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lundi 30 janvier 2012

Tout le monde veut voir la mer

Si tout le monde veut (en principe !) voir la mer, ce n'est pas du tout le cas de Marika, petite fille d'origine algérienne, bien dans sa tête mais qui refuse d'aller voir la mer à l'invitation du Secours populaire. Et puis des vacances d'une journée, ce n'est pas vraiment des vacances ! 

"La vie n'est pas toujours comme on veut. Les autres croient qu'on a des rêves qu'on n'a pas. Et souvent, ils ne connaissent pas nos vrais rêves. Ceux qui nous pincent le coeur et nous font comme des papillons dans l'estomac. Ceux qui nous feraient courir à l'autre bout de la Terre même sous la pluie, même sous la neige ou le soleil brûlant."

Son rêve secret, à Marika, c'est de monter sur un cheval...mais elle sait que pour sa famille, cela coûte trop cher....Mais elle garde espoir en la vie ! Finalement, Sofia, sa meilleure amie, qui habite juste au-dessus, "C'est comme une soeur mais en mieux parce qu'on se voit seulement quand on veut", va la décider à y aller. Pour lui faire plaisir car Sofia, elle, n'a jamais vu la mer et c'est comme une fête. Cette journée va révéler les autres sous un autre jour, notamment Christian, le souffre-douleur de la classe, et Joan, le caïd...

Un petit roman frais et sensible, aux personnages bien campés, aux petites phrases pleines de vérité, et à l'enthousiasme débordant. Un joli regard sur l'enfance en tout cas, une belle bouffée d'oxygène !

Tout le monde veut voir la mer
Agnès de Lestrade
Illustrations de Nathalie Choux
Rouergue
Collection ZigZag

vendredi 27 janvier 2012

Je t'aimerai toujours, quoi qu'il arrive...

Un album grand format comme je les aime !

Petit renard est contrarié : il est de mauvaise humeur et il est certain que "personne ne l'aime". Je mets au défi n'importe quel maman de n'avoir jamais été confrontée à cette remarque de la part de ses enfants !
Au fil des pages, sa maman le rassure : "Je t'aimerai toujours, quoi qu'il arrive...". Quoi que tu fasses, qui que tu deviennes, quoi que nous réservera la vie, son amour est et sera inconditionnel : "Ecoute ma chanson, l'amour ne meurt jamais. Quoi qu'il arrive, je t'aimerai...".

De belles couleurs vives, des dialogues bien rythmés, il se dégage de cet album une infinie tendresse...comme seules les mamans savent en donner !

A lire et relire blotti au creux de leurs bras...

Je t'aimerai toujours, quoiqu'il arrive...
Debi Gliori
Gautier Languereau
Mes grands albums

mercredi 25 janvier 2012

Une chanson d'ours

Quand j'ouvre un album de chez Hélium, c'est toujours une découverte pleine de surprises et "Une chanson d'ours" n'y échappe pas. En plus, je n'y peux rien mais j'avoue avoir un faible pour les ours (pas pour les mal-léchés quand même !).

C'est bientôt l'hiver pour Papa ours et petit ours, l'hibernation n'est pas loin...mais petit ours quitte la tanière pour suivre une abeille. Papa ours, qui dort déjà, met un peu de temps à s'apercevoir que son petit a filé...
Mais quand il s'en rend compte commence alors une course effrénée pour le retrouver jusqu'à arriver dans un endroit pas très habituel pour des ours...Je n'en dis pas plus !

Ce livre fourmille de détails et de page en page, on se laisse entraîner dans cette aventure avec jubilation. Le grand format du livre, les illustrations en double page avec le texte juste en-dessous, rend sa lecture très agréable. Beaucoup d'humour distillé aussi qui rend cet album très attachant ! On se prend au jeu de retrouver petit ours...et du coup, on retombe en enfance.

Une belle réussite signé la maison Hélium !

Fait partie de la 1ère sélection des 30 titres arrivés en tête pour le Prix Sorcières 2012.

Une Chanson d'ours
Benjamin Chaud
Hélium

lundi 23 janvier 2012

"Quelqu'un qui vous ressemble"

En cette période électorale, voici une pièce de théâtre bien d'actualité !

Tirée d'un récit autobiographique de Ahmed Dich, elle nous parle avec force et justesse du statut de l'immigré et de ce long cheminement qu'est l'intégration. Des passages très graves cotoient des scènes plus cocasses. Beaucoup de réalisme, beaucoup de vraies questions posées, une réflexion profonde sur l'humanité. Jusqu'à la scène finale, d'une intensité croissante, qui nous dit que face à la mort, chaque être humain est le même être humain..."Quelqu'un qui vous ressemble...". On en sort un peu sonné...


Le jeu de l'acteur, Rémy Boiron, est absolument exceptionnel : il passe d'un registre à un autre avec une facilité déconcertante. Seul pourtant sur scène, on dirait qu'il est plusieurs. Une belle complicité avec le musicien également.

Si vous avez la chance que cette pièce passe près de chez vous, n'hésitez pas !

Résumé de l'histoire : Ahmed a cinq ans et vit au Maroc. En 1970, son père embarque femme et enfants pour la France, en Lot et Garonne…Au nom du regroupement familial et « pour un meilleur avenir ». Rémy Boiron, accompagné par Gilles Bordonneau aux instruments, nous raconte cette étonnante histoire, en promenant cette question « Comment être français pour la vie et marocain pour l’éternité ? ».

 Mise en scène : Frédéric EL-KAÏM   
Comédien : Rémy BOIRON  
Musicien : Gilles BORDONNEAU











vendredi 20 janvier 2012

Le monde dans la main

Une histoire intimiste et chronique familiale : le roman commence la veille des 16 ans de Pierre (Pierre-Marie), jeune homme mal dans sa peau, en seconde option musique dans un lycée de Versailles. Une grande sœur, Alix, de deux ans son aînée (et dont on comprend qu'elle ne vit plus là...) et ses parents, dont il ne sait pas grand chose de la vie. Dans cette famille, on ne se parle guère, on vit les uns à côté des autres. Le poids des traditions familiales (assez bourgeoises) est lourd. Mais Pierre s'en accommode : cela le rassure aussi.

Jusqu'au jour où, sous ses yeux et ceux de son père, sur le parking d'Ikéa, sa mère s'en va parce qu'elle n'en peut plus. Pas plus d'explication. La vie change alors brusquement. Son père tombe peu à peu dans la dépression et Pierre va découvrir le monde des adultes : fait de compromis, de secrets, d'apparences trompeuses. Il va prendre conscience que la vie est faite de peu de choses et qu'il suffit d'un rien pour en changer son cours. Il va aussi faire l'expérience de la sexualité, un long chemin pour lui. La fin du roman donne au lecteur la clé de ce drame familial.

Ce roman aborde avec finesse la fin de l'adolescence, le poids de la famille aussi et la place que chacun peine à y trouver parfois. Il nous dit aussi de vivre pleinement sa vie : "Ces années m'ont appris qu'il faut prendre tout ce qui se présente, s'efforcer de vivre pleinement ce qui doit l'être, le bon comme le mauvais, chaque sourire chaque larme. Il faut habiter le présent..."(p. 278).

Le monde dans la main
Mikaël Ollivier
Thierry Magnier

mercredi 18 janvier 2012

Sunset park

Miles Heller, jeune homme de 28 ans, a fui sa famille suite à un traumatisme mal vécu (la mort accidentelle de son demi-frère, dont il s'estime responsable). Depuis sept ans, il erre de petits boulots en petits boulots. Il n'habite plus sa vie car il ne s'y autorise pas. Il rencontre pourtant Pilar, jeune femme étudiante mais mineure dont il tombe amoureux. Il sait qu'il risque gros de s'afficher avec elle (la prison). Suite à un chantage de l'une des sœurs à elle, mettant en péril sa relation, il décide de repartir à New-York . L'invitation de son ami d'enfance, Bing Nathan (personnage assez iconoclaste), de venir squatter une maison tombe à pic. Ce sera pour Miles Heller l'occasion d'affronter ses démons du passé et de renouer avec ses parents, s'il en est encore temps.

On retrouve les personnages écorchés vifs comme l'auteur sait si bien les camper. Leurs destins se mêlent mais chacun vit finalement de son côté. L'écriture de Paul Auster est fluide et simple : tout se déroule avec évidence, on est spectateur de leur vie. Mais, j'ai trouvé que la fin manquait un peu d'épaisseur par rapport à certains passages très prenants. C'est néanmoins du bon Paul Auster et je suis complètement fan !
 
Sunset Park
Paul Auster
Actes sud

lundi 16 janvier 2012

Ma mère est un gorille (et alors ?)

Jonna vit dans un orphelinat, "Les Mimosas", pas particulièrement folichon malgré son nom. Les enfants sont obligés de s'acquitter d'un certain nombre de corvées car la directrice est une obsédée de la propreté et c'est peu dire ! Chaque visite est synonyme d'espoir pour chacun d'entre eux : être adopté(e) par une belle maman et un gentil papa.
Un jour, dans un nuage de poussière et un grand brouhaha, une voiture toute déglinguée arrive en trombe à l'orphelinat...il en sort des jambes poilues d'abord, puis un torse velu ....c'est une gorille ! Panique dans les rangs !!! Pitié, se dit Jonna, comme tous les autres enfants d'ailleurs ! Mais leur regard se croise...son destin est scellé : Jonna repart avec elle. Passée les premières frayeurs, elle va découvrir une tonne de tendresse sous cette boule de poils....et elles vont faire face toutes deux à l'injustice de la vie à travers la cupidité de certains...

Voici un roman drôle et tendre à souhait : une belle leçon de tolérance !

Un petit mot sur l'auteur : Frida Nilsson est née en 1979. Elle écrit des chroniques pour enfants diffusées à la radio et la télévision suédoises. Ses romans, dont les ambiances sont souvent comparées à celles de Roald Dahl, ont été salués par de nombreux prix, et certains d'entre eux ont été adaptés à la radio. Ma mère est un gorille (et alors?) est son premier livre traduit en français.

A lire dès 9 ans.

Ma mère est un gorille (et alors ?)
Frida Nilsson
Illustration de couverture d'Arnaud Boutin
Bayard jeunesse
Collection Estampille

samedi 14 janvier 2012

Parti...

Le dernier Jeanne Ashbé est une pure merveille ! J'ai eu le plaisir de le raconter à un groupe de petits d'une crèche, des jeunes enfants dont le rapport au livre n'est pas encore évident, venant de familles immigrées. Des enfants très agités également. 
Et ce fut, grâce à ce livre, un pur moment de magie !

Parti met en scène un petit oiseau qui se pose dans un arbre et repart, à plusieurs reprises : "L"oiseau est parti. Il va revenir"...des flaps à ouvrir au fil des pages permettent le mouvement séquentiel de l'histoire. Puis un chat arrive, l'oiseau le craint...jusqu'à la page finale...à découvrir !


J'avais apporté une peluche oiseau qui fait le cui-cui de l'oiseau (comme dans le livre) quand on appuie dessus....J'avoue que ce n'est pas de la grande animation mais les enfants ont adoré et j'ai recommencé, à leur demande. Et c'est Parti !

C'est un album tout simple mais apaisant comme Jeanne Ashbé en a le secret...

Parti
Jeanne Ashbé
Ecole des loisirs Pastel

mercredi 11 janvier 2012

Le domaine des murmures

Le dernier prix Goncourt des lycéens vaut vraiment le détour et je me réjouis que des jeunes aient apprécié ce roman dense et mystique. Je ne serai pas étonnée non plus qu'une adaptation cinématographique en soit faite tant les images qui en émanent sont fortes et puissantes.

L'écriture de ce roman est  également une pure merveille : des descriptions précises, des dialogues percutants, et l'évocation  d'une magnifique histoire sur une époque mal connue. Qui n'a jamais rêvé, à la visite de ruines, qu'elles dévoilent ce qu'elles ont vécu ? 
Dans ce roman, on entre de plain-pied dans le Moyen-Age, avec le sort peu envieux des femmes, le poids de l'Eglise, le masochisme des hommes, l'aventure des croisades, l'influence des légendes...On se laisse envoûter par le souffle épique du destin de cette jeune fille Esclarmonde, qui pour échapper au mariage auquel son père la destine , décide de vivre recluse toute sa vie. Enfermée dans sa chapelle, elle va pourtant vivre une vie pleine d'un regard très aiguisé sur son monde, malgré de nombreuses souffrances mais aussi de joies. On assiste à ses doutes, ses peurs, ses rires mais aussi à son influence grandissante sur son époque bien trouble. C'est aussi un roman sur l'absolu de l'amour maternel et sur la foi. Une jeune femme d'une force de caractère inouïe.

Après le succès de son premier roman "Le cœur cousu" (2008), Carole Martinez confirme là son talent de grand écrivain.

Le domaine des murmures
Carole Martinez
Gallimard


lundi 9 janvier 2012

Patabulle : les pieds sur terre

Pour les tout-petits, un album vitaminé en ce début d'hiver !

Patabulle a les pieds sur terre, mais ce qu'il préfère, c'est partir en voyage et papoter avec les nuages. Et comme on le comprend !

Alors, un matin, il monte dans la fusée qu'il a construite dans son garage et hop ! c'est parti ! Il va vivre l'aventure de sa vie : "Patabulle ne comprend pas pourquoi les autres sont toujours très occupés alors qu'il est si simple de rêver".

Un album très frais, coloré, original, à lire et à relire avec les petits !
A coup sûr, il sera plébiscité !

Quelques mots sur l'auteur et l'illustrateur

Rédactrice en chef du magazine J’apprends à lire (Milan), Juliette Vallery a travaillé plusieurs années avec Tristan Mory sur le magazine Histoires pour les petits. Elle est aussi auteur d’albums et de petits poches publiés chez différents éditeurs. Elle a reçu en 2007 le Prix Fnac des premières lectures pour son livre Lucas et son dragon (Magnard Jeunesse). Patabulle est son premier album chez Actes Sud Junior. Elle vit à Toulouse. Tristan Mory vit et travaille à Toulouse. Diplômé en communication visuelle, il est premier rédacteur graphiste du magazine Histoires pour les Petits (Milan Presse) : ce qui a nourri son envie de s’essayer à l’illustration... C’est grâce à Juliette Vallery et Patabulle qu’il fait ses premiers pas d’illustrateur. 


Patabulle
Juliette Vallery
Tristan Mory
Actes sud junior

samedi 7 janvier 2012

Les poings sur les îles

Un magnifique album, chatoyant, poétique à souhait, un vrai coup de cœur ! Il aborde avec bonheur les relations de grand-père à petit fils et la transmission des connaissances.
Le petit garçon de cette histoire aime passer du temps, les jours sans école chez son grand-père Luis, dans sa toute petite maison au milieu d'un luxuriant jardin. Là, il révise ses leçons mais, surtout, il lui apprend des choses étonnantes, comme le nom des plantes sauvages ou celui des oiseaux des bois. Il sait tant de choses ce grand-père venu à pied d Espagne quand il était enfant, fuyant la guerre et la misère !
Pourtant ce merveilleux grand-père ne sait ni lire ni écrire. Et quand il parle, il accommode avec saveur et poésie les expressions de notre langue. « Mettons les poings sur les îles», aime-t-il à répéter... 

Des illustrations à la manière du Douanier Rousseau, avec des jeux de transparence, rendent cette histoire  absolument fabuleuse !



Les poings sur les îles
Elise Fontenaille 
Violeta Lopiz
Le Rouergue

jeudi 5 janvier 2012

Rien n'est moins sûr

"Rien n'est moins sûr" est un petit album facétieux qui apporte la réflexion d'une petite fille sur le monde qui l'entoure. Réalité ou simple point de vue ? Finalement, tout dépend...car "Il y a une multitude de manières d'être". Chaque personnage porte un masque comme pour appuyer le propos. Et finalement, on n'est plus sûr de rien...
Les illustrations naïves aux crayons de couleur apportent une note unique de fantaisie à ce texte philosophique.

"Rien n'est moins sûr", comme un écho à ce début d'année...



Rien n'est moins sûr
Fabien Soret
L'atelier du poisson soluble

mardi 3 janvier 2012

101 bonnes raisons de se réjouir de lire

Début d'année rime souvent avec bonnes résolutions ! Pour ma part, je me réjouis de lire encore et toujours...

Ce petit album nous en donne 101...bonnes raisons, toutes aussi justes les unes que les autres. Enfin, quand on en est soi-même convaincu(e), c'est plus facile !

Voici des extraits de son introduction pour ce début d'année afin que lire soit pour chacun d'entre nous une vraie richesse, à partager. C'est en tout cas le but de ce blog depuis six mois déjà :





"Un livre est fait de papier et d'encre.
Ah oui, et de colle...
Mais non. Ce n'est pas tout.
Il est fait de beaucoup d'autres choses.
Un livre peut être tout autre chose.
Un fleuve qui t'emporte,
un nuage en mouvement, et toi tu voyages avec lui,
une fenêtre sur d'autres mondes....(...).
Chaque livre est une ouverture,
différente pour chaque lecteur.
Il me plaît, et à toi il ne plaît pas.
Pour moi il est précieux, pour toi inutile.
Et c'est bien ainsi....(...).
Il faut aider les livres,
car ils n'ont pas de pieds pour aller se promener.
En revanche, ils ont des ailes,
et ils te les prêtent,
pendant que tu lis,
aussi longtemps que tu le souhaites.
Il y a beaucoup de bonnes raisons pour lire :
parce que c'est fascinant,
parce que cela te bouscule,
parce que cela t'emmène loin,
parce que...
Et encore, et encore..."(...).


Alors, je vous souhaite de belles lectures pour cette année 2012 !

101 bonnes raisons de se réjouir de lire
La joie de lire

Dans la même collection :
101 bonnes raisons d'être un enfant et 101 bonnes raisons d'être une fille
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