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dimanche 27 novembre 2011

La boulangerie de la rue des dimanches

Aujourd'hui Dimanche, jour du farniente et des croissants chauds...
Un petit roman précieux, dans tous les sens du terme : belle couverture à l'ancienne, beau papier, belles illustrations, histoire pour le moins originale : "Au sortir de l'orphelinat, Jack Talboni choisit son futur métier : il sera boulanger-pâtissier.Nourri dans sa tendre enfance de mouches et de sardines en boîte, passé Maître dans l'Art de la baguette pas trop cuite et de la religieuse au chocolat, il va transformer la vie de tous les habitants de son quartier.Une fée bleue, une horloge capricieuse, Les Quatre Saisons de Vivaldi, mèneront Jack vers son imprévisible destin..." (Quatrième de couverture).

Une histoire pleine de rebondissements, de poésie, de musique, de générosité, d'humour, de bonnes choses à manger, de bonheur tout simple malgré l'adversité. 

Un pur moment de plaisir assurément.

A lire dès 9-10 ans.

Ce roman a été sélectionné dans plusieurs prix de lecture...

La boulangerie de la rue des dimanches
Alexis Galmot
Illustré par Till Charlier
Grasset jeunesse
Collection Lecteurs en herbe

jeudi 24 novembre 2011

C'est samedi -M. Wilson

Deux nouveaux titres de cette collection que je vous recommande chez Escabelle : la collection Transmettre.
De vrais petits bijoux qui abordent avec finesse et sensibilité ce qui touche à l'intergénérationnel. Plus que des romans. De vrais témoignages.

"C'est samedi" de Nadine Brun-Cosme aborde le deuil vu par une petite fille, la disparition soudaine de son papi chéri. On assiste à sa peur, sa souffrance, son refus d'oublier, sa révolte et finalement son acceptation. C'est juste et pudique. Rien de trop. Juste cette phrase qui m'a profondément touchée : "Est-ce qu'un mot qui n'appelle plus personne peut se vider ?".



"M. Wilson" de Thomas Scotto aborde en quelque sorte le même thème mais dans un registre différent : ce papi décide de faire comme tout le monde, en ce dimanche de vide-grenier. Il s'installe dehors, sort ses tréteaux, sa chaise pliante et sa caisse. Mais ce qu'il a à vendre est pour le moins inattendu. Il va faire recette malgré lui jusqu'à ce que sa petite fille arrive...elle le bouscule gentiment dans ses habitudes et là tout devient évident pour lui. Il sait ce qu'il doit faire. Sous des apparences de légèreté, ce texte touche à la fuite du temps et à la transmission entre générations. 
Très touchant.



C'est samedi de Nadine Brun-Cosme
M. Wilson de Thomas Scotto
Escabelle
Collection Transmettre

mardi 22 novembre 2011

Lali l'orpheline où l'on se demande si l'on peut faire du mal en croyant faire du bien

Je l'ai enfin entre les mains non sans une certaine émotion...
J'ai lu ce magnifique texte en ayant à l'oreille la voix de Thierry Lenain puisque j'ai eu la chance de l'écouter au printemps dernier (voir page Rencontres de ce blog).
Et mon émotion est intacte...

Ce texte parle d'amour tout simplement entre un père et sa fille et entre sa fille et une orpheline handicapée. Marion a vingt ans et elle a décidé de partir en Inde donner de son temps dans un orphelinat. Et là, c'est le choc : elle découvre un monde qu'elle ne soupçonnait pas, elle découvre les illusions perdues, elle découvre l'abandon d'une enfant, elle découvre le jugement de l'institution à travers l'infirmière...mais elle retrouve son doudou, là, sur le sol, dans ce triste orphelinat, le même que le sien bébé, et c'est comme un signe que c'est bien là qu'elle doit être. Et elle va ouvrir les yeux sur Lali, elle va ouvrir Lali à la vie...non sans doutes, non sans questionnements du haut de sa jeune vie, à elle aussi. Et elle se raccroche à ce fil, le fil du téléphone, où à l'autre bout son père l'écoute, la guide mais sans lui dire ce qu'elle doit faire ou ne pas faire, comme un cordon invisible qui les relie encore un peu mais que le père sait que, inévitablement, il va se rompre bientôt pour laisser son enfant prendre son envol au secours d'une autre enfant, comme un passage de relai. Et cette phrase, magnifique, qui résume à elle seule ce qu'est toute forme d'amour : "Est-ce que c'est vrai qu'on peut faire du mal quand on croit faire du bien ?". Je vous laisse découvrir la fin...
Les illustrations d'Olivier Balez apportent juste ce qu'il faut au texte. Une belle leçon d'amour et de vie. Tout simplement merci.

Lali l'orpheline
Thierry Lenain
Illustré par Olivier Balez
Oskar jeunesse
Collection Trimestre c'est ici

lundi 21 novembre 2011

Camille aime pas danser

Un roman pour les adolescentes qui aborde la grossesse non désirée-voire le déni de grossesse- et l'avortement et ce que cela engendre comme conséquences pour l'intéressée et son entourage, déjà bien fragilisé par la vie. 

Camille et Anastasia sont soeurs et ont un an d'écart. Autant la plus grande Anastasia (15 ans) est brillante au lycée et en société, belle, à la mode... autant Camille (14 ans) a tout de la jeune fille rebelle. Son seul refuge : les livres et surtout le dessin. La première fait l'admiration de sa mère, la seconde la désespère. Pourtant, dans cette famille, la plus perdue est la mère : depuis son divorce, elle ne supporte plus la vie, un rien l'exaspère. Surtout Camille. Mais au détour d'une séance d'essayage avec leur tante fantasque, la vie bascule : Anastasia est enceinte mais n'ose se l'avouer. Une aventure sans lendemain pour elle. Mais il est trop tard pour avorter en France. La tante et la grand-mère vont donc prendre les choses en main : Anastasia part pour l'Espagne. La mère, complètement dépassée par les évènements, se dérobe à ses plus élémentaires responsabilités. Et le père, convolant avec une jeune femme, elle aussi enceinte, arrive bien tard dans cette tourmente familiale et essaie de recoller les morceaux...Mais est-il encore temps ?

Un roman tout en finesse sur les sentiments, sur la place fragile que chacun peut occuper dans une famille et sur le renversement des rôles. Si plus de la moitié du roman m'a convaincue, je reste sur ma faim tout de même. J'aurai souhaité une fin moins bâclée. Le regard de Camille est en tous cas très bien affûté, c'est que que je retiendrai de ce roman. J'aurai tendance aussi à condamner davantage l'attitude du père que celle de la mère, même si son comportement est bien lâche. Mais n'est-ce pas facile pour le père de rappliquer en donneur de leçons ? Camille ne s'y trompe pas : elle prend de la distance avec les deux et aussi avec sa soeur dont l'image parfaite s'est du coup bien craquelée. Cette expérience va lui permettre de grandir et de poser sur le monde des adultes une indifférence bien justifiée.

Camille sait pas danser
Marie-Sophie Vermot
Couverture de Véronique Figuière
Editions Thierry Magnier

dimanche 20 novembre 2011

Une aventure de José Lapin

Une BD en 2 tomes : "Une carotte pour deux" et "La chasse au dahu". 
Dans le premier tome : "En ce premier jour de printemps, José Lapin est bien embêté... Comment nourrir sa famille nombreuse quand le sol est encore gelé ? Arrive un bonhomme de neige, avec une carotte en guise de nez...".
Dans le deuxième : "Connaissez vous le dahu ? Cet incroyable animal peut gravir le sommet de la montagne à la vitesse de l'éclair ! Mais timide et maladroit, il provoque beaucoup d'accidents. Pour les autres animaux, trop c'est trop ! Heureusement, José Lapin a décidé de percer le secret des maladresses du dahu. C'est pourtant simple : il est amoureux...".


Des BD pour les plus petits, et les grands aussi ! 

Des histoires, qui par l'humour, délivrent de beaux messages sur l'amour, l'amitié et la solidarité. 







Une aventure de José lapin
Tomes 1 et 2
Messina, Xaël et Lepithec
EP jeunesse

mercredi 16 novembre 2011

Petite boite jaune

Un petit livre rouge pour une petite boîte jaune mais un livre pop-up sur les contraires vraiment chouette !

Les contrastes du noir, blanc, jaune et rouge jouent à merveille jusqu'à la surprise de la page finale.

Si je vous dis que c'est David A. Carter qui l'a réalisé, pas étonnant ! De la belle qualité, du beau graphisme même si c'est fragile ! 

Pour s'émerveiller avec les petits et les plus grands et une façon ludique pour se familiariser avec les premières notions. 


Petite boîte jaune
David A. Carter
Mango jeunesse

lundi 14 novembre 2011

A la queue leu leu

Une collection tendre, drôle, format à l'italienne qui reprend les grands classiques des comptines mais en arrangeant la chute : succès garanti auprès des petits et des grands ! A chaque fois, un auteur et un illustrateur différent. Des livres qui ne se lisent pas mais se chantent.
Le dernier titre sorti : "Coucou hibou !" de Lucile Placin. Vous vous souvenez ? 
"Dans la forêt lointaine..."


Une flopée de comptines déjà adaptées (une bonne trentaine), une série incontournable pour tout bon fonds, que j'utilise régulièrement en accueil petite enfance sans jamais lasser ni me lasser !
Qui dit mieux ?

vendredi 11 novembre 2011

La question qui tue

Quatrième de couverture : "Depuis que la maîtresse lui a reproché de poser des questions absurdes et perturbantes pour la classe, Wendy a décidé de ne plus ouvrir la bouche. Pendant plus d'une semaine, elle a réussi à garder ses questions pour elle. Mais jeudi, à la fin de la leçon de sciences, Wendy ne pouvait plus retenir les mots qui se bousculaient dans sa tête. Elle a levé la main et demandé d'une voix claire : Est-ce que les fleurs sont des soupirs ? Madame Laroumette a regardé le plafond, l'air ahuri et furieux, et s'est exclamée : Alors là, c'est la question qui tue ! Le lendemain, la maîtresse était morte". 

Et Wendy prend peur : elle pense réellement qu'elle possède "la question qui tue" les gens qu'elle approche et n'ose plus la prononcer. Elle se fait tout un film sur la question....jusqu'au dénouement.
Un roman sur la culpabilité et le pouvoir imaginatif de l'enfant. Un roman aussi sur le déni des adultes face aux interrogations de l'enfance, sur la solidarité enfantine entre êtres différents (l'amitié "amoureuse" de Wendy avec Tobias), sur le choc des cultures et le transfert.
Vous comprendrez tout cela en le lisant...

Un roman très profond, magistralement écrit (mais c'est du Audren tout de même !), attendrissant et rafraichissant malgré les thématiques qu'il aborde.

Superbe !

La question qui tue
Audren
L'Ecole des loisirs
Collection Neuf

mercredi 9 novembre 2011

(Re)play !

Jean-Philippe Blondel revient avec un roman pour ados au ton toujours aussi juste et réaliste. J'avais beaucoup aimé "Au rebond" et "Blog". "(Re)play" est tout aussi réussi. On le lit d'une traite, sans même s'en apercevoir et on est un peu triste de l'avoir déjà fini...

Benjamin est en terminale. Il est fan de rock, mais surtout en jouer sur sa guitare. C'est plus qu'une passion. Sauf que cette année, rien n'est plus pareil....Il a perdu l'amitié de Mathieu mais ce qui est intolérable pour lui, c'est d'avoir perdu son groupe "les Frontlights"...à cause d'une rivalité amoureuse entre Mathieu et lui puisque Clara, la belle et énigmatique Clara, a fait le choix de Mathieu....Sauf que Benjamin ne sait pas tout...
Et cette année, Benji est bien désabusé jusqu'au jour où il apprend la venue dans son lycée de province de Franck Ménard, très célèbre critique rock et là, ça change tout...(Re)play !

Le monde des ados-adultes est abordé ici avec brio : leurs rêves, leurs besoins de s'émanciper de leurs parents, leurs angoisses, leurs doutes, leurs rivalités, les filles, les profs, le bac, l'avenir, l'amitié,  choisir un métier, les préjugés,  la musique, l'écriture...
Petit à petit se dessinent des bourgeons d'adultes, acceptant d'éclore et acceptant la vie, dans ce qu'elle peut contenir de sordide mais de magnifique aussi.

A lire absolument !

(Re)play
Jean-Philippe Blondel
Actes Sud junior

lundi 7 novembre 2011

Le club des inadaptés

Martin Page est un auteur que j'affectionne tout particulièrement. Je n'ai jamais été déçue par ses écrits ("Conversation avec un gâteau au chocolat" ou "Je suis un tremblement de terre", par exemple) et ce roman, "Le club des inadaptés" est bien d'actualité puisqu'il parle-entre autre-de la violence scolaire engendrée le plus souvent par la différence. 

On retrouve donc Martin, collégien, et ses amis Bakary, Fred et Erwan. Chacun a sa personnalité mais ils ont un point commun : il sont différents des autres et vivent très mal leurs années collège. Et tout bascule le jour où Erwan, le bricoleur de la bande et le plus gentil, se fait tabasser : "Ce qu'avait subi Erwan nous renvoyait à notre différence. Ces coups reçus, je les voyais comme un rappel à l'ordre qui nous intimait de cesser d'être différents. Mais paradoxalement, cela nous a donné encore moins envie de faire des efforts pour nous mêler aux autres. Nous sommes devenus encore plus distants. cela renforcerait sans doute les brimades et les moqueries. Bienvenue dans le cercle vicieux de la vie."(p.22)...."Il semblait que la vie serait toujours difficile. Comme si notre sensibilité et notre fragilité induisaient que nous devions recevoir plus de blessures que les autres" (p. 32).
Parmi la petite bande, c'est l'incompréhension totale, quelque chose se brise en eux, la vie leur apparait comme une injustice que cautionne le monde des adultes. Ils sont "inadaptés".

L'écriture de l'auteur, qui a l'air de glisser sur les personnages comme l'eau sur les plumes des canards, rend le récit encore plus profond qu'il n'y parait à première vue.
Ce roman aborde à la fois avec pudeur et réalisme le monde dans lequel évolue aujourd'hui les pré-ados. Il serait intéressant d'avoir leur avis...

Le club des inadaptés
Martin Page
Ecole des Loisirs
Collection Médium

samedi 5 novembre 2011

Ouvre l'art

Après "Ouvre l'oeil" (13 titres tous aussi étonnants), Stéphane Frattini s'attaque à l'art et ça vaut vraiment le coup d'oeil !
Quatre titres sortis pour l'instant : "Qui me regarde ?", "Que cachent ces taches ?", "C'est quoi ce travail ?" et le dernier "C'est beau, c'est quelle bête ?".

Cette collection a pour but de faire découvrir l'art aux enfants de manière simple et ludique : il suffit de soulever les volets et de découvrir les oeuvres avec un autre regard. Des informations, au verso du volet, permettent de se documenter de manière rapide. Il s'agit donc de trouver un détail d'oeil, ce que cachent des taches, un métier ou un animal.
Une belle façon de valoriser les oeuvres : il suffisait d'y penser !


Stéphane Frattini
Collection "Ouvre l'art"
Milan jeunesse
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