Rien ne s'oppose à la nuit

"J'écris ce livre parce que j'ai la force aujourd'hui de m'arrêter sur ce qui me traverse et parfois m'envahit, parce que je veux savoir ce que je transmets, parce que je veux cesser d'avoir peur qu'il nous arrive quelque chose comme si nous vivions sous l'emprise d'une malédiction, pouvoir profiter de ma chance, de mon énergie, de ma joie, sans penser que quelque chose de terrible va nous anéantir et que la douleur, toujours, nous attendra dans l'ombre" (pp. 297-298).

A la mort de sa mère, un mois après celle de sa grand-mère, Delphine de Vigan ressent ce besoin impérieux mais douloureux d'écrire son histoire familiale, une histoire faite de joies mais aussi de nombreux drames dont sa propre mère, la belle et énigmatique Lucile, semble avoir endossé toute la folie.  En exhumant les souvenirs et les secrets, en interrogeant les frères et sœurs, en fouillant les archives, c'est aussi sur elle qu'elle écrit.

Elle atteint dans son écriture une maturité exceptionnelle mais aussi très modeste à la fois. J'avais déjà beaucoup apprécié ses précédents romans ("No et moi", "Les heures souterraines",...) mais ce récit m'a profondément bouleversée. A vrai dire, je suis encore hantée par la tendresse à fleur de peau et la violence inouïe qui en émane. Un récit profondément humain, dur souvent, transperçant parfois sur les relations familiales. Mais aussi une belle déclaration d'amour posthume d'une fille à sa mère. 

Prix Renaudot des lycéens 2011

Rien ne s'oppose à la nuit
Delphine de Vigan
JC Lattès

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