses parents à l'idée qu'il ait pu transformer ses peurs en forces. 
C'est un beau roman sur l'amitié aussi. 
Il y aura certainement une suite...  (un film ou un tome 2 ou les deux ?...)
Je conseille néanmoins de ne pas trop faire durer sa lecture dans le temps au risque de s'y perdre car il est d'une grande densité. 

A partir de 11-12 ans, bons lecteurs.

L' avis de Céline
 
Colin Fischer : un garçon extraordinaire
Ashley Edward Miller et Zack Stentz
Hélium Le blog 

mardi 8 janvier 2013

Black out

Ne vous laissez pas impressionner par les 600 pages de ce roman extraordinaire !

Après "L'invention de Hugo Cabret", sorti en 2008 (médaille Caldecott) et remarquablement adapté au cinéma par Martin Scorsese en 2011, Brian Selznick transporte une fois de plus son lecteur dans une très belle histoire, ou plutôt deux histoires qui finissent par se rejoindre. Une histoire en mots qui se déroule en 1977 et où on suit Ben Wilson et l'autre histoire en images où on suit le destin de Rose en 1927. 50 ans les séparent et pourtant...


On découvre aussi le monde des sourds-muets, soit par naissance soit par accident, et le langage des signes. On apprend aussi beaucoup sur la ville de New-York et ses musées. On y parle d'une bibliothécaire ("jeune et jolie", bien loin de l'image fausse qu'on s'en fait souvent !), et de conservation à travers toutes formes de collections (personnelles ou collectives). C'est aussi un livre sur l'amour et la filiation.

Je ne vais pas raconter ces histoires (voir la présentation de l'éditeur) mais j'ai été absolument subjuguée par la façon dont l'auteur ET l'illustrateur les mêle et les démêle peu à peu. La force de ses croquis au fusain est extraordinaire. Plus que les mots, c'est cette histoire en images qui m'a le plus transportée.

Le diorama des loups, cher à Ben

L'auteur et illustrateur explique de plus à la fin, en quelques pages très détaillées, la genèse de ce livre et c'est passionnant.

Il serait fort probable que ce livre-là soit très bientôt lui aussi adapté au cinéma, je n'en serais pas surprise !

Un superbe roman graphique, à lire absolument ! Dédié par l'auteur-illustrateur à Maurice Sendak.

Black Out
Brian Selznick
Bayard jeunesse
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