Luz

Luz ou "lumière" en espagnol. 
J'ai choisi d'abord ce roman rien que pour le prénom.

Et puis je n'ai pas été déçue par cette lecture car cette jeune fille a bien du caractère et ça, ça me plait bien.

Luz est une jeune fille de 14 ans. C'est le début des vacances d'été. Elle s'ennuie. Elle a la conscience de devenir une jeune fille. Elle n'en peut plus surtout de ces dimanches d'adultes enivrés d'alcool et de temps perdu. Par dessus-tout, elle ne supporte pas le meilleur ami de son père, Vannier. C'est physique. Ses grosses paluches de pervers qui la frôlent, ses regards sans équivoque. Elle a peur de lui. 
Ce premier dimanche d'été, elle part seule en claquant la porte de cette ambiance familiale pesante, se baigner à la rivière avec son nouveau maillot de bain (acheté par sa mère de haute lutte).  Elle y rencontre Thomas, un garçon en troisième dans le même collège qu'elle (et qui lui plait), accompagné par Manon (une fille de sa classe qu'elle connait finalement peu). Ils décident de se rendre à un point d'eau d'accès difficile et là, les choses se gâtent...

Dès les premières lignes, une angoisse sourde envahit le lecteur...mais il continue sa lecture, happé par les mots. La nature très sauvage amplifie ce sentiment de vulnérabilité. On sent que Luz va là où elle ne devrait pas aller...On sent que ça va déraper...Mais, on lui fait confiance et on a eu raison. Ce bout de femme a le caractère bien trempé de celle qui porte un prénom prédestiné. Elle mène les autres là où elle veut les mener, en prenant des risques.

Une fois de plus, ce roman révèle combien les ados ont besoin d'attention, distante certes, mais d'une attention bienveillante. Et besoin qu'on leur dise qu'on les aime, même s'ils ont grandi, même si on a l'impression qu'ils nous échappent et nous exaspèrent. En s'émancipant, ils deviennent exigeants. Cette héroïne incarne cette exigence. Luz le dit à sa façon, il faut traduire.

J'ai aimé être interpellée par cette jeune fille sur cette urgence-là. ça bouscule nos certitudes de parents. L'écriture de l'auteur, par touches successives, amène parfaitement bien cette sensation d'étouffement, d'enfermement, de besoin d'absolu, en écho à cette nature sauvage et hostile. Le lecteur se laisse emporter, ressent cette tension grandissante jusqu'au relatif apaisement de la fin.

Magistral.

Les avis de : 
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